Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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QUAND LE LUXE D’HIER DEVIENT LA NECESSITE DE DEMAIN !

 

Les enregistrements cinématographiques traditionnels centrés sur les déplacements des nageurs et ceux des membres impliqués dans leur propulsion, en surface dans un premier temps puis sous la surface, sont caractérisés par le mouvement de la caméra « suivant le nageur » pour situer l’action au centre de l’écran lors des projections.

Ce sont donc les mouvements du nageur qui se trouvent repérés par rapport à un point fixe arbitrairement choisi sur lui pour les caractériser. Nous évoquons à leur sujet : un référentiel égocentré.

Les informations que l’on peut tirer de ces observations sont tout à fait cohérentes et éventuellement utiles pour les formateurs et entraîneurs traditionnels à la recherche des « mouvements corrects » qu’il convient de faire reproduire !

Certaines prises de vues à fréquence élevée restituent à la projection un « ralenti » appréciable pour affiner l’image que l’on se fait du mouvement sans transformer la nature de l’information.

Rapporteur du colloque « Espace et structures d’espace » J. Paillard précise : L’espace est perceptivement vide. Seules les structures de relations entre les objets discriminables de notre environnement sensible sont accessibles à nos instruments de lecture.

Pour notre « instrument » qu’est la vue, l’espace temporel « discriminable » est de l’ordre du dixième de seconde. Et l’on sait par ailleurs que la durée d’un cycle de nage excède rarement la seconde et demie ; c’est dire combien notre vision spontanée reste grossière et approximative pour nous renseigner sur la gestuelle des nageurs ! A cette première difficulté vient s’ajouter le fait que l’essentiel de ce que réalise le nageur se passe sous la surface et ne peut de ce fait être directement perçu par l’entraîneur.

Les conditions d’un progrès décisif sont apparues lorsque l’utilisation d’une caméra immergée et fixe a permis de capter les images de l’action du nageur dans son élément et de ce fait entrevoir l’interaction du nageur et du substrat. La partie n’a pas d’emblée été gagnée parce que les premiers observateurs des trajectoires des extrémités des membres continuaient à affirmer qu’il s’agissait des mouvements des nageurs filmés. On sait maintenant que la « théorie » dite de la portance pour interpréter les images n’était pas fondée.

Le référentiel exocentré (point fixe arbitraire extérieur au nageur) avait été ignoré dans des études cinématiques (étudiant le mouvement indépendamment des causes qui le produisent) trop rapidement confondues avec les études mécaniques ou biomécaniques.

Lorsque l’on aborde, armé des nouveaux outils, « les structures de relations » spatio-temporelles entre les mouvements du nageur et leur fonction propulsive, de nouvelles perspectives de connaissance de l’activité du nageur viennent au secours du formateur et de l’entraîneur.

Ici encore la fréquence de prises de vues nous aidera à discriminer la succession des espaces occupés lors du déplacement des propulseurs et des rames qui les mobilisent, leurs caractéristiques, leur nature. Les images sous marines que nous utilisons souvent à la fréquence de 60 images /seconde nous procurent un « grossissement » temporel de SIX !

Profitant des avancées technologiques, nous valorisons, au-delà du ralenti, des « arrêts sur image » aux points remarquables de la boucle tracée par le déplacement de l’extrémité des membres supérieurs. Ces points sont déclarés remarquables, non seulement parce qu’ils apparaissent dans tous les cas mais surtout parce qu’ils correspondent à un fonctionnement, une activité fonctionnelle du nageur utilisant ses  « rames ».

A ces divers points remarquables nous matérialisons l’espace occupé par la rame en traçant des segments de droite entre le coude et l’extrémité des doigts. De nombreuses informations utiles nous sont fournies la direction, l’amplitude et l’accélération.

Pour interpréter ces images, un modèle théorique de fonctionnement du nageur se révèle indispensable. C’est par son truchement que nous allons lire le nageur observé et proposer des tâches susceptibles d’améliorer les performances.

Les différents TP que nous avons proposés impliquent ces références.

 

Combien d’entraîneurs profiteront de ces perspectives inédites ?

Comment intègreront-ils ces connaissances ?

Comment les traduiront-ils en « réalisations originales » ?

raymond

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FORME & FONCTION

Le tracé de la boucle est déterminé par un certain nombre d’événements que l’on dit « remarquables » dans la mesure où ils apparaissent nécessairement dans tous les tracés.

Partant du point d’entrée sous la surface PE de la main, cette dernière se déplace vers le le point le plus avancé par rapport au nageur lui même. Puis la courbe se prolonge vers l’avant tout en descendant vers le PAV point objectivement le plus avancé. Ensuite, elle se déplace vers l’arrière tout en descendant pour atteindre le point le plus bas ou point profond PP. En poursuivant son trajet en remontant vers l’arrière la main atteint le point de fin de poussée PFP coïncidant plus ou moins avec le point le plus arrière PAR dans sa remontée vers le point de sortie PS.

La forme « arrondie » de cette trajectoire cache en réalité le jeu alternatif des propulseurs sortant de l’eau pour se projeter vers l’avant et y entrer à nouveau afin de réaliser sa phase active et fonctionnelle propulsive vers l’arrière.

Dans leur fonction propulsive, trois facteurs décisifs vont se repérer :

- l’orientation de la pale pour construire la masse d’appui

- l’amplitude du trajet de la pale vers l’arrière

- la grandeur de l’accélération réalisée.

Ces données peuvent être « matérialisées » au moyen des positions successives de la pale :

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Cette organisation véritablement originale et spécifique de la nageuse illustre de manière flagrante la nécessité de l’analyse fonctionnelle pour ouvrir de nouvelles perspectives à cette nageuse.

On est frappé par la défaillance de la poussée pratiquement absente en raison de la sortie prématurée du coude au moment où chez les meilleurs nageurs elle « explose » !

Il nous reste à envisager comment reconstruire une fonction propulsive beaucoup plus efficiente. Ce devrait être l’objet des TP 4 auxquels nos visiteurs sont conviés.

raymond

 

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Travaux Pratiques 4

 

Les images fixes des précédents TP incitaient les observateurs à les situer convenablement dans la nage. De ce fait elles faisaient appel à des représentations des déplacements combinés des membres par rapport au nageur lui-même.

Les faits n’ont de sens que par rapport à un système de pensée, par rapport à une théorie préexistante. Ils n’existent ni apriori, ni isolément.

{youtube}uXGAhHjervY{/youtube}

Le petit film dont ces images sont extraites nous apporte une quantité considérable d’informations pour l’observateur qui les questionne. L’avantage de pouvoir les visionner à volonté est de confirmer ou infirmer la première impression pour la transformer en « donnée ».

L’observateur ne s’enrichira des informations que dans la mesure où il aura questionné les images « pour en faire un instrument de connaissances ».

De petits logiciels tels Kinovea ou Streamclip deviennent de précieux auxiliaires pour ajouter la dimension temporelle aux données spatiales.

Tout comme pour la lecture, l’organisation collective de l’observation des images ajoute à leur nombre la dimension qualitative.

Il est vivement conseillé aux observateurs de se construire une liste la plus riche possible de questions avant d’avoir recours à celles qu’ils pourraient trouver en annexe « Observer : exemples » pour l’enrichir.

Les « débutants » pourraient s’inspirer de la procédure utilisée lorsque l’on avait recours aux magnétoscopes (Revue DIRE n° 69 décembre 1998) « Observer : procédure » et l’appliquer aux moyens modernes.

Tous, débutants ou experts, sont conviés à échanger leurs réflexions et propositions pour les échanger avec les participants selon les modalités habituelles.

raymond

 

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TP4 : TRAJECTOIRES ET FORMES DE LA BOUCLE

 

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Pour gagner en efficacité, formateurs et entraineurs ne pourront faire l’économie du passage de ce qu’ils observent chez les meilleurs nageurs (description) à la représentation de leur fonctionnement pour produire leur performance.

Répondre à la question : « à quoi servent les mouvements des membres dans les nages ? » constitue un passage obligé.

Deux modalités de prises de vues des mouvements sont utilisées qui apportent chacune une vision différente du nageur.

  • la plus fréquente opère un déplacement de la caméra en « suivant » le nageur.

  • La plus féconde à nos yeux consiste à voir se déplacer le nageur devant la caméra immobilisée.

C’est celle que nous utilisons pour comprendre (entre autres) la fonction des membres dans la propulsion en relation avec l’organisation générale du nageur. Elle combine le déplacement du nageur aux mouvements qu’il utilise à cette fin.

 

Les tracés comportent une petite perturbation qui nous renseigne sur le sens du déplacement du nageur.

Définissez le sens de déplacement des nageurs de la première et de la seconde image.

Dites ce qui produit la perturbation.

 

Nous suggérons, dans un premier temps de repérer la trajectoire des doigts

Lorsque l’on compare les tracés des trajectoires des extrémités des propulseurs des nageurs observés à partir d’une caméra fixe, on est frappé par leur spécificité, leur originalité, un peu comme si cela devait correspondre à une « signature » des personnes concernées.

 

Les TP 4 nous procurent une opportunité d’analyser un cycle de nage à partir de l’entrée à l’eau des doigts (du membre supérieur droit) jusqu’à l’entrée à l’eau suivante.

La fréquence de la prise de vue est de 60 images/seconde.

La durée du cycle observé est de 81/60 sec. soit 1, 35 sec

 

Le passage de chaque image à la suivante correspond à 1/60 de sec. Et l’on compte 6 images pour 1/10 sec. A partir de l’entrée des doigts à l’eau nous avons pointé toutes les 2 mages pour obtenir le tracé présenté ci-dessus.

Pour le caractériser nous utilisons deux mesures dont la plus significative semble bien être sa dimension antéropostérieure.

 

L’autre singularité tient à la manière dont la main traverse la surface de l’eau près de l’épaule pour se projeter ensuite vers l’avant « subjectif », 21 images.  (21)

Le point avant objectif PAV ne sera atteint que 13 images plus tard (34)

Pour atteindre le point profond PF il faudra encore 10 images (44)

La fin de poussée FP demandera encore 13 images (57)

La sortie de l’eau ne prendra que 3 images. (60)

 

Pour nos visiteurs, nous avons placé en regard de l’image de la trajectoire de la nageuse TP4 , celle d’un nageur de haut niveau (il se déplace en sens inverse).

 

Comment interprétez-vous et expliquez vous ces différences ?

raymond

 

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RELIRE LES IMAGES

Le cadrage précédent de ces mêmes images incitait l’observateur à privilégier l’interprétation de la posture et des actions propulsives des membres supérieurs.

En lisant les documents échangés par les participants, un progrès peut être repéré pour ceux qui distinguent les données de l’observation (ce que l’on voit) de leur interprétation ( dans quelle intention ou ce à quoi cela sert).

Ces nouvelles images ajoutent de nombreuses informations en rendant possibles les liens avec le tout (ou presque) !

Nous remercions vivement toutes les personnes ayant participé et les incitons à renouveler l’exercice avant de le comparer à leur précédente production.

Notre hypothèse est que la lecture programmée un peu plus tard d’un cycle de cette même nageuse (ou d’un autre nageur) sera armée des outils nouvellement construits.

Pour les échanges entre participants les contributions seront rendues anonymes.

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