Points de vue

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CONTRIBUTION MAJEURE AU DÉBAT

 

Le point de vue éclairé d’un formateur

ou

le point de vue d’un formateur éclairé

 

Pour moi, la première étape est d'identifier les problèmes que pose cette formation. Tout d'abord, si cette démarche rencontre autant de réticence sur le terrain, c'est parce qu'elle responsabilise l'enseignant, le rendant donc "responsable" de la réussite comme de l'échec de ses élèves.

Or le système scolaire traditionnel repose sur la conviction que si l'élève ne réussit pas (a de mauvaises notes), c'est qu'il est idiot ou ne travaille pas, en somme c’est l'élève qui est entièrement responsable de son échec, devant s'adapter à ce qui lui est enseigné. Or la remise en question est intrinsèque à la démarche pédagogique que nous souhaitons enseigner.

C'est un problème difficile aux solutions très individuelles, car cela demande la capacité à se remettre en question, et à accepter le doute comme nécessaire dans la démarche scientifique.

Ensuite, la plupart des jeunes (et moins jeunes) sont incapables de trier la dose colossale d'informations disponibles à ce jour, d'une manière rationnelle, et peu à peu se développent l'idée que l'un dans l'autre "tout se vaut" (Darwin et le créationnisme etc.), sans jamais aller plus loin que la surface des choses.

Il convient donc dès le départ de la formation de déterminer un cadre de référence commun, avec une exigence très importante sur les termes utilisés par les uns et les autres (à titre d'exemple lorsque l'on demande aux stagiaires en tout début d'année de définir les étapes de construction d'un nageur, leur travail est truffé de "familiarisation" "1er apprentissage" "perfectionnement" "découverte", concepts absolument creux).

Là nous interdisons d'utiliser ces "cache-misères" c'est à dire des mots que les stagiaires sont incapables de définir, pour partir de ce qu'ils sont capables de faire émerger comme représentations et comme incertitudes (se rendre compte qu'ils ignorent des choses).

Troisième problème, la paresse, puisque "tout se vaut" pourquoi s’embêter autant ?

Il est bien plus aisé de suivre les méthodes toutes faites données par le tuteur, pas de travail trop intense à faire, on répète une recette et de toute façon les enfants apprendront plus ou moins à nager...

Dans la pratique, c'est assez complexe car il faut nécessairement ébranler les convictions du stagiaire. Par le biais d'allers-retours entre la pratique et ce qu'il est possible de tirer comme enseignements de cette pratique, si les formateurs proposent des situations pédagogiques adaptées au niveau des stagiaires, les stagiaires parviennent (plus ou moins rapidement), à travers leurs réussites d'enseignants, à fonctionner.

Il est INIMAGINABLE selon moi, de tenter d'enseigner a priori et/ou sans pratique. Partant de cela nous mettons en place le cadre de pratique (nous encadrons et délimitons cette pratique), et partons de celle-ci pour avancer. Tous ces problèmes sont concomitants, et je suis toujours atterré, par la capacité des étudiants à accepter des idées reçues idiotes et à persévérer à les défendre sans l'ombre d'un argument.

Seule la pratique permet de faire progresser ces représentations. De la même manière qu'il est ridicule de dialoguer 1 heure avec un enfant accroché au mur pour lui expliquer comment il flotte, c'est par la pratique que le stagiaire va être mis face à ses propres contradictions.

Et enfin il faut, à mon sens, offrir à tous l'opportunité et la nécessité d'adopter cette démarche tout en sachant que ce ne sera pas immédiatement possible pour tout le monde.

David T.

 

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