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Travaux Pratiques

La pédagogie du mouvement

 

Vous êtes toujours un peu plus nombreux à être concernés par, voire impliqués dans la pédagogie de l’action.

Si vous avez retenu cette option c’est parce que la pratique vous en confirme l’intérêt et que parallèlement vous vous en êtes approprié les fondements scientifiques et philosophiques.

A l’opposé, la pédagogie du mouvement, non seulement survit mais continue à se propager.

Elle a sa logique et sa cohérence qui s’opposent aux principes, préceptes et règles de la pédagogie de l’action.

Les défenseurs (sans en être généralement conscients) de la pédagogie du mouvement vivent dans l’empirisme, adoptent une attitude subjective à travers la pensée spéculative et vivent donc très éloignés de l’attitude expérimentale, d’un retour réflexif sur l’action.

Deux professeurs agrégés d’EPS, qui ont la charge de former de futurs enseignants intervenant dans le domaine de la natation, tiennent un discours caractéristique de la pédagogie du mouvement. De ce fait, ils s’inscrivent à contrecourant de la pédagogie de l’action.

En référence aux règles de la pensée rationnelle, aux fondements qu’apportent les sciences de l’homme, à la logique, au constructivisme, voire à votre expérience d’enseignant

Enumérez une liste de vos divergences, (ce que vous réfutez à l’écoute des intervenants).

 

Vous pouvez adopter un pseudonyme, demander l’anonymat ou vous identifier.

Vous pouvez aussi défendre et partager le point de vue des intervenants. 

Par avance soyez remerciés.

raymond

 

 

Comments   

0 #1 Julien Barraud 2017-11-29 20:42
Je ne partage pas tous leurs propos :

Le fait de miser uniquement sur la logique sécuritaire dans le cas d'un enfant qui se déplace de manière autonome d'un point A à un point B en NAGE HYBRIDE (par exemple battements de jambes + bras de brasse) va lui faire adopter des schèmes d'action loin de ceux des nages codifiées. Lorsque cet enfant apprendra les techniques de nage, il aura des difficultés car il devra "casser" toute cette motricité hybride. Il devra en développer une autre, ce qui prendra encore plus de temps par rapport à des enfants ayant appris les fondamentaux de la natation et les nages codifiées où bien sur la logique sécuritaire y est présente, notamment sur l'étape de la maîtrise des équilibres. Depuis plusieurs années, j'ai fais le constat que les enfants ayant suivi la logique sécuritaire décrite par ces 2 personnes ne sont pas totalement à l'aise dans le milieu aquatique et ont énormément de mal à apprendre les nages codifiées. C'est un constat que j'ai fais depuis plusieurs années en remarquant que les enfants que j'ai retrouvé dans mes cours de natation après qu'ils aient suivi un cycle de natation scolaire, ont développé des mauvais réflexes ou ont oublié des principes fondamentaux de la natation. (par exemple plus aucun équilibre ventral ou dorsal et plus aucune expiration dans l'eau...) Merci pour ce partage.
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0 #2 flo 2017-11-30 10:50
Bonjour Raymond.
Merci pour cette vidéo forte intéressante.
Voici les divergences que j'ai pu constater à l'écoute de ce discours :

-plutôt "du non nageur au nageur, agir pour comprendre" que "du non nageur au savoir nager, comprendre et agir" l’objectif est le « savoir nager » et non la construction d’un nageur.
-problématique de la respiration et de la ventilation (en apnée nous ventilons toujours par échanges gazeux). Les différences de pression entre le milieu aquatique et les poumons n'obligent-elle pas de nouvelles manière d'agir? Je pense que si !
-l'utilisation du pull boy pour contre balancer l'effet du maitre couple. (Pure publicité du matériel qu'ils dénoncent en amont de la vidéo)
-l'utilisation des lunettes. Le fait d'avoir des difficultés de repérage n'est-il pas bénéfique pour construire l'espace d'action par tâtonnement (repère sensitivo-sensoriel) ? Voir proposer des tâches les yeux fermés ?
-"apprendre des coordinations" est-ce que les coordinations s'enseignent ou s'expérimentent à travers une recherche de solutions ?
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0 #3 Giuseppe Scavo 2017-12-01 09:37
Il s'agit vraiment d'un gros débat, non pas en ce qui concerne l'option pédagogique en soi, mais plutôt en ce qui relève des possibilités d'action de l'enseignant par rapport à son milieu de travail (ce qui fait préférer une option plutôt que l'autre). Je laisse la place aux autres qui feront leurs listes, je prendrai le temps de faire la mienne dès que j'en verrai 3-4.
Juste par rapport à la respiration: souffler/ne pas souffler ce n'est pas le point. personnellement, je demande de garder la bouche entrouverte si le visage est dans l'eau, si de l'air doit sortir (actions motrices ou de replacement) il y aura une voie pour.
Au plaisir de lire les retours des collègues.
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+1 #4 Marc 2017-12-02 17:17
Je me lance dans ce nouveau TP.
Mes commentaires ne concernent que les 9 premières minutes de la vidéo qui dure 30 minutes.

Au début du film un conférencier nous dit que « le matériel est inutile pour apprendre à nager » mais sans en expliquer les raisons à ses collègues enseignants d’EPS qui assistent à la conférence (le même professeur agrégé d’EPS tempérera son affirmation par « sauf pour les aquaphobes » sans plus d’explication)

Quelques secondes plus tard le deuxième conférencier nous dit que « le matériel peut-être utilisé à condition d’en connaître les tenants et les aboutissants du point de vue biomécanique »

- Nous voici face à une double incohérence théorique et pratique : on nous dit que l’utilisation du matériel est absolument inutile pour apprendre à nager mais qu’il est possible d’utiliser du matériel !

Pour justifier l’utilisation du matériel, une perle :
« Les principes bio mécaniques de la natation sont l’action de la poussée d’Archimède, l’action de la force de pesanteur et de la portance » :lol:
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0 #5 Marc 2017-12-04 13:17
Deux oublis importants car significatifs :

Nos conférenciers distinguent plusieurs natations ! En effet ils précisent de nombreuses fois que leurs propos concernent "la natation sécuritaire".

Dans la vidéo à aucun moment les 2 profs agrégés évoquent la nécessité pour les élèves d'affronter la grande profondeur...
(Grande profondeur qui conditionne les premières transformations fondamentales pour passer de terrien à nageur)
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+1 #6 serge 2017-12-04 16:14
Quelques considérations sur la vidéo.

D’emblée les deux formateurs considèrent que la natation se différencie des autres activités sportives par des difficultés supérieures d’apprentissage des élèves et sous l’angle sécuritaire. La pédagogie de l’action considère que tout apprenant sait faire et apprend dès lors qu’il est engagé dans l’action. Toute conquête du pouvoir d’agir est une avancée vers plus d’autonomie et de connaissances du monde, y compris celles des dangers. De plus les progrès sont source de joies.
A propos de la définition de la maîtrise du savoir-nager.
Les auteurs font un inventaire des capacités que doit acquérir l’élève. Cependant, en natation, le savoir nager est avant tout une locomotion autonome dans l’eau, c’est-à-dire une capacité à franchir une distance ; nager mieux c’est franchir des distances de plus en plus grandes. Or celle-ci est absente du répertoire.
En outre, les « techniques de propulsion » qui sont proposées pêle-mêle sont envisagées par les mouvements des membres supérieurs et des membres inférieurs et leurs possibles combinaisons. Or, la technique (1) c’est la connaissance des nages, leurs structures et leurs fonctionnements. En outre, les actions de nage ne sont pas des mouvements quelconques mais elles sont des systèmes de mouvements coordonnés en fonction d’un résultat ou d’une intention. (1) De ce fait les stratégies éducatives mises en œuvre par les formateurs seront faussées, inexactes et contre-intuitives.
Par ailleurs, contrairement à ce qui est suggéré dans leurs propos, il n’y a pas de différence de nature entre l’expert et l’élève de 6ème ; elle est de degré, de niveau. Les problèmes et les principes d’action auxquels sont confrontés le débutant et l’expert sont communs : le corps flottant, le corps projectile, le corps propulseur. Ce qui les différencie sont les niveaux de l’action. Enfin, rien n’est écrit sur la respiration mais ils proclament l’emploi exclusif de l’apnée en inspiration bloquée voire forcée. Comment alors prétendre faire nager des distances de plus en plus grandes ? Si l’apnée, dans un premier temps, est une solution, elle doit rapidement être remplacée par des solutions ventilatoires favorables à la locomotion, par exemple nager bouche ouverte et expirer pendant les actions propulsives.
A propos des étapes d’apprentissage.
La première étape est ciblée comme une étape essentielle et pourrait s’apparenter à la construction du corps flottant. Les formateurs expliquent le problème psychologique rencontré chez le débutant que représente la peur de l’eau : l’engloutissement et le remplissage. De plus ils affirment qu’il faut proscrire l’utilisation de matériel. Nous aurions pu adhérer à ces préceptes mais les solutions pédagogiques pour résoudre le problème sont totalement erronées. En effet, une vidéo montre deux jeunes nageuses qui sautent à l’eau agrippées à une perche, illustrant l’immersion. D’une part, par quel miracle pédagogique un élève qui n’accepte pas de passer la tête sous l’eau, puisse sauter à l’eau, même avec l’aide d’une perche. Imaginons Pierre dans le film Digne Dingue d’Eau dans la même situation. Ce n’est pas après discussion ou négociation selon les propos du formateur que Pierre aurait accepté de s’immerger ! On est au-delà du comprendre pour réussir, on est dans l’irrationnel, dans la magie. D’autre part, l’immersion totale ne s’évalue pas par un simple et soudain passage du corps entier sous l’eau.
Puis les deux vidéos suivantes montrent des élèves glissant à la surface de l’eau et nageant en crawl en petite profondeur. Le formateur ajoute qu’ils sont incapables de reproduire ces déplacements dans la grande profondeur. Et pour cause, les élèves n’ont résolu ni l’immersion complète, ni la profondeur. En conséquence le corps flottant n’est pas construit. De ce fait la peur de l’engloutissement existe voire est renforcée par l’illusion du savoir nager en petite profondeur (là où il y a pied). L’analyse de fonctionnement du nageur est insuffisante et condamne l’enseignant à des impasses pédagogiques. Ce qui est incompréhensible et contradictoire c’est qu’un formateur insiste sur la nécessité de flotter sans mouvement en adoptant des positions de corps différentes. A quel moment est-ce abordé ? Comment s’y prend-il ? Enfin, le formateur qualifie cette étape de familiarisation. Ce qui est un contre sens, car avant que l’eau ne devienne un espace, un objet familier à l’élève, celui-ci devra passer par des tâches identifiées et maîtrisées de constructions pour accéder au corps flottant, en grande profondeur. De ce fait, le corps flottant est un passage obligé qui conditionne la suite des apprentissages, le corps projectile-propulseur.
A propos de la relation enseignant-enseigné
Pour ces formateurs, le maître construit sa relation de confiance avec l’élève dans la logique sécuritaire : l‘enseignant sauveur de l’élève d’une éventuelle noyade. Cette relation est basée sur l’affect et la toute-puissance du maître alors que la confiance doit s’établir à partir de l’objet enseigné. Le maître qui en connaît la logique de fonctionnement, crée les tâches qui permettent à l’élève de réussir.
A propos du corps projectile-propulseur
En résumé, après l’étape de familiarisation, l’élève n’a pas résolu le corps flottant, notamment l’immobilité et la position particulière horizontale du corps dans l’axe de déplacement ; il n’a pas construit le corps projectile, notamment le plongeon départ et l’indéformabilité de la posture. En conséquence, les auteurs ont recours à des accessoires (pull boy) pour résoudre passivement et artificiellement la posture horizontale du corps et la propulsion par les membres supérieurs. Quid du rôle de l’activité propre (active) du sujet dans son espace sensori-moteur ; de plus, quid du rôle primordial joué par la tête dans l’organisation des postures et des mouvements du corps ou de ses segments mobiles orientés dans l’espace. (2) Ces connaissances auraient permis probablement aux enseignants d’éviter les fausses solutions.
Toutefois et contradictoirement, les formateurs admettent que les élèves doivent être confrontés à la grande profondeur afin de construire des actions et des représentations différentes de celles vécues dans la petite profondeur. Ils spéculent et suggèrent un va et vient de la petite profondeur à la grande profondeur pour la réussite du nageur, en commençant par la petite profondeur. Par quels enchantements s’opèrent la liaison, les transformations pour une locomotion autonome ?
Pour conclure
La définition du savoir-nager est impropre, les structures et les fonctionnements des nages et de l’élève sont incomplètes et inexactes, en conséquence les stratégies éducatives sont erronées.
Enfin, donnons la parole à A. FABRE (4). La pensée spéculative ne peut rejoindre la pensée rationnelle que par une conversion, c’est-à-dire un renversement du rapport sujet-objet par lequel le sujet, renonçant à imposer son point de vue, accepte de s’en remettre à la considération de l’objet.
C’est dans ce renversement du rapport entre maître et élèves que consiste la conversion qui fait passer l’éducateur de l’Ecole traditionnelle à l’Ecole active rationnelle et qui l’oblige à prendre l’attitude expérimentale.

Serge AUZON-CAPE, enseignant d’EPS à la retraite.

(1) PIAGET : les praxies
(2) (4) A. FABRE : la technique est l’expérience individuelle dépersonnalisée, transmise et capitalisée, une manière de faire séparée de ses raisons de faire, l’acte dépouillé de ses motifs. La technique, par sa rigidité, s’oppose ainsi directement au caractère novateur de l’activité individuelle d’adaptation. L’école active expérimentale, PUF.
(3) J. PAILLARD : L’acte moteur. Machine organisée, machine organisante. Itinéraire pour une psychophysiologie de l’action, ACTIO.
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0 #7 Jean-Pierre MUGUET 2017-12-08 18:29
Le 8 décembre 2017
Je prends connaissance de ce TP (une partie) et je réagis à chaud, me réservant d'utiliser ce remarquable document par ailleurs . Il est remarquable par deux aspects :
- le doc vidéo  témoigne de ce qui se passe en matière de formation d'éducateurs en natation aujourd'hui. L'analyse que propose Serge AUZON-CAPE précise  l'inquiétude qu'il peut susciter pour le lecteur intéressé par cette question ( par exemple les deux formateurs ne semblent pas connaître les travaux de Raymond Catteau ... et nous sommes en 2017)
- A contrario, donc, je tiens à féliciter Serge Auzon -CAPE pour son analyse à laquelle je renvoie le lecteur.
Il est retraité comme moi. Il n'y a donc pas que Johnny et Jean d'Ormesson qui sont synonymes d'une grande vitalité tardive. D'aucuns ont dit que la mort de Johnny marquait le début de la fin de la période des "baby-boomers". Il faudra que "d'aucuns" s'attendent à encore quelques possibles "soubresauts" salutaires tels que le texte de Serge.
 
Reste la question de la formation des éducateurs en général .... le document est-il indicatif ou plutôt exceptionnel 
? C’est aux STAPS de répondre. A suivre donc.....   
Jean-Pierre
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0 #8 Eric Coneim 2017-12-09 14:59
Difficile de croire que ces messieurs ne connaissent pas les travaux de Raymond Catteau au regard des étapes de construction qu'ils "préconisent". Le minimum aurait été de le citer en référence. Ce qui les différencie singulièrement de la démarche de la pédagogie de l'action, c'est que l'apprentissage semble réduit à un catalogue de recettes, mettant en valeur le maître et non la relation entre l'apprenant et la matière. Serge l'a parfaitement détaillé dans sa remarquable analyse.
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0 #9 jean-pierre Muguet 2017-12-10 15:19
réponse à Eric Coneim
Je cite : "Difficile de croire que ces messieurs ne connaissent pas les travaux de Raymond Catteau"

Disons que, de même qu'il existe des "nageurs de surface", il y a des "connaisseurs de surface".
- Les premiers ne peuvent pas s'aventurer dans la grande profondeur aquatique sans se noyer
- les seconds ne peuvent pas explorer la dimension didactique d'une discipline sans se perdre.
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