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TÉLÉENSEIGNEMENT  OU

PUISSANCE DE LA DIDACTIQUE

 

Nous ne savons pas encore avec précision et certitude ce qui a incité Estelle à se rendre sur notre site, ce qu’elle en attendait, les rubriques qui l’ont poussée à nous faire part de ce qu’elle vivait dans son désir de devenir nageuse.

N’ayant pas connu l'apprentissage de cette activité à l’école, elle décide de l’aborder et finit par trouver dans son environnement une structure qui lui laisse envisager l’espoir de combler ce retard initial. Mais elle se trouve confrontée à un enseignement traditionnel des nages que ses efforts et sa bonne volonté ne parviennent pas à rendre efficace.

Son premier message (E1) tente de nous décrire ses aspirations et ce qu’elle rencontre au cours des séances dont elle espère légitimement beaucoup. Elle nous dit être demandeuse de « technique » que je traduirais comme un souhait d’atteindre l’efficacité.

Son cas m’intéresse parce que je soupçonne qu’il est loin d’être isolé et traduit en réalité les carences de l’enseignement traditionnel. Je l’encourage alors à m’apporter quelques précisions en particulier ce qu’elle entend par technique et j’imagine les « éducatifs » qu’elle évoque comme des tentatives désespérées de ses « professeurs » de lui faire produire des mouvements précis qu’elle devrait intégrer dans ses nages. Ne sachant dans quelle région elle vit, je lui propose l’accès à un stage programmé.

Sa réponse ne tarde pas (E2).

Je suis curieux de connaître le contenu de ses séances et en particulier comment la brasse lui est proposée.  Comme elle semble fonctionner à travers des représentations visuelles des mouvements je lui suggère de regarder sur le site la « jeune brasseuse ».

Suit le message (E3) qui laisse entrevoir les carences relatives aux passages obligés aboutissant au « corps flottant » qu’elle n’a pas vécu et que traduit son « je coule ».

Il devient évident qu’elle n’a pas non plus construit le projectile en construisant son « plongeon de départ ».

Le message (E4) situe le stade actuel de ses découvertes des propriétés de son corps et de celles du nouveau substrat.

Un lecteur non averti se demanderait comment, à distance et sans jamais avoir vu la personne, il est possible de découvrir les obstacles à vaincre et dans quel ordre. C’est précisément là qu’apparaît de manière éclatante le rôle de la DIDACTIQUE et sa nécessité.

raymond

 

Les messages :

 

E 1

Un petit mot : tout cela a débuté il y a 1 an et demi maintenant. Ne pouvant ni grimper ni courir, je me suis rendue à la piscine de mon quartier. Pouvoir évoluer dans l'eau, y prendre du plaisir m'a poussé à m'inscrire dans un club de natation l'automne suivant. J'ai découvert dans la natation un sport très technique, ce que je ne soupçonnais pas et ce qui m'a beaucoup plu. Je suis demandeuse de cela, ce qui a surpris mes professeurs initialement : Les adultes préfèrent la distance/ la vitesse à la technique, m'a t-on dit.

Je "nage" régulièrement avec la volonté d'apprendre une technique de nage, savoir une nage au moins. Cependant, je passe de professeurs et en professeurs, j'ai beaucoup de mal à trouver un club qui favorise chez les adultes, l'apprentissage de techniques. Pourtant, l'apprentissage des techniques rend ce sport passionnant, d'autant plus pour un non-nageur.

Je connais peu le domaine de la natation mais c'est un sport qui mériterait d'être médiatisé sous cet angle me semble t-il.

Je vous remercie pour votre site très intéressant, bien que certaines lectures me soient difficiles à saisir. Cordialement, Estelle

 

E 2

Le site internet est accueillant, on le visite facilement. Je trouve les textes et les illustrations bien.

Pour m'expliquer, un livre de techniques en natation décrirait les appuis en brasse. Débutante, je ne comprenais pas ce passage. 2 ou 3 mois plus tard, lors d'éducatifs en brasse, j'ai eu cette sensation d'appui. Cette phrase m'est alors revenue en mémoire. J'ai relu le texte et j'ai regardé les photos, pour essayer de bien faire le geste. Tout cela a alors pris du sens. Je fonctionne comme cela je crois.

Mes professeurs me disent s'adapter à une demande. Lorsqu'ils proposent des éducatifs, ils ne parviennent pas à susciter d'intérêt : les éducatifs sont souvent effectués sans en faire l'effort. je reconnais, c'est souvent assez dur. Mais quel plaisir que d'arriver à faire un mouvement ! Ainsi, peu de temps est consacré aux éducatifs.

Je vous remercie pour votre proposition de stage mais M... est loin de Reims.

Bien sûr, vous pouvez déposer mes messages sur votre site.

Bien Cordialement,

Estelle

 

E 3

Bonjour,

Je vous remercie pour votre message, fourni d'autant de précisions. Je suis désolée mais je n'ai pas eu le temps d'y répondre jusqu'à présent. Dans mon précédent message, j'aurais pu m'expliquer en prenant l'exemple du dos. Le cas de la brasse m'a marqué car c'est une nage que je n'apprécie pas du tout ; je n'arrive pas à exécuter les éducatifs, cela me met même mal à l'aise.

Concernant la brasse, je m'étais arrêtée sur le dessin car je ne comprenais pas cette représentation de la brasse. Je n'avais pas consulté la vidéo de la brasseuse, ni les commentaires.

je la découvre donc. je suis admirative ! vu de profil, le mouvement des jambes entre elles semblent parfaitement synchrones. le corps semble parfaitement parallèle à la surface de l'eau. Aussi, je suis surprise de l'absence de turbulence de l'eau ! Est-ce bien là votre propos "bien passer à travers l'eau" ? Rien de comparable avec ce que je fais.

Non, je n'ai pas souvenir de cet exercice "entrer loin dans l'eau et sortir loin sans rien faire".

Effectivement, on m'a demandé de m'allonger dans l'eau sans bouger. je coule.

oui, il m'arrive d'aller au fond de la piscine là où je n'ai plus pied pour récupérer un objet qui a coulé par exemple. Je suis désolée, je ne suis pas sûre de bien saisir votre question ?

Mes professeurs savent que je n'apprécie ni la brasse, ni le papillon. je n'ai pas pu leur cacher longtemps.

Ils m'incitent à ne pas laisser de côté ces deux nages par des éducatifs.

Bien cordialement,

Estelle.

 

E 4

Bonjour,

Je vous remercie pour les réponses apportées par ce message et les précédents.

Je suis impressionnée par votre compréhension de mes problèmes en natation alors que cela restait pour moi une nébuleuse.

L'article "devenir (meilleur) nageur à l'école" expose clairement les difficultés que je rencontre pour savoir nager (ne pas savoir s'allonger dans l'eau, s'immerger...). J'apprends aussi, l'importance de la position du corps (tête / membres inférieurs), de la tête, de la respiration. Prendre conscience des conséquences de tout cela m'aide. Ces explications sont exactement ce que je recherchais, curieusement sans pouvoir le définir précisément au départ. C'est certainement la raison pour laquelle j'ai mis du temps à rencontrer votre site internet.

C'est juste, je ne tiens pas immobile les bras le long du corps au fond de la piscine.

je vais apprendre à m'allonger dans l'eau selon vos conseils. je suis impatiente de pouvoir y arriver.

Avec l'aide des documents sur le site et le livre, peut-être pourrais-je progresser.

Je vous remercie pour vos réponses et vos conseils qui me libèrent un peu de mes doutes sur ma capacité à savoir nager.

Merci aussi pour vos encouragements.

Bien cordialement,

Estelle.

 

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LA FORMATION DES ENTRAÎNEURS DE NATATION

PROGRAMME ET COMPTES RENDUS DU COLLOQUE D’AIX LES BAINS DES 1er et 2 JUILLET 2013

ERFAN DAUPHINE-SAVOIE THEME : LA FORMATION DES ENTRAINEURS

 

Intervenants :

Raymond CATTEAU : Professeur d’EPS ; spécialiste en pédagogie et auteur de nombreux articles et ouvrages sur la natation et son enseignement

Claude FAUQUET : CTPS ; Directeur des équipes de France de natation puis DTN de 1995 à 2009 ; Directeur adjoint de l’INSEP de 2010 à 2013

François BIGREL : Professeur agrégé d’EPS ; formateur au CREPS Aquitaine de 1976 à 2006. Auteur de nombreux ouvrages de réflexion sur la performance et le sport de haut niveau

Témoignages :

Jean-Lionel REY : Professeur de sport ; Entraîneur de natation à l’INSEP Jean-Christophe SARNIN : vice-champion du monde du 200 brasse 1998 ; entraîneur de natation

 

Lundi matin

*** SUR QUOI SE FONDE L’ACTE D’ENTRAÎNER ?

Une hypothèse forte : enseigner et entraîner sont deux actes de même nature. A l’insu de l’entraîneur sa conception de l’acte d’entraîner est subordonnée par une option pédagogique.

Raymond CATTEAU



Lundi après-midi

*** SUR QUOI SE FONDE L’ACTE D’ENTRAÎNER ?

Une hypothèse forte : l’entraînement n’est jamais premier...

François BIGREL

*** Témoignage d’un ancien champion - C’est qui, c’est quoi un bon entraîneur?

Jean-Christophe SARNIN

 

Mardi matin

*** Témoignage d’un entraîneur sur son parcours et réflexion sur ce qui a été structurant dans son métier d’entraîneur.

Jean-Lionel REY

*** La formation fédérale

David NOLOT

*** Le processus de formation D.E natation course de l’ERFAN Dauphiné-Savoie

Philippe CARRIER

 

Mardi après-midi

*** QUEL TYPE D’ENTRAÎNEUR POUR NOS CLUBS ?

Claude FAUQUET



Comptes rendus du colloque :

Ces rencontres sur le thème de la formation ont été organisées par l’ERFAN du comité Dauphiné-Savoie pour ses formateurs et tuteurs au D.E natation course qui sont tous des entraîneurs. Plutôt que de faire un compte-rendu de ce colloque il était préférable que quelques participants rendent compte à leurs manières de ce qu’ils venaient de vivre.

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Cela ne fait aucun doute, le débutant et le champion utilisent les mêmes principes d’action pour se déplacer dans l’eau, il devient alors évident qu’enseigner la natation et entraîner sont des actes de même nature.

La présentation faite par Raymond CATTEAU n’était pas une séquence de formation. Celle- ci nous a permit à la fois de mesurer et de prendre conscience du travail à engager dans le domaine de la didactique et de la pédagogie pour devenir meilleur enseignant, meilleur entraîneur, meilleur formateur.

Un entraîneur a intérêt d’avoir une vision fondée de la locomotion dans l’eau et des transformations que celle-ci implique et ce n’est pas toujours le cas.

S’intéresser au cheminement obligé qui conduit le terrien à devenir toujours meilleur nageur (le processus n’est jamais achevé) amène l’entraîneur comme l’enseignant à mettre en œuvre des stratégies qui permettent au nageur de se construire pour devenir toujours plus efficient afin de nager plus vite et avec un meilleur rendement.

L’hypothèse selon laquelle la conception que se fait un entraîneur de l’acte d’entraîner est subordonnée par une option pédagogique semble se confirmer : soit le nageur est considéré comme un exécutant qui doit reproduire ce qu’on lui demande ; soit le nageur est considéré comme acteur de ses propres transformations.

« Vouloir faire exister la performance avant qu’elle soit produite, c’est par exemple le cas lorsque nous parlons d’optimisation de la performance, nous conduit au cœur d’un immense malentendu qui a des conséquences considérables en matière d’entraînement ». F. BIGREL

Alors que l’athlète doit réaliser une performance en situation de compétition, nous nous focalisons sur l’entraînement mais nous nous intéressons que rarement à la notion de performance.

François BIGREL a conduit une réflexion magnifique sur la performance, « un concept endormi à l’ombre d’un discours technique ». François nous invite ainsi à nous interroger sur notre propre conception de l’acte d’entraîner : ma conception de l’entraînement est elle bien en accord avec l’éthique de la performance ?

« Réaliser une performance c’est trouver du sens en situation de compétition ».

Les fondements de la pédagogie de l’action, développés un peu plus tôt par Raymond, respectent l’éthique de la performance : apprendre c’est inventer ; réaliser une performance c’est créer.

Les entraîneurs et formateurs présents à Aix les Bains prennent conscience que derrière une conception de la discipline se cache une conception de l’être humain. Tous semblent particulièrement touchés et même heureux de ce qu’ils viennent d’entendre. Sans doute, grâce à François, trouvent t-ils plus de sens dans l’acte d’entraîner.

Claude FAUQUET, artisan du renouveau de la natation française, mène une réflexion sur la démarche mise en œuvre pour transformer « un état d’esprit » mais surtout sur les convictions qui lui permirent de conduire cette transformation.

Les idées portées par Raymond, François et Claude sont fortes, singulières et s’inscrivent souvent à contre culture mais elles ont la même résonnance. Le fait que nos trois invités considèrent que l’homme est en possession de capacités potentiellement illimitées n’y est pas étranger.

Le témoignage de Jean-Christophe SARNIN nous informe avec justesse de ce qui l’anime et lui permet de performer en 1998 puis, sans doute, ce qui va l’en empêcher... Ce témoignage très subtil de Jean -Christophe fait écho à la réflexion sur la performance.

Jean-Lionel REY nous relate son parcours et ce qui l’a structuré. Ce témoignage riche et intime nous permet de prendre conscience à la fois du cheminement qui s’opère grâce aux problèmes que pose le nageur et qu’un travail sur soi-même est parfois nécessaire...

Ces rencontres et échanges sur le thème de la formation ont été des moments privilégiés, forts et intenses mais ils ouvrent surtout des perspectives heureuses. Les participants à ce colloque sont repartis joyeux car un peu transformés ; que les intervenants en soient remercié.

Marc BEGOTTI

CTR Dauphiné-Savoie

 

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A propos de pédagogie

 

 Pour situer le contexte :

Je remplace à l'heure actuelle les maîtres nageurs qui partent en vacances. Je m'adapte donc au travail qu'ils effectuent avec leurs élèves.

Leur souhait est que j'enseigne la natation avec leur pédagogie : apprentissage de la brasse avec ceinture.

Cette méthode d’enseignement n’est pas la mienne, je ne compte pas l’adopter et je souhaitais en évoquer la raison :

Voici les notes que ma collègue m’a laissées pour la séance d’aujourd’hui :

Victor :

-4 flotteurs + 2 pains

-Brasse coordination encore limite mais ça va.

-Dos : bien

-Saut ok mais souvent n’importe quoi.

C’était la dixième et dernière séance de l’élève. D’après le compte rendu ci-dessus, il se déplaçait encore avec une ceinture de 4 flotteurs…..

Je décide donc comme d’habitude de ne pas tenir compte de ces notes et d’adopter ma pédagogie qui est la pédagogie de l’action (et non pas la méthode Catteau comme mes collègues me le signalent à chaque fois).

En 10 minutes, il s’est déplacé le long de la goulotte avec les deux mains, puis une main avec la tête sous l’eau. Ensuite descente vers le fond du bassin (celui-ci ne mesurant pas plus de 1,50 de profondeur.) et remontée passive.

Il a ensuite travaillé sa posture de flottaison avec la tête sous les bras sans bouger pendant dix secondes. Tout cela avec les critères requis des passages obligés.

Je suis donc très vite passée au corps projectile : la tête sous l’eau, les bras au dessus de la tête et je pousse contre le mur pour aller le plus loin possible.

Tout cela sans ceinture….

Pour rejoindre le travail de ma collègue qui prône l’apprentissage de la brasse, je lui ai ensuite demandé de démarrer la fusée avec les pieds écartés le long du mur ( pour sentir la propulsion des jambes dans la brasse). Et de finir la longueur avec les bras de brasse comme il avait appris…

En UNE DEMIE HEURE, il m’a effectué une longueur de 15 mètres avec la tête en immersion, loin du bord du bassin et sans aucune panique.

Sa maman n’en revenait pas ! Ma collègue lui avait signalée la semaine passée qu’il avait encore un souci de coordination bras jambes. Il ne prenait pas le temps d’allonger ses jambes et était toujours en agitation…..

AVEC UNE CEINTURE DE 4 FLOTTEURS….

A vous de juger…

MB

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L’art d’entrer dans l’avenir à reculons !

 

Un étudiant d'Alain à la fac d'Orsay, en stage dans un club dans le cadre de sa formation au Brevet d'État qu'il suivait, intégrée à son cursus STAPS, s’était vu « recalé » à cet examen.

Il a raconté l’échange avec le jury lors de son épreuve d'enseignement pédagogique qui s'était mal passée pour lui.

Après que son jury ait cherché en vain à lui faire dire comment les enfants pouvaient se rendre compte par eux même qu'ils soufflaient bien dans l'eau (la réponse attendue par le Jury était qu'ils devaient entendre les bulles créés par leur souffle) un examinateur lui a demandé de citer les 3 grands principes de la natation. Notre candidat content de pouvoir se rattraper par l’actualité de ses connaissances lui a alors répondu : « le corps flottant, le corps projectile et le corps propulseur ».

L'examinateur n’a pas apprécié et lui a alors fait savoir qu'il n'y était pas du tout et que c'était : « l'équilibre, la respiration et la propulsion ».

Notre malheureux stagiaire a alors bien tenté de justifier sa réponse en affirmant que son professeur à la Fac : Alain Catteau leur avait expliqué que le triptyque corps flottant, corps projectile, corps propulseur avait remplacé depuis de nombreuses années « équilibre, respiration, propulsion ».

La réponse du jury fût anthologique et sans appel : « Ce Catteau là ferait bien de revoir ses classiques ! » 

 

 

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VIDER SON SAC !

 

Commentaire à l'article : MAÎTRE SAUVETEUR NAGEUR ou MAÎTRE NAGEUR SAUVETEUR ?

 

Bonjour,

petit échange ou discussion comme vous préférerez...

Je suis en révision de concours ETAPS pour la pédagogie scolaire et je suis bien heureuse d'être tombée sur ce site, ça me permettra de faire une petite mais un peu longue mise au point de ce que j'ai sur le cœur depuis quelques années...

Je suis en France depuis 20 ans, (québécoise de naissance et moniteur conjoint certifié par la Croix-Rouge (ou diplômé comme vous dites ici) enseignant la natation entre 18 ans et 24ans au QC ET Sauveteur National piscine, LA Part nécessaire de Sauvetage et de Secourisme pour la sécurité des humains dans un lieu de baignade) et grâce à l'évolution de l'Homme, j'ai pu voir les MNS français (ou MSN) se transformer au fil des années lors de leurs enseignements et de leur surveillance. J'ai perdu le fil de l'évolution de la natation au Québec, donc je ne peux comparer... 


En réponse à N.K: le milieu de l'entrainement et des cours de natation n'a rien en commun avant un certain âge au Québec: pas besoin d'entrer en club pour apprendre la natation (ou la Sécurité Aquatique, si vous préférez), alors qu'en France si vous voulez réellement apprendre à nager avec les techniques qui permettront à un nageur de progresser vers la compétition, il faut soit des leçons particulières, soit un club de compétition. demandez-vous à des éducateurs sportifs de la natation d'entraîner ? ( les détachements mairie n'existent presque plus !) ou de faire de la natation scolaire (mais l'entrainement et la compétition ne sont pas le but de la natation scolaire).

Après l'avoir pratiqué 7ans au Québec et presque 10ans en France, l'apprentissage de la natation en milieu scolaire en France, en école municipale de natation au Québec ou en France pour moi, c'est du pareil au même. Et ce n'est pas de l'entraînement... ni du club !

Pour comprendre le vocabulaire de la natation au Québec, il faut aussi se mettre dans le contexte d'un pays où les accidents liés à l'eau sont fréquents... comme en France, d'ailleurs, lié au non respect de certaines règles simples encore méconnues ou simplement rejeté et au Québec, c'est une des missions de la Croix-Rouge Canadienne que de faire baisser ce taux de noyade dans les lacs accessibles à tous au moindre risque...

Lorsque j'étais au Québec, enseignant déjà la natation, la sécurité ne prenait pas le pas sur l'enseignement technique de la natation, elle était une part intrinsèque de l’apprentissage de la natation. Dès l'âge de 5ans, l'enfant apprenait à flotter sur le dos en étoile, à faire l'étoile sur le ventre la tête dans l'eau (ce qui est ici à la fois question de flottaison ET de sécurité...) apprenait aussi à faire des bulles en nageant petit chien et grand chien, de façon à préparer le crawl plus tard en terme de respiration, de motricité et de déplacement, la brasse abordée sous forme de jeu et de sécurité (essayez de faire un saut sans mettre la tête dans l'eau, comme un nageur qui à peur, et voyez quel mouvement de jambes vous faites pour garder la tête hors de l'eau autre exemple: le surplace avec jambes de brasse pour approcher le rétro (est-ce seulement une approche du sauvetage ou peut-on y voir une vague idée de natation synchronisée ou de water-polo ?)

Tellement facile de critiquer les autres plutôt que de se regarder le nombril, n'est-ce pas ? N.K...

Après avoir fais le BEESAN, obligatoire pour une étrangère, il est vrai que l'on enseigne pas la natation de la même façon... je me sers toujours de mes techniques apprises au Qc ! Avec le BEESAN, la formation nous a fait voir la natation scolaire (très nouveau pour moi puisqu'il n'y a pas de cours de natation encadré par le milieu scolaire: pas besoin puisque tous les enfants sont inscrit dès l'âge de 4ans ou 5ans à la Croix-Rouge pour apprendre ET la Sécurité, ET la Natation!) avec des jeux, des parcours, des compétences transversales qui m'ont donné l'impression de compliquer les choses (une chance que M Catteau était là pour me faire comprendre l'intérêt de la chose, vos livres, je les ai lus et relus, vidéos à l'appui pour me sortir du principe d'éducation par la directive même si l'apprentissage par le jeu m'était familier).

Et toujours dans le cadre de ma formation BEESAN, une séance de 2h pour l'apprentissage de la brasse, rien sur les techniques de nages détaillées et précises. 
Que pensez- vous de vos collègues MNS qui disent que la brasse est bien plus facile à apprendre que le crawl, parce qu'il n'ont appris à l'enseigner que sur le "tas" ou au pif ? (maintenant, j'ai autant de facilité pour un débutant en brasse ou en crawl: c'est l’avantage de la double formation) mais aujourd'hui, nous nous retrouvons encore avec plus d'un tiers de population d'enfants en 6è qui ne savent ni la brasse ni le crawl, ni même accepter de mettre la tête dans l'eau pour s'allonger un peu mieux... quid de ceux-là qui sont trop vieux pour entrer dans le système compétition français! Si vous vous attachez aux mots écrits dans les carnets de natation québécois, on voit les termes Sécurité Aquatique et pourtant, tout est question de ce qui est sous-entendu dans ces termes et de ce que j'ai vécu là-bas et ici me porte à croire que même si les méthodes varient et le vocabulaire différent, les techniques se complètent mais il faut accepter parfois les différences et creuser un peu en dessous de la surface...

Je retourne à mes études pédagogiques après avoir vidé mon sac... l'apprentissage est bien plus intéressant en prenant le meilleur de chaque méthode plutôt que de jeter parce qu'on a pas compris...

Sans rancune,

Julie

 

Nous ne saurions trop remercier Julie d’accepter de commenter et discuter un article publié sur notre site. Tout souci d’objectivité et de précision dans l’énoncé de faits ou d’idées ne peut que faire progresser les connaissances.

Partager deux cultures qui se veulent sœurs (ou cousines) constitue une richesse.

Mettre cette richesse au service d’un art ou d’un métier est chose fort louable.

Julie conclut son intervention par une position agnostique qui risque de mettre un frein à son évolution vers une pédagogie fondée rationnellement ou scientifiquement et qui par ailleurs semble la séduire. « Elle se propose de retenir le meilleur de chaque méthode, plutôt de jeter ce qu’on n’a  pas compris ».

Et si notre collègue en est d’accord, elle va nous aider à formuler le critère du « meilleur » pour ouvrir la voie à un choix ! Peut-on retenir sans jeter ? Que n’a-t-on pas compris ?

Nous sommes en présence de deux logiques inconciliables de la pédagogie du mouvement et de la pédagogie de l’action ! Et aussi longtemps que l’on n’aura pas franchi leur frontière, on se trouvera dans l’incapacité de les caractériser et de se situer.

Par analogie pourrait-on, pour concevoir notre univers, retenir le meilleur du géocentrisme et de l’héliocentrisme ?

En lisant la contribution de Julie, je ne puis m’empêcher de penser à la formulation d’Aurélien Fabre :

« Chaque éducateur prétend faire le choix d'une conception, d'un système éducatif, de méthodes, de procédés, comme si les lois du monde, en s'exprimant dans l'enfant et en s'imposant, n'avaient pas d'abord décidé ».

Il faut admettre qu’en ce début du XXIème siècle nos conceptions pédagogiques sont encore balbutiantes !

Il y a probablement dans le sac de Julie une très grande quantité de recettes mais il y a surtout d’incomparables richesses dont la première est certainement sa passion et la seconde son désir d’abandonner la « directive » que je traduis comme son intention de ne pas imposer de réponses pour laisser à ses élèves la voie des tâtonnements et de la réussite, en d’autres termes de s’engager dans la pédagogie de l’action.

« La natation en milieu scolaire en France, en école municipale de natation au Québec, pour moi c’est du pareil au même » !

Sur ce dernier point j’aurais tendance à confirmer que dans la très grosse majorité des cas, le problème de ses fondements et celui des dispositifs à mettre en œuvre n’a pas encore été expérimenté depuis que l’on a considéré qu’il fallait abandonner un enseignement dont on disait qu’il était « mécanisé » : celui qui a prévalu dans la première moitié du siècle écoulé. (La méthode Beulque par exemple)

Et ce ne sont pas les récentes instructions officielles pour l’école qui vont nous sortir de l’ornière.

Son constat alarmant n’est que trop vrai en de trop nombreuses situations =

« Aujourd’hui, nous nous retrouvons encore avec plus d’un tiers de population d’enfants en 6ième qui ne savent ni la brasse ni le crawl, ni même accepter de lettre la tête dans l’eau…. »

Les institutions sportives ou universitaires n’ont pas pris scientifiquement en compte le problème de la formation pédagogique des intervenants.

En l’absence d’une structure expérimentale permanente de formation dans laquelle les formés seront associés à la recherche, il n’y aura pas d’évolution significative de la natation scolaire et de la natation sportive qui pourrait devenir, pour qui le souhaite, son prolongement.

Signalons à Julie que N K s’est inscrit au prochain Séminaire de Dinard où il pourra vivre une mise à l’épreuve de ses connaissances et de ses pratiques au-delà des discours qu’il pourrait en tenir.

Le X° séminaire de Dinard aura lieu durant la première quinzaine du mois de Juin.

Soyez nombreux à dialoguer avec Julie et ne la laissez pas seule dans son retour aux études pédagogiques ! Les échanges sont prometteurs de grande richesse !

Pour ma part je souhaiterais aborder pour les clarifier d’autres passages de son précieux document tant il est vrai que je méconnais les contenus enseignés au Québec.

raymond

 

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