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Un débat qui rend service

 

« Contracter ou contraster une chute » – Considérations étymologiques

 

Suite aux échanges:

Raymond :

- J’ai pris la liberté de modifier un terme de ton exposé, suivi d’un mot entre parenthèses, qui me paraissait traduire ta pensée. Tu me diras si cela était juste [...] Lorsque tu affirmes : « L’homme qui marche, lui, contracte (réalise) une chute à chaque pas qu’il fait, sans qu’aucune force extérieure puisse l’aider dans cette démarche. » -

Giuseppe :

- […] J'ai bien écrit "contraste la chute", c'est à dire s'oppose à la chute, ce qui donne le sens de mon intervention, son point crucial. Cela m'a paru bizarre de le trouver changé, j'ai bien écrit ce que je voulais écrire donc je pense qu'il faudra la reprendre cette partie. -

 

Bonjour Giuseppe.

Je trouve remarquable et apprécie ton refus de ne pas comprendre.

Tu nous aides beaucoup en développant ton raisonnement pour situer l’obstacle épistémologique : en quoi et pourquoi tu ne comprends pas ?

Le paralogisme est le propre de l’esprit humain nous dit J. Lecomte.

Inévitablement nous allons également rencontrer des problèmes de vocabulaire (voir sur le site le texte que Robert Mérand lui a consacré), ce sera un des passages obligés.

Je reviens sur ta formulation : « l’homme qui marche, lui, contraste une chute à chaque pas qu’il fait... » et persiste à te dire que cette phrase est incompréhensible pour un Français.

Si tu reviens à l’étymologie du mot stare = être, contra = contre, tu exprimes un état . Quelque chose qui ne change pas, un mouvement qui serait arrêté. Dans la marche il n’y a pas « annulation » mais dynamique qui utilise l’inertie d’un système en déplacement comportant en continuité accélérations et freinages.

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Je te joins ce schéma pour que tu te concentres sur le posé : la hanche (et le corps aussi) se trouve en mouvement par rapport au pied qui est posé et donc immobilisé par rapport au sol. Aussi longtemps que la hanche ne sera pas passée à la verticale de l’appui, toute extension des segments ne pourrait être que frénatrice. Ce n’est qu’à partir du passage à la verticale que leur extension propulsera (accélèrera) la masse du corps. .

Si je reviens à ta formulation elle me semble centrée sur le mouvement et l’immobilité et non sur la complexité et la logique de l’action. Là encore, et bien que tu t’en défendes, tu isoles un élément de l’ensemble. Chaque déséquilibre est partiellement récupéré et enchainé au suivant qui le conditionne. Penses à ce qui se produit lorsqu’on « se met à marcher » et lorsqu’on « s’arrête de marcher ».

Comme tu le souhaites, revenons au point 2 : orientation de la trajectoire et orientation du corps sur la trajectoire de déplacement. Cette orientation ne pose guère de problèmes à partir d’un plongeon de départ lorsque le corps est aligné et se confond avec la trajectoire au terme d’une poussée intense et axée. Les membres supérieurs joints serviront de gouvernail.

Dans les nages alternées ce sera très différent lorsqu’un des membres deviendra propulseur.

Si, comme tu le précises, il pulse des masses d’eau dans la même direction que celle du déplacement et en sens inverse, cette poussée ne s’exerce pas dans l’axe mais à distance de l’axe et il en résultera soit une déformation du corps (fréquent chez le nageur débutant) soit une déviation de la trajectoire du nageur. As-tu essayé de propulser une embarcation avec une seule rame et d’un seul coté ? Pour compenser et anticiper sur cette déviation chez le nageur, ce sont les membres inférieurs qui agiront sur d’autres masses d’eau pour réaligner l’ensemble.

L’analyse, image par image, d’un nageur en déplacement permet d’en vérifier la simultanéité (et d’en déduire la fonction). Deux types de compensations par rapport aux plans de référence structurant l’espace que Jacques Paillard nous dit « orienté ». Nous prendrons le vertical sagittal déterminant un droite-gauche et un horizontal donné par la surface de l’eau déterminant un haut-bas.

Reste à la prouver : Tu as vu le DVD et comme moi pu repérer chez Roland Matthès la rupture de continuité dans le battement de jambes. Le point de départ nait de l’affirmation du DTN de l’époque qui lors de la projection du film nous lance : « vous avez vu, les gars, comme il pousse » sous entendu : avec les jambes. Personnellement je ne voyais rien à l’époque mais lui percevait un indice (aspect visible de quelque chose qui ne l’est pas) à partir duquel il déduisait l’effet d’une activité propulsive.

C’est plus tard et pour répondre à une question de mon maître « l’équilibre en natation, c’est quoi ? » que j’ai entrepris l’analyse, image par image, des films de la technique de tous les champions olympiques dans toutes les nages. Je n’ai pas trouvé de réponse à la question posée mais me suis trouvé devant la nécessité de reconstruire la structure de fonctionnement des différentes nages.

En d’autres termes la logique de fonctionnement de la locomotion des nageurs.

L’unité locomotrice est le cycle. Les repères visibles sont ceux de l’espace, du temps et des coordinations. Nous pourrions ajouter la posture.

Les nageurs évoluant de profil par rapport à la caméra les repères d’espace devenaient le point haut et le point bas. Les espaces de temps : le nombre d’images, la fréquence de prises de vues. Les coordinations n’étaient abordées qu’après l’étude spatio-temporelle des éléments à coordonner.

L’esprit rationnel est amené à lier un fait observé à sa raison d’être, au pourquoi ?

Le fait est le suivant : il concerne les actions des membres inférieurs chez Matthès chez qui on remarque que seul un battement sur trois provoque un remous.

Comme moi tu as vi les images, je te laisse répondre à la question : pourquoi pas six remous ?

Selon moi l’obstacle à ta compréhension du processus d’équilibration du nageur se rapporte à la notion d’appui. Les auteurs auxquels nous nous référons emploient l’expression « masses d’appui » (Walter Dufour.)

Il faut bien que tu admettes que sur terre il puisse y avoir « immobilisation » alors que dans l’eau ce n’est pas possible. Pour être créée et donc utilisable une masse d’eau doit être mobilisée pour devenir « masse d’appui ».

L’équivalent de l’immobilisation sur terre devient mobilisation dans l’eau.

Cela est essentiel en biomécanique des fluides.

 

Merci à toi Giuseppe et à bientôt pour la suite.

raymond

 

Comments   

0 #1 Gérard GOSSET 2016-01-07 09:26
Puissions-nous échapper, dès cette année nouvelle, que je vous souhaite plein de bien-être et de sens, au paralogisme, c'est-à-dire au raisonnement faux fait de bonne foi.
Jacques Lecomte est un psychologue français né en 1955, l'un des principaux experts francophones de la psychologie positive. Docteur en psychologie, il est chargé de cours à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense (sciences de l’éducation) et à la Faculté des sciences sociales de l’Institut catholique de Paris.
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