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TRIOMPHE DE LA PENSEE SPECULATIVE

 

Je dois à un ami ayant vécu des Séminaires à Dinard de pouvoir prendre connaissance d’un document de six pages, émanant du Service recherche de la FFN et communiqué par Richard.

Dans son bordereau d’envoi, Richard précise : « les différentes informations et positions qui y sont exposées illustrent de mon point de vue parfaitement, les intentions et les orientations que je poursuis dans votre entraînement. » en quelque sorte sa conception.

Cet ami pense, sans malice je suppose, qu’il convient de l’étudier avec attention.

En effet à sa lecture, des points convergent avec les thèses que j’avance tandis que d’autres s’inscrivent en totale contradiction.

L’enjeu d’une prise de position concerne le passage souhaité, ou souhaitable d’une pédagogie de la formation et de l’entraînement des nageurs encore majoritairement traditionnelle, basée sur la reproduction de gestes, vers une pédagogie de l’action laquelle ne peut prendre forme que si elle prend appui sur une didactique de la discipline susceptible de lui indiquer la hiérarchie et la chronologie des étapes obligées de la construction.

C’est ici que la notion de modèle revêt toute son importance.

Pour la pédagogie traditionnelle c’est le sens n°1 de Petit Robert : ce qui sert ou doit servir d’objet d’imitation pour faire ou reproduire quelque chose. Les mouvements repérés des meilleurs nageurs sont proposés au débutant comme au nageur évolué. On est dans l’imitation, la reproduction des aspects visibles : les « bons » mouvements !

Le sens retenu pour les méthodes actives est le sens n° 7 du même ouvrage : représentation simplifiée d’un processus, d’un système. Et construction théorique permettant d’expliquer des structures. Ou encore, pour un dictionnaire encyclopédique : représentation d’un phénomène pour une étude formelle prédictive ; représentation d’un processus de fonctionnement. C’est à travers l’activité immédiatement possible de l’apprenant et l’ensemble des évolutions adaptatives ultérieures que va se construire le nageur.

Parmi les points contestés du document l’un d’eux me semble devoir être évoqué dont le point de départ ou les conclusions ne sont pas explicitement formulées. Il se déguise sous l’existence d’un prétendu indice de coordination géniale(sic)ment mis en évidence par D. Chollet.

Selon cet auteur il existerait trois types de coordinations distribuant dans le temps et l’espace :

Dissociation – Juxtaposition – Superposition des « actions propulsives » !

Anatomiquement, physiologiquement, mécaniquement, les deux derniers types de coordination sont impossibles et avec le recul je revendique le « bonnet d’âne »qu’aurait dûmevaloir leur présentation, accompagnée de schémas imaginés en 1974, à la fois dans mes cours et dans sa troisième édition le livre « L’Enseignement de la natation ». 

L’interprétation des images extraites de chronophotographie ou de films exige que soient respectées les règles découlant de la définition du « mouvement ». Espace – Temps – Référentiel. En ce qui concerne l’espace  sont à intégrer: direction, sens, amplitude, angles. Pour le temps : durée. Pour le référentiel : sa nature ego ou exo centré.

Sans ces précautions on peut faire dire aux images toutes les absurdités !

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Un détour vers la locomotion terrienne devrait nous aider, par analogie, à comprendre les contraintes mécaniques déterminant le moment et la durée des im(pulsions) dans la propulsion. Pour que la poussée vers l’avant soit possible à partir de l’appui fixe au sol, il faut que l’articulation de la hanche ait dépassé la verticale du point d’appui.

Si l’extension des pieds sur la jambe, de la jambe sur la cuisse, de la cuisse par rapport au bassin précède ce passage il en résulte nécessairement freinage ou recul du corps.

L’accélération propulsive ne commence qu’à partir des segments colorés en rouge sur le schéma qui précède, et de leur extension les uns par rapport aux autres.

Dans ce type de locomotion on distingue deux phases, l’une au cours de laquelle il n’y a plus contact avec le sol et l’autre celle où il y a contact et fixation ou adhérence substrat/extrémité du membre propulseur. Chacune de ces deux phases comporte flexion et extension des segments impliqués. Cela se retrouve dans la course humaine sur terre. Le contact avec le substrat et une condition nécessaire mais pas suffisante !

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La propulsion dans l’eau va requérir d’autres conditions : N’oublions pas celles précisées par le savant MAREY à la fin XIX° : L’étude expérimentale de la locomotion dans l ’eau exige que l ’on puisse déterminer à la fois les mouvements de l ’animal qui nage et ceux qu’il imprime au liquide dans lequel il se meut.

Pour se propulser, il faut que le nageur mette en mouvement « des masses d’appui » et donc les accélérer. Que cela se fasse en sens opposé à son déplacement est mécaniquement logique.

Evoquer en natation des « points fixes » dans l’eau devient un non sens, une erreur !

Abordons le problème des coordinations. Coordination des entrées en jeu des membres censés jouer un rôle propulseur. On distinguera les membres inférieurs essentiellement locomoteurs sur terre et les membres supérieurs qui vont assumer ce rôle dans l’eau.

En crawl, ils vont intervenir alternativement et de ce fait déterminer un cycle pour que puisse se prolonger le déplacement du nageur dans l’espace. On retrouvera une continuité d’alternances pour aller vers l’avant construire ces masses d’appui à propulser vers l’arrière.

Chez de rares débutants on trouve un arrêt plus ou moins long lorsque les mains parviennent au niveau des cuisses. (Cet arrêt est beaucoup fréquent en nage sur le dos). Cela correspond à la position de repos de la posture du terrien. C’est un niveau spontané de coordination à dépasser. Pour sa part la posture aquatique voudra que cet « arrêt » vienne se situer bras dans le prolongement du tronc dans la phase dite du corps projectile.

L’enchaînement des « coups de bras » passe, plus ou moins longtemps, pas une circumduction des membres supérieurs en opposition. (Voir schéma dans la natation de demain page 78).

Lorsque le nageur parvient à dissocier ce qui se passe dans un hémicorps par rapport à l’autre, on voit apparaître le retour aérien du bras (qui n’est plus freiné par la résistance de l’eau) plus rapide que le passage dans l’eau rencontrant de fortes résistances. Il résulte de ce retour rapide un temps (durée) d’avance spatial en décalage avec le « phasage » temporel de 0.5.

Pour chaque bras, la durée de l’aller ajoutée celle du retour est la même. Lorsque les entraîneurs voient cette coordination fonctionnelle juste, ils évoquent un « rattrapé » !

La tentation est grande pour les formateurs de vouloir l’enseigner alors que la dissociation des hémicorps ne s’est pas encore manifestée. Introduire des contraintes artificielles d’arrêt du mouvement par transfert de prise d’un objet d’une main à l’autre est illusoire pour obtenir la coordination souhaitable.

Dépendant comme l’équilibre du cervelet qui ne donne pas d’images conscientes, les coordinations ne peuvent pas s’enseigner !

Elles s’apprennent par les « coordinations internes » par différentiation progressives et sont sans cesse à l’œuvre dans l’action (Piaget : « Les praxies chez l’enfant »).

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A moins de croire encore à la théorie de la portance ou à l’affirmation que quel que soit la direction et le sens de déplacement des membres il y aura une composante propulsive, il faut bien se souvenir que deux conditions doivent être réunies : le déplacement du segment propulseur vers l’arrière doit être en valeur absolue supérieure à la vitesse du nageur, vers l’avant. Cela n’est repérable que dans un référentiel exo centré.

Nous invitons instamment nos lecteurs à se situer par rapport à la nature des mécanismes de propulsion en crawl, mais également par rapport à toutes les affirmations du document à l’origine de ces lignes.

Comment pourraient-ils encore admettre l’existence d’une propulsion continue en crawl et à plus forte raison « d’une superposition des actions propulsives » !

Nous aborderons ultérieurement la crédibilité d’autres affirmations.

raymond

 

Comments   

0 #1 Giuseppe Scavo 2017-04-17 23:22
Où pourrais-je trouver ce document?
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