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L’activité spontanée ou « activité fonctionnelle » et la construction du nageur

Les situations auxquelles réagit l’enfant sont exactement celles qui correspondent à ses besoins.

H. Wallon

L’activité spontanée des enfants serait une entrée privilégiée des pédagogies actives, pour les enraciner dans les acquisitions les plus élaborées, les plus techniques au sens où nous l’entendons : celles qui permettent d’accéder à la meilleure performance au moindre coût.

Déclenchée par des besoins, cette activité prendrait un caractère irrésistible lorsque les circonstances la rendent possible. Elle ne serait pas nécessairement « gratuite » bien que prenant toutes les apparences du jeu. Elles correspondraient à une nécessité !

Les personnes qui se rendent dans les lieux propices aux activités natatoires, particulièrement les piscines ou autres endroits où elles peuvent s’exprimer, deviennent les témoins plus ou moins amusés de la manière dont s’opère le passage du monde solide à l’espace liquide.

L’accès en pente douce des plages ou l’échelle en partie immergée conduisant à la profondeur n’amuse pas et n’intéresse pas longtemps le débutant. Dès qu’il s’est rendu compte que son corps flottait, il recherche, apprécie une entrée immédiate et d’un point de départ élevé : le saut dans l’eau.

L’activité spontanée est également appelée « activité fonctionnelle ». Nous devons nous interroger sur son rôle dans la construction du nageur et s’il est nécessaire, comment l’utiliser et le prolonger. Nous devons également nous poser la question de la pertinence de son interdiction par le personnel de surveillance ou prévue par le règlement intérieur de certaines piscines.

Par nature le saut dans l’eau caractérise le passage du monde solide à des milieux fluides : l’aérien intermédiaire et l’aquatique. Sa dimension posturale et sa fonction ne doivent pas nous échapper.

Au départ, le corps se trouve érigé toniquement par l’entrée en jeu de tous les extenseurs des segments corporels articulés, des pieds à la tête pour réagir à l’action d’une force externe et permanente : la gravité. Posture ou attitude nécessaire au maintien du corps érigé dans la station et locomotion terriennes, leur commande liée au maintien de l’équilibre échappe à la volonté, étant assurée par le cervelet.

Dans l’air et à l’arrivée, aucune de ces contraintes posturales n’est indispensable ou même utile, pour que s’exercent l’action de l’air et au terme celle de l’eau sur le corps. D’où l’abandon tonique d’alignement des segments et le passage à la flexion spontanée et modérée des segments évoqués plus haut, les uns par rapport aux autres.

Eprouver ces changements de son propre corps soumis à la pesanteur sur terre et dans la phase aérienne au passage dans l’eau où il sera soumis à la poussée d’Archimède est essentiel et important pour acquérir et adopter la nouvelle posture aquatique intégrant les effets de deux forces agissant en sens opposé.

On peut se poser la question de l’arrivée « en boule » assez spontanément recherchée. Elle serait une posture de défense pour se préserver d’un choc ou d’un danger inconnu, avant de devenir un jeu faisant, jaillir l’eau de toutes parts.

La durée et la profondeur de l’immersion, souvent liés, constituent en outre des indicateurs intéressants pendant et après la phase d’activité fonctionnelle.

Acceptable dans les situations où le corps flotte sans intention prédominante de déplacement, cette disparition de la posture alignée deviendra problématique pour la locomotion. Il en sera de même pour la ventilation et de façon plus générale pour l’adaptation au nouveau substrat.

Anticiper sur la nécessité de l’alignement, de l’immersion et de la non-déformabilité pour l’activité locomotrice efficiente permet d’exploiter le dynamisme de l’apprenant afin de construire la posture du nageur.

Nous avons évoqué la préservation de la direction (verticale) pour les premiers sauts, corps aligné comme les terriens au début (bras le long du corps) puis comme les nageurs (bras dans le prolongement du tronc).

Réussis, de tels sauts vont requérir ou développer la durée prolongée des temps d’apnée.

Très tôt également il faudra les réussir, non seulement de face mais également de dos pour s’engager dans l’espace représenté.

Chaque fois que cela est possible augmenter la hauteur de la surface de départ renforcera le nouveau contrôle tonique à exploiter lors des départs de course et dans la nage.

Cette période plus ou moins longue préludera au nécessaire changement de direction et éventuellement de forme, lorsque l’on quitte la surface de départ pour passer des entrées par les pieds aux entrées « par la tête » préludant aux déplacements dans l’eau organisés en fonction d’une autre logique.

Nous sommes en présence d’exercices qui doivent, lorsqu’ils sont réussis, ne pas entraver ou se substituer à la poursuite de la formation du nageur intégrant la fonction propulsive.

Dans la locomotion active assurée par les membres supérieurs, la recherche de la posture adaptée passera dans un premier temps par un contrôle volontaire. Un état tonique axial sera à rechercher. Il pourra être construit dans la poursuite de l’indéformabilité du corps aligné soumis à l’action de la pesanteur comme cela se produit dans l’exercice dit du « fakir ».

Cette organisation tonique acquise sera exploitée dans les trajectoires aériennes du plongeon de départ, comme les déplacements du nageur dans les modes alternés.

Cette démarche semble bien correspondre à celle des méthodes actives dont elle se réclame.

raymond

 

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