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Le mariage de la carpe et du lapin ne peut engendrer de progéniture

Suite au commentaire de P. Buisson :

La stratégie de la familiarisation aquatique en grande profondeur est intéressante ! Elle est très pertinente pour une certaine catégorie de public... Par contre, certains sujets ont des appréhensions, phobies ou parfois des "handicaps" pour qui cette immersion en grande profondeur représente soit une appréhension importante, soit parfois, un blocage...

Cette introduction en grande profondeur ne doit pas se positionner en exclusivité et en opposition à une approche par l'opposé : Une approche aquatique par la petite profondeur... En fait, c'est la manière de gérer cette introduction en petite profondeur qui procure son utilité et sa pertinence ! Ces deux approches ne devraient donc pas s'exclure car elles sont toutes deux efficaces, chacune à leur façon !

Un concepteur pédagogique, Alexandre BUISSON, nommé aussi conseiller technique et pédagogique de natation jeunesse et sports (de la même génération que M. CATTEAU), a développé un concept de Bassin-école équipé d'un fond réglable nommé BEA BA. Cette école de natation a été installée au CPO de Vittel. Cette expérience dans les années 70, fut particulièrement appréciée par Lucien ZINS, ancien DTN de la fédération de natation...

Ce bassin-école (de petites mensurations) et son fond réglable multiplie en les superposant, toutes les zones de profondeurs (toutes les zones d'apprentissage)...

Dans de telles conditions, la stratégie du passage par la petite profondeur n'est pas du tout une "étape enfermante" comme le stipule M. CATTEAU.

A certaines conditions néanmoins : : La petite profondeur (permise grâce à un fond réglable ou un fond incliné depuis la surface)

ne doit pas être une étape "enfermante" ou "stagnante"... Au contraire son étape doit être de courte durée : L'objectif est :

- Un premier contact qui permet à l'individu d'immerger(accroupi) la tête dans l'eau, puis le corps entier pour se familiariser au premier contact aquatique et aux premières apnées (accroupi puis allongé dans une petite profondeur.

- Le deuxième avantage de la petite profondeur est justement de quitter instantanément la position verticale et ses appuis plantaires, pour la position horizontale, beaucoup plus naturelle dans l'élément aquatique. L'élève réalise instantanément une posture de flottaison naturelle (sans l'usage "trompeur" des bouées sur les densités d'eau en présence)...

Cette familiarisation aquatique en petite profondeur est en plus particulièrement efficace pour certains sujets rencontrant des difficultés (peur, phobies, traumatismes anciens ou tenaces, difficultés motrices ou psycho-motrices, voir handicaps plus ou moins importants...

- Une fois (et très rapidement) la petite profondeur maîtrisée (premières apnées, flottaison, premières coulées, la familiarisation suit naturellement la descente progressive du plancher qui "accompagnera" l'élève vers la moyenne puis la grande profondeur !

Encore une fois, l'objectif n'est pas de stagner mais d'accompagner par étapes l'individu vers une familiarisation progressive et sans appréhension, ni chocs, ni stress...

L'individu se passe de manière progressive mais irréversible des apuis des mains (de la petite à la moyenne profondeur), puis des pieds (de la moyenne à la grande profondeur)...

Avec le fond réglable, au fur et à mesure de la familiarisation vers la grande profondeur, c'est l'élève lui-même, sans bouées ni brassards, qui gère sa zone proximale de développement : c'est à dire le franchissement proximal (ni trop lent ni trop vite) des différentes zones de profondeurs qu'il va franchir lui-même, ni stagnante, ni trop précipitée.

Avantages de cette pédagogie :

1- Une familiarisation progressive aquatique qui évite toute appréhension, stress ou choc. C'est la progressivité par toutes les étapes de profondeurs qui créé la notion de conscience aquatique "irréversible", c'est à dire sans avoir immiscé le moindre doute ou traumatisme dans le psychisme de l'individu, pouvant causer ultérieurement de possibles ré-émergences de paniques "irrationnelles" générant tragiquement certains accidents de noyades...

2- Cette familiarisation progressive évite l'usage des bouées (qui trompent l'élève sur les densités d'eau en présence)... Elle favorise la position horizontale sur la position verticale, qui est anti-naturelle dans l'eau...

3- Cette approche bienveillante et sans appréhension s'adresse à une catégorie large de publics : enfants, adultes, seniors (y compris les plus fragiles : aquaphobes et personnes handicapées...).

Conclusion :

En résumé, cette approche ne se positionne pas en opposition à l'approche de M. CATTEAU. Elle en est au contraire complémentaire à double titres :

- Elle favorise un accueil et une familiarisation aquatique plus progressive notamment pour des sujets qui en réclameraient le besoin...

- Son équipement : un petit bassin-école à fond réglable ne concurrence pas les piscines et les autres approches pédagogiques pratiquées... Sa présence plus petite, est également plus économique et peut être pertinente dans des territoires en manque de piscines "classiques", faute de budget... Ainsi, elle peut co - contribuer à la prévention aquatique qui concerne tout de même 1 enfant sur 3 sur notre territoire qui entre au collège sans savoir nager...

 

Avec une touchante et désarmante obstination P. Buisson focalise notre attention dans le rétroviseur des pratiques pédagogiques pour réhabiliter des usages d’un temps révolu.

Les « BAM » (bassins d’apprentissage mobiles) ont connu une vie éphémère au siècle dernier. Présentés déjà comme solution à la carence d’équipement en piscine de notre pays, leur survie et leur développement ne pouvaient dépendre que de la preuve objective de leur utilité et de leur efficacité.

b_387_291_16777215_00_images_oziogallery3_divers_bam1.jpgReposant sur la conception pédagogique dominante de l’époque relative à la formation des sportifs en « tranches » successives : familiarisation – apprentissage –perfectionnement – entrainement, l’utilisation de bassins d’apprentissage visaient la population scolaire prioritairement. Certains établissements scolaires en furent dotés mais sous forme fixe. Les plus grands mesuraient entre 10 et 15 m. de coté.

Les dimensions préconisées des BAM interpellent les personnes formées ou informées : largeur inférieure à un couloir de piscine normalisée : 2m. 10 pour ne longueur de 8 m. et une profondeur allant de 0 à 1m. 60. Elles ne peuvent s’accommoder que d’un apprentissage mécanisé des mouvements des nages et excluent d’emblée la possibilité de prendre ou d’apprendre un départ plongé. Impossible d’y envisager une « pédagogie de l’action » ou d’y construire un « corps projectile ». Autre exemple d’installation inutilisable : la piscine du CREPS de Wattignies longue de 16 m.66. Parcourir une épreuve de 100m. impliquait la réalisation de 5 virages ! A son propos j’avais alerté les autorités dans un rapport d’activité en signalant l’absurdité du projet. Il me fut répondu que l’équipement n’était pas du domaine de mes compétences de CTR. Les faits m’ont rapidement donné raison puisque les élèves qui préparaient le professorat devaient aller s’entraîner dans des communes voisines disposant d’une piscine de 25m. en faisant le trajet en autocar.

b_344_224_16777215_00_images_oziogallery3_divers_bam2.jpgA propos des BAM, j’ai été personnellement convoqué en commission ministérielle par le Colonel Crespin qui devait lancer sa mise en chantier. Comme il fallait prévoir un personnel affecté à l’enseignement, il m’était demandé de produire un document pédagogique pour utiliser l’installation le temps de son séjour. J’ai pu démontrer la nécessité d’une formation pour échapper à l’improvisation et à ma connaissance cela n’a pas été entrepris. Le paradoxe du basin mobile est que les besoins en équipement sont permanents et que toute transplantation prive les nouvelles générations du service apporté aux aînés. Elle se révèle onéreuse parce que les structures se dégradent à chaque transport et installation. Inconvénient majeur : elles ne peuvent accueillir simultanément l’effectif complet d’une classe normale.

P. Buisson ne peut confondre le point de vue du DTN Lucien Zins et l’assimiler à celui du Comité Directeur de la FFN qui n’avait pas à habiliter le développement de ce type d’équipement. Sa commission d’études et de formation des cadres présidée par le colonel Grenet et à laquelle j’appartenais n’a jamais eu à débattre de cette question. Notre DTN considérait les problèmes pédagogiques comme le dernier de ses soucis et il n’hésitait pas à nous le dire lors des réunions des CTR. Il croyait aux dons. De nos jours la position du Président de la FFN est sans ambigüité : Il s’oppose catégoriquement à toute installation qui ne serait pas pérenne et estime qu’ « implanter des BAM relève de l’hérésie. »

raymond

 

Les images que vous trouvez dans l'article sont publiés dans le site www.jeanpauljungmann.fr auquel appartiennent tous droits de reproduction.

 

 

 

Commentaires   

0 #1 DURUPT Hervé 07-03-2016 09:57
Témoignage d'Hervé Durupt ayant appris à nager dans le Bassin école BEA BA d'Alexandre Buisson au CPO de Vittel !
Je me souviens de l'année du CE2, j'avais 8 ans…J'avais une peur « bleue » de l'eau et donc une grande réticence à apprendre à nager…Néanmoins notre instituteur nous amena dans un bassin-école équipé d'un fond réglable nommé BEABA, isolé des 2 grands bassins dont les masses d'eau étaient impressionnantes. Plus rassuré par son contexte intime, ma peur ne disparut pas de suite. Ce qui me frappa fut de voir mes camarades s'immerger dans une épaisseur d'une 20ène de cm (grâce au plancher) s'accroupir et mettre la tête dans l'eau. Ils s'allongèrent sur le dos, et furent tous étonnés de flotter naturellement, sans bouées ni appuis...Rassuré, nous nous familiarisâmes à toutes les profondeurs sans appréhension. A notre grand étonnement, nous réussîmes à nager 50m en brasse en fin d'année. Aquaphobe, cet apprentissage m'a rendu aquatique en un an ! Grand merci à Alexandre !
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0 #2 Pierre BUISSON 09-03-2016 09:46
Rectificatif suite à l'article : « Le mariage de la carpe et du lapin ne peut engendrer de progéniture » :

Dans cet article, son auteur a confondu le concept du BEA BA (bassin-école à fond réglable) expérimenté dans les années 70 au CPO de Vittel par Alexandre BUISSON avec les BAM (bassins aquatiques mobiles à la même époque : DEUX CONCEPTS QUI N'ONT STRICTEMENT RIEN A VOIR ENTRE EUX, ainsi que l'ensemble de l'article. Merci de tenir compte de cette erreur de jugement.
Sportivement, Pierre Buisson.
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