0
0
0
s2smodern

CHERCHER LA PETITE BÊTE … !

Créer des difficultés en montrant le détail qui fait problème (nous dit le Robert). Cette expression populaire fustige celui qui s’attarde sur des détails au détriment du tout, de l’essentiel, du plus important ?

Nous nous sommes contentés de présenter la liste des items dans les propositions du projet, dit pédagogique, de Créteil sans insister sur ce qui était censé justifier leur ordre, la cohérence d’ensemble. En réalité nous n’avons pas trouvé de liens logiques dans une énumération d’exercices indépendants.

b_435_246_16777215_00_images_oziogallery3_divers_robert-2013.jpgA titre d’exemple, nous avons retenu le thème : « s’horizontaliser ... » et nous aurions pu sourire comme nous l’avions fait à propos de la prétention de la proposition à pouvoir concerner la pratique sportive ou les brevets d’état, en nous posant la question de l’adoption par l’Académie Française d’étudier le nouveau terme : s’horizontaliser, pour le voir figurer, les prochaines années dans le vocabulaire français. Nous comprenons bien l’idée : mettre à l’horizontale et s’ ou soi, le sujet agissant. Encore faudrait-il définir l’horizontale, un plan perpendiculaire à la verticale dans un référentiel euclidien. A défaut on peut considérer la droite de référence comme direction parallèle ou confondue avec la surface de l’eau. Entre l’horizontale et la verticale il existe une infinité d’obliques mais il n’y a qu’une seule horizontale qui ne tolère pas d’à peu près !

Et, si l’essentiel n’était pas précisément ce que l’on qualifie de « détails » !

Question centrale : que faut-il mettre à l’horizontale ? Les didacticiens de la natation ont considéré qu’un ensemble de conditions posturales rendraient possible et favoriserait l’efficacité de la locomotion humaine dans l’eau : alignement du grand axe du corps, horizontalité, immersion et relative indéformabilité. Isoler un seul de ces éléments de l’ensemble nous fait retomber dans le découpage, dans le folklore pédagogique, dans la pédagogie du mouvement.

La notion de posture, comme bien d’autres, est absente du projet de Créteil. Et pour argumenter un bien fondé on évoque une idée saugrenue : c’est la vitesse qui met les corps en déplacement à l’horizontale. (sic) ! Il y a une cinquantaine d’années, en RDA, on invoquait la vitesse pour justifier la posture du nageur en « hors-bord » mais la c’était la posture qui était censée faciliter l’augmentation de la vitesse.

Revenons à l’exercice de la vidéo pour atteindre l’objectif : mettre le corps à l’horizontale. Le nageur agrippe d’un bras le rebord du bassin devant lui et au dessus de la surface. Puis il tire sur le bras amenant le coude près de la main. La direction de la force va du centre de gravité immergé vers la main et déplace l’ensemble vers le haut et vers le coté où la main s’est ancrée. Donc en oblique vers le haut. Comment obtient-on une mise à l’horizontale du corps ??? Si le nageur enchaine après la traction une poussée vers l’arrière en allongeant le bras en direction de sa hanche, il éloigne le centre de gravité en l’écartant l’ensemble du bord. Mais le problème de la mise à l’horizontale n’en est pas pour autant résolu.

La question essentielle réglant l’activité perceptive du sujet est de nature informationnelle. Que signifie pour chacun d’entre nous « être aligné » ? Quel(s) référentiel(s) avons nous construit sur terre pour nous sentir aligné et qui serait transposable pour le nageur ? La station droite du terrien s’accommode des bras le long du corps, abandonnés à l’action de la pesanteur. La posture du nageur, bras dans le prolongement du corps, qui conditionne et rend possible la locomotion ne s’improvise pas spontanément. Rappelons que dans toutes les nages ventrales, qu’elles soient alternées ou simultanées, dans les plongeons de départ et les virages, l’activité locomotrice se déclenche à partir des membres supérieurs dans le prolongement du tronc, tête en dessous des bras. Pour la nage dorsale les bras seront en dessous de la tête.

Construire sur terre une posture équivalente suppose une relation à un plan ; un mur uni s’y prête, bien qu’il soit vertical. Contact au mur des talons en bas puis des fessiers, des omoplates, de la nuque, des épaules, coudes, dos des mains conservées côte à côte puis élévation sur la pointe des pieds. C’est là l’aspect sensoriel auquel se superpose la perception kinesthésique du corps ainsi érigé. Cette dernière perception de soi se retrouvera dans l’eau en substituant au mur la surface liquide comme référentiel.

A quelles conditions notre schéma corporel de terrien pourra-t-il s’enrichir du schéma corporel aquatique ? Et essentiellement comment élaborer ce dernier ?

En tant qu’entraîneur ou initiateur, comment abordez-vous ce problème ?

raymond

 



Comments   

0 #1 Gg 2016-12-23 07:19
"Horizontalité, c'est la surface de l'eau"
Construire sur terre une posture "équivalente" aquatique
avec un plan vertical (mur) ou mieux (sol) enrichira déjà le schéma corporel
trop méconnu sur terre.
Nos contemporains aiment aller de "l'avant" : regardons et observons les têtes se déporter en avant de la verticale de l'axe du corps, du centre de gravité, les courbures anatomo-fonctionnelles du rachis, des "raideurs" des ceintures scapulo pelviennes et des membres selon l'âge et la sédentarité...
Ces postures "le corps flottant dorsal" maintenues, surtout sur le sol (tapis) aideront : aux relâchements des tensions résiduelles antérieures, à percevoir les courbures, à les corriger, aux étirements - grandissements de tout le corps, de l'ouverture thoracique...
Toutefois "le mur" dans l'eau, c'est l'AIR.
Quote
0 #2 Gg 2016-12-24 07:25
« Nature ou à l’EAU »
Pour les plus jeunes et les plus athlétiques, pour supprimer les appuis plantaires, l'appui tendu renversé contre le mur avec les mains contre le mur : grandissement et perceptions postérieures. Éviter les cambrures lombaire et cervicale... Aide sécurisante et vigilance pédagogique…
Toutefois dans l'eau les exigences sont différentes : en ventral : l'arrière de la tête et les membres supérieurs vers le "plafond" et pubis vers le "fond", les parties postérieures du corps au plus près du « mur AIR ». En dorsal : Inverser. Toutefois l’alignement au plus près de l’axe est plutôt « postural » donc plus subtil, les éléments musculaires sollicités sont différents.
L’alignement-grandissement « corps flottant », ce n’est pas de la distance mais du temps/conscient. Cette verticalisation près de l’axe, c’est notre humanisation… en phylogenèse, le « chordé » un poisson est le premier vertébré.
« Le nageur descendrait-il du poisson ? »
Quote

Add comment


Security code
Refresh

0
0
0
s2smodern
   

Login Form