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SOMME ou STRUCTURE ?

Lors d'un cours de formation de BEESAN, notre ami Thierry a eu l'idée de me présenter à ses élèves en les incitant à poser des questions.
La
plus inattendue fut "pourquoi le corps flottant" ?
F
ormé dans la tradition du siècle dernier cet intervenant avait appris directement les mouvements d'une nage, puis armé ou boudinné de flotteurs, s'était déplacé à la surface de l'eau en y reproduisant les mouvements qu'il avait assimilés.
Q
ue venait donc faire cette séquence préalable dite de construction du "corps flottant"?
N
'était-ce pas une perte de temps ?
I
l ne pouvait comprendre qu'une chose essentielle était en jeu : celle de la perception de l'action de l'eau sur le corps ; celle de l'acceptation du nouvel équilibre (stable selon la physique) complétement différent du seul qu'il connaissait préalablement et qui continuait, à son insu, à le faire réagir de façon inadéquate lorsqu'il se trouvait dans l'eau.
C
hez ces “baigneurs" une grande partie de l'énergie se trouve dépensée pour sortir de l'eau en permanence certaines parties du corps (la tête principalement).

Durant le séminaire, le nombre réduit de séances de perfectionnement consacrées aux stagiaires n'a pas permis d'accorder la même durée aux différentes nages.
Le
tronc commun des nages simultanées, la posture qui les réunit : ce sont les ondulations ou plus simplement la succession ininterrompue des entrées dans l'eau et des sorties de l'eau ; la mobilité de la tête remplaçant sa stabilité recherchée dans les nages alternées.
C
'est en partant de cette posture que viennent se greffer les poussées de jambes pour la brasse.
Quelqu'un
nous dit que cela est "hybride" et risque si elle est construite n'importe comment à poser quelques problèmes de genoux ajoute-t-il.
Il
est vrai que la poussée rétrograde des pieds et jambes suppose une organisation peu "terrienne" des segments cuisses, jambes pieds.
C
ela se réalise sans dommages pour les membres supérieurs lorsque le segment proximal (le bras anatomique) se porte en rotation interne et que le segment distal (avant-bras et mains) se positionne en rotation externe pour orienter convenablement et durablement la pale pour pousser l'eau vers l'arrière.
S
ans un minimum de souplesse de toutes les articulations du membre inférieur, ce type de poussée de masses d'eau n'atteint pas son efficacité.

L
a natation est "une". Comment pourrait-il y avoir des principes différents pour organiser une locomotion dans l'eau selon qu'elle se réalise par actions alternatives ou simultanées de ses propulseurs ?
P
our information, lors d'un stage, dans les années 80, des filles de 11 - 12 ans ont nagé plus de 3 km en nage respectant la structure du dauphin, à savoir immersion de la tête avant le retour des bras en avant. Dernière remarque, les différentes modalités de nages ne se construisent pas les unes après les autres, mais de préférence conjointement.


L
e mode de pensée traditionnel incite à envisager les choses de manière isolée y compris lorsqu'elles font partie intégrante d'un ensemble.
O
n entend encore trop souvent évoquer l'apprentissage, suivi d'un perfectionnement lequel précède l'entraînement.

L'apprentissage se voit à son tour découpé pour introduire une familiarisation ou séquence préalable. La formation du nageur s'inscrit dans un continuum, une suite de stades et les découpages sont toujours artificiels.
Pour éviter de considérer les progrès selon un processus additif il faut envisager des niveaux de structuration qui procèdent chacun de celui qui précède et rendent possible celui qui suivra.
D
ans cet esprit, la notion de passages obligés n'en reste pas moins utile pour trouver des repères dans la construction du nageur jamais achevée.
D
ans la pratique "le nager juste" va se combiner avec le "nager loin" et ce dernier rendre possible le "nager vite" en raison de contraintes physiques, physiologiques ou psychologiques rencontrées par le formateur sans que jamais un de ces thèmes puisse disparaître de ses préoccupations.

raymond