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«Pédagogie et didactique» dans la pédagogie de l'action.

 

Notre visiteur P. J. souhaite que soient clarifiées les notions de didactique et de pédagogie qui ont des fonctions importantes et complémentaires dans la pédagogie de l'action. Il est vrai que s'il se reporte aux dictionnaires classiques, il se trouvera assez loin des définitions que les spécialistes proposent actuellement :

Nous tenterons de préciser comment fonctionne le pédagogue et pourquoi une didactique de sa discipline se révèle incontournable dès lors qu'il s'inscrit dans le courant des méthodes actives.

 

PÉDAGOGIE

A la fois art dans la pratique et science dans ses fondements théoriques, la pédagogie se propose de stimuler, favoriser, guider les apprentissages. Elle se trouve ainsi tributaire des relations avec les enseignés et de ce fait requiert connaissances psychologiques et celles des lois de l’apprentissage. La connaissance des contenus à enseigner constitue une exigence fondamentale, ce qui la lie à la didactique. Cette connaissance, lorsqu’il s’agit de savoir-faire, se présente sous deux aspects foncièrement opposés et caractérise deux formes de pédagogie. La pédagogie traditionnelle se réfère aux aspects visibles de l’activité considérée et tente à travers de nombreuses répétitions de les faire reproduire par les apprenants. La pédagogie active se doit de prendre en compte le fonctionnement d’ensemble (structuré par la coordination des fonctions impliquées dans la réalisation des actons).

C’est à travers une activité déployée que les apprenants font l’acquisition de savoirs et/ou de savoir-faire. La présence active de l’enseignant devrait permettre des acquisitions plus solides (plus durables), plus nombreuses (plus riches), plus rapides que si l’enseigné se trouvait abandonné à ses propres initiatives ou « au hasard des rencontres avec le milieu ».

Par nature, les apprentissages ne sont jamais « achevés ». Ils supposent une distribution dans le temps et le respect des lois auxquelles ils obéissent.

 

DIDACTIQUE

L’idée selon laquelle le pédagogue doit avoir de la matière ou discipline qu’il enseigne une connaissance approfondie a peu de chances d’être contestée. Dans le sens qui lui est de plus en plus attribué, la didactique tente d’identifier, de définir, de cerner et structurer ces connaissances ou savoir-faire et, partant, comment le contenu de l’enseignement se trouvera « distribué », réparti dans le temps ce qui doit être assimilé, acquis par l’apprenant. La didactique de la natation se réfère à la connaissance d’un savoir-faire dont les formes les plus élaborées apparaissent dans la pratique sportive compétitive.

Un long et lourd héritage pédagogique met l’accent sur les aspects visibles, repérables de l’action de nager et de l’ensemble des nages. Les mouvements des différents segments et de l’ensemble du corps se trouvent ainsi valorisés et particulièrement les plus mobiles (extrémités des membres) comme référent didactique dans la majorité des descriptions. L’essentiel se réalise sous la surface et n’est pas directement accessible aux regards de l’observateur. Les prises de vues (cinéma ou vidéo) sont venues en partie combler ce handicap, mais rendre compte de l’ensemble coordonné de l’ensemble des mouvements dans un cycle relève du défi. De ce fait, les descriptions procèdent d’une analyse , d’un découpage (découplage) de ce que réalisent les différentes parties du corps pour les exposer successivement. Cette opération indispensable à la compréhension se transpose dans l’enseignement et l’on voit apparaître ce découpage dans la pédagogie traditionnelle. La position du corps, le travail des membres supérieurs et inférieurs, la ventilation et leur coordination constituent l’essentiel de la didactique traditionnelle.

La didactique de la pédagogie de l’action procède d’une tout autre démarche : elle pose le problème de la nature de l’activité. Elle considère la natation comme une locomotion dans l’eau soumise aux contraintes spécifiques des forces externes au sujet. L’acquisition des nages devient donc le passage d’une locomotion, le plus souvent, déjà construite sur terre avec des contraintes différentes.  C’est le fonctionnement élaboré du nageur qui devient le référentiel à partir duquel l’enseignant construira les déstructurations (terriennes) et structurations (aquatiques) comme passages obligés de la construction du nageur.

On constate donc que c’est l’option pédagogique (enseigner des mouvements) ou (construire la nageur) qui détermine la nature descriptive ou structurelle du contenu natation à enseigner.

raymond

 

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