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NAGEURS DE SURFACE

 

Le 11ième séminaire de DINARD qui vient de se terminer a regroupé des stagiaires français et étrangers venus plus nombreux, certains mieux armés, et les internes au terme de leur « scolarité », souhaitant s’inspirer d’une conception novatrice de formation de nageurs.

Tous se donnaient pour ambition d’identifier les problèmes posés par la pratique biquotidienne d’animation de séances en piscine afin de leur apporter des solutions fondées sur des connaissances scientifiques, mises en œuvre en respectant les principes des méthodes actives.

Les élèves se répartissaient en un éventail d’âges important. Des maternelles Moyenne Section et Grande Section au Cours Préparatoire, Cours Elémentaire 1, Cours Elémentaire 2, au Cours Moyen 1 et Cours Moyen 2.

Chaque élève entrait dans cette opportunité de formation à partir d’un vécu « terrien » et parfois « aquatique » spécifique, constituant ses préludes.

Certains parents, bien intentionnés, avaient déjà par anticipation, confié leur(s) enfant(s) à des MNS traditionnels. Leur initiation consistant à obtenir, à travers une mécanisation des mouvements simultanés des membres supérieurs et inférieurs, la réalisation d’un déplacement à la surface de l’eau, tête constamment émergée.

Intégrer ces enfants dans des groupes relativement homogènes présente des difficultés si l’on veut respecter un plan de construction, validé par l’expérience, selon lequel le « corps flottant » précède et conditionne l’abord du « corps projectile-propulseur ». Chez nos nageurs de surface, une certaine propulsion s’est construite en ignorant l’immersion et la rendant en outre redoutable. Entrer dans l’eau par un simple saut vertical de face et a fortiori de dos, pose à ces « barboteurs » un problème insoluble.

Si barboter  signifie bien (Le Petit Robert) s’agiter remuer dans l’eau, nos nageurs de surface se révèlent incapables d’inhiber l’agitation de leurs membres dès qu’ils quittent les ancrages à la goulotte.

Parallèlement, dès les premières séances, les novices ayant commencé par développer des capacités d’immersion et d’apnée, se montrent progressivement capables d’aller toucher le fond et de remonter en laissant l’eau agir. Une motricité spontanée leur permet de s’éloigner provisoirement du bord et de le regagner sereinement. Les bascules du corps en avant et en arrière sans impulsion contribuent à leur donner une représentation plus précise de l’espace de leur corps dans l’espace d’action.

En choisissant la forme adaptée, ils deviennent capables de ne rien faire dans l’eau, tête sous les bras immergés dans le prolongement du tronc, jambes en extension et talons en surface, le temps de leur apnée. Sur le dos, oreilles immergées et bassin en surface, bouche grande ouverte pour assurer les échanges ventilatoires, ils flottent aussi longtemps qu’ils le souhaitent. En un mot, ils vivent les effets de l’action de l’eau sur leur corps et en prennent conscience.

Pour envisager un progrès des nageurs de surface, il devient indispensable de « disloquer le bloc fonctionnel » subordonné et conditionné par le maintien de la tête en surface.

Rester en grande profondeur devient pour eux, incompatible avec la mise en œuvre de tâches visant l’immersion complète de la tête. En conservant les pieds au sol on élimine l’idée d’un engloutissement possible et l’on aborde plus sereinement la crainte du remplissage.

Marcher, bouche grande ouverte avec la tête immergée développe le temps d’apnée et marque le prélude à l’expiration complète.

L’étape suivante consiste à leur apporter des solutions au retour à la verticale lorsque l’on s’allonge tête sous les bras immergés dans le prolongement du tronc, par le seul rapprochement des genoux jusqu’au contact des épaules.

En leur apportant ensuite des solutions équivalentes lorsque l’on flotte en orientation dorsale, il semble que l’on puisse alors, et alors seulement, les réintégrer aux autres groupes.

raymond

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