Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

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Nages hybrides et dos à 2 bras : pour lever toute ambiguïté


Lire la suite...Un entraineur à l’écoute des échanges avec notre collègue en Nouvelle Zélande a, un peu hâtivement, déduit que l’exercice du «  dos à 2 bras » chaudement recommandé devait être assimilé à une nage hybride et donc à proscrire.

L’intérêt essentiel de cet exercice réside dans le fait qu’il caractérise la structure de toutes les nages en associant et juxtaposant le « passer à  travers » et le « prendre appui sur » les masses d’eau.

La lecture « attentive » de La natation de Demain lui permettra de vérifier qu’à aucun moment il n’a été question de préciser ce que les membres inférieurs devaient respecter.  La coordination spontanée gèrera la « dynamique posturale » assurant l’orientation du  corps sur la trajectoire, l’alignement, le degré souhaitable d’immersion et  la relative indéformabilité de la masse mobilisée.

Dans cet exercice, le nageur recherche la centration sur l’inertie au terme de l’accélération, ou comment organiser la pale pour qu’elle « embrasse » une grande masse d’eau, ou comment produire son accélération dans la direction choisie.  C’est probablement une raison de son importance dans la construction du nageur.

Le critère de réussite pourrait se concrétiser dans le « record du monde » consistant à parcourir 25 m. , en partant du plot et en  n’utilisant qu’un seul cycle de nage.

raymond

 

 

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Nages hybrides

 

Suite à la question de B.L. :

 

Lire la suite...Bonjour Raymond.

J’enseigne la natation en Nouvelle Zélande depuis une vingtaine d’années et explore d’autres méthodes d’enseignement.

Je voudrais avoir votre avis sur l’intérêt d’enseigner les nages hybrides (bras de brasse avec battements et dos a deux bras avec battements) avant de commencer les nages codifiées.

Merci d'avance

B.L.

 

Cher Collègue,

Depuis quelques années, l’utilisation des nages hybrides dans les entrainements s’estompe.

Et cela semble correspondre aux modifications des représentations chez les entraineurs impliquant des pratiques organisées à partir d’actions.

L’illustration de pratiques analogues en éducation physique nous renvoie à G. Hébert et à sa méthode destinée à un grand nombre de personnes s’exerçant en un espace et une durée réduits. S’agissant d’une locomotion, les exercices de marche et de quadrupédie utilisent de nombreuses variantes. La marche à l’amble projette vers l’avant un membre supérieur et un membre inférieur simultanément. En quadrupédie, un segment (bras ou jambe) sera immobilisé. (Marche à 3 pattes). Etc, etc... :

Ces exercices permettent-ils de courir plus vite un 100 m. ? Cela est loin d’être prouvé.

Dans l’enseignement de la natation, une croyance persiste qui consiste à prolonger (voire additionner) les effets des mouvements isolés des membres inférieurs et des membres supérieurs par leur coordination.

Dans les pratiques d’entrainement l’idée d’associer la propulsion des membres inférieurs à celle des membres supérieurs à la vie dure.

Elle repose sur une illusion.

Toutes les coordinations subordonnées à la poursuite d’un résultat sont l’œuvre du cervelet qui ne donne pas d’images conscientes.

En natation, les nages hybrides illustrent cette illusion et sont donc parfaitement inutiles.

 

Merci pour votre question.

Cordialement ,

raymond

 

 

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Inspiration sur les appuis

 

Suite au commentaire de CC:

.... Et encore une dernière chose (je l'espère), c'est du côté du bras opposé à l'inspiration que je constate cela (inspiration côté gauche / bras droit en phase motrice).

Lire la suite...

Dans la description que notre collègue fait de ses nageurs, des indices laissent penser que ses nageurs ont été initiés au déplacement dans l’eau par la brasse.

Dans leurs parcours en crawl, il constate un appui du bras avant pendant l’inspiration.

En général la période hivernale est mise à profit pour une étude systématique de la ventilation qui permette de parcourir, sans le moindre arrêt, des distances toujours plus longues en crawl.

Pour le débutant le problème fondamental est celui de l’expiration complète. Etant donné qu’il ne modifie pas le débit il doit expirer continuellement sur le plus grand nombre impair de coups de bras pour conserver une symétrie de nage. Nager, bouche grande ouverte en expirant par le nez.

Toute une gamme de tâches est proposée dans la Natation de Demain pages 166 à 174.

Il n’est jamais trop tard pour apporter des solutions aux problèmes ventilatoires.

Il s’agit, là également d’une patiente recherche.

Nous ne doutons pas que notre jeune collègue parvienne ainsi à transformer ses nageurs.

raymond

mai 2018

 

 

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« Réussir pour comprendre ».

Nous postulons que c’est seulement après avoir réussi à obtenir une transformation significative avec ses élèves qu’un enseignant de natation pourra comprendre les fondements didactiques sur lesquels repose cette réussite.

C’est pourquoi nous proposons à tous les enseignants "une fiche de construction du corps flottant" pour éviter les noyades.

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Fiche de construction

 

Pour éviter les noyades

8 séquences pour passer

d’un corps « pesant » au « corps flottant »

 

 

 

Le cheminement proposé permettra aux élèves de construire* « le corps flottant » et à l’enseignant de s’approprier par l’action des contenus d’enseignement essentiels à l’efficacité éprouvée.

 

* La notion de « construction » vient se substituer à celle d’apprentissage car elle intègre une transformation du fonctionnement de terrien.

 

Plusieurs séquences peuvent être réalisées au cours d’une même séance de 45 minutes. Une seule séquence peut aussi faire l’objet de plusieurs séances de 45 minutes.

Le passage à la séquence suivante ne doit s’opérer, et ne peut s’opérer, que lorsque le but de la séquence précédente a été atteint à de nombreuses reprises par tous les élèves.

 

Séquence n° 1

 

But à atteindre : une nouvelle locomotion en grande profondeur

 

Les élèves entrent dans l’eau en grande profondeur pour remonter à l’autre extrémité du bassin. (Ils peuvent utiliser l’échelle pour descendre dans l’eau où pas)

 

Le déplacement s’effectue à l’aide des bras, le buste est rigidifié verticalement, les pieds et d’autres parties du corps sont en contact avec le mur vertical. Les élèves prennent appui sur la goulotte leurs épaules sont immergées. L’espace d’action (là où on se déplace) et l’espace de vision sont distincts.

Les élèves confrontés à la grande profondeur découvrent une nouvelle locomotion. Le corps est perçu différent.

 

 

Séquence n° 2 

 

But à atteindre : une locomotion avec le corps en suspension

 

Les élèves multiplient les déplacements d’un point à un autre en utilisant la goulotte 

1) déplacement libre,

2) avec les épaules sous l’eau,

3) déplacement avec une grande amplitude entre 2 appuis,

4) déplacement plus rapides

5) déplacement en fermant les yeux,

6) déplacement en se retournant dos au mur face au mur.

 

Les épaules s’enfoncent dans l’eau, le corps est perçu de moins en moins « pesant ». Les pieds ne sont plus toujours en contact avec le mur vertical. Ils participent à la préservation de l’orientation du corps. Les élèves lors des déplacements de plus en plus rapides préservent l’équilibre vertical par une action de jambes s’apparentant au schème de la course.

Les élèves passent de l’appui à la suspension.

 

 

Séquence n°3 

 

But à atteindre : une immersion de plus de 10 secondes .

 

 

Les élèves s’immergent totalement en apnée, accrochés à la goulotte.

Et le font sur des déplacements toujours plus longs

 

Ils Immergent la face, bouche ouverte visage orienté vers le fond, yeux ouverts.

 

Les élèves immergent la tête le plus longtemps possible (nombre croissant d’ancrages et/ou durée accrue).

 

Les élèves réalisent une apnée de plus de 10’’ corps immergé avec les mains comme seul contact avec le monde solide.

 

Les élèves se déplacent à la goulotte sur la plus grande distance possible en immergeant la tête.

 

Les élèves quittent le contact avec le bord pour le reprendre très rapidement.

Les élèves se déplacent sans contact avec le mur vertical de la piscine le long d’une perche, d’une ligne d’eau

 

La tête immergée le corps commence à être perçu comme flottant. La peur du remplissage disparait. Les jambes remontent en surface. L’espace d’action et l’espace de vision sont confondus. Les jambes assurent la fonction équilibratrice.

 

 

 

Séquence n° 4 

 

But à atteindre : toucher le fond, profondeur 2 mètres environ

 

Les élèves descendent le long d’une perche ou le long du corps d’un camarade accroché à la goulotte et touchent le fond avec les pieds puis ouvrent les mains avant de remonter sans impulsion au fond.

Ils touchent le fond avec les genoux, la main, avec d’autres parties du corps.

 

Descendre au fond est perçu comme une difficulté, la durée de la remontée est plus courte que la durée de la descente. Toucher le fond permet de délimiter l’espace d’action.

Les élèves perçoivent qu’ils remontent en surface facilement et rapidement. La peur de l’engloutissement disparaît.

 

 

 

Séquence n°5 

 

But à atteindre : rester au fond 5 secondes.

 

Les élèves multiplient les déplacements à la verticale, ils tentent de rester au fond quelques instants puis remontent sans s’aider du corps du camarade.

 

Rester au fond est impossible pour la majorité des élèves, cela n’en demeure pas moins un objectif de tâche.

Attention ! C’est une absurdité pédagogique de demander aux élève de vider leurs poumons pour rester au fond.

C’est l’impossibilité de réussir la tâche qui transformera « la peur de rester au fond ».

La différence de densité entraîne la remontée du corps. Le corps est perçu comme flottant.

Contradiction entre les faits et les représentations !

 

 

Séquence n°6 

 

But à atteindre : laisser passivement l’eau agir sur son corps.

 

Les élèves descendent au fond et remontent passivement, arrivés à la surface ils gardent la tête immergée jusqu’à ce que l’eau les stabilise puis ouvrent la bouche.

L’extension de la tête puis le déplacement des membres supérieurs vers l’avant ou vers l’arrière modifient l’orientation du corps vers l’obliquité ou l’horizontalité.

 

Les élèves s’allongent sur le ventre bras dans le prolongement du corps pendant 10’’ sans bouger avant de se redresser, (en amenant les genoux aux épaules) idem sur le dos beaucoup plus longtemps (le temps de plusieurs échanges respiratoires).

 

Les élèves changent de forme et laissent l’eau agir sur leur corps passivement. Les élèves sont capables de choisir une forme en fonction de l’orientation souhaitée.

Les élèves ont construit le corps flottant.

 

 

Séquence n°7

 

But à atteindre : Sauter dans l’eau et se rendre indéformable pour « passer à travers » l’eau pour toucher le fond avec les pieds en grande profondeur.  

 

Les élèves sautent dans l’eau du bord par les pieds en restant bien vertical et en conservant le regard à l’horizontal.

Bras le long du corps puis bras dans le prolongement du corps.

Dans l’espace avant, puis dans l’espace arrière.

Les élèves exécutent des demi-tours à droite, à gauche.

A chaque saut ils touchent le fond avec les pieds.

 

Séquence n°8 

 

But à atteindre : Accepter le déséquilibre et le changement de direction

 

Les élèves basculent du bord et entrent dans l’eau sans pousser pour que le premier contact avec l’eau se fasse par la nuque

Les élèves basculent du bord dos à la surface sans pousser pour que le premier contact avec l’eau se fasse par les fesses, corps en »V »

 

Les réussites successives des élèves leur ont permis de construire le « corps flottant », la noyade n’est plus possible.

 

Les élèves ont réussi à franchir des obstacles psychologiques et physiques pour passer d’un monde hétérogène indéformable et solide ou l’équilibre vertical est instable à un monde liquide, déformable homogène ou l’équilibre est stable.

 

Les élèves ont inhibé leurs peurs en franchissant des obstacles psychologiques : le risque de disparaître, l’engloutissement, le remplissage.

 

La construction du corps flottant est « le premier niveau de construction du nageur » qui en compte six, c’est le pré requis à la construction du « corps projectile » puis du « corps propulseur ».

 

 

 

Conditions pour permettre à des élèves débutants de construire « le corps flottant » :

De 5 à 10 séances de 45 à 60 minutes par groupe de 10 élèves suffisent (la notion de groupe est très importante pour se construire rapidement).

Disposer d’une piscine dont la profondeur ne permette pas aux élèves de mettre leurs pieds au fond (la perte des appuis plantaires est indispensable).

Ne pas équiper les élèves de prothèses : flotteurs, frites, planches etc. …

Ne pas « aménager » le milieu ou l’encombrer d’accessoires, il s’agit d’entrer dans un monde qui se caractérise par son homogénéité.

Mettre les élèves en action à partir du but à atteindre en suivant le cheminement proposé.

Ne pas masquer le sens de la tâche (par exemple : toucher le fond ce n’est pas ramasser un objet au fond).

 

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Septembre 2018

Marc, Raymond

 

 

 

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DIDACTIQUE DE LA NATATION

Présentation et introduction à la projection du film DIGNE DINGUE d’EAU

Didactique de la natation en milieu scolaire

Par Robert MERAND

aux Journées Debeyre - BETHUNE octobre 1980

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À l'occasion de la publication intégrale sur le site du film Digne Dingue D’Eau, nous avons le plaisir de vous proposer le texte d’introduction réalisé en 1980 par un géant de l’éducation physique et sportive et de la culture du sport, un monument de la culture tout court : Robert MERAND.

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