Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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A propos de « MODELE THEORIQUE »

 

Sachant l’intérêt porté au développement de la natation et singulièrement à la construction du nageur performant, des amis ont eu la gentillesse de me communiquer un document fédéral récent émanant de son service Recherche destiné, par vocation, au plus grand nombre. Il est présenté sous forme de diaporama.

 

Une curiosité attisée par l’évocation des thèmes, la première lecture m’interpelle en plusieurs points et dans l’ensemble me déçoit.

Il me semble, en effet, que la recherche doit s’accommoder des règles de la pensée rationnelle dont la première consiste à définir ce dont on parle le plus exactement et le plus complètement possible.

Certes il peut y avoir des « définitions personnelles » lorsqu’un thème est inédit. La polysémie du terme « modèle » nous invite à interroger la sémantique.

Le Petit Robert nous propose un premier sens : « ce qui sert ou doit servir d’objet d’imitation pour faire ou reproduire quelque chose » il s’agit d’un objet sensible (accessible à nos sens) concret, immédiat, présent, voire présenté.

Le sens n° 7 « représentation simplifiée d’un processus, d’un système » va impliquer une activité mentale de quelque chose à construire qui n’est pas donné au départ, à imaginer, à se représenter, donc abstrait.

Lire la suite : A propos de « MODELE THEORIQUE »L’exemple le plus souvent cité pour évoquer la réalisation d’un modèle théorique est celui du passage du géocentrisme (la Terre au centre du monde) à l’héliocentrisme (la Terre devenant une planète du système solaire parmi les autres).

Lire la suite : A propos de « MODELE THEORIQUE »

On doit à Kepler puis Copernic la construction du modèle théor
ique
(la Terre tourne sur son axe et autour du soleil) expliquant le concret, le visible : le Soleil tourne chaque jour autour de la Terre. Au-delà de l’alternance des jours et des nuits (le réel), il rend compte de la succession des saisons.

Il semble désormais nécessaire de distinguer modèle concret et modèle théorique. Le premier s’accommode de descriptions, le second exige une construction.

Le processus implique une construction faisant appel aux sciences de l’homme et à la biomécanique ; il doit en outre rendre compte du fonctionnement.

 

Le modèle présenté par le service Recherche de la FFN n’est pas un modèle théorique.

Il ne part pas de la fonction du plongeon de départ dans les épreuves de nage ventrale : dans le temps le plus réduit (à partir du signal de départ), pénétrer dans l’eau le plus loin possible selon un angle compatible avec le retour vers la surface et la reprise règlementaire de nage.

Cela implique la plus grande vitesse possible d’éjection (décollage) et d’arrivée au contact de l’eau

Le « modèle » proposé nous dit ce qui se fait par la majorité actuelle des meilleurs nageurs en ignorant les lois de la balistique, de la mécanique. Il n’échappe pas au concret, bien qu’il soit fictif, en tant que moyenne de ce qui est réalisé par l’échantillon. De plus le geste du nageur est largement conditionné par la structure du plot de départ récent et dont toutes les piscines ne sont pas équipées. Comment pousser efficacement de la jambe arrière sans la plaque ?

 

Le réel, nous dit Bachelard, n’est jamais ce que l’on croyait savoir mais ce que l’on aurait du penser. La première procédure de la pensée scientifique remplace la description par l’équation, la dénomination par le rapport, la qualité par la quantité.

Tout phénomène est un tissu de relations, toute substance est un complexe d’attributs.

 

Autre singularité s’inscrivant en faux par rapport à la démarche scientifique : Il appartient à l’entraineur de se construire un modèle théorique personnel. Imagine-t-on qu’il puisse y avoir autant de modèles théoriques du système solaire qu’il y a d’astronomes ?

C’est encore Piaget qui nous dit que le travail de formalisation est l’œuvre du théoricien mais la structure (qu’il met en évidence) est indépendante de lui.

Le modèle théorique est singulier et pour être validé, soumis à l’épreuve des faits !

Ce que nous cherchons à comprendre c’est le fonctionnement du nageur et à travers le modèle théorique qui en rend compte, la proposition d’une didactique répondant à la question : comment construire le nageur pour le rendre performant, avec des étapes qui sont autant de « passages obligés ».

Explicitement (diapo n° 5) l’auteur nous dit qu’elle alimente la réflexion avec des prestataires et des universitaires. Où se trouve donc la majorité des formateurs et entraineurs ?

Leur fonctionnement est pourtant à identifier et caractériser.

Pour F. Tochon, le discours théorique est un discours idéal et décontextualisé… la réflexion sur la pratique n’a rien d’un savoir universitaire. Ce dont on a besoin c’est d’une réflexion contextualisée en situation.

 

Si ces quelques lignes déclenchent chez nos lecteurs l’envie de participer à une analyse critique (dans le bon sens du terme) d’autres parties du document particulièrement contestables, nous poursuivrons la lecture armée de ce document. Nous souhaitons également et prioritairement qu’ils expriment leur point de vue.

raymond

 

 

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Les tests de Ecole de Natation Française ( détournent les enseignants de la matière qu'ils doivent enseigner )

L’auberge espagnole qui détourne des fondements didactiques spécifiques que nous devrions faire pour chaque discipline

La natation course, la natation synchronisée, le water polo et le plongeon ont été regroupés en une seule et même fédération de natation. On peut penser que la raison de ce regroupement provient du fait que ces disciplines se pratiquent dans le même substrat, l’eau en grande profondeur (l’élément liquide n’étant que le substrat de réception du plongeur).

Les courses en athlétisme, la danse classique, le handball et la gymnastique sont des disciplines qui font partie de fédérations distinctes bien qu’elles se pratiquent toutes sur la terre ferme. Force est de constater que nous n’observons pas de rapprochement à des fins « pédagogiques » entre les courses, la gymnastique, la danse et le handball alors que ces disciplines partagent le même substrat.

Dans les faits, quand des rapprochements à des fins pédagogiques interdisciplinaires s’opèrent ils sont dictés par la nature de l’activité. De nature acrobatique le plongeon et la gymnastique ; de nature artistique  la natation synchro et la danse. Un rapprochement entre water polo et handball ne serait pas surprenant, ce sont deux disciplines de même nature : concevoir des stratégies plus rusées que celles imaginées par l’équipe adverse pour marquer un plus grand nombre de buts.

En revanche nous ne devrions pas observer de rapprochement pédagogique entre les courses en natation (locomotion dans l’eau) et les courses en athlétisme (locomotion sur terre). Deux locomotions de nature différente et dont les principes d’action sont différents (principes d’action soumis à des lois de la physique différentes liés aux substrats).

Le concept pédagogique de « pluridisciplinarité » qui mêle natation, natation synchronisée, water-polo et plongeon sur lequel se fonde les tests E.NF fait perdre un temps précieux aux apprenants mais surtout détourne les enseignants des fondements didactiques de la discipline qu’ils doivent enseigner rapidement et efficacement à tous les élèves : la natation.

« Toutes les dimensions des pratiques institutionnelles (natation synchronisée, plongeon, water-polo) s'offrent à l'enseignant dont la référence se limite aux aspects formels. Est-il préférable d'opter pour une telle diversification ou pour une différenciation dans la natation (locomotion dans l'eau), très riche et porteuse de possibilités ultérieures d'intégration dans les disciplines associées ? » (R.C.)

 

Centrer les enseignants sur les fondements de la natation 

Un chercheur français spécialiste de l’éducation, Philippe MEIRIEU nous donne un précieux conseil :

« Il est nécessaire que les enseignants aidés par les didacticiens fassent et refassent un effort pour clarifier les enjeux de leurs pratiques, trois questions fondatrices doivent, à mon sens, structurer cette réflexion :

« Qu’est-ce qui vaut la peine d’être enseigné ? »

« Qu’est-ce qui est enseignable dans ce qui vaut la peine d’être enseigné ? »

« Quelles sont les conditions pour que l’enseignable soit véritablement enseigné ? »

Il se trouve que le didacticien de la natation, Raymond CATTEAU a répondu à ces questions fondatrices et nous propose un modèle théorique de fonctionnement du nageur et un plan de construction du nageur remarquablement efficace.

 

Proposition : passer des tests ENF aux « six niveaux de construction du nageur »

Lire la suite : Les tests de Ecole de Natation Française ( détournent les enseignants de la matière qu'ils doivent enseigner )Un entraîneur compétent doit pouvoir repérer le niveau d'action du nageur entraîné et percevoir ce qui fait précisément obstacle à ce nageur  pour passer à un niveau d'action plus efficace et non pas proposer une diversité de choses en espérant que l'une d'entres-elles le fera bien progresser.

Ce que propose un entraîneur doit être ciblé (pour tel nageur je vise telle transformation et pour cela je propose telle tâche) nous ne devons pas laisser croire que la pédagogie procède en faisant tout et n’importe quoi, n’importe quand.

« Les six niveaux de construction du nageur » proposent d’accompagner l’élève à franchir les obstacles imposés par les lois de la nature afin que l’élève devienne nageur et toujours meilleur nageur.

Ces six niveaux de construction s’appuient sur le modèle théorique de fonctionnement du nageur « corps projectile et propulseur ». Le modèle théorique de fonctionnement du nageur permet de définir des principes d’action. Il devient dès lors possible de repérer des niveaux d’action.

Le plan de construction du nageur en six étapes permet à l’enseignant de concevoir en connaissance de cause le cheminement pédagogique qui va permettre à l’élève de se construire en nageur efficace.

Le nageur pourra ensuite mettre à profit ce qu’il aura construit - une locomotion dans l’eau efficace - dans les autres disciplines aquatiques.

 

Marc (mars 2017)

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À la recherche d’une performance :

la démarche, la natation et le cadre de la locomotion sur terre

 

Suite à la question de BM:

 

Bonjour,

Nous nous sommes rencontrés lors du dernier séminaire à Dinard durant lequel j'étais stagiaire.

J'ai fait le choix de poursuivre ma formation cette année dans  un autre domaine (celui de la préparation physique) et durant un séminaire portant sur l'amélioration de la foulée  chez le sprinter j'ai été confronté à une situation que j'ai eu l'impression d'avoir déjà vécue.

En effet lors de ce séminaire, l'intervenant, entraîneur des coureurs de sprint d'un club d'athlétisme de renom à développé 6 paramètres autour desquels selon lui la foulée du sprinter s'organise (je cite) :

- le placement : organisation du corps au moment de l'appui

- le déplacement : déplacement du bassin sur l'appui

- le griffé : action du pied d'avant en arrière

- le travail du pied : capacité de rebond, création de force sur l'action du pied

- le caractère des tensions : fonctionnement pliométrique

- le rôle des membre libres : utilisation du balancier

Pour chacun de ces paramètres il nous était proposé différentes situations visant à faire progresser l'athlète sur tel ou tel aspect que l'on pourrait comparer aux dits "éducatifs" en natation.

Par exemple :

  • pour améliorer le placement : effectuer différents types de  "skipping " ;

  • pour améliorer le déplacement : effectuer différentes foulées bondissantes ;

  • pour améliorer le "griffé" : effectuer des déroulements plantaires ;

  • pour améliorer le rôle des membres libres : supprimer ou amplifier l'utilisation des mouvements de bras pour, je cite, "permette à l'athlète de mieux ressentir le placement du bassin".

Et tous ces exercices de développements sont souvent visibles dans l'entraînement de haut niveau en sprint.

Je ne jette absolument pas la pierre à cet entraîneur qui je n'en doute pas à déjà dû faire progresser bon nombre d'athlètes, j'ai simplement l'impression de me retrouver face aux mêmes problématiques que nous pouvons retrouver sur le bord des bassins en natation: des problèmes pas véritablement identifiés auxquels on propose des situations qui, on croise les doigts, modifieront l'organisation de l'athlète.

J'aurais souhaité savoir si selon vous, la démarche que vous proposez en natation est utilisable dans cette discipline ?

Si oui quelle démarche puis-je avoir pour identifier les problèmes posé aux sprinteurs, et ainsi trouver des situations modifiant véritablement leurs manière de s'organiser?

Dans l'attente de vos réponses, veuillez pardonner toutefois les évidentes erreurs de langage, j'ai cherché à m'exprimer avec les mots qui me semblaient justes.

Cordialement,

BM

 

La manière dont nous pensons et celle dont nous nous exprimons sont intimement liées.

 

« Le désordre qui règne dans l'emploi que nous faisons du langage entraîne un désordre correspondant dans notre pensée, notre réflexion. Une pensée confuse ou incorrecte se répercute et se reflète dans nos modes d'expression, d'où une communication verbale entre individus incertaine ou déformée. »

Alfred Korzybski

 

Nous remercions très sincèrement notre ami BM de nous faire partager une réflexion à propos d’une « formation » complétant celle qu’il a vécue lors du dernier séminaire de Dinard.

Nous restons dans le domaine de l’activité sportive à la recherche d’une performance dans le cadre d’une locomotion sur terre : un parcours de sprint. L’intervenant propose de prendre en compte 6 paramètres constitutifs selon lui de la capacité à courir à la plus grande vitesse.

Avec pertinence et à partir d’un cadre de référence utilisé à Dinard, BM évoque des analogies dans les problématiques dans lesquelles les « problèmes abordés » ne sont pas clairement identifiés.

Immanquablement la pensée spéculative et l’idéologie (le monde imaginé de l’entraineur substitué à la réalité) vont conduire à des impasses.

Le thème du regroupement est formulé comme suit : « amélioration de la foulée chez le sprinter » deux questions émergent :

1) la foulée est-elle constante du départ à l’arrivée de l’épreuve ? Qu’en est-il des activités dites cycliques ?

2) sur quels aspects « mécaniques » ou biomécaniques portent les conditions d’améliorations possibles ?

Une référence à la haute performance devrait nous aider à clarifier le problème !

Lire la suite : À la recherche d’une performance : la démarche, la natation et le cadre de la locomotion sur terre

L’amplitude, la fréquence et la vitesse moyenne produite ne cesse de varier entre le départ et l’arrivée. Chaque « foulée » comporte une phase d’accélération suivie d’une perte de vitesse.

Lire la suite : À la recherche d’une performance : la démarche, la natation et le cadre de la locomotion sur terre

Si l’on considère l’organisation d’un cycle, d’une « foulée », il est classique de distinguer deux phases : celle où les membres sont en contact avec le sol (le posé) et celle pendant laquelle il n’y a plus contact (le levé). Chaque phase comporte une flexion des différents segments du membre inférieur les uns par rapport aux autres enchainée à leur extension.

L’impulsion « propulsive » ne devient possible que lorsque l’articulation de la hanche passera à la verticale de l’appui dans la seconde sous phase du posé.

Les didacticiens de la discipline analyseront la liaison entre la mise sous tension (évoquée par l’entraineur) des muscles extenseurs de la jambe sur la cuisse préalablement à leur extension lors du posé à la recherche du meilleur rendement. (Capacité de rebond) ! La gestion de la puissance des impulsions tout au long de l’épreuve sera certainement envisagée.

On notera avec intérêt que l’entraîneur a à sa manière évoqué l’organisation posturale en précisant « au moment de l’appui ».

La notion de « griffé » doit impérativement être clarifiée et située. Dans les années 50 des entraîneurs évoquaient déjà cette idée que le pied pouvait se porter d’avant en arrière dès le posé, ce qui est une impossibilité mécanique avant que la hanche ne soit passée à la verticale de l’appui.

N’ayant pas l’expérience de la pratique d’entraînement en athlétisme, je ne puis que souhaiter que les personnes compétentes nous apportent leur éclairage « instruit » en la matière.

Selon toute vraisemblance la démarche proposée en natation serait profitable au développement d’autres disciplines. L’attitude expérimentale s’imposerait pour progresser en connaissances.

raymond

 

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Des obstacles épistémologiques et autres

 

Empirisme : Est empirique ce qui ne s’appuie que sur l’expérience (la pratique courante) ; ce qui reste au niveau de l’expérience spontanée et commune, l’empirisme n’a rien de rationnel ni de systématique.

Autorité : confiance, obéissance imposées, supériorité de mérite, de séduction, sans tolérer de discussion, sans consulter personne .

 

Histoire : à l’échelle du temps, la natation sportive en est à ses débuts. (environ un siècle).

  • 1928 J. WESSMULER le meilleur nageur du monde de l’époque nage le crawl tête hors de l’eau

  • 1933 Des nageurs japonais immergent leurs têtes jusqu’aux sourcils en crawl. Apparition de « la brasse papillon » dans une épreuve de brasse puis du « papillon »

  • 1976 des nageurs immergent leurs têtes en dos et en crawl

 

Evolution du record du Monde 100 NL hommes et femmes :

  • 1935 : 56’’6 1’04’’6

  • 1945 : 55’’9 1’04’’6

  • 1955 : 54’’8 1’04’’6

  • 1965 : 52’’9 58’’9

  • 1975 : 50’’5 56’’2

  • 1985 : 49’’2 54’’7

  • 1995 : 48’’2 54’’0

  • 2005 : 47’’8 53’’5

  • 2015 : 46’’9 52’’0

 

Les efforts de rationalisation de la pratique de la natation et d’explication de son fonctionnement n’en sont qu’aux balbutiements.

  • 1965 « E.R.P » et première « structure rythmique » du nageur

  • 1975 « E.R.P + Information » R. CATTEAU après conférence de J.PAILLARD

  • 1977 « Digne dingue d’eau » film sur la pédagogie de la natation de

  • 1979 Etude FSGT « Comment les hommes construisent la natation ? » A. CATTEAU et Y. RENOUX

  • 1990  Modèle théorique de fonctionnement du nageur « Corps projectile propulseur »

 

Science:

1) savoir faire que donnent les connaissances, l’expérience, l’habileté

2) ensemble des travaux d’une valeur universelle ayant pour objet l’étude des faits et de relations vérifiables, selon des méthodes déterminées (observation, expérimentation, hypothèse, déduction).

Ou pseudo science : si l’aventure de la théorie de la portance avait été consciente ce serait une supercherie ; de toute bonne foi (paralogisme) des auteurs sont tombés dans le piège de l’oubli, de confusion, de référentiel, attribuant ainsi au nageur des mouvements qui n’étaient pas les siens. Ces auteurs ont commis l’imprudence de tirer des conclusions mécaniques de la cinématique qui exclue toute causalité. Très curieusement cet égarement théorique n’a entrainé aucune modification repérable des pratiques.

Où en sont actuellement les « sciences » de la natation ? Quels rapports avec la « recherche » ?

 

Expérimentation : triomphe de la pensée spéculative !

Décisions arbitraires, en dehors de toute expérimentation, telles celle mentionnée par le collègue signalant l’obligation de test sur 50 m. jambes seules en Allemagne, ou encore chez nous le passage obligé par les tests ENF pour accéder à la pratique sportive.

 

Evolution technique : elle est fort heureusement le fait des nageurs et non des entraîneurs qui en justifient a postériori la pertinence.

Lire la suite : Des obstacles épistémologiques et autresLa brasse sous la surface (brasse coulée) s’est révélée très tôt plus rapide. Son usage en a été autoritairement et rapidement limité en compétition. Avant que cette solution soit généralisée à toutes les nages, ce sont les nageurs qui les ont mises en œuvre. Malgré l’opinion de très nombreux entraineurs préconisaient de « déjauger » !

 

Aux J.O. de Montréal, Matthès est favori dans les épreuves de dos en nageant selon ce principe à la mode mais ce sera Naber, plus immergé et plus à plat qui gagnera.

 

Désormais, dans tous les modes de nage les meilleurs nageurs s’immergent.

 

La règle du plus grand nombre : « La raison du plus fort est toujours la meilleure » nous dit La Fontaine dans une fable.

« tout le monde le fait, donc…. ! » argumente un entraineur, cela doit avoir une utilité (sic).

On le mettrait en difficulté si on lui demandait : quelle utilité ? On se trouve en présence de croyances et non de connaissances.

Les méthodes actives en éducation se révèlent particulièrement performantes, les faits le prouvent. Elles n’en sont pas moins très minoritairement en usage. La raison est qu’elles demandent de la part des enseignants une formation bien plus poussée. (Piaget).

 

La résistance au changement : on la connait assez fréquente chez les personnes âgées mais elle se repère également (paresse intellectuelle ou attachement à un dogme) chez des sujets plus jeunes se satisfaisant d’un modèle qui les a fait fonctionner jusqu’à présent. S’approprier un nouveau modèle intégrant en le dépassant le précédant ne suscite pas chez eux le besoin ou l’envie de l’expérimenter.

 

Entraineur imitateur - Entraineur innovant.

De l’aveu de très nombreux entraineurs, ce qui constitue le contenu de leurs séances est largement conditionné par les exercices qu’ils ont eux-mêmes vécu lorsqu’ils étaient nageurs, puis ce que font leurs collègues, vient ensuite ce qu’ils peuvent trouver sur internet et en dernière analyse ce qui est suggéré dans des ouvrages techniques. Nous ne ferons pas référence aux « moutons de Panurge » mais nous ne pouvons pas qualifier de connaissances ce qui, dans ces conditions guide leurs actions.

Il faut également admettre que de nombreux nageurs se transforment malgré leur entraineur en fonction des contraintes des situations et de la recherche de l’économie.

L’entraineur innovant s’est construit une représentation de la façon dont ses nageurs devraient fonctionner. Que ce soit par démarche tâtonnante ou en référence à un modèle théorique, ils suivent ou modifient leur projet en fonction de l’observation de l’évolution ou l’analyse des transformations observées.

Nous postulons qu’ils devraient être les entraineurs de demain.

 

Formation des entraineurs et des cadres techniques :

Comment et sur quelles bases est-elle organisée ? Ou tout simplement absente !

En conséquence : extrême diversité des niveaux d’intervention, d’autorité, de connaissances.

Nous savons qu’une formation efficace commence par une pratique. Par un travail en commun pour résoudre les problèmes rencontrés par les nageurs entrainés.

Une pratique « théorisée », fondée et justifiée s’ouvre vers des dépassements, de l’innovation et de l’expérimentation.

Pour former les nageurs de demain il faut également former sur de nouvelles bases les entraineurs de demain.

raymond

 

 

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PREPARER UNE SEANCE

OU

CONSTRUIRE LA SEANCE

 

Ceux qui fréquentent habituellement les piscines seront un jour nécessairement trouvés en présence d’un tableau scrupuleusement rempli par l’entraîneur et relatant en détail une suite d’exercices réalisée par un groupe donné à la séance d’entraînement.

Les distances, les nages et leurs modalités d’exécution (complète ou trains séparés), le nombre de fois et l’indication d’une intensité... Etc.

On ne peut pas exclure des « curiosités » telles que nager d’un seul bras et il m’est arrivé de voir d’une seule jambe (sic) ; tant il est vrai que la structure mentale de quelques entraîneurs se complait dans une vision analytique du monde (simple addition des éléments) !

Face à l’extrême hétérogénéité interne des groupes dont chaque participant se trouve à un niveau spécifique de son propre développement, à un degré donné d’appropriation ou de consolidation d’une acquisition posturale ou motrice, il y a assez peu de chances que l’exercice proposé à tous soit celui qui lui convienne particulièrement.

Ajoutons que l’entraîné après avoir « lu » le volume et l’intensité du programme est souvent incité à « modérer » ou moduler l’effort qu’il va produire en fonction de la séance dans son ensemble.

Psychologiquement cela est pour l’entraîné moins stimulant que la nature de l’exercice annoncée juste avant sa réalisation.

Depuis de nombreuses années à Dinard, un problème comparable se pose dans la « formation » de ceux qui auront la mission de construire les nageurs de demain.

Un temps considérable est consacré à la « préparation des séances » dont l’inconvénient majeur est d’envisager une suite de tâches pour un élève imaginaire, hypothétique, et non un « apprenant » donné à qui on va poser un problème à sa mesure, et qui à travers quelques tâtonnements, apportera une, « sa » solution. Après avoir modifié ou stabilisé cette première réponse, il aura transformé sa manière de faire, prélude à de nouveaux problèmes à résoudre.

Il semble bien que ce soit à travers de nouvelles contraintes que les formés soient amenés à réaliser ce progrès décisif consistant à évaluer avec précision le niveau de construction et de fonctionnement d’un débutant pour lui proposer un progrès possible et nécessaire à travers la réussite d’une tâche spécifique. Et ainsi de suite.

La disparition des préparations de séances dégagera un temps appréciable pour le consacrer à la connaissance « fonctionnelle » du principe d’action et des niveaux de l’action du nageur ainsi que des indicateurs lisibles de ces niveaux chez chaque débutant ou nageur en construction.

raymond

 

 

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