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VIDER SON SAC !

 

Commentaire à l'article : MAÎTRE SAUVETEUR NAGEUR ou MAÎTRE NAGEUR SAUVETEUR ?

 

Bonjour,

petit échange ou discussion comme vous préférerez...

Je suis en révision de concours ETAPS pour la pédagogie scolaire et je suis bien heureuse d'être tombée sur ce site, ça me permettra de faire une petite mais un peu longue mise au point de ce que j'ai sur le cœur depuis quelques années...

Je suis en France depuis 20 ans, (québécoise de naissance et moniteur conjoint certifié par la Croix-Rouge (ou diplômé comme vous dites ici) enseignant la natation entre 18 ans et 24ans au QC ET Sauveteur National piscine, LA Part nécessaire de Sauvetage et de Secourisme pour la sécurité des humains dans un lieu de baignade) et grâce à l'évolution de l'Homme, j'ai pu voir les MNS français (ou MSN) se transformer au fil des années lors de leurs enseignements et de leur surveillance. J'ai perdu le fil de l'évolution de la natation au Québec, donc je ne peux comparer... 


En réponse à N.K: le milieu de l'entrainement et des cours de natation n'a rien en commun avant un certain âge au Québec: pas besoin d'entrer en club pour apprendre la natation (ou la Sécurité Aquatique, si vous préférez), alors qu'en France si vous voulez réellement apprendre à nager avec les techniques qui permettront à un nageur de progresser vers la compétition, il faut soit des leçons particulières, soit un club de compétition. demandez-vous à des éducateurs sportifs de la natation d'entraîner ? ( les détachements mairie n'existent presque plus !) ou de faire de la natation scolaire (mais l'entrainement et la compétition ne sont pas le but de la natation scolaire).

Après l'avoir pratiqué 7ans au Québec et presque 10ans en France, l'apprentissage de la natation en milieu scolaire en France, en école municipale de natation au Québec ou en France pour moi, c'est du pareil au même. Et ce n'est pas de l'entraînement... ni du club !

Pour comprendre le vocabulaire de la natation au Québec, il faut aussi se mettre dans le contexte d'un pays où les accidents liés à l'eau sont fréquents... comme en France, d'ailleurs, lié au non respect de certaines règles simples encore méconnues ou simplement rejeté et au Québec, c'est une des missions de la Croix-Rouge Canadienne que de faire baisser ce taux de noyade dans les lacs accessibles à tous au moindre risque...

Lorsque j'étais au Québec, enseignant déjà la natation, la sécurité ne prenait pas le pas sur l'enseignement technique de la natation, elle était une part intrinsèque de l’apprentissage de la natation. Dès l'âge de 5ans, l'enfant apprenait à flotter sur le dos en étoile, à faire l'étoile sur le ventre la tête dans l'eau (ce qui est ici à la fois question de flottaison ET de sécurité...) apprenait aussi à faire des bulles en nageant petit chien et grand chien, de façon à préparer le crawl plus tard en terme de respiration, de motricité et de déplacement, la brasse abordée sous forme de jeu et de sécurité (essayez de faire un saut sans mettre la tête dans l'eau, comme un nageur qui à peur, et voyez quel mouvement de jambes vous faites pour garder la tête hors de l'eau autre exemple: le surplace avec jambes de brasse pour approcher le rétro (est-ce seulement une approche du sauvetage ou peut-on y voir une vague idée de natation synchronisée ou de water-polo ?)

Tellement facile de critiquer les autres plutôt que de se regarder le nombril, n'est-ce pas ? N.K...

Après avoir fais le BEESAN, obligatoire pour une étrangère, il est vrai que l'on enseigne pas la natation de la même façon... je me sers toujours de mes techniques apprises au Qc ! Avec le BEESAN, la formation nous a fait voir la natation scolaire (très nouveau pour moi puisqu'il n'y a pas de cours de natation encadré par le milieu scolaire: pas besoin puisque tous les enfants sont inscrit dès l'âge de 4ans ou 5ans à la Croix-Rouge pour apprendre ET la Sécurité, ET la Natation!) avec des jeux, des parcours, des compétences transversales qui m'ont donné l'impression de compliquer les choses (une chance que M Catteau était là pour me faire comprendre l'intérêt de la chose, vos livres, je les ai lus et relus, vidéos à l'appui pour me sortir du principe d'éducation par la directive même si l'apprentissage par le jeu m'était familier).

Et toujours dans le cadre de ma formation BEESAN, une séance de 2h pour l'apprentissage de la brasse, rien sur les techniques de nages détaillées et précises. 
Que pensez- vous de vos collègues MNS qui disent que la brasse est bien plus facile à apprendre que le crawl, parce qu'il n'ont appris à l'enseigner que sur le "tas" ou au pif ? (maintenant, j'ai autant de facilité pour un débutant en brasse ou en crawl: c'est l’avantage de la double formation) mais aujourd'hui, nous nous retrouvons encore avec plus d'un tiers de population d'enfants en 6è qui ne savent ni la brasse ni le crawl, ni même accepter de mettre la tête dans l'eau pour s'allonger un peu mieux... quid de ceux-là qui sont trop vieux pour entrer dans le système compétition français! Si vous vous attachez aux mots écrits dans les carnets de natation québécois, on voit les termes Sécurité Aquatique et pourtant, tout est question de ce qui est sous-entendu dans ces termes et de ce que j'ai vécu là-bas et ici me porte à croire que même si les méthodes varient et le vocabulaire différent, les techniques se complètent mais il faut accepter parfois les différences et creuser un peu en dessous de la surface...

Je retourne à mes études pédagogiques après avoir vidé mon sac... l'apprentissage est bien plus intéressant en prenant le meilleur de chaque méthode plutôt que de jeter parce qu'on a pas compris...

Sans rancune,

Julie

 

Nous ne saurions trop remercier Julie d’accepter de commenter et discuter un article publié sur notre site. Tout souci d’objectivité et de précision dans l’énoncé de faits ou d’idées ne peut que faire progresser les connaissances.

Partager deux cultures qui se veulent sœurs (ou cousines) constitue une richesse.

Mettre cette richesse au service d’un art ou d’un métier est chose fort louable.

Julie conclut son intervention par une position agnostique qui risque de mettre un frein à son évolution vers une pédagogie fondée rationnellement ou scientifiquement et qui par ailleurs semble la séduire. « Elle se propose de retenir le meilleur de chaque méthode, plutôt de jeter ce qu’on n’a  pas compris ».

Et si notre collègue en est d’accord, elle va nous aider à formuler le critère du « meilleur » pour ouvrir la voie à un choix ! Peut-on retenir sans jeter ? Que n’a-t-on pas compris ?

Nous sommes en présence de deux logiques inconciliables de la pédagogie du mouvement et de la pédagogie de l’action ! Et aussi longtemps que l’on n’aura pas franchi leur frontière, on se trouvera dans l’incapacité de les caractériser et de se situer.

Par analogie pourrait-on, pour concevoir notre univers, retenir le meilleur du géocentrisme et de l’héliocentrisme ?

En lisant la contribution de Julie, je ne puis m’empêcher de penser à la formulation d’Aurélien Fabre :

« Chaque éducateur prétend faire le choix d'une conception, d'un système éducatif, de méthodes, de procédés, comme si les lois du monde, en s'exprimant dans l'enfant et en s'imposant, n'avaient pas d'abord décidé ».

Il faut admettre qu’en ce début du XXIème siècle nos conceptions pédagogiques sont encore balbutiantes !

Il y a probablement dans le sac de Julie une très grande quantité de recettes mais il y a surtout d’incomparables richesses dont la première est certainement sa passion et la seconde son désir d’abandonner la « directive » que je traduis comme son intention de ne pas imposer de réponses pour laisser à ses élèves la voie des tâtonnements et de la réussite, en d’autres termes de s’engager dans la pédagogie de l’action.

« La natation en milieu scolaire en France, en école municipale de natation au Québec, pour moi c’est du pareil au même » !

Sur ce dernier point j’aurais tendance à confirmer que dans la très grosse majorité des cas, le problème de ses fondements et celui des dispositifs à mettre en œuvre n’a pas encore été expérimenté depuis que l’on a considéré qu’il fallait abandonner un enseignement dont on disait qu’il était « mécanisé » : celui qui a prévalu dans la première moitié du siècle écoulé. (La méthode Beulque par exemple)

Et ce ne sont pas les récentes instructions officielles pour l’école qui vont nous sortir de l’ornière.

Son constat alarmant n’est que trop vrai en de trop nombreuses situations =

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons encore avec plus d’un tiers de population d’enfants en 6ième qui ne savent ni la brasse ni le crawl, ni même accepter de lettre la tête dans l’eau…. »

Les institutions sportives ou universitaires n’ont pas pris scientifiquement en compte le problème de la formation pédagogique des intervenants.

En l’absence d’une structure expérimentale permanente de formation dans laquelle les formés seront associés à la recherche, il n’y aura pas d’évolution significative de la natation scolaire et de la natation sportive qui pourrait devenir, pour qui le souhaite, son prolongement.

Signalons à Julie que N K s’est inscrit au prochain Séminaire de Dinard où il pourra vivre une mise à l’épreuve de ses connaissances et de ses pratiques au-delà des discours qu’il pourrait en tenir.

Le X° séminaire de Dinard aura lieu durant la première quinzaine du mois de Juin.

Soyez nombreux à dialoguer avec Julie et ne la laissez pas seule dans son retour aux études pédagogiques ! Les échanges sont prometteurs de grande richesse !

Pour ma part je souhaiterais aborder pour les clarifier d’autres passages de son précieux document tant il est vrai que je méconnais les contenus enseignés au Québec.

raymond

 

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