Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

0
0
0
s2smodern

DES BILLES POUR LA RENTRÉE

Ou quelques tâches particulièrement efficaces pour (trans)former les nageurs

 

Nombreux seront les enseignants ou les entraîneurs qui se consacreront partiellement ou à temps complet à la formation ou perfectionnement de nageurs.

À leur intention, je vais évoquer des transformations spectaculaires obtenues rapidement lors de séances consacrées à une famille, quelques jours avant la rentrée scolaire.

Lire la suite...Nous vivions ces journées en des circonstances particulières de canicule et la piscine de 25 m., mais à profondeur limitée à un peu plus d’un mètre, constituait un refuge apprécié. Les parents ont la quarantaine et leurs trois filles sont âgées de 8, 6 et 4 ans. Le père sportif a déjà réalisé plusieurs marathons et pratique aussi le VTT. La mère nage depuis son enfance mais n’a jamais pratiqué en club. Elle a réalisé des triathlons sans jamais avoir parcouru la distance nagée en crawl exclusivement. Pour leur part les filles ont beaucoup joué en piscine familiale (10 à 12 m 3 ) ; elles s’immergent, réalisent des « acrobaties » dans l’eau et sont capable de réaliser plusieurs mètres sans reprendre pieds. Si l’on pose la question à la majorité des personnes les ayant vues : « Savent-elles nager ? » ; à l’exception de la plus jeune qui s’immerge mais n’a pas construit les déplacements, la réponse est positive !!!

Considérant les progrès possibles et souhaitables, j’ai demandé à mes invités s’ils souhaitaient améliorer leur nage et la réponse fut affirmative. J’ai donc pris en charge la famille à l’exception de la plus jeune à qui je me suis contenté de faire réussir l’absence de réaction aussi bien sur le ventre que sur le dos et le retour à la station verticale.

Pour la clarté de l’exposé je vais résumer successivement l’évolution de chacun bien que souvent ils se soient exercés dans le même temps avec des tâches spécifiques. Nous commençons avec le père.

Observation : lorsqu’il se met à nager, partant de la station verticale, l’eau à hauteur du bas du thorax, on constate qu’il bascule vers l’avant, un bras dans le prolongement du tronc, lequel s’enfonce dans l’eau avant la tête ; l’autre bras se met en opposition. La tête ne s’immerge jamais complètement et le regard se porte en oblique vers l’avant et le bas. Un battement de jambes, relativement ample voit à chaque coup les talons et les orteils sortir de l’eau pour redescendre en « temps fort ». C’est le battement qui subordonne l’entrée en jeu des membres supérieurs (M.S.), les épaules restant en surface. Le passage alternatif des bras dans l’eau se réalise à l’écart du plan vertical sagittal de chaque épaule. La rotation des M.S. est uniforme sans accélération dans l’eau. Les retours se réalisent latéralement et un bloc « tête épaules » caractérise l’organisation générale.

Interprétation : la manière de se mettre à nager observée démontre l’absence d’une organisation posturale pertinente, normalement élaborée par la construction du plongeon de départ. (Tête non immergée avant les bras et tête en dessus des bras). Le battement de jambes donnant le tempo à l’ensemble de la locomotion fait obstacle à sa coordination spontanée ; il convient de le supprimer pour qu’elle puisse se subordonner à l’action des bras. Il faudra ensuite disloquer le bloc tète épaules afin de mobiliser ces dernières en vue d’accroître l’amplitude et le passage des M.S. en dessous du corps et non à l’écart.

Mise en œuvre : en préalable, la posture du nageur ; le lieu n’étant pas propice à la construction du plongeon de départ, j’opte pour l’alignement et l’immersion en situation ventrale en partant du « déjà vécu ».

- Se mettre à plat dans l’eau, la tête s’immergeant avant que les deux M.S. s’alignent ensemble au dessus de la tête.

- L’alignement du corps immergé amène les talons en surface.

Plusieurs essais réussis et cette façon de se mettre à nager devient la seule possible et admise. J’en profite pour faire constater que cette manière de procéder provoque un déplacement de 5 m. environ sans impulsion initiale.

Ensuite, sur ce qui vient d’être acquis on greffe une impulsion des deux membres inférieurs (M.I.) et l’on gagne économiquement quelques mètres.

On peut maintenant aborder la locomotion. La première tâche consiste à faire « tourner » les M.S. en supprimant toute intention de faire fonctionner les M.I. Il ne faut pas bloquer mais libérer ces derniers.

En fait, la consigne passe bien pour pouvoir nous lancer dans l’ébauche du corps propulseur. A deux ou trois reprises il est rappelé la nécessité de « mettre la nuque en avant » (et non les yeux) tout en se guidant sur la ligne de fond.

A ce niveau de reconstruction nous passons de l’absence d’échanges ventilatoires à l’expiration continue sur 5 puis 7 coups de bras.

Peu à peu, le renversement s’établit et les actions des M.I. viennent su subordonner à celle des M.S.

La dislocation du bloc tête épaules s’impose : debout, pieds au sol, je maintiens fixe la tête et demande de projeter alternativement les épaules en avant pour permettre des passages de bras sous le corps et non à l’extérieur.

Des progrès sensibles apparaissent qui ne pourront se stabiliser qu’en parcourant des distances toujours plus longues sans omettre le respect des consignes. Quelques exercices ventilatoires ont complété ces séances.

Evaluation : la personne s’est déclarée satisfaite de se sentir mieux et d’avoir l’impression de se fatiguer beaucoup moins.

Si ce thème déclenche l’intérêt de nos visiteurs, la suite décrira les interventions spécifiques. auprès de là maman et des filles.

N’hésitez pas à réagir (même anonymement).

Bonne rentrée à tous !

Raymond

 

 

 

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

Un pour tous, tous pour un !

 

Notre ami N.K. tente d'introduire dans son pays une approche nouvelle de la natation, de la formation des nageurs et de l'entraînement.

Tout ce qui s'inscrit à contre courant des pratiques et des modes de pensée perturbe, est considéré comme suspect.

Nous proposons à nos lecteurs et visiteurs de réagir et si possible aider notre ami.

 

"Je m'occupe depuis plusieurs mois d'un homme de 48 ans qui nage pour réaliser des triathlons. À ses débuts il nageaient 27 coups de bras par 25 mètres et nageait 2000 m par séance seul en continu.

Il a débuté et appris par lui même l'année passée.

Il a plusieurs problèmes musculo-squelettique (épaules, cervicales), anxiété, problème de gestion respiratoire en nageant.

À force de patience de persévérance et d'investissement nous en sommes arrivés entre 15 et 17 coups de bras par 25 m sans temps d'arrêt et avec une bonne organisation respiratoire.

Il nage 2 fois semaines en plus de son vélo et autres sports. Nous avons rarement dépassé les 1500 m.

Il a amélioré ses 2 triathlons de 10 minutes à chaque fois sur un 1500 et 2000. Sa transformation s'est déclenchée essentiellement et grâce au plongeon.

Actuellement lorsque je lui demande de nager à la plus grande vitesse possible sur un 50 mètres par exemple, il se désorganise. Ses bras "tournent dans le vide" et surtout il va moins vite que si il nageait 15 -17 coups de bras.

J'ai l'impression que son coude se retire entre autre. Il s’appuie moins sur l'eau, mais par contre "les bras tournent et tournent", il passe à travers...

Comment est-ce que je peux aborder le sujet, le transformer ? J'ai tenté de faire des séquences en progressif. Par quoi, où et comment commencer ? Par quel bout commencer, réfléchir, construire ?

J'aurais du mal à produire une vidéo car je n'ai pas le droit de filmer pendant les bains libre. Je vais tenter de demander à la coach local. "

 

Nous attendons VOS COMMENTAIRES.

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

ACQUIS !!!

 

Suite à la question de BM:

Je me permets de vous écrire car je suis face à une difficulté. Je suis étudiante en première année de master afin de devenir professeur des écoles et lors de mes révisions sur les pratiques sportives, et en particulier sur les pratiques de la natation je me suis posée une question qui reste sans réponse.

Quels exercices permettraient d'améliorer la respiration d'un bon nageur?

En effet lors de mon stage pratique j'ai pu observer un élève qui semblait avoir acquis le "corps flottant" ainsi que "le corps projectile" et le "corps propulseur", cependant concernant sa respiration il m'expliquait que parfois il expirait trop vite, parfois il n’avait pas le temps de tout expirer, et parfois même il n’expirait pas du tout.

Il arrivait bien à respirer sur trois intervalles de crawl mais de manière très aléatoire. De plus il se sentait obligé de porter un pince-nez. Effectivement lorsque je lui avais demandé de nager sans cet outil, il m’indiquait qu’il était cette fois ci en apnée totale. Et lorsqu’il se mettait à respirer, il avait la sensation de picotements dans son nez qui lui était très fortement désagréable, ajouté à une impression d’eau qui rentrait dans son nez puisque ce dernier ne se bloquait pas suffisamment. J’aimerais savoir quels exercices j’aurais pu lui proposer pour lui permettre de progresser.



Remercions BM d’attirer notre attention sur des difficultés rencontrées par les enseignants confrontés à la pratique.

Le cas décrit par BM ne concerne heureusement pas la majorité des élèves. Et à ce degré, il est plutôt assez rare. Pour des raisons qui remontent à la période de son initiation, son « nageur » n’a pas vécu les situations qui permettent de constater OBJECTIVEMENT les conséquences de l’immersion complète de tout le corps dans des orientations variées.

Beaucoup de « représentations » spontanées du débutant doivent être mises en contradiction avec les faits pour se modifier en vécu avec prise de conscience et disparaître définitivement pour ouvrir la voie aux progrès. Les voies « ouvertes » de communication avec l’environnement sont imaginées comme susceptibles de se remplir.

Un « bon nageur » est précisément celui qui a intégré les données de la réalité dont les solutions ventilatoires font partie. Ce qui n’est pas le cas du nageur cité.

Dans un premier temps et pour que nos échanges soient fructueux il me semble utile de nous accorder sur le sens des expressions « Corps Flottant, Projectile, Propulseur » et sur leur CONTENU.

Ajoutons-y la redoutable formule « acquis » !!!

Manifestement ce jeune élève se trouve à un certain stade de sa construction, jamais achevée, qu’il convient d’identifier. Ainsi, remplacer le « Corps Flottant » acquis par : « cet élève est capable de rester allongé sur le ventre, tête sous les bras en surface et corps allongé, talons affleurant la surface dix secondes ou plus ? » Et sur le dos : « Il se montre capable de rester corps en surface, oreilles immergées, corps aligné, jambes allongées, bouche grande ouverte plus de TRENTE secondes ou de N échanges ventilatoires ».

De la même manière on devrait remplacer « Corps Projectile» acquis par : « tel élève, partant du plot entre dans l’eau par la nuque loin du bord, corps tendu et indéformable (pas de flexion des jambes sur les cuisses) pour regagner la surface, tête toujours sous les bras, à 10 ou 12 m. du mur de départ ».

Je préfère ne pas évoquer « le Corps Propulseur » « ACQUIS » tant il y aurait de compétences à évoquer !!!

Ceci dit sur le plan pédagogique : compte tenu du dialogue entretenu, situer ce nageur par rapport aux meilleurs nageurs connus de lui, par exemple A. Bernard, F. Manaudou, J. Stravius par rapport au port du fameux « pince nez » accessoire des nageuses synchronisées qui évoluent non pas à la surface mais bien dans le volume. Accepte-t-il de se considérer comme « handicapé » ?

Concrètement deux voies se présentent : celle de l’échange verbal, probablement la moins transformatrice, fondée sur un raisonnement rationnel, et celle de la pratique à privilégier voire à la compléter par la précédente.

Première exigence = retirer et abandonner à tout jamais le « pince-nez ». Exemple de tâches = face et moitié du visage immergés, vérifier que ce nageur ouvre très grande la bouche et la maintient ouverte. Vérification avec les doigts de l’observateur dans la bouche de l’observé. Puis exploitation de cette réussite dans des déplacements.

En deçà = revenir à la descente à la perche (ou ancrage à un camarade) pour aller toucher le fond , le besoin d’utiliser les mains pour réaliser des prises d’appui interdit de les utiliser pour se boucher le nez.

Voie du raisonnement = poser la question du « remplissage » du verre renversé que l’on descend dans l’eau ? Peut-il se remplir ? Par analogie la bouche ouverte peut-elle se remplir ? Et le nez dans le cas de la descente à la perche ?

Voie des solutions concrètes = lorsque l’on fait sortir l’air par le nez, l’eau peut-elle en même temps y entrer ???

Dans la nage valoriser l’expiration nasale complète sur un nombre très élevé de coups de bras. Réaliser l’expiration nasale continue en conservant la bouche grande ouverte.

Diagnostic, devant une difficulté passagère, cet élève a trouvé un prétexte pour se singulariser de ses camarades qui réussissaient et donc se dispenser de réussir comme les autres. Dans la mesure où son « excuse » a été acceptée par l’enseignant, il s’est renforcé dans sa posture et cela ne fera que l’handicaper pour progresser voire le condamner à demeurer plus baigneur que véritable nageur.

Les avis des collègues sont les bienvenus pour compléter ce premier échange avec BM.

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

Sauter dans l’eau !

 

Suite à la question de A. :

 

Bonjour Monsieur CATTEAU,

Je suis un MNS. J'ai trouvé votre email sur votre site et je me permets de vous poser une question en pédagogie scolaire.

Je suis en apprentissage avec un groupe d'enfants qui sont capable d'effectuer la descente au fond du bassin en utilisant la perche et de se laisser remonter sans rien bouger ( RP ).

Afin de bien maîtriser cette remontée, avant de sauter du bord pour toucher le fond, je propose des sauts verticaux ( 2 jambes unies et bien positionné la tête ) avec la perche. Qu'en pensez vous?

Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer monsieur l'expression de mes respectueuses salutations.

Très Cordialement,

A.

 

Sauter dans l’eau !

 

Dans la logique de la construction du nageur l’étape du corps flottant ouvre l’accès à la construction du corps projectile (apprendre à passer à travers l’eau).

Lorsque le débutant a touché le fond à diverses profondeurs et constate que « l’eau le fait remonter », il se doit de construire les moyens de se mettre à plat en adoptant la forme voulue.

Il dispose naturellement de 10 secondes d’apnée pour accepter les changements d’orientation de son corps en ayant éventuellement la tête immergée.

L’idée de demander de conserver l’indéformabilité et l’alignement du corps à la verticale semble paradoxale dans la mesure où dans l’eau, le fait de flotter ou de remonter passivement en surface n’est pas nécessaire. Mais il est important d’explorer toutes les variations de forme pour en vivre et repérer les conséquences sur l’orientation donnée par l’action combinée de la pesanteur et de la poussée d’Archimède.

Lorsque l’on aborde les sauts on prend appui sur un corps flottant construit dont le critère de réussite est la capacité de ne rien faire dans l’eau le temps de plusieurs échanges ventilatoires soit au moins 30 secondes ou plus, car nombreux sont ceux qui se laissent griser par cette sensation nouvelle d’apesanteur. Accepter et comprendre les effets de l’eau sur le corps. Cela commence à la verticale avec la tête en totale extension ayant pour effet de redresser la colonne dorsale et de ce fait d’accroître le volume thoracique.

Cependant l’enseignant averti sait que l’alignement et l’indéformabilité lui seront utiles pour les étapes suivantes. C’est donc un investissement utile. Beaucoup de collègues oublient que ces sauts doivent également être réussis avec les bras dans le prolongement du tronc avec départ non seulement face à l’eau mais également de dos. On peut également à ce stade partir de face et arriver de dos et inversement. Cela contribue à donner une représentation de ce que nous appelons l’espace d’action (celui où il réalise son activité).

Normalement l’utilisation de la perche n’est plus d’aucune utilité à ce stade. Et on peut même s’en dispenser pour aller toucher le fond si on utilise le corps d’un camarade agrippé au bord.

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

Départs en DOS, confrontation


Beaucoup de personnes se demandent si les deux modalités sont équivalentes ou plus fréquemment si un avantage décisif ferait opter pour l’une ou l’autre.

La réponse pourrait être différente selon les sujets mais également dépendre du degré d’appropriation de la nouvelle solution par les nageurs.

Une première confrontation vous est proposée d’un départ simultané (déclenché par le même commandement) de Dylan et d’une de ses camarades de club aux performances approchées.

Chacun aura constaté que le temps (durée) requis par le départ du plot semblait excessif !

Cette durée serait considérablement raccourcie si la verticale du centre de gravité de Dylan se rapprochait de l’extrémité du plot. Entre le signal et le déclenchement du déséquilibre vers l’avant un temps précieux pourrait être gagné.

Faute d’avoir pu réaliser un montage superposant la coïncidence des deux débuts d’impulsion nous livrons ces images à votre lecture.

raymond

 

0
0
0
s2smodern