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OBSERVATEUR ENCORE IMPERTINENT

Qui me guérira de cette curiosité qui m’attire chaque fois vers cet espace surélevé qui domine le bassin d’où l’on peut voir s’exercer de futurs nageurs mais également des enseignants confrontés à des choix, voire à des difficultés ? Pourquoi ce besoin de recueillir des faits, de questionner l’activité de l’enseignant, de tenter de trouver des réponses au rapport pédagogie didactique ? Faut-il voir un enjeu avec le débat actuel ?

Ce matin là, dans mon champ d’observation une collègue MNS animait un groupe d’enfants aux heures réservées aux scolaires. En réponse à une question que je ne pouvais entendre, des mains se levaient pour proposer une idée vraisemblablement.

Le signal ayant été donné, les enfants rejoignirent le bassin et se mirent sur le dos en tentant de se déplacer pas bien loin du bord. Mais très rapidement, l’obliquité croissante de l’orientation du corps déclenchait l’entrée en jeu des bras pour regagner le bord.

Une reformulation de la tâche s’imposait et les enfants sortirent de l’eau. La maîtresse face au groupe prit la forme d’un grand arc à courbure dorsale, bras dans le prolongement du tronc, échangeant quelques consignes. Elle reprit ensuite, face au petit groupe une posture rigide, bras collés le long du corps.

Retour des enfants à l’eau, pas de changement dans les comportements, et les mêmes causes produisant les mêmes effets, à nouveau les corps se sont rapprochés de la verticale déclenchant le retour aux goulottes.

Etant une MNS « chevronnée », si l’on pouvait entendre par là le nombre d’années de son activité en piscine, on se demande pourquoi elle n’obtient pas cette stabilisation du corps flottant en situation dorsale ? Pourquoi propose-t-elle immédiatement après des sauts, face au bassin et bras dans le prolongement du tronc ? Quel lien logique trouver entre ces deux tâches ? Si encore les départs s’étaient pris dos au bassin !

Peut-on enseigner avec un répertoire de tâches ?

Ce répertoire doit-il être ordonné ?

Peut-il y avoir tâche sans critère de réussite ? (connu du maître et des élèves)

Quel critère de performance acceptable pour passer d’une tâche à une autre ?

Retour à la situation concrète et aux raisons de l’échec.

Pour qu’un objet ou un corps « flotte » il faut un rapport de densités favorable. (densité du liquide et densité du corps). Pour une même masse (poids du corps), plus le volume est important et plus la densité diminue. Qu’est-ce qui permet à l’individu d’augmenter son volume ? La consigne la plus immédiate sur le dos, c’est la remontée du bassin en surface pour que les viscères ne refoulent pas le diaphragme au détriment du volume thoracique.

C’est ensuite le redressement (alignement) de la colonne vertébrale dorsale thoracique.

C’est enfin le placement et l’immersion des membres supérieurs dans le prolongement du tronc.

Au repère du bassin en surface, il convient d’ajouter celui des oreilles dans l’eau et de l’ouverture béante de la bouche pour assurer des échanges ventilatoires afin que perdure le maintien de cette posture.

Une question reste en suspens : quels étaient, pour les élèves, les acquis antérieurs au niveau des représentations du corps et de l’espace d’action ? (En particulier « l’espace arrière »).

Je présume qu’ils n’avaient pas vécu, en petite profondeur les chutes dorsales, bras pénétrant dans l’eau avant la tête ni construit les solutions de redressement pour revenir à la verticale.

Se pose encore ici le problème de la formation continuée. Mais également celui des contenus à enseigner dans la formation initiale et d’un « seuil » d’acquis à partir duquel on peut intervenir efficacement dans la construction des nageurs.

Une analogie avec les difficultés évoquées dans notre débat sur le site.

raymond

 

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