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CHRONOLOGIE

Les chiffres isolés ou organisés entre eux forment des nombres utilisés pour évoquer des quantités mais également pour préciser l’ordre dans une suite d’éléments ou d’événements.

L’importance décisive de l’ordre dans lequel on aborde tel ou tel élément d’une construction est sans cesse validée par l’expérience de la pratique quotidienne.

A ce titre, la chronologie pourrait bien être une caractéristique essentielle de la pédagogie de l’action.

On a constaté que pour atteindre un degré relativement élaboré de l’action de nager, des « passages obligés » se révélaient inévitables, indispensables. Mais se posait immédiatement la question de l’ordre obligé des passages obligés.

Les faits nous montrent que la réponse n’est pas immédiate. L’affirmer nous amènerait à contester toute possibilité de transformation d’acquisitions antérieures qui cependant font obstacle à une formation pertinente, ou à des progrès ultérieurs.

Quelques exemples de « passages obligés » sont familiers aux adeptes des méthodes actives en natation comme par exemple = l’immersion complète, l’acquisition d’un temps d’apnée en immersion, aller toucher le fond, tenter de rester en contact avec le fond, se laisser remonter passivement…etc. en vue de construire le corps flottant. Chaque acquisition validée rendant possible l’accès et la construction du repère suivant, le conditionnant en quelque sorte.

Lorsque dans la pédagogie traditionnelle la « didactique » propose comme objectifs « différentes manières d’entrer dans l’eau » et à titre d’exemples : « en descendant à l’échelle, en sautant, en plongeant...etc.» , elle passe sous silence ou ignore tout le processus qui rendra possible l’accès à la forme élaborée que constituerait le plongeon de départ. La théorie de l’apprentissage à laquelle elle se réfère (le plus souvent implicitement), l’associationnisme, est considérée comme « genèse sans structure », un peu comme si chaque modalité se montrait indépendante des autres et faisait partie d’un apprentissage autonome.

Le dernier séminaire de Dinard nous a mis en présence d’élèves ayant vécu une toute approche (apprentissage traditionnel de la brasse), capables de s’éloigner du bord en se déplaçant tête hors de l’eau, mais réfractaires à l’idée de se laisser équilibrer par l’eau en restant immobiles, flottant en surface. Pour mettre un terme à leur « agitation incontrôlée » il nous a fallu leur faire revivre les passages obligés évoqués plus haut.

Par contre pour les élèves « novices » vivant avec nous le passage de leur locomotion terrienne à la construction d’une locomotion aquatique nous avons eu recours à l’ordre chronologique des mêmes passages obligés de la construction du corps flottant. Il s’agissait pour chacun de construire la posture adaptée aux forces externes qu’il subissait et auxquelles il devait se trouver confronté. La conséquence de l’action conjuguée des forces externes sur le corps entraine le passage de la verticalité à l’horizontalité à condition d’adopter la forme corporelle spécifique de la locomotion dans l’eau : membres supérieurs se plaçant dans le prolongement du tronc. La théorie de l’apprentissage à laquelle nous nous référons explicitement est le « structuralisme génétique ». Pour construire la posture du nageur, il nous a fallu « déconstruire » l’organisation terrienne. Le corps flottant s’est substitué au « corps érigé ».

Et ce « corps flottant » constitue bien un prélude à l’accès au « corps propulseur-projectile ».

Nos visiteurs sont invités à nous dire comment ils vivent les différentes étapes de la construction ou formation de leurs nageurs.

raymond


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