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Suite à un échange verbal avec un MNS témoin de séances pratiques lors du dernier séminaire et témoin également d’une activité en grande profondeur pour faire découvrir à son enfant le corps flottant:


CROYANCE-CONNAISSANCE

Ce MNS énonçait un jugement libérant une parole trop longtemps contenue par solidarité corporative : « c’est pas comme dans le séminaire ,ils ont froid et ils ne font pas de natation ; avec nous, ils apprennent à nager » .
Si de mémoire, j’ai trahi la forme, je crois ne pas avoir transformé sa pensée !
Dans leur tâtonnement balbutiant, nos futurs BEESAN sont effectivement confrontés à des problèmes dont les solutions momentanément leur échappent. Les enfants sont effectivement beaucoup trop longtemps et trop souvent immobilisés à la goulotte.
La natation est avant tout une locomotion, locomotion en grande profondeur, locomotion sans matériel. Cette dernière est immédiatement possible dès lors que des ancrages successifs au monde solide se révèlent accessibles et utilisables. La structure du bassin leur offre une « goulotte » !
Après les tout premiers parcours, il devient indispensable d’abandonner l’échelle comme moyen d’entrer dans l’eau. Cela se traduit par passer d’entrer « un à la fois » à « entrer tous ensemble » soit un gain de temps considérable et acquisition d’une compétence de type éducation physique.
Le problème conjoint est celui du débutant survalorisant l’idée, d’un possible engloutissement possible. Cette idée (représentation) ne pouvant disparaître qu’avec et par la construction du corps flottant, il est impératif de réduire très vite et le plus possible les ancrages à deux mains simultanément, pour amorcer la locomotion, pendant cette dernière, mais aussi à partir de consignes banales impliquant le « toucher » d’une partie du corps avant chaque nouvel ancrage.
Ensuite, se libérer momentanément de tout contact pendant des instants très brefs (claquer des mains) avant toute nouvelle prise.
Ce sont là des choses très simples qui devront entrer dans le « vocabulaire gestuel » de nos futurs BEESAN.
Cette vision du MNS de service était juste et pertinente. Dommage qu’elle ne se soit pas exprimée librement pendant le séminaire.
La suite de son discours est plus contestable de notre point de vue lorsqu’il déclare, en toute bonne foi, que nager, c’est se déplacer en petite profondeur avec des flotteurs, tête hors de l’eau, puis sans flotteurs en grande profondeur, probablement en brasse, donc en se propulsant avec les jambes et s’équilibrant avec les bras.
A cette croyance, nous tentons de substituer des connaissances sur la manière dont les humains s’approprient le savoir faire le plus élaboré de leurs congénères.
Etudier et comprendre la culture natatoire, c’est ouvrir la voie à des progrès illimités qui passent par la construction d’un modèle rendant compte de la réalité, indispensable pour passer d’une pédagogie de reproduction de gestes à une pédagogie de l’action.

Saluons et remercions notre MNS contradicteur qui nous incitera à progresser.

raymond


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