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La dimension pédagogique de la transmission de la technique ne semble pas, jusqu'au déroulement du module à L'INSEP avoir été situé à sa juste valeur.

Les comptes rendus présentés peuvent apporter un nouvel éclairage au problème.

  

I N S E P 2012     7 – 9 Février
TECHNIQUE PEDAGOGIE DIDACTIQUE 

 

Présentation: «  le CHAMPION, la TECHNIQUE et l’ENTRAÎNEUR »

ANIMATEURS du module : Marc BEGOTTI, Raymond CATTEAU, Jean-Pierre MUGUET

Une hypothèse : l’option pédagogique subordonne la technique

DEUX stratégies inconciliables :

a) des gestes et mouvements à reproduire

b) une activité structurée et structurante de l’athlète

 

PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT : les participants enseignent leur discipline à des novices et dans un second temps fondent leur intervention au moyen de référents théoriques.

Les 8 et 9 février, l’animation en natation est assurée par Marc et Raymond.

Les interventions sont filmées par l’expert J.P. Muguet.

Comme annoncé aux participants, les options pédagogiques de chacun sont présentées, interrogées et confrontées « aux débats actuels de la pédagogie de la natation ».

Pour une des disciplines la Fédération propose une « méthode » d’enseignement et pour l’autre le problème n’est pas posé ou « liberté pédagogique » est laissée.

Progressivement un cadre de référence théorique est utilisé et explicité au cours des 3 journées, certes de manière partielle et dispersée, posant le problème central des relations pratique-théorie. Concrètement : appliquer une théorie ou théoriser une pratique.

Le cadre de référence sur lequel se fonde la discipline natation embrasse la philosophie et fait appel aux « sciences de l’Homme » et singulièrement la psychologie, l’anatomie, la physiologie… etc.

D’un article de François TOCHON paru dans Recherche et Formation n° 5 1989 INRP nous trouvons dans les pages 32, 33 l’essentiel de nos références pour mettre en chantier le contenu et le déroulement de nos trois journées.

« Ce n’est que lorsqu’ils auront de l’expérience que les novices se poseront des questions théoriques ».

« L’expérience est la source de la sélection et du traitement de l’information  ; l’expérience qui inclut la pratique de formation forme le sens de ce qui retenu de la théorie et des sources d’information ».

Il nous faut également préciser ce que nous avons mis en regard du mot « théorie ».

Richard Feynman, Prix Nobel de physique, nous met en garde contre une tentation de s’abriter derrière le caractère prétendu scientifique de certaines références :

« Si quelqu'un vous dit : "La science nous apprend que... ", il n'emploie pas le mot science comme il faut. La science ne nous apprend rien : c'est l'expérience qui nous apprend quelque chose. » (Richard Feynman : La nature de la physique ; ch. 2 : qu’est-ce que la science ?)

Si on vous dit : "La science montre que... ". Répondez : «  Comment la science le montre-t-elle ? Comment les savants ont-ils trouvé ça ? Comment ? Où ? Quoi ?"

On ne doit pas dire : "La science montre que... ", mais : "Telle expérience, tel effet, montre que... "

Nous pouvons considérer que les participants étaient porteurs d’un certain niveau d’expertise de leur discipline et donc nous interroger sur la réalité du point de vue de F. Tochon affirmant que : « L'expert est un as du contexte dont la théorie reste implicite ».

Nous avons sollicité, au terme de la séance pratique du premier jour les animateurs afin de préciser les raisons et les fondements du choix des exercices. Le risque du discours sur l'enseignement idéal, tenu par et pour l'institution  s’est assez largement vérifié.

Le discours théorique est un discours idéal et décontextualisé.

L'inadéquation des logiques de formation professionnelle presque générale actuellement, tient à l'absence d'une réflexion contextualisée, en situation, et au pouvoir laissé à l'université de dénaturer les pratiques. La réflexion sur la pratique n'a rien d'un savoir universitaire.

Nous avons donc tenté d’entamer cette « réflexion contextualisée » par le recours fréquent et malheureusement trop restreint aux « connaissances disponibles ».

Essentiellement des auteurs nous apportant des concepts clés pour entrer dans la logique de la pédagogie active nous ont permis de distinguer le mouvement et l’action, la posture et le geste, le concret et le réel, le triangle didactique, l’acte pédagogique, la didactique…etc.

Aurélien Fabre, Jean Piaget, Henri Wallon et d’autres auteurs ont été évoqués.

Les séances pratiques en piscine du deuxième et troisième jour ont cherché à illustrer le recours à un « plan de construction » du nageur respectant la logique biologique proposée par J. Paillard selon un ordre « céphalo-caudal et proximo distal » en mettant l’accent sur le postural avant le moteur.

Nous nous inscrivions ainsi à contre courant des pratiques traditionnelles que l’on pouvait d’ailleurs voir se dérouler en même temps à côté de nous en dehors de notre action.

Au dire des participants, des transformations décisives sont apparues qu’il aurait été souhaitable de stabiliser en augmentant les distances parcourues et le temps consacré aux différentes tâches.

Tenter de faire voir un nombre important de situations est incompatible avec «  la patiente recherche des solutions motrices efficaces » à quoi nous incite J. Paillard.

raymond

 

Ce très court bilan se doit d’être complété par celui des participants et celui des autres intervenants.

 

Celui de l’entraîneur de natation par exemple :

« J'ai du partir précipitamment, et avec regret, pour prendre mon train et n'ai pas eu le temps de vous remercier pour ces 3 jours passés avec vous (trop courts...), que j'ai vécus comme exceptionnels !

Je ne pensais pas en venant, qu'une transformation aussi brutale, même "violente"... s’opérerait ainsi en moi.

En revenant sur mon premier entraînement ce matin à 6 h 30, j'ai le réel qui m'a sauté à la figure ! J'ai vu des tas de choses jusqu'alors cachées par mes illusions. Je sens que ce n'est qu'un début... Et j’aperçois le chantier !

Mais ce qui est génial, c'est que maintenant, j'ai des pistes, et surtout je mets du sens et une logique aux actions que les nageurs vivent et expérimentent.

Ce travail collaboratif et formidablement enrichissant.

Merci encore pour le partage et l'apport inestimable que vous avez su m'apporter.

En espérant pouvoir revivre l'aventure très vite...

Bonne continuation ! »

Samuel


 

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