Technique

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Les RETOURS

Nager le 50 m. constitue une « action complexe » réf. : (J. Piaget - les praxies)
En tant qu’action elle est nécessairement COHERENTE.
Chaque nageur possède sa propre cohérence (son style) ou manière personnelle de gérer les contradictions inhérentes à toute tâche et à toute ACTION.
Cette action complexe coordonne (coordination externe) en les unifiant des actions élémentaires (susceptibles d’exister à l’état isolé) dont
- une impulsion initiale à partir du plot
- une entrée dans l’eau
- un parcours sous la surface
- une partie nagée
- un changement de sens (petit bassin)
- une impulsion sur le mur
- un parcours sous la surface
- une dernière partie nagée.
Dans les parties nagées on comptera (repèrera) un certain nombre de cycles.
Chaque cycle voit intervenir les propulseurs combinant rotations et translations.
Pour accélérer périodiquement sa propre masse, le nageur doit agir sur des masses d’eau puis revenir chercher très en avant de nouveaux appuis.
Nous savons que pour être active, la pale doit aller plus vite vers l’arrière que le nageur vers l’avant.
Lorsque la pale se porte d’arrière en avant par rapport au nageur nous sommes dans le « RETOUR », lequel comporte une partie sous la surface, une partie aérienne et une dernière partie sous la surface.

Dans notre modèle théorique du fonctionnement du nageur, nous postulons que les retours, dans une nage à haut rendement doivent être « rapides et relâchés ».
Les mouvements « balistiques » sont préférables aux mouvements « en rampe » (conduits).
Se pose donc pour l’observateur le critère observable du respect des caractéristiques.
A vitesse lente et moyenne, l’avant bras fléchi et « pendant » sur le bras lorsque l’épaule tire le bras vers l’avant et que le coude entraîne la main relâchée et l’avant-bras vers l’avant, nous pensons nous trouver en présence d’un retour « rapide et relâché ».
Que se passe-t-il à vitesse élevée ?
Lorsque nous tenons une longue serviette de bain roulée par la main gauche à l’une des extrémités et de la main droite à sa mi-longueur, la partie libre est semblable à la partie relâchée de l’avant-bras et de la main.
En faisant décrire à vitesse modérée presque un demi cercle à la main droite nous voyons la partie libre de la serviette « pendante » osciller autour du de la main durant la translation.
Si nous faisons exactement la même chose à vitesse rapide, nous voyons la partie libre de la serviette se mettre dans le prolongement du segment tenu par la main gauche et la main droite.
C’est par analogie ce qui se passe lorsque les retours de bras se font à fréquence élevée.
Si l’avant-bras est relâché il se mettra dans le prolongement du bras et donnera, au spectateur peu averti l’impression d’un retour tendu (critère d’un retour conduit à vitesse angulaire lente).
Essayons de considérer les retours à partir de cet éclairage pour considérer qu’une même loi peut se manifester sous des aspects en apparence contradictoires en restant COHERENTE...

raymond


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Suite à la consideration de Matthieu D. :

Bonjour,
il me semble que le rôle équilibrateur des jambes ne vaut que pour le dos et le crawl. 
En brasse bien évidement les jambes sont propulsive, mais en papillon aussi. 
L'une des ondulations est placé en fin de propulsion et participe à l'éjection vers l'avant et la seconde même réduite est placée dans une phase non propulsive des bras . 
Enfin dans les nages simultanées, il ne me semble pas que l'équilibration soit nécessaire.

 

SEMANTIQUE: propulsion

les questions de Matthieu sont très intéressantes puisqu’elles vont nous amener à réfléchir sur la complexité de l’action de nager.
Un article de Gaétan parue dans la revue HYPER 237 et titré : « Natation. Une nécessaire prise de conscience » pourrait nous servir d’utile introduction.
Il est à peu près acquis que lorsqu’il n’est que projectile le corps du nageur ne cesse de perdre de la vitesse, de décélérer et il ne doit pas être trop difficile de comprendre que les actions propulsives sont destinées à retrouver de la vitesse au terme de chaque accélération.
On pourrait résumer que l’on fait ici une analyse « intra cyclique » de la nage.
Lorsque l’on passe à l’analyse de l’épreuve ou d’une distance parcourue, il faut envisager les liaisons et l’inter relations entre les fonctions posturale et propulsive de la nage.
Un engin autopropulsé, partant d’une vitesse nulle commence par accélérer tout en rencontrant de plus en plus de résistances à la fois internes et externes. De telle sorte qu’en fonction de la puissance délivrée (supposée constante) un moment viendra où les forces de poussées seront annulées par les résistances. La vitesse de l’engin sera alors stabilisée.
Il n’y a plus accélération, le système a atteint sa vitesse maximale.
Le système est-il propulsé ? Oui !
Lorsque l’on aborde la propulsion du nageur, il devient indispensable de se situer au niveau du système, de l’ensemble.
Par ses seules ondulations un nageur est capable de se déplacer.
Par les seules actions de ses membres supérieurs (MS) et en brasse des membres inférieurs (MI) le nageur peut se déplacer et donc se propulser.
En abordant l’analyse du fonctionnement du système, la précision des mots doit nous aider à clarifier nos idées.
Il y a deux sens au mot « propulser » :
- faire avancer par une poussée (déplacer)
- projeter au loin (et donc communiquer une grande vitesse, accélérer).
On retrouve ces deux sens dans le terme « propulsion » :
- Action de pousser en avant
- Action de mettre en mouvement (ce qui ne l’est pas) accélérer.

En 1994, à Megève, nous avons filmé sous la surface Franck Esposito partant de l’arrêt pour obtenir le plus vite possible la plus grande vitesse de nage.
Les images nous montrent =
1) qu’il s’immerge
2) qu’il fléchit très fort les jambes sur les cuisses
3) qu’il déclenche simultanément la poussée des jambes et l’action des bras
4) qu’il commence par s’éjecter
5) que cette coordination initiale disparaît immédiatement pour passer à la coordination de nage tout à fait différente.

Lorsque nous envisageons l’action propulsive dans la nage, nous nous attachons à ce qui procure à l’ensemble (le nageur) une accélération et là, dans cette nage, ce sont les MS qui jouent ce rôle.
Lorsque cette aciération éjecte un corps immergé, on ne peut imaginer que cela puisse se faire sur un corps rigide et indéformable, d’autant plus qu’au terme de ce passage de la tête et des MS au dessus de la surface, il faudra s’immerger à nouveau.
Le caractère ondulant de cette nage s’accompagne de changements permanents de direction. Tantôt favorisée par des appuis des jambes, tantôt initiée par la direction des poussées des MS sur un tronc qui vient de changer d’orientation..
Ce qu’il faut vérifier c’est si à un moment donné les MI sont en mesure d’ajouter de la vitesse à celle qui a été déclenchée par les MS.
Dans cette nage aux accélérations extrêmes et aux freinages qui en sont la conséquence immédiate, la coordination « propulseur – projectile » joue un rôle essentiel.

raymond

 

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Amplitude et fréquence

Amplitude et fréquence : deux aspects d’une même réalité à propos de la locomotion dans l’eau.

Au début des années 90, au cours de stages annuels de formation de cadres organisés à Conegliano (Italie), le travail de la notion de « corps projectile » avait transformé un objectif de séance en jeu.

La tâche consistait pour chaque groupe à réaliser chaque longueur de bassin avec un minimum d’actions propulsives.Dans l’un des groupes, un nageur réalisa 4 cycles de nage en papillon. C’était alors la meilleure performance des nageurs et il me parut utile de faire constater cet exploit à l’ensemble des participants.Chacun retournant ensuite dans son groupe s’exerça à réaliser sa meilleure performance.

Pris au jeu, le groupe le plus évolué réalisa de notables progrès et un nageur parcourut, après un départ plongé le 25 m. avec deux coups de bras. La dernière impulsion lui aurait permis de dépasser la distance en raison de la vitesse avec laquelle il avait touché le mur. Cette séquence ayant été filmée par le responsable du stage, nous disposions d’un « témoignage irréfutable ».

C’est alors que je proposais de viser encore plus haut pour établir un « record du monde qualitatif » : parcourir 25 m. avec départ du plot prolongé d’une coulée sans la moindre ondulation enchainée à un seul cycle de dauphin pour atteindre au terme de la seconde coulée l’extrémité du bassin .

De retour en France, cette proposition était reprise lors des stages qu’il m’était donné d’animer pour faire vivre cette épreuve aux formateurs (ou aux nageurs). C’est lors d’un stage à Dijon, au tout début de notre millénaire que Jean-Christophe SARNIN réalisa le premier l’exploit avec une telle facilité qu’il pouvait le rééditer dans la séance.Le document filmé et « time-codé » en témoigne.

ANALYSE :Parcourir 25 m. dans l’eau selon cette procédure comporte 4 phases dont 2 engendrent une accélération maximale du corps : l’une à partir d’une impulsion sur un plot solide, l’autre dans l’eau. Et 2 au cours desquelles le corps glisse sur son erre. Par inertie la vitesse tend à se conserver mais c’est la résistance de l’eau qui finit par immobiliser le nageur.

Si par AMPLITUDE on désigne l’espace parcouru par cycle comprenant une accélération initiale et une glissée lui faisant suite, la distance par cycle est ici maximale.Elle est logiquement plus grande pour le cycle comprenant l’accélération la plus forte à partir des « appuis solides ».

Lors du séminaire de Dinard 2004, Jean-Christophe réussit l’exploit, réédité en 2006 par Thierry de traverser le bassin à partir du seul plongeon de départ (sans bénéficier de la hauteur du plot). « Corps projectile » ou « glisse » selon le vocabulaire mais amplitude de 17 m.Dans notre exemple du parcours de 25 m, globalement l’amplitude moyenne est de 12,5m. En réalité, l’amplitude liée au départ est supérieure à 15 m. et celle de la nagée inférieure à 10 m.

L’amplitude représente ce qui dans un cycle de nage représente l’action du corps sur l’eau indissociable de l’action de l’eau sur le corps qui lui fait suite.C’est donc la distance parcourue par cycle de nage.

ET LA VITESSE ?Le record actuel de Stéphane LECAT est légèrement inférieur à 30 secondes, soit un parcours à la vitesse moyenne de 0,83 m/sec..Aller plus vite exigera de multiplier le nombre d’accélérations et donc de cycles.

La FREQUENCE c’est par définition le nombre de fois par unité de temps.La fréquence théorique de 4 de notre exemple n’est plus envisageable avec un seul départ pour des distances qui augmenteront.

Les virages, dans une moindre mesure, altèrent également la fréquence réelle du nombre de cycles pour nager la plus longue distance en une minute (notre unité de temps).

En résumé, il semble bien qu’il appartienne au nageur de gérer à chaque cycle et tout au long de l’épreuve, l’alternance propulseur projectile aux valeurs requises. Encore faut-il qu’à l’entraînement, il ait développé et acquis les compétences de prendre appui sur des masses d’eau pour obtenir la meilleure accélération avec le meilleur rendement; et la compétence pour réduire au maximum les effets de l’action de l’eau sur son corps.

raymond

 

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Suite à la question de Matthieu Decaen:

Bonjour,
Je n'étais pas à Dinard mais au stage de Megève.
Je me permet de poser une question.
Je suis entraîneur dans un club Parisien et j'ai depuis deux ans l'occasion d'entraîner des nageurs venus des USA.
Cela fait plusieurs fois que je constate que ces nageurs ont pour consigne dans leur pays de tourner les hanches autant que les épaules, avec un battement qui tourne donc aussi.
Mon point de vue est que comme un coureur (mais inversé), le battement doit compenser la rotation du bassin entraîné par le rouli des épaules.
Cela permet entre autre d'avoir plus de puissance pour se propulser.

Quel point de vue vous semble le plus logique ?

Merci d'avance de votre éclaircissement.

 

Le BASSIN … dans le bassin.


La question de Matthieu pose le problème de la liaison entre ce qui est propulsé et ce qui propulse.
Un corps aligné, immergé, peu déformable pour permettre à ses moteurs de bien faire fonctionner ses propulseurs, caractérise le nageur "évolué".
Le grand dorsal, muscle essentiel de l'abaissement du bras préalablement positionné dans le prolongement du tronc, voit dans la phase active propulsive une de ses extrémités relativement "fixée" par rapport à un référentiel exocentré.
On voit en effet, au dessus de ce point les épaules se déplacer d'avant en arrière et en dessous le coude et le poignet se déplacer dans l'autre sens.
Cela veut dire que par rapport à ce point fixé, c'est l'autre insertion et donc le bassin qui va s'en rapprocher.
Cette observation a fait l'objet d'un débat, d'une proposition de paradigme il y a quelques années et la production d'un article intrigant : "le nageur se propulse à partir des hanches"
Effectivement, produire volontairement le roulis des épaules pour mieux immerger le propulseur et l'approcher du plan vertical contenant l'axe de déplacement suppose qu'il trouve, en d'autres parties du corps "un appui".
Le bassin joue ce rôle, mais est lui-même contraint de pouvoir trouver des résistances sur l'eau pour s'opposer à un mouvement compensant celui des épaules.
C'est l'action coordonnée des membres inférieurs (les battements) qui permet de réaliser cette dynamique de stabilisation recherchée.
Cela me semble un point de vue partagé par Matthieu.
Mais une autre question se pose à propos de "disposer de plus de puissance" pour se propulser. Pour ma part je pencherais pour "obtenir un meilleur rendement de sa puissance disponible".
Qu'en pensent nos amis entraîneurs ?

raymond


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Suite à la question de Julien:

Pensez vous qu'il ne faut pas battre des jambes excessivement, donc elle serait propulsive, sur 50m voir 100m nage libre? Car mon nageur fait un moins bon temps quand il bat moins vite des jambes, mais je pense que c'est parce qu'il n'arrive pas a retransmettre l'énergie économisé par les jambes dans les bras.

 

Deux moteurs?

La question n°2 de notre ami stagiaire pose le problème de l'activité locomotrice de l'homme dans l'eau et de l'usage qu'il fait de ses membres.
Un coureur à pieds ayant les membres supérieurs entravés aurait peu de chances d'aller aussi vite que si ses membres supérieurs étaient libérés.
Faut-il en conclure que sur terre, dans la course, l'action de ses bras est propulsive ?
Par ailleurs, le nageur peut fort bien n'utiliser que les jambes pour se déplacer (avec ou sans planche).
Il s'agit d'une poussée sur l'eau s'exerçant en continuité.
Mais il peut également se déplacer en n'utilisant que les membres supérieurs.
Les poussées exercées sur l'eau sont discontinues (entrecoupées de phases non propulsives).
Les nageurs utilisent pour la plupart un "pull-buoy", accessoire venant se substituer à la fonction normale des jambes : fonction de sustentation mais aussi de réalignement dans les différents plans.
Un raisonnement simpliste pourrait conclure que les jambes viennent pousser le corps dans les "trous" (phases de non propulsion des bras.

L'analyse des nageurs à partir de l'observation sous la surface confirme ce que l'on voit au dessus : à savoir qu'à pleine puissance les jambes se trouvent mobilisées plus intensément.

L'important dans toute analyse c'est la mise en relations de ce que l'on observe.
c'est la modification de la trajectoire des bras qui entraîne un changement dans l'entrée en jeu des jambes.
En effet, à pleine puissance, les mains ne décrivent plus la même trajectoire et ont tendance à s'écarter de l'axe.
Il incombe alors aux jambes de remettre l'ensemble du corps dans son axe de déplacement.
Dans tout jugement, il est important de ne pas confondre la cause et l'effet !
Il aurait été utile de situer la performance du nageur sur 100 et sur 1500 m.
Il reste enfin une question à poser à ton nageur =
modifies-tu volontairement l'intensité de l'action des jambes ? Et de ce fait : n'y a-t-il pas subordination de l'action des bras à celle des jambes ?
Qu'en pensent les autres stagiaires ?

raymond

 

Concrètement, la souplesse d'un individu, à quelque niveau qu'on puisse la rechercher est forcément naturelle. Lorsqu'elle est limitée par nature,on ne peut que tricher avec celle-ci et seulement durant une courte période et ce qui laisse généralement des dommages. Il est donc souhaitable de bien connaître sa propre physiologie afin de pallier à une absence de souplesse vertébrale (et autre, articulaire par exemple) car qui dit manque de souplesse vertébrale dit manque de souplesse articulaire en général. Il convient donc de mettre en place une technique d'application d'amplitude dans les mouvements de bascule par le seul élément déterminant et qui conserve une relative souplesse : le travail de la tête. Plongée et sortie qui doivent être coordonnées absolument à la perfection avec les gestes considérés.

Claude LEPAGE, 19 septembre 2007

 

 

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