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Travaux Pratiques - Battements dans l’organisation locomotrice en nage alternée

battements.png 

Il semble que pour un certain nombre de participants la réalisation des TP s’est révélée utile pour mettre en lumière certains aspects du fonctionnement des nageurs.

Giuseppe avait été le premier et je crois le seul à distinguer deux séquences dans la vidéo : la première qualifiée par lui de passive suivie de l’active.

Il avait également nommé ce qui constituait l’activité des membres inférieurs en l’assimilant à des battements. A ce stade de travail sur les TP il était le plus avancé.

Dommage qu’il se soit montré terriblement prolixe en ce qui était sans intérêt pour l’avancée vers le but de ce T.P. puis qu’il abandonne la partie « active » en approchant du but.

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Une méthodologie efficace suppose que l’on reprenne la définition de « battre » et de « battements ».

Battre = frapper à coups répétés avec un instrument, nous précise le dictionnaire.

Dans les battements, l’instrument ce sont les membres inférieurs (MI) et ce qui est « battu », ce sur quoi ils agissent de façon répétée, ce sont des masses d’eau. Ce n’est pas dans le dictionnaire mais cela me semble important : pour être « répétés », après le coup il faut « préparer » le suivant (retour).

L’instrument ce serait les membres inférieurs.

Les membres inférieurs agissant alternativement dans le même but, nous nous centrons sur les mouvements de l’un des MI.

Là commence la nécessité d’une description de cette « action élémentaire » (voir aussi GEOMETRIE DES BATTEMENTS dans les nages alternées ).

Le premier mouvement de la phase active dans un référentiel centré sur le sujet a été la flexion des segments du MI, les uns par rapport aux autres, le talon se rapprochant des fesses tandis que la cuisse se portait dans le prolongement du tronc et un peu au-delà. Diminuant considérablement la longueur du levier ce « retour » est relativement bref. Parvenu au point le plus arrière les différents segments vont s’étendre les uns par rapport aux autres et l’ensemble se projeter vers l’avant et vers le haut avec rotation interne du pied pour offrir plus de surface.

C’est un temps fort qui a pour effet de rapprocher le tronc de la verticale (assimilable au frappé). Par réaction à l’inertie des masses d’eau pulsées dans une direction l’ensemble « pulsant » est déplacé en sens opposé.

Coordination : pour lesmembres inférieurs le phasage est de 0,5  (le point hautde l’un correspondant au point bas de l’autre).

Fonction : les battements ont un effet qui ne s’est pas révélé propulseur en ce sens que l’ensemble du corps n’a pas été déplacé vers le haut ! Ils ont eu pour effet de modifier la forme et la direction de l’ensemble du corps dans le sens d’un alignement selon une direction (la verticale à ce stade de destruction du terrien et construction du nageur).

Fonctionnement : le sujet n’a pas eu à inventer ces « mouvements » ; ils procèdent d’un schème locomoteur correspondant à ce qui serait une course en arrière (le pied allant chercher un point d’appui au sol en arrière pour le pousser vers l’avant). Dans la nage ventrale alternée c’est ce même schème qui donne naissance spontanément aux battements, sans qu’ils nécessitent un apprentissage. Dans la nage dorsale, c’est le schème de la course vers l’avant qui est sollicité.

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Prolongement pédagogique : partant de ces considérations et constatations, il convient de se poser la question de la pertinence d’un « apprentissage » des battements de jambes, du travail en trains séparés et des « exercices » en usage dans les pratiques d’initiation et d’entraînement en natation.

C’est également les représentations que se font encore de nombreux intervenants des mécanismes locomoteurs dans l’eau qui se trouvent interrogées. L’idée selon laquelle pour le nageur dans les nages alternées il y aurait deux moteurs, l’un en avant et l’autre en arrière est encore trop largement admise.

Si les quadrupèdes utilisent de la même manière leurs membres sur terre et dans l’eau, il en est tout autrement des bipèdes qui doivent changer radicalement l’orientation du grand axe de leur corps passant de la verticale à l’horizontale. Le TP nous a montré un fonctionnement spontané particulièrement efficace et transférable chez le nageur.

Dans la nage alternée, des considérations anatomiques relatives aux articulations de la hanche impliquent alors la prédominance fonctionnelle d’un mouvement de haut en bas et inversement, peu compatible avec des poussées rétrogrades mais particulièrement adapté au maintien à plat de l’ensemble aligné du corps du nageur.

Les membres supérieurs peuvent alors fonctionner avec le meilleur rendement pour exercer leurs poussées rétrogrades.

Pour compléter l’illustration de la généralisation de cette organisation posturale spontanée d’équilibration, les images de Pierre se déplaçant rapidement à la goulotte par ancrages successifs des mains, mettent le focus sur l’action des membres inférieurs pour conserver la verticalité de son orientation qu’il ne peut abandonner à ce stade de sa construction. On y retrouve le schème de la course à pied. Il ne s’agit plus de mettre le sol derrière soi mais d’aller chercher en avant des masses d’eau à projeter vers l’arrière pour compenser et anticiper toute bascule du tronc vers l’avant et le bas. Transposé à l’horizontale ce même schème (de la course en avant) utilisera la descente des membres inférieurs pour maintenir constamment l’alignement du nageur de dos crawlé.

En fonction de l’importance des perturbations apportées par le travail des membres supérieurs à des endroits précis de leur cycle, des « temps forts » apparaîtront ou non comme cela est repérable dans les images de Roland Matthès.

La question centrale qui demeure : doit-il ou peut-il y avoir distinction ou confusion des fonctions de propulsion et d’orientation dans l’organisation locomotrice en nage alternée ?

raymond

 

Comments   

0 #1 Marc 2016-04-03 06:33
Merci pour ce TP Raymond L'idée de partir d'images qui à priori n'avaient rien à voir avec la locomotion d'un nageur est excellente. Devoir décrire sans interpréter a démontré notre penchant à interpréter pour décrire...

TP à mettre en lien avec les images de Thorpe ou l'on observe clairement que ses jambes "s'immobilisent" pendant la phase non propulsive de l'action de bras (de PE à PA).
Sur ces mêmes images de Thorpe j'invite les lecteurs à observer si c'est la jambe droite ou la gauche qui "bat" l'eau pendant la phase de l'action de bras du "point avant" à "fin de poussée"(côté opposé ou même côté ?)
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0 #2 Giuseppe Scavo 2016-04-04 08:38
Merci Raymond d'avoir enfin publié ton TP. Tu persistes à dire que j'ai abandonné avant de décrire la phase active, tandis que moi je te redis que cette phase je l'ai décrite en détail, mes écrits sont sur ce site, dans les commentaires et les intéressés pourront les consulter. Dans ton TP il n'y a rien de plus par rapport à ce que j'ai déjà écrit, mis à part l'élément du schème de la course en avant ou en arrière, là je vois mieux où tu voulais en venir avec le post sur la marche. Je t'invite à regarder encore une fois la vidéo des deux gamines, particulièrement l'action des jambes de la petite qui se déplace : elle essaie d'utiliser la modalité de déplacement "course en arrière" en repoussant des masses d'eau avec la plante de ses pieds de l'arrière vers l'avant (espace du sujet - plan frontal), en déplaçant ses membres sur le plan sagittal. Constatant l'inefficacité de cette modalité, elle commence à pousser les masses d'eau avec le dos de ses pieds (battement)
elle se rend ainsi compte que cela est la stratégie motrice la plus efficace pour qu'elle se déplace. D'ailleurs, ce n'est pas parce que la gamine ne monte pas vers le haut (chose qu'elle fait, mais elle est limitée par la surface) qu'il n'y a pas eu de déplacement, elle s'est déplacée autour de la ligne. Ton TP est intéressant puisqu'il me confirme dans une idée que je m'était fait sur ta façon de concevoir l'action motrice des membres inférieurs en natation. A mon sens, cette vision n'est pas tout à fait correcte, construite sur cette dichotomie équilibre/propulsion qui relève encore trop d'une conception terrienne, en situation d'exposition à la pesanteur comme seule force prédominante. Mes engagements avec ma formation ne me permettront plus d'intervenir sur le site pour au moins un mois, mais je serai heureux de reprendre le discours que je commence ici et de partager mon point de vue très prochainement. A très bientôt,
Giuseppe
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