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L’OBSTACLE 

ou du stagiaire et de « sa boite à outils »

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b_358_456_16777215_00_images_oziogallery3_divers_boiteoutils.jpgProduit par la pensée rationnelle et s’approchant du réel, la pédagogie de l’action atteint une efficacité tellement supérieure à celle de la pédagogie traditionnelle qu’elle attire irrésistiblement ceux qui en bénéficient ou en sont les témoins. Mais une entrée dans son univers et sa pratique ne se décrète pas ! Elle suppose la présence de ses conditions, le respect de ses règles.

Nos amis formateurs, après un certain temps de mise en œuvre de leurs cours m’interpellent et me disent aimablement « on a besoin de toi ! » sollicitant ainsi implicitement mon aide.

Quelque chose semble leur échapper.

Il est vrai que pour armer un stagiaire de « sa boite à outils » deux domaines sont à aborder :

- celui des contenus à enseigner ( quelle tâche correspondant au problème possible et nécessaire pour déclencher un progrès ?)

- celui de l’animation (proposer au groupe la bonne tâche au bon moment et au bon endroit.)

Construire sa boite à outils et situer le nageur exigent de la réflexion, du temps et de la pratique.

C’est l’objet de la formation pédagogique.

Pour aller à l’essentiel, un recours à la didactique de la discipline devient incontournable. Il nous situe les passages obligés des contenus pour mettre au service du débutant ce que la pratique, historiquement constituée, a produit de plus efficace, évitant ainsi tâtonnements  et engagement dans des voies sans issues.

Tout aussi déterminantes apparaissent les règles de la pensée rationnelle dont la première de celles proposées par Aurélien Fabre est trop souvent oubliée ou absente.

« Une définition exacte et complète de l’objet ! ». En l’occurrence de la discipline : ici la natation.

Or, à plusieurs reprises, à Narbonne et à Dinard, dès mon premier contact avec les stagiaires et leur encadrement, il m’est arrivé de demander de formuler anonymement la définition de la natation. Il y avait une telle diversité des réponses dont seules 2 étaient acceptables qui correspondaient aux exigences d’Aurélien Fabre, que la confusion était évidente.

Pour chacun la définition qu’il se donne de l’objet natation correspond à ses représentations ; et chaque fois qu’il agira avec ses élèves ce sont ces représentations qui viendront se substituer à la réalité. Il aura des élèves « imaginaires » en situation illusoire.

Comment dès lors s’étonner, de la part des élèves, du recours à des réminiscences, à des improvisations, à des recettes, au folklore pédagogique, dont nous sommes les témoins impuissants.

La définition : « activité locomotrice humaine en eau profonde, excluant l’usage de tout accessoires » pourrait être retenue. Cela implique une compréhension de chacun des termes également à définir pour qu’une chance soit donnée de dépasser le domaine des mouvements et aborder complémentairement l’autre « objet », à savoir : le nageur.

Nous sommes curieux de savoir, chez nos amis entraineurs ou MNS, sur quoi se fonde leur pratique. A quelle(s) connaissance(s) initiale(s) ont-ils recours ?

raymond