0
0
0
s2smodern

Pédagogie de l’erreur ou pédagogie de la réussite en action ?

 

b_555_370_16777215_00_images_oziogallery3_divers_erreur.jpgNotre collègue Florent se situe parmi les entraineurs, trop peu nombreux, qui s’interrogent sur les fondements de leur pratique, se posent des questions et par ricochet nous posent des questions. Nous l’en remercions vivement et incitons d’autres entraineurs ou initiateurs à l’imiter.

Naïves en apparence ces questions sont l’occasion de vérifier si derrière le même mot les interlocuteurs mettent bien le même contenu. C’est là une condition essentielle d’un possible dialogue. Cela évite un consensus apparent cachant des divergences profondes.

Après avoir défini l’autonomie il nous demande : «  Est-ce un processus ? Un processus une construction étape par étape ? Ou le pratiquant l’acquiert naturellement ? Quand est-il face à une figure d’autorité ? »

Nous voici replongé dans le domaine de la pédagogie à propos de la relation enseignant-enseigné ayant à s’approprier un contenu. L’idée que c’est l’apprenant qui doit activement assimiler un savoir ou un savoir faire n’implique pas qu’il soit en mesure de connaître ou choisir la tâche adéquate. Cela appartient au maître. Ce que probablement notre collègue attribue à son « autorité », nous dirions à sa fonction. Ce qui est décisif dans le choix de la tâche, c’est qu’elle pose à l’élève un problème à résoudre accessible. Ce qui est « processus » c’est l’activité tâtonnante pour accéder à la réussite. Le pratiquant n’a pas à l’acquérir puisque c’est un processus spontané, naturel.

« Le pratiquant n’invente-il pas lorsqu’il est dans une patiente recherche de solution ? Il invente les tâches et les solutions. »

Le pratiquant ne peut en toute logique pas inventer les tâches mais recherche la ou les solutions pour les réussir. On évoquera à ce propos une « activité tâtonnante » qui procède par essais et erreurs en ne conserve que ce qui « réussit ».

« En opposition à la pédagogie traditionnelle qui est plutôt intimidante dans le sens où il y a une phobie de la faute bien véhiculée par l’école malheureusement et peut-être par l’entraineur à son insu, une pédagogie de l’erreur serait-elle efficace ? »

Dans la pédagogie traditionnelle le maître impose à ses élèves les mouvements qu’il doit reproduire ; il apporte la solution sans poser de problème(s). Que faut-il comprendre par « pédagogie de l’erreur » ? Proposer de manière consciente une mauvaise solution ? Le maitre irait alors à contresens de sa fonction qui vise la réussite de tous. Attention à la confusion ! Le pédagogue peut se tromper de tâche (inaccessible ou inutile) ! Mais je n’imagine pas une « pédagogie de l’erreur » ! Lorsque le pédagogue se trompe, il constate que la tâche n’apporte pas la solution attendue et il change de tâche !

« Se tromper permettrait-il d’apprendre mieux ? »

Piaget interviewé par des étudiants (voir le site : « INTERVIEW DE JEAN PIAGET ») dit ceci : « une erreur corrigée se révèle souvent plus profitable qu’une réussite immédiate ».

« Est-ce un outil pour enseigner ? »

L’erreur n’est évidemment pas à rechercher !

Si ces lignes permettent de clarifier des notions souvent utilisées mais pas nécessairement assimilées, souhaitons que d’autres collègues apportent leur point de vue ou questionnent à leur tour.

raymond

février 2018 

 

 

Commentaires   

0 #1 David 10-02-2018 20:53
Par contre il peut y avoir une "mise en échec" comme stratégie. Notamment quand il s'agit de confronter les représentations de l'élève au réel. Ainsi une tâche visant à demander aux élèves de "rester immobiles ventre collé au fond" est à priori en accord avec la représentation que les élèves ont de leur flottaison, mais celle-ci sera mise en échec dans le cadre de cette tâche.

Par ailleurs dans la mesure ou c'est l'enseignant qui fixe le cadre de fonctionnement, un élève peut-il être "dans l'erreur" ? Une erreur nécessite un référent correct dont ne dispose pas encore l'apprenant(et ne disposera peut être jamais puisque cela nécessite la compréhension qui n'est pas l'objet premier ici). L'erreur ne peut donc, selon moi, être que du côté de l'enseignant qui a prescrit une tâche inadaptée, (niveau mal évalué, consigne/but inappropriée etc..).
Citer
0 #2 raymond 11-02-2018 10:38
Ce serait une « erreur » de faire de ce mot un absolu. L’erreur ne peut être repérée et imputée que chez celui qui agit. Le choix de la tâche par le maitre : « rester immobile, ventre collé au fond » est parfaitement cohérent avec le but visé par cette tâche : mettre en cohérence la représentation que l’élève se fait de la situation et l’impossibilité de la réussir. Les faits amèneront l’élève à modifier sa représentation initiale ce qui était l’objectif du maitre. La tâche était adaptée.
Citer
0 #3 David 11-02-2018 10:56
les deux paragraphes étaient sans rapport l'un avec l'autre.
Le premier justement visait à introduire la nuance en ce qui concerne la notion d'erreur ou d'échec.

Pour le second, c'est plus général peut-on vraiment parler d'erreur chez l'apprenant ? Ses actions ne sont elles pas toujours cohérentes avec ses représentations ses capacités et le cadre fixé par le maître ?
Citer
0 #4 theyves 12-02-2018 11:46
Un exemple de pédagogie de l'erreur.

Une maitresse de grande section maternelle. Demande a ces petits élèves de ramasser les objets qui se trouvent au fond du bassin. Mais comme cette maitresse a peur pour ses élèves elle leurs mets une ceinture. Évidement la maitresse ( pas très commode) consciente que sa demande a échoué lance " hey bien vous n'êtes pas très doué les enfants" Est t-elle dans une pédagogie de l'erreur de son point de vue? De sont point de vue je ne sais pas, mais du mien oui, elle se trouve dans une pédagogie de l'erreur. Mais le bon point c 'est que les enfants auront au moins bien bougé les pieds et les bras pour essayé de saisir l'objet qui était au fond. Lol
Citer
+2 #5 raymond 15-02-2018 16:43
Citation en provenance du commentaire précédent de theyves :
Un exemple de pédagogie de l'erreur. Une maitresse de grande section maternelle...

Merci à notre collègue de nous faire partager un vécu que rien ne peut remplacer. Toutefois l’interprétation qu’il fait de la « pédagogie de l’erreur » demande à être discutée.
Une situation « pédagogique » suppose un enseignant, une matière à enseigner et des élèves. L’intervention de l’enseignant doit viser un progrès des élèves à travers un exercice ou un problème soluble qui leur est posé. Dans l’exemple cité on doit évoquer une incompétence, une incohérence mettant en échec les élèves. Son intention n’était pas de faire échouer ses élèves. Elle n’a pas trouvé de situation adéquate. L’erreur est peut-être dans le choix qu’elle a fait de son métier.
Raymond février 18
Citer
0 #6 theyves 18-02-2018 15:38
Citation en provenance du commentaire précédent de raymond :
Citation en provenance du commentaire précédent de theyves :
Un exemple de pédagogie de l'erreur. Une maitresse de grande section maternelle...

Merci à notre collègue de nous faire partager un vécu que rien ne peut remplacer. Toutefois l’interprétation qu’il fait de la « pédagogie de l’erreur » demande à être discutée.
Une situation « pédagogique » suppose un enseignant, une matière à enseigner et des élèves. L’intervention de l’enseignant doit viser un progrès des élèves à travers un exercice ou un problème soluble qui leur est posé. Dans l’exemple cité on doit évoquer une incompétence, une incohérence mettant en échec les élèves. Son intention n’était pas de faire échouer ses élèves. Elle n’a pas trouvé de situation adéquate. L’erreur est peut-être dans le choix qu’elle a fait de son métier.
Raymond février 18

De sont point de vue elle n'est pas dans l'erreur puisque apparemment elle n'a aucune expérience pour pouvoir s'en rendre compte.Je suis d'accord.
Citer
0 #7 theyves 18-02-2018 15:47
J 'aime faire ce premier petit exercice avec mes nouveaux petits apprentis 6 ans.
Je boss dans un petit bassin d'apprentissage 12x12 avec marches progressives donnant dans 60 cm d'eau la profondeur continue jusqu'au 1m30. Je place une petit ligne d'eau a 3 mètres des marches. Je me trouve de l'autre coté de la ligne de l'eau face aux jeunes élèves. Je pose une seul question " Qui peut venir vers moi" Pédagogie de l'erreur? Très intéressant de voir comment les enfants procède (pour ceux qui y arrive).
Citer
+2 #8 Gg 01-03-2018 09:30
ERREUR, définir c'est mieux connaitre.
Nos opinions nous dirigent.
Nos niveaux de connaissances liés à nos expériences nous donnent accès à diverses possibilités d'action sans cessent changeantes, comme la météo du matin, la vie ne répète jamais les mêmes instants.
Les "erreurs" ne sont pas des défaillances de l'ego, elles sont des instants révélateurs pour poursuivent l'activité, l'action vers un "a venir" plus radieux.
Le culte de la performance...
Le fait d'"être" ce matin est déjà radieux, le reste c'est les multiples possibilités d'actions que nous permet l'existence la plus longue possible... et chacun selon ses intérêts...
Je me réjouis toujours de bénéficier des avis de Raymond, il continue de me réveiller plus pleinement, et depuis plus de quarante ans.
Gg
Citer
0 #9 Gg 03-03-2018 09:04
Peut-on prétendre à l’absolue réalité ?

Une tornade dévastatrice est-elle dans l’erreur ?

Dans toute activité, tâche, selon notre niveau cognitif et émotionnel du moment, celle-ci suivra un processus toujours changeant.
Le terme processus peut avoir plusieurs définitions : j’en retiens deux idées, « actif et organisé dans le temps ».
Observez le processus respiratoire :
Il peut être inconscient. Il peut être adapté à l’activité mais toujours inconscient.
Il peut être observé, devenir conscient et là il change.
Alors on rejoint une théorique quantique : « l ’objet observé est modifié par l’observateur ».
Avec de l’expérience et du savoir l’on peut se -ou- proposer diverses tâches de natation :
Parcourir la plus longue distance sans respirer.
idem en expirant continument le plus longtemps possible.
Etc…
Nous avons là une suite de processus actifs plus ou moins organisés, mais toujours changeant.
Est-ce une erreur de respirer inconsciemment ? de l’essoufflement ? d’expirer insuffisamment ?
Dans activité natation nous avons des principaux thèmes complexes : la natation et l’humain, depuis de siècle certains ont des certitudes, d’autres questionnent encore.
Nous « tâcherons » pour progresser pour éviter les erreurs tactiques …
Gg
Citer

Ajouter un Commentaire

 


Code de sécurité
Rafraîchir

0
0
0
s2smodern