Dinard 2012: toujours en évolution

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Témoignage de MAR : le passage oublié

 

Bonsoir Raymond, 

J'ai pensé à vous ce matin. Mais avant de vous décrire la situation qui m'a rappelé le séminaire 2012 je vais vous restituer le contexte. Depuis le mois de septembre j'effectue les remplacements à la piscine de …. Etant également qualifiée « métier de la forme » cela me permet d'être polyvalente sur tout l'espace forme du centre.

Aujourd'hui je remplaçais donc un maître nageur en arrêt. La dame que j'avais en cours était une habituée du club de natation. (En effet ici, ils exercent l'apprentissage de la natation mais aussi les entraînements de loisirs). Cette dame nageait le crawl, le dos, la brasse et souhaitait s'initier au papillon.

J'ai donc planifié une séance suivant ses possibilités et donné  des tâches afin d'améliorer ses sensations. J'ai terminé par la tâche du papillon que nous avions travaillée durant le séminaire : rentrer par la nuque et sortir par le menton avec les bras le long du buste.

Cette tâche lui a permis de sentir l'engagement de la tête dans la motricité du papillon. 

Suite à cela je lui ai conseillé d'augmenter l'amplitude de son ondulation en insistant sur rentrer par la tête avant de ressortir par le menton. Et là stupeur!!! Elle m'informe qu'elle ne peut pas, car elle ne se sent pas bien lorsqu'elle s'oriente vers la profondeur.

J'étais étonnée... Elle qui venait de nager le crawl, la brasse et le dos durant une heure, m'informe en fin de séance que la profondeur lui donne une sensation d'oppression.

A ce témoignage, j'ai tout de suite effectué  le travail de remontée passive. Et là elle m'informe qu'elle a appris à nager il y a 15 ans et que ses débuts étaient difficiles. Elle a appris avec le maître nageur d’ici qui est aujourd'hui mon responsable. De ce que j'ai pu observer de son apprentissage pour les adultes. Il effectue un gros travail de mise en confiance en étant avec la personne dans l'eau et lui démontre qu'elle flotte à partir de la surface de l'eau...

Mais jamais de remontée passive...

En petite profondeur, je lui ai donc demandé de descendre le long de la perche, de la lâcher et d'observer ce qui se passait

Elle est descendue jusqu'en bas, n'a pas lâché la perche et a poussé dans le fond pour revenir le plus vite possible à la surface. ELLE ETAIT TOTALEMENT OPPRESSÉE !!!

C'est à ce moment que j'ai repensé à Mauro. L'apprentissage qu'elle a reçu avait oublié un "passage obligé". Mon responsable en 15 ans ne lui avait jamais fait vivre la remontée passive !!! Et ce qu'elle m'a dit lors de cette expérience témoigne du fait qu'elle n'a toujours pas senti l'action de l'eau sur son corps.

En effet, en sortant elle m'a dit mot pour mot : « je me sens mal parce que je sens le POIDS de l'eau sur mon corps lorsque je descends ».

Le poids de l'eau !!! Elle a la sensation d'être engloutie lorsqu'elle se dirige vers le fond du bassin. 

Lorsque je lui ai demandé de le refaire en s'arrêtant juste au milieu de la perche et de ne pas descendre jusqu'en bas, mais surtout de me dire ce qu'elle observait, elle m'a répondu après l'avoir fait : ben oui !! Je flotte. 

J'ai trouvé cet exemple déterminant dans la concordance des passages obligés. En montrant que l'on flotte à la surface on n'inhibe pas les craintes de l'engloutissement. Il faut passer par le fond pour que le corps ressente « kinesthésiquement » que OUI il flotte sans mouvements parasites. 

Voilà, j'espère que j'ai été claire dans ma description car ce n'est pas toujours facile de retranscrire ce genre d'exemple. Mais je tenais à vous exposer ce petit témoignage.

Cordialement,

MAR

 

MATURITÉ PÉDAGOGIQUE PROMETTEUSE

La lecture attentive du compte rendu de la séance de MAR révèle une maturité pédagogique particulièrement intéressante.

1) notre jeune collègue comprend que la « confiance » ne se situe pas en l’autre mais bien en soi même à travers la réussite de ses actions propres.

2) en professionnelle, elle met en œuvre la construction d’une nage dont elle recueille les indices posturaux et verbaux pour définir la tâche nouvelle

3) elle observe minutieusement les actions et réactions de l’élève dont une est particulièrement révélatrice = la poussée des pieds au fond pour remonter.

4) elle invente une situation pertinente supprimant la possibilité de »pousser »

BRAVO !!!

raymond

 

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SéminaireCatteau 2012 : bilan de GLH

Tout d'abord, je tenais à vous remercier de m'avoir fait partager votre passion et vos connaissances concernant la pédagogie scolaire.

D'un point de vue personnel, ce séminaire m'a permis d'avoir une autre vision plus structurée que celle construite  durant ma formation passée. J'ai pu remarquer que ma pédagogie très "matérielle" n'était pas forcément constructive et désormais je comprends que l'on utilise le mot "tâche" et non "exercice". Je n'utilisais pas ou peu, cette notion, "sensitivo-sensorielle" qui est désormais, pour moi, inévitable dans la construction du nageur.

Au départ, le fait d'emmener des grandes sections en grande profondeur sans matériel me rendait perplexe sur la façon dont Mr Catteau procédait. Mais en observant l'épanouissement des enfants sur une semaine, mes doutes se sont transformés en conviction et cela m'a permis de remettre ma pédagogie en question.

Je trouve, par ailleurs, que cette méthode est plus épanouissante, aussi bien pour l'enfant, que pour l'éducateur qui, lui, reste en perpétuelle recherche.

Je chercherai tant bien que mal à utiliser cette pédagogie et j'aiderai à la transmettre pour ceux, comme moi, qui n'ont pas eut la chance de la découvrir avant.

Pour terminer, je remercie les formateurs ainsi que les futurs maitres nageurs pour l'accueil qui m'a été fait, lors de mon retour au campus de l'excellence sportive de Dinard.

GLH

 

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DINARD 2012 - Ou : Quand l’option pédagogique subordonne la détermination des contenus !

 

Lors des précédents séminaires, les entrées à l’eau des non nageurs se faisait, certes à la grande profondeur, mais en utilisant l’échelle, ce qui impliquait « chacun son tour » et donc le « un à la fois » ! Ce qui divise le temps disponible de la séance par le nombre d’élèves.

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Les formateurs voulant privilégier la quantité de travail ont tout simplement décidé que dès la première séance, la descente au bassin se ferait directement à partir du bord.

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Notre surprise de voir tous les enfants de la grande section maternelle procéder de cette manière est révélatrice de la tendance des adultes à sous estimer les possibilités objectives des enfants : encore une leçon dont nos lecteurs vont pouvoir s’inspirer dans l’intérêt des enfants !

 

Entre Dinard 2011 et Dinard 2012 un bond qualificatif qui n’est pas sans référence à la participation de l’encadrement au stage d’Aix les Bains en 2011.

raymond

 

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