Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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Travaux Pratiques

La pédagogie du mouvement

 

Vous êtes toujours un peu plus nombreux à être concernés par, voire impliqués dans la pédagogie de l’action.

Si vous avez retenu cette option c’est parce que la pratique vous en confirme l’intérêt et que parallèlement vous vous en êtes approprié les fondements scientifiques et philosophiques.

A l’opposé, la pédagogie du mouvement, non seulement survit mais continue à se propager.

Elle a sa logique et sa cohérence qui s’opposent aux principes, préceptes et règles de la pédagogie de l’action.

Les défenseurs (sans en être généralement conscients) de la pédagogie du mouvement vivent dans l’empirisme, adoptent une attitude subjective à travers la pensée spéculative et vivent donc très éloignés de l’attitude expérimentale, d’un retour réflexif sur l’action.

Deux professeurs agrégés d’EPS, qui ont la charge de former de futurs enseignants intervenant dans le domaine de la natation, tiennent un discours caractéristique de la pédagogie du mouvement. De ce fait, ils s’inscrivent à contrecourant de la pédagogie de l’action.

En référence aux règles de la pensée rationnelle, aux fondements qu’apportent les sciences de l’homme, à la logique, au constructivisme, voire à votre expérience d’enseignant

Enumérez une liste de vos divergences, (ce que vous réfutez à l’écoute des intervenants).

 

Vous pouvez adopter un pseudonyme, demander l’anonymat ou vous identifier.

Vous pouvez aussi défendre et partager le point de vue des intervenants. 

Par avance soyez remerciés.

raymond

 

 

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Encore quelques sages prescriptions pour la construction du nageur

Suite aux questions de F.

 

? (La diminution du nombre de coups de bras est-elle un gage d’une meilleure performance.)

Joël de Rosnay nous invite à « s’élever pour mieux voir » = prendre du recul ; « relier pour mieux comprendre » = considérer l’interaction des éléments de l’ensemble ; « situer pour mieux agir » = bien situer l’élément sur lequel nous intervenons et en évaluer les conséquences.

Si un nageur parcourt une distance en battements seuls il réalise zéro coup de bras. En conclura-t-on qu’il est performant ?

De plus, ce genre de travail (diminution et/ou moins de coups de bras possible) est-il judicieux pour des nageurs jeunes (11- 13 ans) ?

Incontestablement OUI ! Encore faut-il que ce travail ne soit pas exclusif. Pour ma part et particulièrement en début de saison j’attacherais beaucoup d’importance à la régularité d’allure sur le 1500m. , le 800 chaque moitié étant parcourue dans le même temps. Vérifier les solutions ventilatoires adoptées !

Lire la suite...l’inutilité de travailler avec les coups de bras pour des enfants… Qu’en pensez-vous ?

Que signifie « travailler les coups de bras » ? Quelles tâches ? Qu’entend-t-on par « enfants » ? Et à quel niveau de construction ?

De temps à autres pour les plus évolués, (tous les 2 mois) je les confronterais au « record du monde » (voir sur le site celui de Bruno Mazure).

La diminution du nombre de coups de bras est un indicateur du bon rapport entre les accélérations et les freinages à l’intérieur de chaque cycle de nage.

raymond

 

 

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A propos de « MODELE THEORIQUE »

 

Sachant l’intérêt porté au développement de la natation et singulièrement à la construction du nageur performant, des amis ont eu la gentillesse de me communiquer un document fédéral récent émanant de son service Recherche destiné, par vocation, au plus grand nombre. Il est présenté sous forme de diaporama.

 

Une curiosité attisée par l’évocation des thèmes, la première lecture m’interpelle en plusieurs points et dans l’ensemble me déçoit.

Il me semble, en effet, que la recherche doit s’accommoder des règles de la pensée rationnelle dont la première consiste à définir ce dont on parle le plus exactement et le plus complètement possible.

Certes il peut y avoir des « définitions personnelles » lorsqu’un thème est inédit. La polysémie du terme « modèle » nous invite à interroger la sémantique.

Le Petit Robert nous propose un premier sens : « ce qui sert ou doit servir d’objet d’imitation pour faire ou reproduire quelque chose » il s’agit d’un objet sensible (accessible à nos sens) concret, immédiat, présent, voire présenté.

Le sens n° 7 « représentation simplifiée d’un processus, d’un système » va impliquer une activité mentale de quelque chose à construire qui n’est pas donné au départ, à imaginer, à se représenter, donc abstrait.

Lire la suite...L’exemple le plus souvent cité pour évoquer la réalisation d’un modèle théorique est celui du passage du géocentrisme (la Terre au centre du monde) à l’héliocentrisme (la Terre devenant une planète du système solaire parmi les autres).

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On doit à Kepler puis Copernic la construction du modèle théor
ique
(la Terre tourne sur son axe et autour du soleil) expliquant le concret, le visible : le Soleil tourne chaque jour autour de la Terre. Au-delà de l’alternance des jours et des nuits (le réel), il rend compte de la succession des saisons.

Il semble désormais nécessaire de distinguer modèle concret et modèle théorique. Le premier s’accommode de descriptions, le second exige une construction.

Le processus implique une construction faisant appel aux sciences de l’homme et à la biomécanique ; il doit en outre rendre compte du fonctionnement.

 

Le modèle présenté par le service Recherche de la FFN n’est pas un modèle théorique.

Il ne part pas de la fonction du plongeon de départ dans les épreuves de nage ventrale : dans le temps le plus réduit (à partir du signal de départ), pénétrer dans l’eau le plus loin possible selon un angle compatible avec le retour vers la surface et la reprise règlementaire de nage.

Cela implique la plus grande vitesse possible d’éjection (décollage) et d’arrivée au contact de l’eau

Le « modèle » proposé nous dit ce qui se fait par la majorité actuelle des meilleurs nageurs en ignorant les lois de la balistique, de la mécanique. Il n’échappe pas au concret, bien qu’il soit fictif, en tant que moyenne de ce qui est réalisé par l’échantillon. De plus le geste du nageur est largement conditionné par la structure du plot de départ récent et dont toutes les piscines ne sont pas équipées. Comment pousser efficacement de la jambe arrière sans la plaque ?

 

Le réel, nous dit Bachelard, n’est jamais ce que l’on croyait savoir mais ce que l’on aurait du penser. La première procédure de la pensée scientifique remplace la description par l’équation, la dénomination par le rapport, la qualité par la quantité.

Tout phénomène est un tissu de relations, toute substance est un complexe d’attributs.

 

Autre singularité s’inscrivant en faux par rapport à la démarche scientifique : Il appartient à l’entraineur de se construire un modèle théorique personnel. Imagine-t-on qu’il puisse y avoir autant de modèles théoriques du système solaire qu’il y a d’astronomes ?

C’est encore Piaget qui nous dit que le travail de formalisation est l’œuvre du théoricien mais la structure (qu’il met en évidence) est indépendante de lui.

Le modèle théorique est singulier et pour être validé, soumis à l’épreuve des faits !

Ce que nous cherchons à comprendre c’est le fonctionnement du nageur et à travers le modèle théorique qui en rend compte, la proposition d’une didactique répondant à la question : comment construire le nageur pour le rendre performant, avec des étapes qui sont autant de « passages obligés ».

Explicitement (diapo n° 5) l’auteur nous dit qu’elle alimente la réflexion avec des prestataires et des universitaires. Où se trouve donc la majorité des formateurs et entraineurs ?

Leur fonctionnement est pourtant à identifier et caractériser.

Pour F. Tochon, le discours théorique est un discours idéal et décontextualisé… la réflexion sur la pratique n’a rien d’un savoir universitaire. Ce dont on a besoin c’est d’une réflexion contextualisée en situation.

 

Si ces quelques lignes déclenchent chez nos lecteurs l’envie de participer à une analyse critique (dans le bon sens du terme) d’autres parties du document particulièrement contestables, nous poursuivrons la lecture armée de ce document. Nous souhaitons également et prioritairement qu’ils expriment leur point de vue.

raymond

 

 

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Quelques sages prescriptions pour la construction du nageur débutant ou évolué

Suite aux questions de F.

 

Bonjour F.

Tout d’abord, je souhaite vous remercier pour ces questions pertinentes.

Est-il judicieux de faire travailler un seul élément sur une certaine période en début d’année ?

Il me semble important de situer le problème en fonction du niveau de construction du nageur. Si la construction du projectile concerne le débutant qui vient de construire le « corps flottant », il me semble souhaitable de n’envisager la propulsion que lorsque l’élève aura réalisé les entrées dans l’eau en plongeant, et en conservant sa posture jusqu’à la remontée en surface bras dans le prolongement du corps et tête sous les bras.

Si l’on envisage un nageur plus évolué, et cela semble être votre cas, on ne peut dissocier le « projectile » du « propulseur » l’exigence posturale concerne l’alignement, l’immersion et la relative indéformabilité du corps. Si vous travaillez, par exemple la diminution des « coups de bras », la diminution de la vitesse en fin de chaque cycle doit être compensée par une accélération plus intense pour maintenir la vitesse moyenne requise. C’est ainsi qu’à l’insu de l’entraineur un jeune nageur Italien est devenu champion du 200 libre des moins de 14 ans dans son pays. Vous pouvez imaginer alors « Un travail purement technique sur ce thème là et sur les quatre nages »

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Y a-t-il un intérêt de passer du temps sur la propulsion si le niveau de construction précédent (ici le projectile et donc minimiser au maximum les freins) n’est pas totalement acquis ?

Il me semble important de distinguer l’exclusivité et la relativité. Mettre l’accent sur le projectile n’implique pas abandonner le propulseur.

Il faut effectivement « raison garder ». Lorsque la qualité de nage se dégrade, il semble superflu de poursuivre la séquence. Rechercher une quantité de qualité semble souhaitable.

« Nager moins pour nager mieux. » ? Vous semble-t-elle justifiée pour des jeunes ou même pour des nageurs élite ?

Comment ne pas partager cette sage prescription ?

 

Merci et bien cordialement. N’hésitez pas à questionner si ce qui précède ne vous aide pas.

raymond

 

 

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Les tests de Ecole de Natation Française ( détournent les enseignants de la matière qu'ils doivent enseigner )

L’auberge espagnole qui détourne des fondements didactiques spécifiques que nous devrions faire pour chaque discipline

La natation course, la natation synchronisée, le water polo et le plongeon ont été regroupés en une seule et même fédération de natation. On peut penser que la raison de ce regroupement provient du fait que ces disciplines se pratiquent dans le même substrat, l’eau en grande profondeur (l’élément liquide n’étant que le substrat de réception du plongeur).

Les courses en athlétisme, la danse classique, le handball et la gymnastique sont des disciplines qui font partie de fédérations distinctes bien qu’elles se pratiquent toutes sur la terre ferme. Force est de constater que nous n’observons pas de rapprochement à des fins « pédagogiques » entre les courses, la gymnastique, la danse et le handball alors que ces disciplines partagent le même substrat.

Dans les faits, quand des rapprochements à des fins pédagogiques interdisciplinaires s’opèrent ils sont dictés par la nature de l’activité. De nature acrobatique le plongeon et la gymnastique ; de nature artistique  la natation synchro et la danse. Un rapprochement entre water polo et handball ne serait pas surprenant, ce sont deux disciplines de même nature : concevoir des stratégies plus rusées que celles imaginées par l’équipe adverse pour marquer un plus grand nombre de buts.

En revanche nous ne devrions pas observer de rapprochement pédagogique entre les courses en natation (locomotion dans l’eau) et les courses en athlétisme (locomotion sur terre). Deux locomotions de nature différente et dont les principes d’action sont différents (principes d’action soumis à des lois de la physique différentes liés aux substrats).

Le concept pédagogique de « pluridisciplinarité » qui mêle natation, natation synchronisée, water-polo et plongeon sur lequel se fonde les tests E.NF fait perdre un temps précieux aux apprenants mais surtout détourne les enseignants des fondements didactiques de la discipline qu’ils doivent enseigner rapidement et efficacement à tous les élèves : la natation.

« Toutes les dimensions des pratiques institutionnelles (natation synchronisée, plongeon, water-polo) s'offrent à l'enseignant dont la référence se limite aux aspects formels. Est-il préférable d'opter pour une telle diversification ou pour une différenciation dans la natation (locomotion dans l'eau), très riche et porteuse de possibilités ultérieures d'intégration dans les disciplines associées ? » (R.C.)

 

Centrer les enseignants sur les fondements de la natation 

Un chercheur français spécialiste de l’éducation, Philippe MEIRIEU nous donne un précieux conseil :

« Il est nécessaire que les enseignants aidés par les didacticiens fassent et refassent un effort pour clarifier les enjeux de leurs pratiques, trois questions fondatrices doivent, à mon sens, structurer cette réflexion :

« Qu’est-ce qui vaut la peine d’être enseigné ? »

« Qu’est-ce qui est enseignable dans ce qui vaut la peine d’être enseigné ? »

« Quelles sont les conditions pour que l’enseignable soit véritablement enseigné ? »

Il se trouve que le didacticien de la natation, Raymond CATTEAU a répondu à ces questions fondatrices et nous propose un modèle théorique de fonctionnement du nageur et un plan de construction du nageur remarquablement efficace.

 

Proposition : passer des tests ENF aux « six niveaux de construction du nageur »

Lire la suite...Un entraîneur compétent doit pouvoir repérer le niveau d'action du nageur entraîné et percevoir ce qui fait précisément obstacle à ce nageur  pour passer à un niveau d'action plus efficace et non pas proposer une diversité de choses en espérant que l'une d'entres-elles le fera bien progresser.

Ce que propose un entraîneur doit être ciblé (pour tel nageur je vise telle transformation et pour cela je propose telle tâche) nous ne devons pas laisser croire que la pédagogie procède en faisant tout et n’importe quoi, n’importe quand.

« Les six niveaux de construction du nageur » proposent d’accompagner l’élève à franchir les obstacles imposés par les lois de la nature afin que l’élève devienne nageur et toujours meilleur nageur.

Ces six niveaux de construction s’appuient sur le modèle théorique de fonctionnement du nageur « corps projectile et propulseur ». Le modèle théorique de fonctionnement du nageur permet de définir des principes d’action. Il devient dès lors possible de repérer des niveaux d’action.

Le plan de construction du nageur en six étapes permet à l’enseignant de concevoir en connaissance de cause le cheminement pédagogique qui va permettre à l’élève de se construire en nageur efficace.

Le nageur pourra ensuite mettre à profit ce qu’il aura construit - une locomotion dans l’eau efficace - dans les autres disciplines aquatiques.

 

Marc (mars 2017)

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