« Apprendre à nager comme on a appris à marcher en grande profondeur et sans matériel pour devenir toujours meilleur nageur »

Suite à la question de Matthieu Decaen:

Bonjour,
Je n'étais pas à Dinard mais au stage de Megève.
Je me permet de poser une question.
Je suis entraîneur dans un club Parisien et j'ai depuis deux ans l'occasion d'entraîner des nageurs venus des USA.
Cela fait plusieurs fois que je constate que ces nageurs ont pour consigne dans leur pays de tourner les hanches autant que les épaules, avec un battement qui tourne donc aussi.
Mon point de vue est que comme un coureur (mais inversé), le battement doit compenser la rotation du bassin entraîné par le rouli des épaules.
Cela permet entre autre d'avoir plus de puissance pour se propulser.

Quel point de vue vous semble le plus logique ?

Merci d'avance de votre éclaircissement.

 

Le BASSIN … dans le bassin.


La question de Matthieu pose le problème de la liaison entre ce qui est propulsé et ce qui propulse.
Un corps aligné, immergé, peu déformable pour permettre à ses moteurs de bien faire fonctionner ses propulseurs, caractérise le nageur "évolué".
Le grand dorsal, muscle essentiel de l'abaissement du bras préalablement positionné dans le prolongement du tronc, voit dans la phase active propulsive une de ses extrémités relativement "fixée" par rapport à un référentiel exocentré.
On voit en effet, au dessus de ce point les épaules se déplacer d'avant en arrière et en dessous le coude et le poignet se déplacer dans l'autre sens.
Cela veut dire que par rapport à ce point fixé, c'est l'autre insertion et donc le bassin qui va s'en rapprocher.
Cette observation a fait l'objet d'un débat, d'une proposition de paradigme il y a quelques années et la production d'un article intrigant : "le nageur se propulse à partir des hanches"
Effectivement, produire volontairement le roulis des épaules pour mieux immerger le propulseur et l'approcher du plan vertical contenant l'axe de déplacement suppose qu'il trouve, en d'autres parties du corps "un appui".
Le bassin joue ce rôle, mais est lui-même contraint de pouvoir trouver des résistances sur l'eau pour s'opposer à un mouvement compensant celui des épaules.
C'est l'action coordonnée des membres inférieurs (les battements) qui permet de réaliser cette dynamique de stabilisation recherchée.
Cela me semble un point de vue partagé par Matthieu.
Mais une autre question se pose à propos de "disposer de plus de puissance" pour se propulser. Pour ma part je pencherais pour "obtenir un meilleur rendement de sa puissance disponible".
Qu'en pensent nos amis entraîneurs ?

raymond