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OBSERVATEUR DE L’IMPERTINENCE

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Ce vendredi matin le couloir n° 1 est scindé en deux espaces de travail par une perche prenant appui sur le bord et sur la ligne de nage à environ 10 m. d’une extrémité.

Les cours réservés aux scolaires vont commencer. Deux animatrices échangent avant de s’adresser à leurs 6 élèves qui attendent au bord du bassin. En face de moi, un enseignant est assis en face d’un groupe plus nombreux d’élèves debout (j’en compterai 18) et formant un demi cercle de moins de 4 m. de diamètre. Ils semblent attentifs mais certains masquant la vue du maître, les autres se déplacent pour tenter de le voir. Une fille fluette fera un aller-retour de la demi-circonférence et finira par s’éloigner.

A la limite j’aurais préféré voir les enfants assis en demi-cercle et l’enseignant debout !

Le discours de l’enseignant se prolonge d’interminables minutes et des enfants qui ne peuvent le voir (ni être vus de lui) se déplacent en s’éloignant.

Brusquement le maître se lève, s’éloigne du banc où il était assis et se voit entouré par ses élèves.

Il se tient bien droit et tente de porter les bras dans le prolongement du tronc mais ceux-ci s’arrêtent à 160 ° par manque de souplesse. Je ne puis entendre ce qu’il dit.

Tandis que les élèves se mettent en mouvement vers le plot de départ, il en prend un à part, lui positionne les bras comme s’il allait le suspendre en le soulevant et d’un pied rapproche ceux de l’élève qui tendaient à s’écarter. On peut de ce fait repérer un très bel alignement.

Pendant ce temps des élèves se sont mis à l’eau ; un à la fois ils font une poussée au mur et tête immergée une glissée au terme de laquelle les bras entrent en action alternativement.

La tâche réussie par les meilleurs semble bien choisie.

Mais assez nombreux sont ceux qui sortent la tête de l’eau (pour des raisons qu’il conviendrait d’analyser), ce qui provoque l’intervention de l’enseignant que j’entends crier « baisse ta tête ! » et qui n’a aucune conséquence sur la posture de l’élève. Il me semble que « place ta tête sous les bras » ou « mets ta tête complètement dans l’eau » auraient pu changer le comportement de l’élève en lui apportant une information par rapport à son corps ou par rapport à l’espace, qui ait pour lui du sens et soit utilisable.

Je n’ai pas quitté des yeux l’élève qu’il avait manipulé et qui depuis son échange avec le maître échappait complètement à la vue de ce dernier. Il mit très longtemps à entrer dans l’eau et le fit en sautant verticalement dans l’eau pour remonter rapidement, sortir la tête de l’eau et s’accrocher au bord des deux mains avant de sortir. Il n’a fait qu’une tentative. L’enseignant n’en n’a rien vu ! Il était allé retranscrire de notes sur son cahier resté près de l’endroit où son cours avait commencé : sur le banc !

Je ne pense pas que la lecture du « curseur pédagogique » aurait changé quelque chose !

Et de quel droit la lui recommanderait-on ?

Je ne crois pas non plus qu’il ait pu retenir la conclusion de Digne Dingue d’Eau : « Sans une quantité suffisante d’action, il ne saurait y avoir de transformations »

Le cancer qui ronge la pédagogie, c’est bien ce « un à la fois » qui donne au maître l’illusion de pouvoir contrôler les réponses des élèves. La conséquence immédiate est le temps d’action de chacun divisé par le nombre d’élèves. Quelques minutes dans une heure ! Comment dans ces conditions les élèves pourraient-ils apprendre ?

L’autre mal incurable est celui qui consiste à noyer l’élève dans le discours qui se substitue à l’action : (explications et commentaires) !

raymond

 


Une réaction:

Imaginons un instant que cet enseignant soit plus souple donc plus jeune, en aurait il été autrement ? Pas certain !

L’enseignement de l'enseignement a-t-il changé, évolué ?

A moins de de croiser Raymond ...

marc

 

Et c'est bien là l'objet et le but du débat ! Comment former à l'enseignement, nous avons quelques pistes. Et quels contenus ???

Toutes les propositions et les exemples de réussites sont à étudier.

raymond