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Suite à la question de Julien H.:

Quelles tâches proposez-vous pour le cas suivant :

- nageur débutant de 8 ans
- marque un temps d'arrêt aux cuisses en nageant le crawl
- avec la tâche ci dessous il marque un temps d'arrêt aux cuisses et non au dessus de la tête :
glissée ventrale puis tourner les bras sans
respirer

Ce temps d'arrêt est très marqué lorsqu'il respire sur des distances plus longues. Pour autant il est capable de nager 10min en crawl sans s'arrêter.

Sportivement.


Temps d'arrêt aux cuisses

 

Etonnante est la question de Julien en date du 8 mai.
Ce thème a nécessairement été abordé au cours de son passage à Dinard lors de sa formation.
Il l'est à chaque cession et renvoie aux "coordinations".
Il a été évoqué à plusieurs reprises dans ce site.
Ce comportement typique du terrien dans l'eau se trouve chez beaucoup de débutants et correspond à la position de moindre tension des muscles moteurs du membre supérieur.
Les coups de bras semble,nt se déclencher isolément.
La coordination qui habituellement lui fait suite voit les bras fonctionner en opposition.
Dans le haut niveau les membres supérieurs sont amenés à agir en relative indépendance dans les nages alternées pour respecter les différences de résistance offertes par l'eau et par l'air.
Le bloc fonctionnel en question est facilement dépassé pour peu que le débutant s'astreigne à certaines tâches.

 ...

Construire une référence rythmique me semble devoir être le complément de l'organisation en "projectile" systématisant jusqu'à le rendre "banal" l'arrêt des bras dans le prolongement du tronc dans tous les modes de nage.

Il est déjà apparu que le prolongement de la phase projectile entraînait, avec la diminution de la vitesse,la nécessité de redonner plus d'accélération.
Dans la succession de temps forts et de temps faibles caractérisant l'activité "cyclique" les justes rapports de durée et d'intensité caractérisent le meilleur rendement ou ce que nous appelons le haut niveau de fonctionnement.

Une tâche très structurante consiste, en nage dorsale simultanée, à déclencher l'accélération dans la poussée des masses d'eau sous les cuisses et revenir très rapidement dans le passage aérien pour glisser, mains immergées, entre chaque cycle.
Naturellement la quantité d'action se révélera déterminante pour que ce rythme fondamental s'inscrive comme logique de fonctionnement dans la nage alternée.
puis dans toutes les nages.

raymond


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Commentaires   

#1 JG 07-02-2012 13:25
COORDINATIONS

On peut trouver une réponse à la question de julien sur le passage de l’arrêt des mains aux cuisses à la coordination en opposition dans l’ouvrage de Raymond « la natation de demain » p99 : « L’arrêt des mains aux cuisses ne peut généralement se voir que chez ceux qui n’ont pas assimilé le plongeon.
Revoir si besoin ce geste pour qu’il s’achève bras dans le prolongement du tronc »
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#2 mauro 07-02-2012 13:26
Rythme de base, coordination, tâches...

Bonjour,
ça va sans dire que la suggestion sur le rythme que Raymond nous soumet est comme d'habitude la plus ponctuelle. Mais je voudrais vous proposer une réflexion que dans la réponse de Raymond me semble être implicite, c'est à dire le fait que cette suggestion n'explore qu'une (la meilleure si vous voulez) des pistes possibles.
Si la coordination en opposition est le reflet d'un fonctionnement cohérente, on peut faire des hypothèses à propos du bloc fonctionnel qui empêche une évolution, mais il s'agit quand même d'hypothèses à vérifier. Pourtant, demander des tâches transformatrices de façon générale, hors du cas spécifique, me semble un peut revenir à la pensée magique. C'est un peu comme si dans le cas d'un meurtre, au lieu de demander à Sherlock Holmes de faire une enquête pour trouver le coupable, on lui demande de deviner sans rien connaître. Il faut bien observer, (s'éloigner pour mieux voir), confronter à un modèle de fonctionnement et faire des hypothèses à vérifier par des tâches possibles (relier, situer). Si les tâches se révèlent modificatrices ça veut dire probablement que le raisonnement a été bien conduit et donc que le bloc fonctionnel peut être dépassé. Sinon il faut revenir sur l'observation, ou sur les hypothèses qu'on a explorées, ou sur le modèle de fonctionnement du nageur. On peut ensemble construire un modèle et se donner des outils, mais l'observation spécifique et la construction des tâches et des séances est une compétence de l'entraîneur.
Dans la situation en question le déphasage dont on parle représente un niveau évolué de fonctionnement; donc il faut que le projectile et le propulseur soient bien construits, donc encore plus il faut que dans la construction de la flottaison il n'y ait des carences.
Ça veut dire, à mon avis, que dans cette situation plus que dans d'autres situations, il n'y a pas une seule possible réponse à la question « Quelle tâche pour... ». La réponse repose sur la cohérence et le rigueur de la construction à fin que le nageur devient toujours meilleur nageur et qu'il soit enfin simultanément et successivement projectile et propulseur.
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