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FORMATION des ENTRAÎNEURS

à LA PEDAGOGIE DE L’ACTION II

l’empirisme ou le rationalisme

 

 Raymond, comment répondrais-tu à ces deux questions légitimes d’un tuteur (entraîneur qui accompagne dans le club l'entraîneur en formation) :

  • " Pourquoi vouloir à tout prix avoir une vision fondée du fonctionnement du nageur ? "

  • " En quoi par exemple savoir que les jambes ne sont pas propulsives en crawl ( voir " Deux moteurs? ", " Les séries de jambes en valent-elles la peine ? " ) peut-il m’aider à mieux entraîner ? De toute façon les nageurs que j'entraîne progressent. "

    Marc

 

La question de Marc est particulièrement importante dans la mesure où elle pose le problème de l’empirisme ou du rationalisme.

Le fonctionnement empirique de la très grosse majorité des entraîneurs ne se vérifie pas seulement en notre pays.

Est empirique toute pratique qui se fonde sur l’expérience, immédiate, commune, ne se déduit d’aucun principe et ne se prête à aucune généralisation.

Singulièrement révélatrices sont les explications données par ces entraîneurs de la source des exercices proposés à leurs nageurs. Cela provient, en très grande partie de ce qu’ils ont personnellement vécu lorsqu’ils étaient eux-mêmes en apprentissage, de ce qu’ils voient faire autour d’eux par des collègues et plus rarement de sources écrites.

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L’exercice aurait une vertu magique et agirait nécessairement, indépendamment des circonstances ou du moment où il est donné. Le lien avec le stade auquel est parvenu le nageur n’est nullement pris en compte.

Est également révélateur l’argument selon lequel on changerait d’exercice pour éviter la monotonie.

Dans ces conditions, l’entraîneur « navigue à vue » mais n’a pas de « cap ».

Certes on ne peut pas dire que ce que font ces entraîneurs n’est pas fondé, mais cela est basé sur des habitudes ou des croyances et les progrès des nageurs se réalisent, bien qu’ils n’en soient pas conscients, malgré les entraîneurs.

L’argument selon lequel ces pratiques entraineraient des résultats n’a aucun sens puisque toute action implique un « résultat ».

Pour que cela soit significatif il est nécessaire que ces « résultats » soient qualifiés et quantifiés et reliés à leur cause.

A l’opposé de cette attitude il y a le « rationalisme » affirmant que tout ce qui existe a une raison d’être et peut s’expliquer, et que l’on peut procéder de façon logique et à la limite prévisible. L’entraîneur « construit » les nageurs selon un plan partant d’une organisation initiale (ce que sait déjà réaliser le sujet) vers une organisation plus élaborée dont il connait les caractéristiques repérables. Il dispose donc d’un « modèle » de fonctionnement du nageur qui le guide dans ses choix de tâches, qui fonde son activité.

L’intérêt de cette attitude est de prévoir les effets attendus de ce qui est proposé et si la transformation n’apparait pas de changer d’hypothèse et de modifier sa ou ses représentations, de rechercher une nouvelle explication, puis de proposer d’autres tâches. Les « certitudes » de l’entraîneur sont provisoires.

raymond

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Commentaires   

#1 Marc 26-10-2015 12:00
Merci pour ta réponse Raymond qui éclaire les raisons pour lesquelles
il est si difficile de dépasser ses croyances et ses habitudes pour un entraîneur.
Il est significatif de noter qu’il suffit qu’un nageur obtienne d’excellents résultats pour que ce que lui propose son entraîneur soit donné en exemple (à reproduire) aux autres entraîneurs, sans jamais interroger les raisons didactiques et pédagogiques sur lesquelles reposent – éventuellement - les succès dont il est question.
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