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UN OBJET TECHNIQUE NON IDENTIFIE

« Les COORDINATIONS »

 

S’il est un domaine où certains préjugés ont la vie dure, c’est bien celui des caractéristiques et des mécanismes de la propulsion en natation.

Une lecture des actes des 5ièmes Journées Spécialisées de Natation en offre de multiples exemples chez plusieurs intervenants.

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Entre les retours rapides en surface et les actions de poussées sous la surface de masses d’eau qui résistent, des rapports de durées entraînent dans leur enchaînement des « coordinations » variables.

La coordination consiste à agencer dans l’espace et dans le temps les parties d’un tout (ici, l’activité propulsive) de manière cohérente et efficace.

Les modes de coordination immédiatement repérables dans la construction du nageur qui passent d’une organisation terrienne à une organisation aquatique s’opèrent en trois étapes dont la première est celle de l’arrêt des mains aux cuisses chez les débutants, en nage ventrale mais surtout en nage dorsale. Un progrès décisif est celui de la disparition de ce temps d’arrêt (position de relâchement du terrien) en nage sur le dos et plus facilement sur le ventre pour réaliser une coordination en opposition. Quand un membre supérieur est dans l’eau l’autre se trouve hors de l’eau. La dernière étape intègre le fait que le retour relâché du bras dans l’air est devenu plus rapide que son passage dans l’eau qui résiste.

Un déphasage spatial s’instaure et voit le retour « attendre » en projectile le phasage temporel de 0.5 dans les nages alternées. Les entraîneurs évoquent alors un « rattrapé ».

Dans toutes les nages et singulièrement dans les nages alternées, à l’image de ce qui se produit dans la course à pied, l’équivalent du temps de suspension au cours duquel il ne saurait y avoir de « propulsion » dans le sens de l’accélération de la masse propulsée, un espace temporel variable occupe une période d’inertie.

En clair il n’y a pas et ne peut pas y avoir de juxtaposition et encore moins de superposition des actions propulsives. C’est mécaniquement et physiologiquement impossible.

Il est donc pour le moins étonnant de voir L. Seifert (page 63 et 64) des Actes, reprendre sans la moindre hésitation ou le moindre doute la classification de D. Chollet selon qui (sic) il existe trois modes de coordination : en rattrapé ou en glisse ; en opposition ou en continuité ; en superposition.

Continuité et opposition : ce n’est pas la même chose ou il faut le prouver !

Que dans les années 70 on ait pu avancer de telles hypothèses, reste en grande partie tributaire des moyens d’observations utilisés alors et d’extrapolations de données chiffrées des « coups de bras. Spitz utilise 25 coups de bras dans le second 50 m. du 100m. papillon et 51 dans le second 50 m. du 100 m. nage libre. La conclusion première consiste à penser que le crawl est une nage moins discontinue que le papillon. La tentation est grande d’extrapoler, idéologiquement, à l’intérieur du crawl et d’imaginer une forme de « continuité ».

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C’est ce que l’on retrouve page 157 de l’Enseignement d » la Natation de Catteau – Garoff de la troisième et dernière édition en 1974.

D. Chollet, jeune professeur d’EPS suit alors les cours d’Initiateurs et d’élève-entraîneur de la FFN , assurés par le Conseiller Technique Régional du Comité des Flandres : ( R. Catteau)

Dans ces mêmes cours on évoque également l’influence de la ventilation alternée sur la symétrie de nage en crawl comme en dos.

Mea culpa !!! Mais fort heureusement, quarante années sont passées et j’ai évolué !

Comment se fait-il que de tels cadavres intellectuels survivent à l’Université et dans le milieu fédéral ? L’attitude expérimentale ne s’impose plus dans notre formation.

Une liste impressionnante de références littéraires ne saurait remplacer une étude en situation.

L’écueil initial tient au fait que la plupart des études de mouvements menées le sont à partir d’un référentiel égocentré (la caméra suit le nageur dans son déplacement) et non d’une analyse comparative des référentiels égo et exo-centrés.

En second lieu, les conditions du caractère propulsif ne sont pas définies. Et dans le cas qui nous occupe c’est le trajet dans le sens avant-arrière du propulseur qui retenu en négligeant la vitesse propre de déplacement du nageur en sens opposé.

C’est également ce qui est advenu à propos de la théorie de la portance dont on parle heureusement de moins en moins.

Après les OPNI voici venu le temps des OTNI !

raymond

Commentaires   

0 #1 Florent 20-09-2018 13:02
Bonjour Raymond. J'espère que tout va bien pour toi.
Une idée m'a traversé l'esprit hier lors d'un entrainement.
L'idée est la suivante : les actions propulsives sont silencieuses car se trouvant en milieu sous marin. Les actions non propulsives sont bruyantes car se trouvant dans l'air ou en interrelation entre l'eau et l'air.
Donc, à vitesse donnée, le nageur le plus rapide (le mieux orienté par rapport à l'axe d'avancement et le plus efficace en terme propulsif) est le plus silencieux? Le bruit du nageur indique t-il son niveau de fonctionnement?
Ici j'expose des idées (peut être saugrenu).
J'aimerais simplement savoir ce que vous en pensez. Merci
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