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SOMME OU TOTALITÉ ?

 

[...] Je considère de manière générale natation pour tous une bonne source pour pas mal de choses, j'y ai trouvé des bonnes informations pour l'entrainement et pour des livres sur la natation, après j'ai regardé aussi les progressions pédagogiques et les éducatifs dans les différentes nages, je sais qu'il y a du bon et de l’incroyablement mauvais (bien sur je parle de mon point de vue et des connaissances que j'ai pu acquérir jusqu'ici).

Je suis pourtant confiant que les gens aient un bon sens critique, surtout après les connaissances acquises pendant le stage, et qu'ils sachent cerner ce qu'il y a de bien parmi les informations qu'ils trouvent. Je pense que cela apporte plus que le refus total d'une source d'information puisqu'il y a, aussi, du mauvais.

Personnellement, je n'aime pas l'utilisation de matériel et je la limite le plus possible. Aussi, j'évite les apprentissages mécaniques basés sur les gestes isolés, puisqu'un geste n'a pas de sens s'il n'est pas inséré dans son contexte fonctionnel (l'organisation du corps et l'action des segments). En bref, je m'éloigne de tout ce qui produirait une nage artificielle et basée sur la reproduction de gestes dont le pratiquant n'en connait pas la fonction. Mes heures de surveillance me permettent de voir les résultats d'une telle mauvaise attitude à l'enseignement, et malheureusement répandue.

Enfin, c'est vrai que le stage (Reggio Calabria) a été très court (pour moi encore plus!), mais pour moi cela a été une belle expérience et je suis content que cela ait eu lieu au sud de l'Italie, je sais que certains d’entre mes collèges n'auraient pas pu se déplacer ailleurs, donc c'est bien que ces connaissances arrivent jusqu'à là-bas. J'aimerais bien répéter l'expérience et, à tel propos, je suis en train de me renseigner pour voir s'il y aurait la possibilité d'organiser un stage à Paris, tout cela bien sur selon vos disponibilités et si vous êtes d'accord. Le public en tout cas ne manquerait pas, mes collègues sont très intéressés et il y a aussi des formations bpjeps actuellement en cours, je pense que pour les stagiaires cela serait une très bonne chose.

Gis

 

Tout comme Julie ( voir les articles VIDER SON SAC ! ; SAC VIDE ! ) qui prétendait pouvoir choisir ce qu’il y a de bon et rejeter le « mauvais » dans le mélange des exercices en usage dans l’ensemble des pratiques dont elle pouvait prendre connaissance, notre interlocuteur dont la participation écourtée à un stage de durée réduite avait laissé quelques traces, se réclame implicitement de l’éclectisme (Voir l’article ÉCLECTISME ).

En quête de recettes dont son quotidien se fait gourmand, il a personnellement recours à un site dans lequel on trouve tout et son contraire pour compléter ses informations faute d’avoir vécu, jusqu’au niveau où elle devient opérante, une formation l’amenant à une pédagogie de l’action ( La pédagogie de l'action C'EST QUOI? ). Entre ne pas utiliser de matériel et en utiliser un peu il y a incompatibilité de similitude. On se trouve dans l’alternative oui / non.

Cette situation constitue un moindre mal compréhensible pour la majorité des personnes formées selon les principes de la pédagogie traditionnelle mais de là à conseiller aux stagiaires qui font l’effort de s’orienter délibérément vers la pédagogie de l’action de s’y reporter, il y a un pas à ne pas franchir pour les inciter à abandonner ou se détourner d’une cohérence et une efficacité indiscutées.

Il semble bien que l’on retrouve au cœur du problème la notion de structure, telle que présentée dans le « que sais-je » de Piaget : le structuralisme. Une totalité en transformation procédant par auto réglage. La conception de la natation présentée lors des stages se réclame de cette caractéristique ou spécificité. C’est en effet la personne avec ses émotions, sa motricité et son intelligence qui s’implique dans la suite ordonnée des tâches l’amenant à déstructurer sa cohérence terrienne pour construire progressivement son être aquatique. La didactique de la natation vient au secours du maître pour guider son activité et dynamiser les apprentissages. Chaque tâche organise ou réorganise le fonctionnement d’ensemble de l’apprenant pour ouvrir l’accès, rendre possible la suivante tandis que l’exercice est par nature indifférent à l’ordre et donc au moment où il est imposé. C’est la somme ou la répétition qui amène à la reproduction des mouvements dont il convient de réduire l’écart (le défaut, ce qui manque) à la norme.

une somme représente une quantité d’objets à un moment donné. On peut y ajouter ou en retrancher une certaine quantité pour obtenir une nouvelle somme. Elle reste une somme (on la retrouve dans une séance ou leçon préparée). La totalité implique par contre, la réunion d’éléments, souvent en interaction, à laquelle on ne peut rien ajouter puisqu’elle est déjà le « tout », ni retirer puisqu’elle ne serait plus le « tout ». Les structures sont des totalités organisées et organisantes de leur propre dépassement ou évolution vers des formes plus élaborées (une séance construite n’est qu’une prévision, un ensemble d’hypothèses dont le déroulement dépend de ce que les élèves auront acquis au terme de transformations repérables dans les tâches réussies).

Notre site veille jalousement à ne pas tomber dans l’incohérence ou la dénaturation.

raymond

 

 

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Commentaires   

#1 Giuseppe Scavo 25-02-2014 18:34
Bonjour Raymond,

merci de cette réponse à mon mail, cela m'a amené à connaître des points de vue différents et à réfléchir d'avantage sur ma démarche. Mais, juste pour ne pas être mal interprété, plutôt que d'éclectisme je préférerai parler de pragmatisme : en connaissant mes objectifs et en ayant comme base le principe que ce ne sera que par l'action, et l'organisation qu'elle produit, que je pourrai obtenir les gestes recherchés, j'éviterai d'opérer une somme incohérente d'éléments incompatibles dans l'espoir que cela marche. J'irai plutôt rechercher tout ce qui est cohérent avec mes objectifs et mes critères, qui d'ailleurs ne sont pas fixes mais évoluent au fil du temps et de l'expérience. Bien sur, il y a des systèmes qui sont incompatibles et, comme tu l'a bien illustré, on ne peut pas accorder géocentrisme et héliocentrisme. Mais ce n'est pas pour autant que l'on considérera les mouvement des planètes comme un élément à ne pas inclure dans la deuxième théorie. Finalement, c'est toujours une combinaison d'éléments différents, réfléchie et cohérente bien sur, qui amène à progresser. Du moins, cela est mon avis.

Je serai ravi de continuer le débat et d'échanger avec tous ceux qui pourraient être intéressés.

Merci Raymond, à très bientôt.

Giuseppe Scavo

Pardon, vous n'avez pas le droit pour l'instant.