Points de vue

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Stratégie de production d’un objet non identifié

 

Incontestablement le colloque « Tous nageurs et nageuses en Seine Saint-Denis » a connu un réel succès de participation de personnes déjà confrontées (ou aspirant à le devenir) à la formation de nageurs.

Sur le thème « Qu’est-ce qu’apprendre à nager et Comment le faire » 4 ateliers se déroulaient simultanément. Ayant choisi le deuxième : « Mes premières leçons pour apprendre à nager » je pensais pouvoir recueillir une idée ou des informations sur ce qui se « pense », se dit et se fait en ce département et également sur ce qui est proposé aux futurs BPJEPS et professeurs d’EPS, l’option pédagogue et le modèle de référence.

Mon hypothèse était liée à l’idée que lorsque le maitre propose des séances visant un apprentissage, il doit avoir une certaine image ou représentation du savoir-faire visé. Il arrive que cette représentation soit implicite et que l’on puisse la reconstruire, la faire émerger à travers la progression ou succession des exercices choisis.

L’analyse du discours nous aide également à retrouver une logique dans le choix et l’enchainement des exercices.

Dès le départ, la réflexion et les débats seront piégés et faussés par la non remise en question de l’expression « savoir nager » impossible définir et évaluer à travers un critère déterminant ou la réalisation d’une performance définie. Dans un autre domaine de l’activité physique et sportive il ne vient pas à l’idée d’exprimer un « savoir courir », « savoir sauter en hauteur », « savoir lancer un objet » ou « savoir faire de la barre fixe » !!!

De ce fait, une natation inconsistante et son enseignement, gâché et avili par un mauvais usage, risque de renaître et nous verrons que cela n’est pas loin de nous arriver.

Dans la présentation, le terme « leçon » (ce qu’un enseignant donne à apprendre à ses élèves), reflète bien la réalité de ce qui a été proposé. Les leçons comportent bien un ou plusieurs exercices.

Une suite d’exercices nous a été proposée.

En premier lieu, il est fait appel à la capacité de réaliser une apnée au terme d’une inspiration complète, augmentant le volume thoracique, en une durée de l’ordre de 15 secondes. D’abord sur terre puis dans l’eau. La mise à l’eau des non nageurs n’a pas été évoquée, probablement parce que réalisée en petite profondeur.

Les intervenants s’opposent farouchement, à ce stade, à toute utilisation de ceintures ou de flotteurs.

Les images projetées nous montrent des élèves sous la surface, complètement immergés, dont le tronc et la tête se présentent horizontalement tandis que leurs membres supérieurs s’orientent verticalement ; les membres inférieurs sont fléchis. Un des élèves se met « en boule » les mains tenant les genoux, cuisse complètement fléchie sur le tronc.

Les formateurs fustigent la recherche d’une descente vers le fond en expirant complètement l’air pour diminuer son volume. Jouer le ludion. Psychologiquement cela va l’encontre du but de l’exercice qui consiste à faire vivre à l’élève l’action de l’eau sur son corps et lui démontrer qu’il flotte.

L’exercice suivant consiste à descendre vers le fond en utilisant des ancrages à la perche ou à une échelle ; à partir des prises de mains sur la perche exerçant une poussée vers le haut on voit le tronc puis l’ensemble du corps se mettre progressivement à l’horizontale. Cette mise à l’horizontale n’est pas « voulue » par l’élève ; Piaget évoque en la circonstance : l’apparition de moyens avant qu’il y ait but ».

Tous les retours à la surface ne se réalisent pas passivement et plusieurs élèves regagnent la surface au terme d’une poussée des pieds sur le fond. Aucun élève ne réussit à flotter en surface en étant aligné des orteils aux doigts. Flotter en orientation dorsale ne semble pas avoir été envisagé.

Constatant que le corps se présente obliquement dans l’eau par enfoncement des membres inférieurs il est fait référence à un « principe » ainsi évoqué : c’est la vitesse qui met le corps à plat (sic) ! Cela justifie l’exercice suivant qui consiste à se faire tracter par le professeur ou un camarade se déplaçant rapidement le bord du bassin au moyen d’une perche ou de plusieurs ceintures mises bout à bout et dont l’élève tient une extrémité. Les élèves ainsi tractés conservent tête au dessus des membres supérieurs tendus sans aucun effet visible d’horizontalité.

Bien que l’objectif ne soit pas atteint on passe à l’exercice suivant qui consiste à faire tourner les bras. Les membres supérieurs tendus fonctionnent en opposition et tandis que l’un passe dans l’eau, l’autre passe en l’air. Les images sous la surface nous montrent des segments corporels conservant des directions différentes. On remarque particulièrement des cuisses qui ne se présentent pas alignées et des jambes se fléchissement excessivement sur la cuisse dans les battements de grande amplitude.

S’achève ici la liste des exercices des « premières leçons ». Les intervenants précisent que l’utilisation de pull-buoy, rapprochant les membres inférieurs de la surface, favorise la mise à plat du corps, améliore le rendement des membres supérieurs et constitue donc une aide pédagogique intéressante.

A une question d’un participant sur l’intérêt d’utiliser des palmes les intervenants précisent qu’elles donnent de la vitesse (sic !) et donc que leur utilisation est à envisager, voire à encourager.

Que conclure de cette prestation ? La fonction de l’Université est d’apporter et de diffuser des connaissances issues de recherches. Ces dernières supposent la mise en œuvre de pratiques originales expérimentées et validées ou invalidées pour les adopter ou les abandonner. Ce sont les pratiques novatrices validées qui deviennent susceptibles de produire des modèles théoriques de fonctionnement pertinents. A leur tour les modèles théoriques validés deviendront précieux pour guider la construction de l’apprenant dans la suite de ses transformations de « terrien » en « toujours meilleur nageur ».

A défaut de pouvoir prendre appui sur un modèle de fonctionnement, l’option pédagogique présentée consiste à faire reproduire par les élèves des mouvements que l’on aimerait avoir été inspiré par des nageurs performants.

A un moment des échanges je n’ai pu résister à affirmer que mes élèves parvenaient à se mettre parfaitement à l’horizontale sans se trouver en déplacement. J’ai précisé que la condition nécessaire consistait à avoir au moins la tête sous les bras.

Les intervenants m’ont alors demandé si j’avais vu des images de Johnny Weissmuller (nageant en regardant devant lui !). On aurait préféré que référence soit faite à Popov, à Phelps, à Thorpe ou Agnel, étant donné que les pratiques de référence sont celles du XXI° siècle.

Le vide théorique, le savoir décontextualisé (F. Tochon) et la pensée spéculative (A. Fabre) ont poussé les intervenants à venir alimenter leur pratique dans le réservoir du folklore pédagogique que l’on pensait éculé.

raymond

 

 

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Fréquence - Nombre de coups de bras - Vitesse de déplacement - Cause et effet

  

Paragraphe extrait d’un article à caractère dit scientifique : « Modèles et transformations techniques en nage libre » : 

« En relation avec la problématique du rendement, nager en diminuant le nombre d’action motrices a été un puissant moyen d’entraînement initié en France dans les années 1985 par Marc Begotti l’entraîneur de Catherine Plewinski. Chercher à diminuer le nombre de coups de bras pour une vitesse de nage constante permet d’améliorer l’efficience propulsive (le rapport entre l’énergie mécanique et la vitesse de déplacement). Cependant chercher à diminuer systématiquement le nombre d’actions motrices comporte plusieurs effets contre productifs.

En effet, comme 95% de l’entraînement se déroule à des fréquences inférieures ou égales à 40 cycles par minute, les fréquences de courses (comprises entre 45 et 55 cycles par minute dans les épreuves du 50 au 400-m) ne sont que rarement entraînées. Hors les travaux de neurophysiologie montrent que les capacités rythmiques sont dépendantes de noyaux neuronaux distincts les uns des autres. Pour traduire, à rarement s’entraîner à des fréquences élevées, les nageurs n’entraîneront pas les processus neuro moteurs mobilisés en compétition. Pour ces raisons notamment, certains entraîneurs de l’équipe de France pensent qu’il est porteur de demander aux nageurs de nager le plus vite possible pour des fourchettes de tempo encadrant les fréquences de courses (ce qui sous-tend forcement de grandes distances par cycle). Le nombre de coups de bras est un outil pédagogique intéressant s’il est associé au tempo. »

 

Deux affirmations retiennent notre attention :

 

« Pour traduire, à rarement s’entraîner à des fréquences élevées, les nageurs n’entraîneront pas les processus neuro moteurs mobilisés en compétition. »

 

« Le nombre de coups de bras est un outil pédagogique intéressant s’il est associé au tempo »

 

La notion de « tempo » a été définie par l’auteur comme la fréquence. (Fréquence : « nombre de fois par unité de temps »)

 

Cause et effet

 

Pour l’entraîneur qui s’en tient au mouvement indépendamment des causes et de la nature de sa production (la cinématique) il « suffit » d’augmenter la fréquence en conservant la distance par cycle pour nager plus vite.

 

Pour l’entraîneur adepte de la pédagogie de l’action la vitesse de déplacement est la traduction biomécanique des cinq éléments* qui composent la force* que met en œuvre le nageur pour s’accélérer.

 

* 5 éléments qui composent une force : point d’application, intensité, direction, sens, durée

 

* Force : « action mécanique capable d’accélérerune masse »

 

Cet entraîneur sait que l’augmentation de la fréquence gestuelle caractérise une organisation spontanée, instinctive du débutant pour aller plus vite. L’augmentation de la fréquence gestuelle est une solution à court terme dont la limite est rapidement atteinte et qu’il va devoir dépasser.

L’entraîneur adepte de la pédagogie de l’action va conduire le nageur à mobiliser de plus grandes masses d’eau pour les pulser dans la direction du déplacement et en sens inverse du déplacement avec une plus grande intensité de force sur une amplitude importante.

Plus le nageur est puissant plus l'accélération est intense et moins elle doit se répéter pour obtenir la même vitesse !

 

La fréquence gestuelle, qui traduit la durée totale du cycle, quant à elle ne variera pas nécessairement en raison de la variation combinée des durées accélération-inertie.

 

Dans un texte dédié aux entraîneurs et aux formateurs plutôt que d’affirmer : « à rarement s’entraîner à des fréquences élevées… » Il aurait été préférable de lire : « à rarement s’entraîner à vitesse élevée les nageurs n’entraîneront pas les processus neuro moteurs mobilisés en compétition. »

Et plutôt que : « Le nombre de coups de bras est un outil pédagogique intéressant s’il est associé au tempo. » Il aurait été préférable de lire : « Le nombre de coups de bras est un outil pédagogique intéressant s’il est associé à la vitesse de déplacement du nageur. »  

 

Ne croyez pas qu’il s’agit que d’un problème sémantique. Ce sont deux conceptions pédagogiques qui s’opposent dévoilant des représentations divergentes.

 

Une précision pour conclure :

 

« Nager en diminuant le nombre d’action motrices a été un puissant moyen d’entraînement initié en France dans les années 1985 par Marc Begotti l’entraîneur de Catherine Plewinski. Chercher à diminuer le nombre de coups de bras pour une vitesse de nage constante permet d’améliorer l’efficience propulsive »

Le nombre de coups de bras a toujours été pris en compte en l’associant à la vitesse de déplacement du nageur, cette vitesse variant en fonction de la distance nagée et des objectifs recherchés.

Mais attention : le nombre de coups de bras rend compte de l’aspect visible du fonctionnement, il n’est pas la cause du fonctionnement !

Les temps réalisés par les nageurs sont le résultat des actions qu’ils mettent en œuvre.

Exemple : Franck ESPOSITO 200 m papillon (Je n’ai pas conservé les données concernant Catherine) :

-1993 (à 23 ans) : 1’58’’5 ; 89 coups de bras pour couvrir les 200 m
A partir d’avril 1997 nouvelles options pédagogiques et d’entraînement qui portent sur l’amélioration de l’efficience, du rendement et augmentation de la puissance.

- 1997 (à 27 ans) : 1’57’’5 ; 84 coups de bras pour couvrir les 200 m

-2002 (à 32 ans) : 1’54’’6 ; 78 coups de bras pour couvrir les 200 m

Un corps projectile et propulseur mieux construit associé à plus de puissance permet à Franck d’être plus efficient : il nage plus vite et plus loin à chaque cycle de bras et il est capable de le faire pendant 200 m.

Franck nage plus vite le 200 m et nous constatons que son nombre de coups de bras à diminué.

Marc 1/11/2014

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LETTRE OUVERTE A MICHEL

 

Dans un message d’allégeance à ses maîtres à penser, Michel qui nous dit préparer un diplôme de l’Insep avec Didier Chollet, propose de condamner un hérétique au prochain bûcher. Il se fait dans son écrit le colporteur de ragots me concernant et déclenche de ce fait les lignes qui suivent.

L’analogie des moteurs du bateau, les bras, moteur de 200CV, les jambes de 100cv, le bateau ne va pas à 300 cv mais à 200 cv donc que  les jambes ne servent à rien d’après Serge David, c’est Catteau qui a développé cette réflexion !  

Je mets au défi quiconque et ces personnes d’apporter la preuve de l’existence de ce discours.

Dans mes exposés et cours j’autorise toujours l’enregistrement et lorsque quelqu’un me demande de répéter ou préciser ce que je viens de dire, je le fais volontiers.

Par ailleurs, lorsque Michel m’a rencontré et parlé, lors de la remise de la Légion d’Honneur à Claude Fauquet à Abbeville, il aurait pu me questionner personnellement.

Il aurait pu et peut toujours me contacter directement ou via le site, puis que je suis encore vivant ! et me fais un plaisir et un devoir de répondre personnellement.

Commençons par la « forme » qui constitue en elle-même un défi aux notions de physique les plus élémentaires que devrait posséder un « auteur » d’ouvrages de technique ou de pédagogie. Que peut bien signifier « aller à 200 CV » ??? Une vitesse s’exprime en mètres/seconde ou kilomètre/ heure. Un rapport d’espace mis au temps à le parcourir.

Passons aux faits : dans mes cours je voulais amener les élèves à réfléchir sur l’éventuelle existence et sur l’interaction de l’effet de l’entrée en jeu de deux moteurs dont chacun pris isolément procurait une vitesse donnée à l’ensemble auquel ils appartenaient.

Un constructeur automobile avait conçu un engin tous terrains disposant d’un moteur pour les roues avant et d’un autre moteur pour les roues arrière. Cette 2 cv. saharienne était prise comme exemple hypothétique.

Données = on règle le moteur avant pour qu’il entraîne à lui seul le véhicule à 60 kh

On règle le moteur arrière pour qu’il entraîne à lui seul le véhicule à 40 kh

Question = quelle sera la vitesse du véhicule lorsque les 2 moteurs agiront ensemble ?

La question à choix multiple proposée aux stagiaires était la suivante :

A 100 kh B 60 kh C 40 kh D V < 60 kh

Après débat et référence aux données de la physique la dernière proposition était validée.

C’est bien volontiers que je me mets à l’écoute de Serge et de Michel pour connaître leur opinion et leur demander un avis d’expert sue la question suivante.

Sachant qu’en athlétisme un coureur se déplace beaucoup moins vite s’il a les membres supérieurs entravés, faut-il en conclure que les « bras » ajoutent de la vitesse à celle des jambes dans une course sans entraves?

Chanson enfantine = « Maman les petits bateaux ont-ils des jambes ?

Mais oui mon gros bêta, s’ils n’en avaient pas, ils n’avanceraient pas ! »

Dans l’attente du plaisir de futurs échanges

Raymond

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Le nageur a toujours raison…

 

Introduction

Extrait librement adaptés de l’introduction de J. Paillard à sa conférence au Colloque international de Paris (mai 1975)

Lorsqu’on demande au spécialiste de classer, par ordre d’importance, les facteurs qui lui semblent déterminer les conditions de la réussite sportive, ce sont généralement les facteurs biologiques qu’il met en tête. Lorsqu’on évoque les déterminants biologiques de la performance motrice, c’est en premier lieu aux aspects biomécaniques, biométriques et bioénergétiques que l’on se réfère.

Aux problèmes que se pose le praticien, mon propos sera plutôt de tenter de faire entrevoir une nouvelle manière d’engager le dialogue entre l’entraîneur et le fondamentaliste.

J’aimerais évoquer certaines des perspectives ouvertes par une approche que l’on peut qualifier d’informationnelle du fonctionnement de la machine neuro-motrice. Perspectives où l’entraîneur peut désormais aisément reconnaître les réalités concrètes, familières auxquelles il est quotidiennement confronté.

 

Dans un article « Modèles et transformations techniques en nage libre » le service recherche de la fédération de natation écrit :

 

« Ne convient-il pas de demander de chercher les appuis les plus solides pour projeter le corps vers l’avant avec la plus grande vitesse possible ? …

 En clair, la propulsion du nageur sera d’autant plus efficace que ce dernier prendra appui sur une grande masse d’eau résistante dans des zones d’eau déjà non perturbées, et afin de projeter son corps vers l’avant à partir d’un point d’appui le plus fixe possible. »

 

Evoquer en natation des « points fixes » dans l’eau est un non sens à moins que cela puisse être prouvé. 

Pour se propulser nous pensons que le nageur doit exercer une force d’intensité croissante* avec sa pale « main-avant bras » construite (coude au dessus de la main) et orientée (vers l’arrière et en profondeur) sur la masse d’appui constituée à partir et en fonction de son déplacement en durée et intensité.

* Force d'intensité croissante : condition nécessaire pour se propulser dans l’eau, résultant de la résistance de l’eau qui augmente au carré de la vitesse du déplacement du corps. Cas particulier de la loi de conservation du mouvement M.V = M’. V’ dans laquelle (M’ et V’ concernent le liquide).

 

Nous vous proposons de faire deux expériences afin que vous validiez vous-même une des deux options, l’une excluant l’autre ! 

 

Première expérience : appui fixe

 

« La corde à nager » - De quoi s’agit-il ? 

C’est idée « de la corde à crawl » avait exprimée dans le livre de J.P. Boyrie : Nages sportives (1946) dont le but était de donner une information sur la direction à prendre lors du déplacement de la main sous l’eau en crawl.

Une corde était tendue à environ 50 cm sous la surface entre les deux extrémités de la piscine.

Il était demandé au nageur de se déplacer comme il le ferait en crawl mais en se halant sur la corde. 

J’ai moi-même réalisé cette expérience avec des nageurs dans les années 80, j’ai très vite laissé tomber car je n’obtenais rien de bon, les nageurs me disaient ne « plus avoir d’appui » après l’exercice lorsqu’ils nageaient en crawl.

 

Je vous propose à votre tour de faire cette expérience.

Observez, interrogez les nageurs sur ce qu’ils ressentent.

 

Deuxième expérience : exercer une force d’intensité croissante

Le nageur réalise  une traction sur un élastique (avec chaque bras) en conservant le coude au dessus de la main, puis immédiatement nage en crawl en ressentant ce qu’il vient de vivre.

 Lire la suite : Le nageur a toujours raison 

Lire la suite : Le nageur a toujours raison

 

Observez, interrogez les nageurs sur ce qu’ils ressentent.

Faites confiance au ressenti des nageurs ! Vous pouvez valider une option et écarter l’autre.

Alors, appuis fixes en force d’intensité constante, artificiellement créés ou intensité de force croissante déclenchant la gestion spécifique au substrat « eau » !

 

  • « Il faut aux actions un système de repères « sensitivo-sensoriels » qui les suscitent, les guident et les contrôlent » - H. Wallon

  • Dans toutes les activités humaines, un dialogue s’établit en permanence entre les informations et leur dimension motrice.

 

Marc

15/10/2014

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TRIOMPHE DE LA PENSEE SPECULATIVE

 

Je dois à un ami ayant vécu des Séminaires à Dinard de pouvoir prendre connaissance d’un document de six pages, émanant du Service recherche de la FFN et communiqué par Richard.

Dans son bordereau d’envoi, Richard précise : « les différentes informations et positions qui y sont exposées illustrent de mon point de vue parfaitement, les intentions et les orientations que je poursuis dans votre entraînement. » en quelque sorte sa conception.

Cet ami pense, sans malice je suppose, qu’il convient de l’étudier avec attention.

En effet à sa lecture, des points convergent avec les thèses que j’avance tandis que d’autres s’inscrivent en totale contradiction.

L’enjeu d’une prise de position concerne le passage souhaité, ou souhaitable d’une pédagogie de la formation et de l’entraînement des nageurs encore majoritairement traditionnelle, basée sur la reproduction de gestes, vers une pédagogie de l’action laquelle ne peut prendre forme que si elle prend appui sur une didactique de la discipline susceptible de lui indiquer la hiérarchie et la chronologie des étapes obligées de la construction.

C’est ici que la notion de modèle revêt toute son importance.

Pour la pédagogie traditionnelle c’est le sens n°1 de Petit Robert : ce qui sert ou doit servir d’objet d’imitation pour faire ou reproduire quelque chose. Les mouvements repérés des meilleurs nageurs sont proposés au débutant comme au nageur évolué. On est dans l’imitation, la reproduction des aspects visibles : les « bons » mouvements !

Le sens retenu pour les méthodes actives est le sens n° 7 du même ouvrage : représentation simplifiée d’un processus, d’un système. Et construction théorique permettant d’expliquer des structures. Ou encore, pour un dictionnaire encyclopédique : représentation d’un phénomène pour une étude formelle prédictive ; représentation d’un processus de fonctionnement. C’est à travers l’activité immédiatement possible de l’apprenant et l’ensemble des évolutions adaptatives ultérieures que va se construire le nageur.

Parmi les points contestés du document l’un d’eux me semble devoir être évoqué dont le point de départ ou les conclusions ne sont pas explicitement formulées. Il se déguise sous l’existence d’un prétendu indice de coordination géniale(sic)ment mis en évidence par D. Chollet.

Selon cet auteur il existerait trois types de coordinations distribuant dans le temps et l’espace :

Dissociation – Juxtaposition – Superposition des « actions propulsives » !

Anatomiquement, physiologiquement, mécaniquement, les deux derniers types de coordination sont impossibles et avec le recul je revendique le « bonnet d’âne »qu’aurait dûmevaloir leur présentation, accompagnée de schémas imaginés en 1974, à la fois dans mes cours et dans sa troisième édition le livre « L’Enseignement de la natation ». 

L’interprétation des images extraites de chronophotographie ou de films exige que soient respectées les règles découlant de la définition du « mouvement ». Espace – Temps – Référentiel. En ce qui concerne l’espace  sont à intégrer: direction, sens, amplitude, angles. Pour le temps : durée. Pour le référentiel : sa nature ego ou exo centré.

Sans ces précautions on peut faire dire aux images toutes les absurdités !

Lire la suite : TRIOMPHE DE LA PENSEE SPECULATIVE

Un détour vers la locomotion terrienne devrait nous aider, par analogie, à comprendre les contraintes mécaniques déterminant le moment et la durée des im(pulsions) dans la propulsion. Pour que la poussée vers l’avant soit possible à partir de l’appui fixe au sol, il faut que l’articulation de la hanche ait dépassé la verticale du point d’appui.

Si l’extension des pieds sur la jambe, de la jambe sur la cuisse, de la cuisse par rapport au bassin précède ce passage il en résulte nécessairement freinage ou recul du corps.

L’accélération propulsive ne commence qu’à partir des segments colorés en rouge sur le schéma qui précède, et de leur extension les uns par rapport aux autres.

Dans ce type de locomotion on distingue deux phases, l’une au cours de laquelle il n’y a plus contact avec le sol et l’autre celle où il y a contact et fixation ou adhérence substrat/extrémité du membre propulseur. Chacune de ces deux phases comporte flexion et extension des segments impliqués. Cela se retrouve dans la course humaine sur terre. Le contact avec le substrat et une condition nécessaire mais pas suffisante !

Lire la suite : TRIOMPHE DE LA PENSEE SPECULATIVE

La propulsion dans l’eau va requérir d’autres conditions : N’oublions pas celles précisées par le savant MAREY à la fin XIX° : L’étude expérimentale de la locomotion dans l ’eau exige que l ’on puisse déterminer à la fois les mouvements de l ’animal qui nage et ceux qu’il imprime au liquide dans lequel il se meut.

Pour se propulser, il faut que le nageur mette en mouvement « des masses d’appui » et donc les accélérer. Que cela se fasse en sens opposé à son déplacement est mécaniquement logique.

Evoquer en natation des « points fixes » dans l’eau devient un non sens, une erreur !

Abordons le problème des coordinations. Coordination des entrées en jeu des membres censés jouer un rôle propulseur. On distinguera les membres inférieurs essentiellement locomoteurs sur terre et les membres supérieurs qui vont assumer ce rôle dans l’eau.

En crawl, ils vont intervenir alternativement et de ce fait déterminer un cycle pour que puisse se prolonger le déplacement du nageur dans l’espace. On retrouvera une continuité d’alternances pour aller vers l’avant construire ces masses d’appui à propulser vers l’arrière.

Chez de rares débutants on trouve un arrêt plus ou moins long lorsque les mains parviennent au niveau des cuisses. (Cet arrêt est beaucoup fréquent en nage sur le dos). Cela correspond à la position de repos de la posture du terrien. C’est un niveau spontané de coordination à dépasser. Pour sa part la posture aquatique voudra que cet « arrêt » vienne se situer bras dans le prolongement du tronc dans la phase dite du corps projectile.

L’enchaînement des « coups de bras » passe, plus ou moins longtemps, pas une circumduction des membres supérieurs en opposition. (Voir schéma dans la natation de demain page 78).

Lorsque le nageur parvient à dissocier ce qui se passe dans un hémicorps par rapport à l’autre, on voit apparaître le retour aérien du bras (qui n’est plus freiné par la résistance de l’eau) plus rapide que le passage dans l’eau rencontrant de fortes résistances. Il résulte de ce retour rapide un temps (durée) d’avance spatial en décalage avec le « phasage » temporel de 0.5.

Pour chaque bras, la durée de l’aller ajoutée celle du retour est la même. Lorsque les entraîneurs voient cette coordination fonctionnelle juste, ils évoquent un « rattrapé » !

La tentation est grande pour les formateurs de vouloir l’enseigner alors que la dissociation des hémicorps ne s’est pas encore manifestée. Introduire des contraintes artificielles d’arrêt du mouvement par transfert de prise d’un objet d’une main à l’autre est illusoire pour obtenir la coordination souhaitable.

Dépendant comme l’équilibre du cervelet qui ne donne pas d’images conscientes, les coordinations ne peuvent pas s’enseigner !

Elles s’apprennent par les « coordinations internes » par différentiation progressives et sont sans cesse à l’œuvre dans l’action (Piaget : « Les praxies chez l’enfant »).

Lire la suite : TRIOMPHE DE LA PENSEE SPECULATIVE

A moins de croire encore à la théorie de la portance ou à l’affirmation que quel que soit la direction et le sens de déplacement des membres il y aura une composante propulsive, il faut bien se souvenir que deux conditions doivent être réunies : le déplacement du segment propulseur vers l’arrière doit être en valeur absolue supérieure à la vitesse du nageur, vers l’avant. Cela n’est repérable que dans un référentiel exo centré.

Nous invitons instamment nos lecteurs à se situer par rapport à la nature des mécanismes de propulsion en crawl, mais également par rapport à toutes les affirmations du document à l’origine de ces lignes.

Comment pourraient-ils encore admettre l’existence d’une propulsion continue en crawl et à plus forte raison « d’une superposition des actions propulsives » !

Nous aborderons ultérieurement la crédibilité d’autres affirmations.

raymond

 

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