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Joueur 74

Notre ami J.T qui s’entraîne tous les jours nous dit que des connaissances « venues tardivement à la natation » s’étonnent de le voir nager plus vite qu’elles avec une fréquence de bras plus lente. « Les larguer en économisant les rotations ».

Pour aider ses camarades d’entraînement à devenir plus efficaces, J.T fait l’hypothèse que la différence qui les sépare (lui de ses camarades) se trouve être dans l’accélération des masses d’eau pulsées. «Leurs actions motrices étaient dénuées de toute accélération ».

A partir de cette hypothèse J.T pour amener ses camarades à pulser des masses d’eau avec une force d’intensité croissante trouve la solution de les faire naviguer en s’allongeant sur une planche de surf et en utilisant un bras (puis l’autre alternativement, j’imagine, pour ne pas tourner en rond).

Il aurait été intéressant de connaître le résultat de cette seule consigne…

J’imagine que sur leur embarcation les rameurs utilisaient leurs mains et la moitié de leur avant- bras pour pulser de petites quantités d’eau vers l’arrière et le haut avec peu d’intensité et pendant une durée très brève pour filer à la surface de l’eau à une vitesse bien supérieure à leur propre vitesse de nage.

Je me dois de proposer autre chose, de ne pas perdre de temps mais de le prendre si le besoin s’en faisait sentir… A moi de jouer !

« En partant du plot vous devez couvrir la plus grande distance possible sans nager, puis lorsque vous êtes presque arrêtés sans jamais bouger la tête, nager en crawl en faisant de grands mouvements sur une dizaine de mètres ».

Les nageurs sont-ils alignés sur l’axe de déplacement, sont-ils indéformables, leur tête est-elles placée sous les bras pendant le plongeon, tous ont-ils accepté la bascule, dans la nage la tête reste-elle immergée et fixée ?

Si les réponses sont « oui », ce que j’observe risque déjà de plaire à J.T

Si les réponses sont « non » prenons le temps : d’accepter la bascule (et de s’affranchir de ses repères visuels), de donner des repères sensitivo-sensoriels afin de permettre l’alignement, l’indéformabilité.

Ensuite intégrons la ventilation :

« Nager en crawl, en sentant l’eau s’écouler sur la nuque et sans bouger la tête, en expirant sur le plus grand nombre de grands coups de bras » ;

« en expirant sur un nombre impair, 7 puis 5 puis 3 » « Par la bouche, le nez etc. ».

L’amplitude (durée) et l’intensité des actions de bras s’en trouveront modifiées

« Nager en dos oreilles immergées sans temps d’arrêt des mains aux cuisses avec des retours très rapides. En dos 2 bras, idem, avec temps d’arrêt bras dans le prolongement du tronc ».

intensité, accélération, rythme (alternance de phase intensive et peu intensive).

Ensuite viendra le temps de construire la pale : main avant- bras (surface d’appui), de donner des repères sensitivo-sensoriels pour permettre d’exercer une force d’intensité croissante, de construire les différents plans (espace du sujet/espace d’action) pour permettre entre autre de pulser l’eau vers l’arrière (direction).

Jouer 74

 

Une réaction :

 

Bonjour, je me permets de répondre à ce sujet. J' ai actuellement un groupe d' enfants de 8 et 9 ans et mon objectif est de leur apprendre le corps projectile (plongeon et dépasser les 5m). Cependant, je constate que certains ne parviennent pas à effectuer de roulade avant ni de bascule avant dans l' eau et encore moins du bord! Je varie les situations aussi bien bien dans l' eau qu' en dehors mais je n' arrive pas a faire qu' ils y parviennent.

Merci en tout cas pour ce site et les articles.

Kyou

 

Merci à Kyou d'évoquer la réalisation d'une tâche. L'éducation physique de nos enfants est parfois déficiente en dehors des séances en piscine !

Il est fort probable qu'un enfant incapable de réaliser une simple "roulade" au sol éprouvera quelques difficultés à accepter une bascule pour retomber sur la nuque dans l’eau puis ensuite sur le haut du dos. Mais il y a des exceptions ! Le pré requis de cette situation est le corps flottant qui lui même suppose l'immersion complète pour toucher le fond et réaliser des remontées passives. Temps d'apnée suffisant etc. On peut faciliter la roulade au sol en posant les pieds sur une surface quelque peu sur élevée par rapport à celle de la roulade. Une autre condition facilitante est la pose de la nuque au sol en retrait de la pose des mains.

Que proposent nos collègues ayant rencontré ce problème ?

___ ___ ___

 

Il ne faut pas oublier que la construction du nageur va se réaliser à partir de ce qui est déjà construit sur terre en le déconstruisant pour l'organiser autrement.

En réaction à la pesanteur, l'être humain a conquis, parfois en moins d'un an après sa naissance, la station érigée en prélude à sa locomotion bipédique.

Cette organisation posturale sollicite en permanence les informations en provenance de l'oreille interne « avec les fils à plomb grâce auxquels la tête peut se trouver repérée, stabilisée par rapport à la verticale des forces de pesanteur, grâce auxquels le corps, lui-même par référence à la tête, se trouve positionné dans un espace physique orienté » souligne J. Paillard.

Si l'appui tendu renversé est pour le gymnaste une conquête précoce lui permettant d'accepter les déséquilibres sans réactions inhibitrices perturbatrices, il n'en est pas de même pour ceux dont l'activité physique et les jeux sur terre sont pauvres ou inexistants.

Tous les enfants ne se sont malheureusement pas amusés à "mettre la tête en bas" !

raymond

 

Comments   

0 #1 Gérard GOSSET 2013-01-22 11:51
Ancien moniteur d gymnastique FFG, dans les années 1962 – 1965, j’observe encore aujourd'hui, que pour mon petit voisin de 11 ans, gymnaste, l’appui tendu renversé, est encore enseigné avec le relevé de la tête pour voir les mains : « il l’affirme », s’opposant à ma proposition de l’alignement bras / tronc au départ et de mettre les oreilles en contact avec les bras avant et pendant l’ATR.

Au passage, en ce qui concerne la roulade sur le tapis « en natation », il est souhaitable de mettre les membres inférieurs sur un point plus haut que le sol ; ainsi, « l’élan » et l’effacement en flexion de la tête, sont plus aisés et la roulade aussi.

GG
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0 #2 Gérard GOSSET 2013-02-23 07:30
**L'importance de la position de la tête,**

J'ai constaté dans une activité "terrienne" en salle utilisant un "vélo" et un appareil "ski de fond" que la position de la tête plus ou moins avancée en flexion, provoque une accélération de la mobilité à tel point que maintenant je me sers de la tête pour "freiner" l'intensité qui s'accélère et devient difficile à suivre...

Vous pouvez observer que l'attitude des "personnes âgées" présente une avancée importante de la tête et une flexion plus ou moins marquée de l'axe vertébral: cela serait une occasion de chute?
Nous avons développé dans nos activités un "avant", pouvons-nous prendre du "recul" et réfléchir avant de réagir et nous "redresser" pour mieux agir!.

D'après un de mes anciens instructeurs, les jeunes enfants se relèvent trop tôt avec notre aide, pour la station verticale: le passage plus long par la quadrupédie naturelle permettrait un meilleur développement des membres supérieurs...

GG
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