Technique

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PARALOGISME !

 

En cette période où abondent les images et les discours à propos de championnats du Monde de natation, la lecture d’un article de Jacques Lecomte reprend une singulière actualité. « Le paralogisme est le propre de l’esprit humain » ! (Informations exactes, conclusions absurdesextrait de Science et Vie, n° 894, mars 1992).

Parmi les dysfonctionnement du raisonnement : « prendre l’effet pour la cause » se note très fréquemment. Ceux de nos amis qui analysent les images à travers la pertinence du modèle théorique de fonctionnement des nageurs dans la diversité des modes locomoteurs n’auront pas manqué de relever la consistance du préjugé du « moteur jambes » dans les nages alternées dans les propos de nos commentatrices (et teurs) de la télévision.

Ces derniers n’ont pas encore assimilé le lien ou la conséquence du fait que les propulseurs anatomiquement positionnés à distance de l’axe du corps entraînent mécaniquement dans leur action des déviations de l’axe des nageurs par rapport à leur direction de déplacement, déviations d’autant plus importantes que ces actions sont intenses et par conséquent la nécessité de réajuster la trajectoire du corps par rapport à celle du déplacement au moyen d’ actions synchrones des membres inférieurs. L’interdépendance de l’activité des membres supérieurs et inférieurs ne peut échapper à qui se donne la peine d’analyser les images sous marines que les « ralentis » accentuent.

Nos commentateurs n’ont pas non plus compris les conséquences mécaniques de la logique qui fait varier la fréquence et l’intensité des battements de jambes, non seulement en fonction de la puissance de l’entrée en jeu des membres supérieurs mais également pour mieux réaligner le corps à l’approche des virages sans qu’il y ait accroissement significatif de la vitesse moyenne. Cela se repère également chez les nageurs « à 2 temps » ainsi que lors d’un éventuel sprint à l’arrivée. L’histoire nous a appris les conséquences désastreuses pour la performance de l’observation d’une consigne appliquée consciemment par le nageur de « mettre les jambes » sur la fin d’un parcours. Les changements observés ne sont pas « voulus » par les nageurs mais imposés par sa logique de fonctionnement.

Nous recueillerons avec plaisir toutes les « perles » que nos entraîneurs éclairés voudront bien relever pour le progrès de nos connaissances.

raymond

 

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Départ - Images

 

Les images qui suivent sont destinées à tous les participants aux TP.

Elles sont volontairement « neutres » et appellent VOS réactions.

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Suite à la question de Thibaut :

Questionnement sur la brasse.


Bonjour,

Je m'excuse de vous déranger, je suis en étude pour devenir Maitre Nageur Sauveteur, et je dois vous dire que Raymond Catteau est une excellente source d'information et d'apprentissage pour ma formation.

Cependant la semaine prochaine j'ai un exposé sur le sujet suivant : "la coordination et synchronisation de la nage" avec pour moi le sujet sur la brasse.

Après avoir expliqué ce qu'est la brasse, ensuite évoqué la coordination dans la brasse (dissocier mouvement des bras et des jambes pour être le moins freiné possible), je vous avoue que je bute sur une définition réelle de la synchronisation dans cette nage.

Je ne trouve pas de définition précise et le temps passe, les recherches avec mais je suis toujours dans le flou.

Pourriez-vous m'aider svp?

je vous en serai très reconnaissant.

Thibaut le cras


COORDINATION SYNCHRONISATION

Ces deux mots se trouvent au cœur de la question posée par notre étudiant.

Qu’il se rassure, ses questions, loin de « déranger », contribuent à clarifier des notions et souvent à mieux poser des problèmes. Je tiens donc à l’en remercier.

La nécessaire distinction entre ces deux termes de « coordination » et de « synchronisation » s’est posée à moi pour bien situer dans l’espace/temps les mouvements des membres supérieurs et des membres inférieurs dans les différentes nages.

Le terme « coordination » exprime l’idée de choses qui se déroulent en même temps dans un certain ordre. Ce même temps n’étant pas instantané (photo) mais dans un déroulement temporel, une durée (cinéma), il convenait de le décrire à propos des mouvements des membres des nageurs. Cela s’est opéré en partant de l’analyse de vues sous-marines de champions olympiques dans tous les modes de nage.

Dans les nages alternées, on observe que ce qui se passe d’un côté se trouve nécessairement associé à ce qui se passe de l’autre. C’est la description de cette liaison fonctionnelle qui se trouve envisagée lorsque l’on parle des membres supérieurs ou inférieurs entre eux que l’on doit distinguer de la liaison fonctionnelle lorsque l’on parle des membres supérieurs et des membres inférieurs.

Si notre étudiant se rend à la bibliothèque pour y emprunter le livre « l’enseignement de la Natation » Catteau-Garoff, il trouvera à la page 217 de la troisième édition (1974) le dernier paragraphe intitulé « LA SYNCHRONISATION » excluant le problème de la coordination (selon notre définition conventionnelle) (sic).

En effet, dans un souci de distinction pédagogique, je ne voulais pas utiliser le même mot pour évoquer les coordinations au niveau de chaque train (supérieur ou inférieur) et la coordination des trains entre eux.

Il y a donc là un piège sémantique à éviter.

Les deux termes évoquent bien une « coordination » !

Ce qui me semble important pour notre étudiant c’est de connaître :

  • le contexte du recours à l’exposé par les élèves

  • sa finalité par rapport au lien entre une pratique et le recours à « des connaissances disponibles » pour fonder les pratiques.

  • Si cela est bien le cas ? Quel type de pratique est visé ? Pédagogie du mouvement ou pédagogie de l’action ?

De cette option dépendra ce qu’il convient de préciser à propos des coordinations de la brasse !!!

Coordonner des fonctions pour « passer à travers l’eau » et pour « accélérer des masses d’appui » n’a plus rien à voir avec coordonner les mouvements des bras et des jambes.

Le recours à la définition des termes plaide en faveur de la pensée rationnelle chez notre étudiant ; il peut donc avoir recours au lexique du site pour y trouver les définitions le faisant sortir du « flou » mais il pourra également avoir recours à un dictionnaire de la langue comme « le petit Robert » pour affiner son vocabulaire.

Au stade actuel de son exposé on remarque :

1) expliquer la brasse ??? Son histoire ? Sa logique ?? Son statut dans la pratique compétitive ? Dans l’enseignement ???

2) Evoquer ou décrire une ou des coordination(s) ?? Chez un nageur de Haute performance ? Celle de notre « jeune nageuse » sur le site ???

Cette dernière option pourrait fonder et accompagner son exposé s’il disposait d’un vidéoprojecteur et des instruments lui permettant la projection image par image.

3) il entrerait alors de plain pied dans le contenu de son exposé après avoir défini « le mouvement » lexique du site et sachant qu’il se trouve en présence d’un référentiel exocentré.

4) ce référentiel permet de comprendre le fonctionnement du brasseur si l’on met en évidence la fonction des jambes dans la propulsion, et celle des bras dans la ventilation.

Dans l’espoir que ces quelques indications soient utiles à notre futur collègue.

raymond

 

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Suite à la question de G. Simoes:

Bonjour, J'ai deux exposés à faire. Un sur les départs en crawl et l'autre sur l'entraînement de carrière. Le premier je pense avoir réussi à trouver quelques informations, mais d'autres informations de votre part pourraient compléter mon exposé. Ensuite le deuxième : l'entraînement de carrière je ne sais pas du tout par ou commencer. Pourrais -je avoir quelques informations ainsi que quelques pistes sur ce sujet. Merci de votre compréhension Cordialement G. Simoes

 

DEPARTS

Il est assez symptomatique que des étudiants aient recours au site pour réaliser un exposé ou une présentation.

Est-il pertinent de faire deux exposés et ne serait-il pas plus judicieux d’approfondir un sujet afin de développer une méthodologie réinvestissable ?

Souvent les informations apportées par le demandeur se révèlent trop lacunaires pour répondre avec précision et concision à la sollicitation.

La dernière précaution dans la réponse consiste à ne pas se substituer à l’étudiant en le privant du travail à réaliser et de conditions indispensables à sa propre formation.

Le premier niveau de connaissance étant la description nous invitons notre visiteur à visionner les images de la première partie du « record du monde » tout en sachant qu’il n’y a pas eu de signal de départ.

  • les différentes phases sont à repérer à travers la flexion simultanée des parties du corps impliquées

  • la phase suivante se terminera au moment précis où les orteils quitteront le plot

  • la phase d’élévation impliquera dans la partie aérienne et à son sommet un changement de direction du nageur

  • cette direction nouvelle sera plus ou moins maintenue dans la pénétration dans l’eau

  • un nouveau changement de direction pour aller vers l’avant s’opèrera dans l’eau

  • ici une phase importante ne peut se voir en raison de la consigne spécifique à cette action complexe de l’épreuve originale et il convient donc de préciser ce qui se passe chez le nageur : le déclenchement et la réalisation d’ondulations (la présentation des amis du Québec peut aider) et de plus notre caméra n’est pas dans l’eau.

  • Le départ proprement dit prend fin avec la reprise de nage qu’il doit favoriser.

En se reportant à l’Enseignement de la natation à partir de la page 251 de la troisième édition du Catteau Garoff en bibliothèque il sera loisible de repérer ce qu’il était pertinent de réaliser à cette époque et ce que le nouveau matériel implique comme transformation technique du geste faisant l’objet de l’étude et donc de son actualisation.

Question complémentaire ajuster l’exposé « départs » à « en crawl ».

Photo illustrant le plot actuel

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Le second sujet ou du moins sa reformulation par l’étudiant pose problème

(De quoi s’agit-il ??? Qu’a dit l’enseignant et qu’à entendu l’étudiant ???)

L’entraînement de carrière est pour moi une expression étrange et inconnue.

Par contre je sais que la notion de « plan de carrière du nageur » a connu une certaine vogue et s’est trouvée remarquablement développée dans l’ouvrage de Claude LEPAGE : « INITIATION A L’ENTRAÎNEMENT EN NATATION »

Il serait donc sage de s’y reporter pour construire un exposé consistant.

raymond

 

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Encore et toujours la VITESSE

Que ce soit de manière informelle ou lors de rencontres organisées à des échelons différents, le questionnement sera évoqué : comment aborder, acquérir, travailler, développer la vitesse lors des séances d’entraînement (voire d’apprentissage) ?

Certes, la question est légitime puisque le but d’un entraînement réussi est bien d’être devenu capable de parcourir la distance de l’épreuve le plus rapidement possible.

Il y a donc bien, de la plus courte à la plus longue distance à parcourir, le même objectif : nager à la plus grande vitesse l’ensemble de l’épreuve.

Mais, il y a aussi des pratiques et des données qui interpellent.

-       dans les programmes de l’école, il est proposé une option pour que l’élève s’engage soit sur des distances courtes (vitesse), soit sur des distances longues.

-       Beaucoup d’entraîneurs restent persuadés que : plus un enfant est jeune, plus il convient de lui proposer des distances courtes en compétition.

C’est une situation et une position théorique qui interpellent le formateur et l’entraîneur !

Y aurait-il de ce point de vue des stratégies et des démarches différentes lorsque l’on aborde la formation initiale du nageur ?

Une difficulté se fait jour lorsque l’on aborde la notion de vitesse (voir la définition dans le lexique). On ne conteste pas la définition faisant référence à la distance parcourue par unité de temps, mais on résiste trop souvent à l’idée que, quelle que soit la distance et quelle que soit l’allure, le déplacement s’est fait à une vitesse donnée.  Ce qui occupe les représentations, c’est la rapidité (voir la définition dans le lexique), la capacité de se mouvoir, de se déplacer à vitesse élevée. Et ce qui est immédiatement repérable, c’est la rapidité des mouvements des propulseurs (vitesse de rotation des bras) avant l’évaluation de la vitesse de déplacement du nageur.

Lorsque le problème de se déplacer rapidement est posé à un débutant, on peut observer une réponse spontanée repérable à un accroissement de la fréquence d’entrée en jeu de ses propulseurs. (Il n’a pas encore appris à cerner des masses d’eau importantes et il ignore l’utilisation de forces croissantes). La conséquence inévitable est la diminution des masses d’eau à accélérer et le raccourcissement des trajets des propulseurs compensés par un accroissement du nombre des mouvements.

Si l’on observe la manière dont sont réalisées les meilleures performances, on constate que les solutions techniques sinscrivent à lopposé des solutions spontanées : historiquement et actuellement, on peut vérifier que plus les nageurs sont rapides, plus ils accélèrent des  masses d’eau  importantes,  plus ils réduisent leurs fréquences : dont l’aspect observable est la diminution du nombre de ses coups de bras nécessaires à réaliser  la distance nagée.

Cependant, pour accroître sa vitesse le nageur se doit de pulser les masses d’eau à une fréquence plus élevée, cela se produit toujours au détriment du rendement mais plus ou moins en fonction de la puissance dont dispose le nageur. Il y a là un rapport dialectique entre les facteurs de la performance que nous allons envisager maintenant.

Cette constatation nous incite à nous interroger sur les facteurs, les composantes mécaniques de la performance.  Celle-ci se présente à l’image d’un produit de facteurs qui peuvent devenir contradictoires : la puissance et le rendement (voir les définitions dans le lexique).

Dans la construction ou la formation du nageur, il ne sera pas indifférent de subordonner lun à lautre. Notre ami  J.G. l’avait à sa manière fort justement formulé, dans son bilan du stage d’Aix les Bains sous forme de « power-point » (accessible sur le site) :

« Il est préférable de voir un nageur devenir athlète plutôt quun athlète devenir nageur » entendant par là que le développement de la puissance n’est pas prioritaire au sens où il faudrait la développer d’abord.

En dautres termes, il convient dobtenir et maintenir le meilleur rendement avant de et pour développer la puissance. Cela permet d’éviter un gaspillage tout au long de la formation pour mettre  l’énergie économisée   progressivement au service de la puissance.

Si nous observons la pratique, nous constatons qu’à rendement égal, le plus puissant l’emportera, c'est-à-dire celui qui pendant le même durée sera capable de produire une quantité de travail supérieure.

Il est incontestable toutefois que, à puissance maximale (et donc sur les plus courtes distances), la meilleure performance sera obtenue par un accroissement de la fréquence au détriment du rendement. Cela s’observe par une diminution de la durée du cycle et dans la structure de nage par la modification des rapports de durée entre les phases d’accélération et de freinage. Le caractère discontinu de la propulsion dans toutes les nages est à l’origine de cette relation dialectique de l’amplitude et de la fréquence.

En résumé, la sagesse pour l’entraîneur consistera à construire prioritairement la posture du nageur, sa capacité à positionner la tête dans le prolongement du tronc immergé (nages alternées) pour exploiter et stabiliser sur de longues distances son caractère projectile. Ainsi, il pourra mieux aborder le développement indispensable de la puissance pour accéder progressivement à la haute performance.

Dans l’observation de ses nageurs il distinguera la fréquence d’entrée en jeu des propulseurs des performances objectives.

marc, raymond


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