« Apprendre à nager comme on a appris à marcher en grande profondeur et sans matériel pour devenir toujours meilleur nageur »

TOUJOURS A PROPOS DE LA BRASSE


« Si l’homme a toujours commencé par se mettre lui-même dans les objets de sa connaissance, en leur prêtant une existence et une activité conforme à l’image qu’il se fait des siennes…. ».

H. Wallon dans l’ouvrage de référence cité ( L'Évolution psychologique de l'enfant ) nous met, dès les premières lignes, en garde contre l’illusion d’une vision immédiate et objective du réel. La lecture qu’en fait l’homme passe par une représentation dont le caractère d’interprétation ou de lecture se révèle déformant, voire trompeur.

En 1987, un groupe italien de professionnels de la natation qui participait depuis plusieurs années aux Stages Maurice Baquet, faisant part de ses préoccupations proposait une liste de trois motivations (en ordre décroissant d’intérêt).

De l’ensemble formulé, nous retenions quatre thèmes :

  • accroître ses compétences d’enseignant

  • comprendre la pédagogie de l’action

  • améliorer ses performances en nage

  • être capable d’analyser les nages ( et particulièrement comprendre la brasse ).

Il nous est apparu utile de connaître les « représentations spontanées » des stagiaires.

Préalablement à la pratique en piscine, chaque stagiaire a reproduit sur un schéma la manière dont il se représentait sa façon de nager, c'est-à-dire comment dans un cycle de nage il répartissait ses actions motrices des bras et des jambes.

Une ligne de 10 cm. figurait la durée du cycle ( facilite la vision des pourcentages ).

Au dessus de la ligne le tracé indiquait l’action des membres supérieurs et en dessous celle des membres inférieurs.

Voici regroupé en un tableau l’ensemble des réponses :

 

Cette représentation minimale ne tient pas compte de la durée réelle des cycles de chacun mais rend bien compte de ce que chacun croit réaliser.

On remarque que 4 stagiaires imaginent une continuité de la propulsion, 2 pensent prolonger par les bras l’action des jambes, 2 envisagent la possibilité d’une superposition des actions propulsives, 2 envisagent un intervalle entre jambes et bras.

On pense tout de suite au problème de la « prise de conscience  dissociée de la « réussite en action » évoquée par Piaget et à la validité de sa formule « réussir pour comprendre » ( la réussite étant une condition préalable à une possible prise de conscience des caractéristiques de l’action ).


Les données objectives ont été obtenues en filmant les nageurs passant devant la caméra fixe positionnée derrière un hublot à 10 m. environ du mur de départ.

Pour éliminer les importantes variations possibles liées à l’impulsion initiale, le départ s’est fait sans impulsion au mur, pieds maintenus en surface sans contact.

Par convention, sont déclarés « moteurs » les déplacements des extrémités des membres dans le sens opposé à celui du déplacement du nageur.

Ici, on rend compte de la durée du cycle d’après le nombre d’image et de la structure rythmique ( qui fait abstraction de la durée ) on passe à la structure de nage ( qui intègre la durée ) ; il avait été demandé aux nageurs d’estimer le temps qu’ils allaient réaliser et l’épreuve a également été chronométrée ( temps réels ) :

raymond