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Témoignage de NK : un beau défi

Je souhaite vous partager mon expérience. 

Je n'ai pas d'images à vous partager car il est impossible de filmer ici en piscine.

J'ai débuté il y a un mois environ avec deux non voyants une démarche d'enseignement de la natation.

Charles Q. 

Charles est mal voyant et mal entendant suite à un dérèglement de sa santé. Il voit des bouts de lumière et il peut distinguer une forme, une couleur à seulement 5 cm de ses yeux. Il entend uniquement avec un appareil auditif. Si il l'enlève je suis obligé de lui parler à 10 cm de son oreille et encore.

Charles avait déjà des bases de natation de "baignades", il a déjà été voyant plus jeune. Lorsque je l'ai observé la première fois, il se déplaçait sur le ventre avec une approche dite crawl. Agitation de bras dans l'eau, seulement les coudes ramènent l'eau vers l'avant. Il savait sauter dans l'eau, flotter sans rien faire. Pas de soucis d'immersion.

Aujourd'hui il a le schéma du crawl que nous connaissons. Nous construisons la ventilation actuellement. Il nage le dos à deux bras avec le bon rythme et la bonne posture. Il nage le dos toujours avec la bonne posture et le bon rythme. Nous abordons le papillon bientôt.

J'ai pris ce défi avec engouement et joie. Et je me suis dit vu que la vue ne doit pas nous organiser, je devrais pouvoir y arriver. Ce fût le cas. J'ai constaté effectivement qu'en donnant les bonnes consignes avec les bonnes tâches et des repères corporels il était parfaitement possible d'évoluer rapidement. Ce qui est étonnant avec cette personne c'est qu'automatiquement tout se mettait en place naturellement en y allant de façon organisée. Tellement "facile" qu'il est en avance par rapport à d'autres novices bien valides et bien voyants. Son ressenti et ses réponses aux problématiques  posées sont très bien organisés. C'est incroyable et limpide. 

Je suis toute fois dans l'eau avec lui pour éviter qu'il vienne s'écraser sur les autres nageurs, ou qu'il se cogne sur le mur. Nous nageons en 21 mètres car pas d'autres possibilités actuellement. Il vient nager 2 fois par semaine. Nous en sommes à 6 séances. 

Steve F.

Steve ne voit pas du tout suite à une maladie dégénérative des yeux. Il a un chien guide qui le suit même à la piscine (dans l'eau). Steve eu un traumatisme enfant ou on l'aurait jeté dans l'eau et y serai resté plusieurs instants. Il a une "peur" de l'eau. Il est costaud, peu flexible, mais veut y arriver. 

Je procède toujours dans la démarche.  Il ne rentrait pas dans l'eau. À la première séance il entre dans l'eau par le mur et arrive à s'immerger complètement, les mains accrochées au mur, les bras en extension complète et les pieds qui touchent le fond. Bien sur j'essaye de lui faire faire le plus de déplacement possible. Récemment il est descendu à la 4ème et dernière marche de l'échelle. Il remonte trop rapidement. Il descend difficilement et avec beaucoup d'angoisse. J'ai abordé la chose comme avec les scolaires de Dinard mais... Il me dit qu'il ne peux pas descendre parce qu'il flotte... mais il n'est pas convaincu. Il descend de 30 cm sous l'eau si je ne le pousse pas plus loin... Il a de la difficulté de s'appuyer, se servir des marches pour descendre vers le fond soit une marche après l'autre, soit avec un "élan" (bras en extension au dessus de la tête, etc.). Je lui demande tout le temps de laisser les parties de son corps en contact avec le mur etc. Il y arrive. Il me dit ne pas arriver parce qu'il s'éloigne. Normal. J'ai constaté que son temps d'apnée est faible mais il est en mesure de rester plus de 10 secondes complètement immergé.  Il a aussi de la difficulté à se déplacer le long du mur en y posant son dos, puis son ventre, etc. Dès qu'il lâche le mur, panique. Mais il progresse à chaque fois. Je l'ai descendu avec moi au fond de la piscine à plus de 2 m de profondeur pour qu'il touche le fond. Je l'accompagne pour qu'il remonte toujours en s'aidant de l'échelle. J'ai joué au jeu de l'échelle humaine, etc. (sans succès répétés). Je suis descendu avec lui et je lui ai pris les mains pour que l'on remonte sans rien faire, panique, panique la première fois, mais la seconde bien mieux. 

Lire la suite : Témoignage de NK : un beau défiMon environnement est 1 couloir de 25 m au bord du mur avec une petite profondeur, un fond incliné qui va vers la grande profondeur. Il y a d'autres baigneurs autour de nous. Il se déplace le long du mur dans le profond, va toucher le câble en s'accrochant au mur. Les 2 situations sont opposées et ma démarche est la même. Toujours en grande profondeur, sans artifices, ni aide à la flottaison. Il progresse faiblement. Il y a des problèmes de motricité etc, mais il veut y arriver. À part reprendre, revenir en arrière, etc. Je le guide à la voix et par le touché et lui donne des repères sur lui et son environnement. 

Mon hypothèse est son temps d'immersion trop faible, sa mobilité réduite physiquement (il est très fort et musclé). J'en reste là pour le moment.

Charles va super bien mais Steve avance peu.

Je vis vraiment un beau défi, de taille, mais tellement enrichissant par rapport à tout ce que nous avons vu en stage avec vous. Cela donne encore plus de sens par rapport à tout ce que vous disiez. 

Qu'est ce que vous en pensez ?

 

NK

 

 

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Témoignage de Gg : À 72 ans

 

À 72 ans, n'étant plus un professionnel de la natation mais toujours convaincu que depuis mes rencontres avec Raymond, "un éveil" à "devenir meilleur nageur et meilleur humain" est possible.
Depuis deux ans, nageant trois fois par semaine avec un équipier, nous constatons les transformations qui apparaissent.
J'aide encore chaque dimanche quelques personnes à devenir meilleur nageur.

Dans les années 1970 lors des stages avec Raymond, j'ai constaté que je quittais une mentalité "rêveuse" pour une prise de conscience d'une autre "réalité", ce qui a provoqué un effondrement de mon ancienne personnalité.

Depuis 45 ans, conjointement à d'autres activités, j'ai suivi deux formations de professeur de yoga et encore maintenant je suis un troisième cursus de formation.

Je passe donc avec mon vécu antérieur dans les pratiques et au quotidien dans la vie, à la fois de l'ignorance à la connaissance, par : le marteau, le clou, l'inertie, la réaction, les "recettes", les expériences, les transformations possibles, la créativité, à la fois avec l'aide d'un formateur, seul ou avec d'autres.

"Résister, c'est créer" et si nous ne créons pas, nous n'existons pas !

Est que j'existe quand je constate des situations répétitives conditionnées automatiques ?

Ce que j'ai observé lors des formations à Dinard, ce sont "les nombreuses distractions "de certains étudiants et parfois de moi-même, ce qui confirme une définition : "le yoga, c'est l'arrêt des modifications automatiques du mental". Ces modifications automatiques nous sortent de la réalité du moment présent.

Y a-t-il une structure de fonctionnement qui caractérise "le formateur" ... ?

Selon moi "un mental disponible" non pas attentif mais concentré. C'est la condition pour passer de la réaction à l'action.

J'ai observé que nager avec une tâche comme support mental amène à la concentration et à la "révélation" des fonctionnements physico psychique et des transformations possibles à stabiliser, intégrer, pour progresser. De mon point de vue, c'est un moment de "création" de la vie.

Soit le pratiquant ou son mental est "éveillé" soit le contenu proposé va le "réveiller". Et je dois cela à Raymond qui a suscité le "réveil" et au yoga qui m'a permis d'approfondir ce réveil, cet état de "témoin" et ainsi plus souvent de permettre un mental disponible à la "création" dans toutes activités.

Mais le mental par nature est fluctuant, d'où l'impermanence de la créativité c'est cela qui est Terrible pour l'instant... Puissions-nous résister !

Gg

 

 

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Une nouvelle posture

 

Bonjour tout le monde,

Depuis une semaine je suis a Halifax pour le travail. J'ai eu l'occasion de nager avec le club local (www.htac.ca) et leurs élites. Il y a de nombreux nageurs de niveau national. J'observais une séance et comme le coach était ouvert au dialogue, je lui ai fait part de mon observation. Une de ses nageuses (14 ans, 1.00 au 100 papillon en 50m) nageait a mon sens avec une position de tête vraiment haute, mal orientée. Il me confirme qu'il essaye depuis PLUSIEURS MOIS d'améliorer cela. Je lui propose de tenter une "expérience", il accepte, super !! Un peu gêné je me lance en anglais comme une vache espagnole :-)

Je demande qu'elles me montrent (il y avait 2 filles) comment elles font pour flotter. Réponse dans l'eau : jambes écartées, bras écartés, jambes qui descendent, etc... pas de corps flottant. Je travaille rapidement sur la posture au sol puis dans l'eau… amélioration significative et ACCEPTABLE :-)

Je demande de sortir de l'eau et de poser la nuque sur le mur en étant face au mur... nouvelle problématique… nouvelle solution... nouvelle posture... tout est bien en place et les contacts entre le corps et le mur se font bien, rapidement et les sensations son la...

Je demande de faire la même chose dans l'eau sur 50 mètres en crawl... Figurez-vous que cette "papillonneuse" était une nouvelle personne, une nouvelle posture, un corps organisé pour passer à travers l'eau. Sa tête était confondue avec l'eau et en plus il y avait une meilleur organisation de ses épaules.

Le coach de niveau national me dit WOUAH j'ai jamais vu cela, quel transformation, cela fait des mois que j'essaye et c'était un problème pour moi.

La nageuse nous fait part de son commentaire et elle nous dit que cela va "mieux". Le coach est stupéfait et n’en revient pas. Il me félicite...

J'étais super content et très fier de mon coup. Du coup il a pris les références du livre de Raymond et je lui ai demandé de me faire une petite vidéo de avant et après, chose que je n'ai pas pensée dans l'action. J'attends de ses nouvelles et j'espère qu'il donnera suite.

Pour vous dire que depuis des années que je suis au Québec, pas un seul coach a su me laisser l'opportunité d'essayer. J'arrive dans une autre province anglophone avec une autre culture autre mentalité et on me félicite et surtout permet de tenter une expérience. Bravo les Anglais !

Des que j'ai des nouvelles je vous informe.

 

Amitiés à tous

Nicolas

 

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SUITE ESPAGNOLE : Témoignage d’épisodes d’une aventure inachevée

 Lire la suite : SUITE ESPAGNOLE : Témoignage d’épisodes d’une aventure inachevée

Le nombre relativement constant de nos visiteurs témoigne de l’intérêt des personnes impliquées dans la construction ou l’entraînement des nageurs pour la démarche ou les contenus de formation disponibles sur notre site.

Curieusement, il arrive que des visiteurs de pays non francophones se classent avant nous en ce qui concerne le nombre de page lues par visite ou la permanence des visites.

En fait, il nous est difficile de savoir si cette conception de la natation et de son enseignement a tendance à diffuser ou à stagner. Et lorsqu’elle elle diffuse, selon quels processus ?

Outre les opérations organisées, stages, colloques, rassemblements… etc., le bouche à oreille ou le hasard ont-ils un certain rôle ?

Nous déplorons les réticences à nous questionner, à nous inviter à préciser ou compléter des données ou informations ; en un mot à cette impression de nous trouver face à des consommateurs.

 

Je vais me présenter : je suis argentine et professeur d’éducation physique spécialisée depuis 30 ans en natation des enfants. Donc, je suis intéressée par votre méthode d’apprentissage.

Dans quelques jours, je serai en Italie où une collègue argentine travaille selon cette méthode, depuis quelques temps à Tolentino.

Après avoir lu votre livre en traduction italienne, je trouve cette conception vraiment attirante.

En Argentine, il y a beaucoup de collègues qui sont vraiment motivés par ce sujet là…

C’est pourquoi je pense que ce serait une bonne idée de venir et connaître notre pays.

En matière d’éducation, nous avons ici, une quantité de ressources humaines très variées et riches ; pourtant, nous voudrions établir une relation sur ce sujet.

Personnellement, je voudrais me former et pouvoir suivre un stage avec vous.

Je ne sais pas s’il existe la possibilité, via net ou autrement ; et en quelles langues !!! En espagnol, par exemple ?

 

[…]

 

Je vous demande pardon pour ma réponse tardive.

En ce qui concerne ma connaissance des langues, je voudrais préciser que malheureusement je ne parle pas français, même si je l’ai étudié pendant quelques années, quand je étais plus jeune. C’est avec l'aide de quelques amis que je communique avec vous.

J’ai été agréablement surprise par votre réponse immédiate et votre disponibilité à collaborer ensemble.

En même temps, je suis honorée que vous vous adressez à moi comme à un confrère et aussi très heureuse d’être en contact avec un grand éducateur et non pas seulement un important instructeur de natation qui contribue à la technique de ce sport.

En tant qu’éducatrice, je suis très intéressée d’approfondir la connaissance de votre méthode, qui est beaucoup plus qu'une technique d’enseignement de la natation.

Il s’agit de la possibilité, l’opportunité (à travers un sport) d’éduquer les enfants à travers le développement d’une conscience corporelle et aquatique. Cette prise de conscience est construite en respectant le développement de l'enfant.

Ainsi, se forment des êtres libres, avec une forte estime de soi, la capacité de résoudre des situations de la vie et de répondre aux défis que les temps modernes nous présentent.

Avec l'aide d'un enseignant de la langue italienne, nous avons réussi à traduire en espagnol le livre « Il Nuoto di domani ».

La semaine dernière, je suis allée rendre visite à une amie et collègue, qui vit à Tolentino…

J’aimerais vous rencontrer personnellement avant de retourner en Argentine. Y aurait-il une chance de se rencontrer?

 

[…]

 

Je suis ravie de pouvoir vous rencontrer avant mon retour en Argentine.

Je tiens à vous raconter comment mon grand intérêt pour votre méthode est né. J’ai eu la chance de l’expérimenter avec un groupe d’enfants et je suis restée fascinée par les résultats qu’on a obtenus après une seule séance et de voir aussi la joie des enfants en utilisant cette méthodologie.

En Argentine nous n’avons pas une méthode développée qui contemple tous les aspects techniques et humains, comme vous l’avez réussi à construire.

Je vous salue cordialement

MLB

 

 

 

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Serruriers de l'invisible

 

Chers amis, je vous envoie cette pensée de Henri Gougaud que je trouve intéressante.

CS

 

Clé et clou sont des mots parents. De fait, le clou fut la première clé, puisqu’avant l’invention de la serrure on fermait les portes d’un clou passé dans un anneau. Pour le plaisir des mots, que je te dise encore : de clé vient clore (évidemment), mais aussi clavicule, cheville et (saint) conclave, autant de termes exprimant l’idée de fermeture. Et voilà qu’au XII° siècle, la clé, « ce qui ferme », prend le sens de « ce qui donne accès, ce qui ouvre » (la clé de sol, la clé de fa, la clé de l’énigme ou des champs). Lumineux glissement de sens ! Il nous rappelle qu’il y a toujours deux façons de voir les choses, l’une ouverte, et l’autre fermée.

Henri Gougaud, L'almanach

 

Chiave e chiodo sono delle parole imparentate. In effetti, il chiodo è stata la prima chiave, poiché prima dell'invenzione della serratura le porte venivano chiuse infilando un chiodo in un anello. Per il piacere delle parole, voglio aggiungere anche: da chiave deriva chiudere (evidentemente), ma pure clavicola, caviglia, e (santo) conclave, tutti termini che esprimono chiusura. Ed ecco che nel XII secolo, la chiave, "ciò che chiude", assume il senso di "ciò che dà accesso, che apre" (la chiave di sol, la chiave di fa, la chiave dell'enigma o dei campi). Luminoso slittamento di senso! Ci ricorda che ci sono sempre due modi di vedere le cose, uno aperto, e l'altro chiuso.

Henri Gougaud, L'almanach

 

 

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