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On n’entre pas dans la pédagogie de l’action par décret.

 

Merci de cette réponse à mon mail, cela m'a amené à connaître des points de vue différents et à réfléchir d'avantage sur ma démarche. Mais, juste pour ne pas être mal interprété, plutôt que d'éclectisme je préférerai parler de pragmatisme : en connaissant mes objectifs et en ayant comme base le principe que ce ne sera que par l'action et l'organisation qu'elle produit, que je pourrai obtenir les gestes recherchés, j'éviterai d'opérer une somme incohérente d'éléments incompatibles dans l'espoir que cela marche. J'irai plutôt rechercher tout ce qui est cohérent avec mes objectifs et mes critères, qui d'ailleurs ne sont pas fixes mais évoluent au fil du temps et de l'expérience. Bien sûr, il y a des systèmes qui sont incompatibles et, comme tu l'as bien illustré, on ne peut pas accorder géocentrisme et héliocentrisme. Mais ce n'est pas pour autant que l'on considérera les mouvements des planètes comme un élément à ne pas inclure dans la deuxième théorie. Finalement, c'est toujours une combinaison d'éléments différents, réfléchie et cohérente bien sur, qui amène à progresser. Du moins, cela est mon avis.

Je serai ravi de continuer le débat et d'échanger avec tous ceux qui pourraient être intéressés.

Gis

PRAGMATISME = Doctrine selon laquelle n’est vrai que ce qui fonctionne réellement. Attitude d’une personne qui ne se soucie que d’efficacité.

OPPORTUNISME = Comportement qui consiste à tirer parti des circonstances en transigeant, au besoin, avec les principes.

Notre ami Gis souhaite, et c’est tout à son honneur, poursuivre le débat. Son pragmatisme l’incite à poursuivre son activité enseignante sans rompre avec les habitudes et probablement en introduisant des situations inédites mais précise-t-il : « en cohérence avec ses objectifs et ses critères …..en évolution » que nous souhaiterions lui voir objectiver et définir.

Nous savons bien que l’on n’entre pas dans la pédagogie de l’action par décret.

Cette dernière suppose que parallèlement soit construite une didactique de la matière enseignée.

Nous reprenons ses termes, non pour polémiquer, mais pour bien le comprendre :

« Finalement, c'est toujours une combinaison d'éléments différents, qui amène à progresser. » Est-ce sa façon d’évoquer une genèse de structures ? Et dans ce cas, les objectifs et les critères dépendent-ils de l’enseignant ou de la structuration de la matière enseignée et des lois de l’apprentissage ?

Certes, les critères de réussite, connus des élèves et du maître, ne sont pas à confondre avec les critères de performance acceptables situant le passage possible ou nécessaire à la recherche d’une nouvelle organisation en utilisant d’autres tâches.

Nous aurons garde de lui reprocher un opportunisme (voir définition dans le lexique), tant il faut intégrer, incorporer de données nouvelles pour passer de la logique du concret à la logique de l’action. Cette dernière ne transige jamais avec les principes, les préceptes et les règles des méthodes actives. Il serait exceptionnel que l’on y parvienne au terme d’un seul stage, fut-il remarquablement assimilé.

La didactique nous guide pour repérer les passages obligés (indépendants du maître) de la construction du corps flottant, prélude à celle du corps projectile-propulseur. A leur tour, ces passages obligés impliquent des critères de réussite, également indépendants du maître.

Merci à notre collègue (les autres se montrant fort discrets ! ) de nous amener à apporter ces précisions pour nous engager résolument dans la pédagogie de l’action enthousiasmante pour ceux qui la vivent, élèves ou maîtres.

Le débat reste ouvert ! et nous l’espérons relancé.

raymond