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Formation des BEESAN : une hypothèse de travail

Bonjour à tous,

Ce que nous rencontrons comme souci dans la formation des BEESAN, c'est que pour beaucoup, les stagiaires arrivent avec une somme d'expériences dans le domaine assez faible.

Nous rencontrons plusieurs étapes dans la formation, au travers desquelles les stagiaires passent plus ou moins vite selon leur vécu initial, et notre capacité à leur proposer une marche à franchir qui soit à leur portée.

- Il y a d'abord une première phase de résistance face à cette organisation inhabituelle que nous leur proposons, Ils sont en attente de réponses toutes faites à des questions qu'ils ne comprennent pas, et nous ne faisons que les guider afin qu'ils trouvent les questions.

- Il y a ensuite, la quantité d'expérience aidant, une phase de doute face à la dualité qui leur est proposée en formation et en stage. Les deux choses ne vont pas ensemble et même si la démarche traditionnelle du lieu de stage semble plus facile, leur expérience leur a déjà prouvé que les solutions apportées n'étaient pas cohérentes. Je pense que ces deux premières phases sont l'aspect "déformateur" dont parlait DN.

- Puis la dernière phase (qui n'a pas de fin) voit les stagiaires entrer dans une démarche qui leur permet de tirer les fruits de leur expérience afin de devenir de meilleurs enseignants.

Et c'est là le paradoxe, c'est que la formation s'achève généralement peu de temps après cette étape pour la plupart des stagiaires.

Compte tenu de cela, nous ne faisons aucun "apport théorique" (le terme est tout de même étrange) durant les 3 ou 4 premiers mois de formation. Nous faisons émerger les représentations des stagiaires qui construisent dans un premier temps leur vision de la construction du nageur, au travers d'un pratique que nous régulons et accompagnons. Un gros travail est la préparation de séance (car à ce stade on ne peut pas parler de construction), c'est à dire que les stagiaires émettent des hypothèses quant aux réponses motrices des élèves et aux situations qui pourraient leur permettre de progresser, ceci sous l'œil d'un observateur (renommé "scribe" cette année).

Voilà d'une façon un peu simpliste comment nous avons abordé la question, tout en sachant que c'est un équilibre permanent à trouver entre la richesse individuelle des stagiaires, leur promptitude à réagir et notre capacité à nous en apercevoir et à en tenir compte.

DT

 

Le point de vue de DT confirme la difficulté ou l'impossibilité d'entrer directement dans la pédagogie de l'action.

Il semble bien que les faits lui donnent raison.

Recherchons ensemble la voie "royale" !

raymond

 

 

Une réaction :

Bonjour à tous,

Je partage l'avis de DT concernant les "soucis" rencontrés par les stagiaires en formation. LA difficulté importante pour nous est l'écart qu'il peut y avoir entre ce que nous proposons et ce qui se fait dans la plupart des structures d'alternance. Nous menons actuellement une formation BPJEPS AAN.

Nous avons fait le pari de transformer les comportements des professionnels en plaçant la démarche pédagogique et la construction du nageur au cœur des formations avec comme ouvrage de référence le dernier livre de Raymond. Voilà 4 mois que celle-ci a débuté et les interrogations sont nombreuses pour les stagiaires (surtout pour les nageurs qui ont toujours essayé d'appliquer docilement les solutions qu'on leur a donné) ainsi que dans les structures d'alternance. Cependant, ces interrogations favorisent le travail sur les représentations des uns et des autres et augmentent l'implication du groupe.

Par rapport à la difficulté de mise en application sur le terrain, nous avons décidé de mettre en place un cycle de pratique avec les formateurs avec des enfants venus des écoles locales (certains tuteurs ont demandé à venir également). Nous espérons beaucoup de ces temps de pratique. J'imagine et espère que, ces stagiaires obligés sans cesse de justifier la démarche employée auprès des collègues et tuteurs, (comment "ils construisent un nageur"?, pourquoi ils le confrontent à des situations "problème" alors qu'il suffit d'expliquer pour obtenir) ; seront plus efficients sur le terrain à la sortie que ceux qui ne se sont jamais posés ces questions et ont appliqué des solutions (peut-être issues d'un autre temps d'ailleurs, ben oui, on a toujours fait comme ça!).

Comme la formation n'est jamais terminée, nous espérons leur donner l'envie à travers les expériences vécues cette année et le questionnement permanent de maintenir cette dynamique de mise en réflexion de nos pratiques.

ST

 

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Commentaires   

#1 Marc Begotti 21-12-2012 09:42
Très heureux que des formateurs ERFAN entrent dans le débat, je partage le point de vue de ST.
Par expérience je constate qu'il est toujours déterminant que les stagiaires, qui sont bien souvent d'anciens nageurs,vivent des transformations de leurs propres fonctionnements.
Exemple : Lorsqu'un stagiaire arrive soudainement à nager beaucoup plus efficacement et facilement le papillon, alors qu'il s'est entraîné pendant des années. Il comprend que ce ne sont pas des expliquations qui ont déclanchées cette nouvelle façon de faire et sa vision de l'enseignement peut changer. "Réussir pour comprendre".

Réussir est-il un passage obligé dans la formation ?

Joyeuses fêtes d Noël à tous

Marc
#2 Zouine 17-01-2013 20:07
Actuellement stagiaire bpjeps aan, je confirme qu'il est vraiment difficile d'appliquer la pédagogie de l'action en structure d'accueil étant donné notre statut de stagiaire même si je trouve cette construction du nageur cohérente!!! Dommage que les MNS déjà en place dans les piscine ne soient pas sensibilisés afin de faciliter notre pratique!!! Néanmoins le point positif est que cette situation suscite une certaine curiosité et donc la réflexion!!!!

TZ

Pardon, vous n'avez pas le droit pour l'instant.