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Suite à la question de Raphael K. :

Bonsoir Mr Catteau,

je suis étudiant lillois en master 2ème année en staps et passe le concours pour être enseignant d'eps.

Je fais actuellement un mémoire qui a pour but de comparer les tests du "savoir nager" à travers les grandes nations de la natation.

L'objectif est donc de comparer les critères comparant ces tests, mais aussi du nombre de personnes qu'ils touchent...afin de voir les conceptions didactiques qui en découlent et de "classer" les tests du savoir nager en France.

Cependant, il n'existe pas, ou je n'ai pas réussi à trouver des travaux pouvant m'aider dans mes recherches.

Je sollicite votre aide sur des contacts, expérience personnelle, vécu ou travaux pouvant m'aider sur l'historique des tests en France mais aussi et leurs causes, mais aussi des informations sur d'éventuels tests étrangers!

Je vous remercie de l'aide que vous pourrez m'apporter, celle-ci me sera très précieuse, et votre regard aiguillé ainsi que votre vécu ne pourront que donner de la valeur à mon mémoire!

Cordialement, Raphael K.

 

Le « SAVOIR NAGER » !!!

Un concept creux mais qui a la vie dure comme un serpent de mer qui se mord la queue.

Certes, ce type de jugement « il ne sait ni lire ni nager » remonte à l’antiquité et utiliser l’expression « savoir quelque chose » mérite d’être elle-même explicitée.

Pourquoi cette façon d’envisager le problème ne se pose-t-elle pas avec la même acuité dans toutes les disciplines ? Tout au long de ma carrière d’enseignant je n’ai jamais entendu s’interroger sur ce que signifierait « savoir courir », « savoir lancer », « savoir jouer à tel sport individuel ou collectif ».

Dans le domaine scolaire on vit actuellement le même questionnement du « savoir lire » et de l’illettrisme d’un pourcentage alarmant quand l’élève arrive en telle ou telle classe.

Cependant, je dois bien avouer avoir donné, il y a pas mal d’années, une certaine forme à cette question et le retranscris de mémoire : (c’est avoir résolu le triple problème posé au nageur en permanence du meilleur équilibre, de la meilleure respiration et de la meilleure propulsion).

En demeurant dans le domaine des abstractions je n’en prenais pas moins la précaution de centrer le questionnement, non sur le produit mais sur le processus tout en laissant entendre un aspect jamais atteint et achevé du « meilleur » dans la complexité et la permanence.

En mars 1965, le n° 74 de la revue Education Physique et Sport comporte un « Supplément » qui ne manquera pas d’alimenter le questionnement de notre étudiant.

En voici quelques extraits :

 

… il a semblé, aux éducateurs spécialisés chargés d'élaborer une méthode d'apprentissage par le crawl, que les discussions concernant le choix d'un mode de propulsion pouvaient être provisoirement abandonnées au profit de la recherche d'une définition plus précise et plus complète de ce qu'il est convenu de désigner par SAVOIR NAGER.

 

Quand et comment sait-on nager ?

Quels sont les problèmes essentiels que le futur nageur doit résoudre pour devenir un véritable nageur ?

 

Pour avoir négligé les sages préceptes de Rabelais, bien des techniques actuelles d'apprentissage se contentent d'une mécanisation formelle des gestes de la natation donnant ainsi l'impression d'un apprentissage rapide mais, en fait, dangereusement incomplet.

80 % des noyades estivales se produisent près du rivage, ce qui signifie que les victimes en sont presque toujours les « petits nageurs » ou les baigneurs qui croient savoir nager, alors qu'ils ne possèdent pas la plus élémentaire maîtrise de leur comportement dans l'eau.

MAITRISE DU COMPORTEMENT dans l'eau, même dans les situations difficiles, tel devrait être l'objectif principal de tout enseignement de la natation.

Rabelais très bon professeur de STAPS ne tombe pas dans le piège et décrit ce que son élève réalise à un moment donné de son apprentissage et de sa pratique.

NAGEOIT EN PARFONDE EAUE, A L'ENDROICT, A L'ENVERS, DE COUSTE, DE TOUT LE CORPS, DES SEULZ PIEDS, UNE MAIN EN L'AIR EN LAQUELLE TENANT UN LIVRE, TRANSPASSOIT TOUTE LA RI­VIERE DE SEINE SANS ICELLUY MOUILLER ET TYRANT PAR LES DENS SON MANTEAU, COMME FAISOIT JULES CESAR.

GARGANTUA Chapitre XXIII

 

A moins de s’enfermer dans le domaine des banalités et des abstractions, notre étudiant ne pourra faire l’économie de deux définitions : celle de la natation et celle du nageur.

Je crois utile de rappeler que les 13 et 14 novembre 1997 un colloque s’est tenu à l’INSEP sur le thème du « savoir nager » dont on peut retrouver les contributions des intervenants dans « les Cahiers de l’INSEP » n° 28 publié en 1999.

En outre le texte de la Revue CONTRE PIED N° 7 Octobre 2000 ( pages 11 à 16 ) pose à nouveau, dès ses premières lignes le véritable problème. Il est déjà sur notre site.

A l’origine de l’enseignement organisé à l’initiative des clubs de la FFN qui avait mentionné dans ses statuts, qu’elle visait le développement de la pratique de la natation, un document attestait d’un savoir faire concrétisé par la capacité de parcourir une distance donnée :

  • 25 m nage libre départ plongé pour le « BREVET ELEMENTAIRE »
  • 50 m. nage libre pour le BREVET MOYEN
  • 1500 m. nage libre pour le BREVET de NAGEUR DE GRAND FOND

 Il n’y avait pas de limites de temps

Un BREVET DE NAGEUR CLASSE complétait la gamme.

Les conditions de passages étaient mentionnées dans l’Annuaire Fédéral.

Voir le fac-simile du premier diplôme une solution simple et efficace !

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Pour compléter sa documentation il pourra trouver des éléments relatifs aux fondements théoriques des pratiques dans un article à paraître dans le prochain n° de la revue de l’amicale des enseignants d’EPS.

Une confidence de notre étudiant nous apprend qu’un sujet lui avait été proposé, que nous trouvons remarquablement formateur et actuel pour qui est passionné par la pratique d’enseignement :

 « Les différents tests d’évaluation du savoir nager à travers le monde : un révélateur de conception ».

En plongeant dans la multitude des articles du site, il aurait pu réaliser un mémoire consistant dont les retombées formatives pour ses futures performances pédagogiques l’aurait conduit à en envisager la dimension didactique de la discipline.

Les avis de nos lecteurs nous intéressent mais nous ne parvenons pas encore aux échanges souhaités et souhaitables.

raymond

 

Comments   

0 #1 Hooghe 2012-08-09 23:26
trop fort raymond
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