Points de vue

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C’est avec intérêt que nous recevons les avis et textes de nos visiteurs.

Lorsque nous les publions, cela na signifie pas que nous les approuvons ou partageons.

Mais nous encourageons enseignants et entraineurs à s’exprimer.

Nous pensons qu’ils peuvent, chez les visiteurs, déclencher l’envie de les réfuter avec des arguments ou des exemples vécus, voire pour certains de les approuver en en fournissant les raisons.

Voici le texte de F.

Notre regard critique sera lui aussi publié en son temps.

 

 

La magie de la formation

Lire la suite...Depuis une dizaine d’années, notre ami Mauro participe de plus en plus activement à l’animation des séminaires de Dinard. Très rapidement il a intégré et partagé les fondements théoriques de la conception de l’enseignement de la natation qui caractérisent les séminaires.

Ses compétences en informatique ont été largement sollicitées dans l’élaboration du DVD accompagnant la première édition de « la natation de demain ». Sa culture universitaire et ses références philosophiques ne le cèdent en rien à son expérience d’entraînement et de formation des nageurs.

Ces dernières années, il n’a cessé de plaider pour une formation des stagiaires fondée, elle aussi, sur les principes et préceptes de l’école active. Ses exigences de cohérence nous stimulent et tendent largement à améliorer notre rôle de formateur.

Ce qu’il nous présente aujourd’hui constitue un remarquable exposé des fondements qui devaient animer l’ensemble des intervenants des séminaires de Dinard et au delà, des entraineurs de natation.

raymond

 

 

 

Détournement de fond

Pour faire face à l’écart entre des objectifs de réussite de tous à l’attestation scolaire du savoir nager (ASSN) en fin de cycle 3 et les résultats statistiques des élèves, les autorités de l’académie de Créteil proposent des mesures : l’une concernant l’organisation du temps d’enseignement, l’autre des « orientations techniques et pédagogiques » dites nouvelles. Nous questionnons maintenant les « orientations techniques et pédagogiques » et plus précisément la « progression pédagogique » pour les cycles 2 et 3, document issu d’un travail « collaboratif ».

Lors de la présentation au public de ces nouvelles orientations, des références ont été faites aux travaux de Raymond Catteau. Se référer à des travaux suppose de les bien connaître et de situer ou positionner ses propres propositions par rapport à ceux-ci. Hélas, tel n’est pas le cas ici. Quelle est alors sa fonction ? La référence est une « révérence ? », un appel à une « autorité » reconnue pour donner de la consistance ou de la crédibilité à un discours peu ou non fondé. Il est nécessaire de démystifier ces références et de positionner sur le fond ces « orientations techniques et pédagogiques » nouvelles.

L’analyse du document et des vidéos qui l’accompagnent, permet de relever non pas de simples différences mais de profondes contradictions avec les propositions actuelles de R. Catteau. Ces références sont pour le moins abusives et pourraient mystifier un public non averti.

Quelle stratégie didactique est proposée dans le document de Créteil ?

  • de la petite profondeur à la grande profondeur,
  • une orientation du corps conçue comme une conséquence de la vitesse de déplacement,
  • la locomotion par les jambes précède celle assurée par les bras,
  • l’utilisation des bras est simultanée avant d’être alternée, elle permet avant tout l’exercice d’une ventilation aérienne plutôt que locomotrice.

Lire la suite... R. Catteau choisit explicitement et de manière fondée une stratégie de la grande profondeur et pédagogie de la goulotte.1

Les élèves ayant pour tâche de ramasser un objet situé à environ un mètre de profondeur.

  • La tâche de ramasser un objet est-elle pertinente, quels sont les présupposés ?

L’objectif visé par l’enseignant est d’obtenir que l’élève s’immerge. L’objet déposé au fond est supposé donner un motif plus « ludique ». Lorsque les élèves seront interrogés sur ce qu’ils ont fait à la piscine, ils diront sans doute qu’ils ont ramassé des objets ou encore si l’ « habillage de la tâche » est encore plus prononcé des coquillages. Les élèves sont ainsi détournés de ce qui est véritablement l’objet de leur apprentissage : la capacité à s’immerger intentionnellement et de manière prolongée. Les travaux de l’équipe ESCOL de Paris VIII ont montré que ces pratiques empêchent, sur le long terme, une partie des élèves d’apprendre, parasités qu’ils sont par le sens de la tâche qui leur a été plus ou moins masqué et qui demeure insaisissable.

R. Catteau propose de commencer l’apprentissage de la nage dans une profondeur supérieure à la taille de l’enfant. Les enfants pourront ainsi évoluer d’emblée dans un espace dans lequel ils ne pourront mettre pieds au sol sans s’immerger totalement, ils recourront à des ancrages manuels sur le bord du bassin, et seront soumis aux forces physiques présentes. Cette situation profondément différente de leur expérience de marcheur terrien leur permet par leurs actions de s’adapter (en assimilant le milieu à ce qu’ils sont capables de faire tout en accommodant leurs actions à ce milieu spécifique) et ainsi progressivement de réorganiser leurs modes d’équilibration, d’information et de locomotion.

Quelques formules relevées dans le document nous ont étonnées :

  • « Lorsqu’il a pied il ne coule pas. » . Faut-il en conclure que quand il n’a pas pied, il coule ?
  • « L’enfant n’a pas conscience de la nécessité de se remplir d’air ». Et pourtant il respire !
  • « L’enfant n’a pas conscience de la portance de l’eau ». Et pourtant avant de prendre conscience de la gravité sur terre, les êtres vivants se sont organisés et ont agi en la prenant en considération. Ils ont réussi avant de comprendre et de prendre conscience.
  • « Conserver une vitesse constante pendant le déplacement ». La vitesse de nage instantanée n’est pas constante, elle varie. Pour se déplacer dans l’eau efficacement, il est nécessaire d’accélérer son corps et de s’organiser pour réduire les décélérations tant que faire se peut.
  • « Capables de garder sa vitesse initiale le plus longtemps possible sans faire de mouvements ». Je défie l’auteur de ces lignes de réaliser ce qu’il propose car ceci est impossible. Dès qu’un corps est en déplacement dans l’eau il est soumis aux forces de résistances hydrodynamiques qui nécessairement décélèrent son corps, il ne peut donc « conserver » sa vitesse initiale.

Cette progression pédagogique nouvelle n’est ni homogène, ni cohérente. Est cohérent ce qui se compose de parties compatibles, liées et harmonisées entre elles. Elle relève d’un éclectisme2 désuet et manque singulièrement de fond ce qui pourrait expliquer un curieux besoin de se référer, sans vraiment se situer par rapport aux thèses de R. Catteau.

 

1 Pour vous éclairer davantage, il est possible de se reporter aux annexes 3 et 4 de l’ouvrage « La Natation de Demain » nouvelle édition, janvier 2016, p. 194 et suivantes. Vous y trouverez deux articles de R. Mérand concernant le film Digne, dingue d’eau.

2 Eclectisme : le sens de ce terme est précisé sur le site la natation de demain par des extraits d’un article de H. Wallon, 1936, intitulé « Esprit critique et agnosticisme ».

 

Alain Catteau. Le 20 12 2016

 

 

 

POUR REDONNER DES COULEURS À LA NATATION FRANÇAISE

 

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  • Nous devons clarifier les enjeux de la formation des entraîneurs de natation (du MSN au DES) et des professeurs de sport qui se destinent à devenir CTS natation ;
  • Nous devons penser « auto formation continue » et « recherche en action » ;
  • Nous devons choisir  ce qui vaudrait la peine d’être enseigné pour éduquer l’esprit à se réformer plutôt que de le laisser croire à ses propres concepts.

 

 

POUR LA BONNE CAUSE !

 


Lire la suite...J’ai défendu récemment la cause d’un MNS par-devant le conseil des prud’hommes d’une grande ville de l’est de la France, lequel MNS travaillait dans une petite entreprise gérée par deux anciens STAPS, et j’ai découvert à quel point l’économie, pour ne pas dire le mercantilisme, prenait le dessus sur l’intelligence des humains.

Cette structure à vocation éducative, c’était une sorte de garderie aux prétentions pédagogiques où l’on s’occupait des enfants dans un bassin gonflable sans profondeur de quelques mètres et bien évidemment avec du matériel à foison.

L’offre au public néophyte et consumériste était donc alléchante, avec comme argument central "le ludique" ou l’on avait oublié l’eau.

Nous entrons dans la sphère de la communication et de la marchandisation, signe des temps, de notre temps.

Lors de mon intervention à la barre, je n’ai pu résister de dire aux juges que j’étais un ancien MNS et que fort de mon expérience passée, cette entreprise vendait du vent et de la vacuité.

Le responsable de la structure a voulu que je m’excuse de mes propos, je les ai donc par plaisir réitéré, il était outré car il n’avait finalement pas compris à quel point il était ignorant de l’enseignement de la natation selon les standards modernes et son lien avec les sciences humaines.

Son avocat était outré car il trouvait le concept très bien, ses enfants étaient bien gardés en effet et c’était fort pratique. (Ambiance Disney land ou Mac do land)

Jadis dans les facultés d’éducation physique on formait me semble-t-il des enseignants pas des marchands.

Qu’apprend-on dans les facultés aujourd’hui? La réponse est sans doute dans la question.

C’est un peu comme lorsque l’on me fait épeler le nom de ma rue, rue d’Oradour sur Glane. J’ai honte. Que reste-t-il de ce que l’on enseigne aux enfants, ou plutôt de ce que l’on enseigne pas?

Le monde merveilleux d’Orwell n’est pas très loin.

Cela se passait dans l’extraordinaire structure de 9 mètres de long, dans le monde merveilleux de la démagogie vénale ou seul le profit guide le pseudo pédagogue…

Boîte à fric vous avez dit maître, ho quel gros mot me rétorque-ton… !

Et dans ce milieu étroit et intellectuellement sclérosé, le nom de Raymond CATTEAU devient lui aussi très vite un gros mot.

Alors vive les gros mots.

Même si notre tâche est celle de Sisyphe, poursuivons nos efforts et semons nos idées.

Et comme le dit si bien ARAGON «Il vous reste du moins cet amer plaisir-là, Vitupérer l'époque».

Cela se passe en France au XXI° siècle

Mon cher Raymond,

je suis resté très attaché à tes enseignements progressistes doublés d’une grande et lucide modernité.

Il apparaît, malgré un lien de fait, que je ne confonds pas la mission impartie au militant de la cause de l’enseignement moderne de la natation que je fus quand j’étais MNS et entraîneur de natation avec celle qui relève de l’avocat que je suis devenu.

J’ai accepté en cette dernière qualité d’assurer la défense des intérêts des maîtres nageurs dans le cadre des litiges qui les opposent à leurs employeurs, ou plus encore lors de noyades mortelles (Trop souvent d’enfants).

J’ai la faiblesse de penser qu’il faut savoir faire le lien entre ce qui relève de la mission de l’avocat défenseur des professionnels de la natation, et ce qui relève des pédagogues qui en amont construisent l’édifice qui permet au plus grand nombre d’accéder à ces enseignement.

Et par conséquent prévenir aussi les noyades par la massification de l’enseignement intelligent de la natation, qui hélas est encore un ouvrage à remettre sur le métier tant les pouvoirs publics semblent inertes.

Assurer la défense individuelle des MNS n’a impliqué et n’impliquera pas, de ma part, aucun renoncement aux valeurs pédagogiques émancipatrices auxquelles j’ai toujours adhéré.

J’observerai à titre subsidiaire que cet état d’esprit m’encourage à veiller à ce que ces mêmes valeurs soient respectées dans les rapports entre les employeurs et leurs MNS.

Un Avocat