Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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UNE NATATION A L’UNIVERSITE

 

Ce lundi après midi, les premières heures sont réservées à la natation scolaire. A partir de 16 heures, le public est admis. Deux couloirs sont réservés à des étudiants au nombre d’une vingtaine. Depuis la rentrée, ils sont animés par un nouveau professeur d’éducation physique.

Tout en réalisant quelques longueurs, j’observe avec intérêt parfois amusé, parfois intrigué le début de séance et son contenu.

L‘enseignante arrive ce jour à 16h 19 et fait appel à 3 volontaires pour transporter le matériel vers la plage de départ. Cette fois c’était planches et pull-buoy.

Le regroupement s’effectue derrière les plots de départ des couloirs attribués, probablement pour un appel des présents suivi de consignes. A 16 h 26 un premier demi-groupe se met à l’eau pour des allers-retours.

L’autre demi-groupe reçoit des informations complémentaires et ne se mettra à l’eau qu’à 16 h 35. Bien que les ayant observé attentivement et à plusieurs reprises, je suis incapable de repérer entre eux ce qui pourrait discriminer ces sous-groupes.

Manifestement non spécialiste, notre collègue sort de son classeur un document contenant le descriptif des exercices. La séance est préparée ! Et donc se déroulera comme prévu.

Le début de séance est centré sur la respiration. Le premier exercice vise l’inspiration qui sera prise sur le retour du bras après son passage dans l’eau, la planche étant tenue à bout de l’autre bras. Un deuxième exercice sera consacré à l’expiration et énoncé comme suit :

Planche à bout de bras, battements de jambes vous expirez sur un coup de bras et inspirez, puis sur deux coups de bras, puis trois…. Jusqu’à cinq puis en redescendant coups de bras, trois, deux et un.

Les nageurs sont ensuite regroupés pour un autre exercice. De loin puis en me rapprochant je vois l’enseignante écarter et rapprocher plusieurs fois bras et avant-bras sans que jamais ils ne parviennent à s’allonger complètement ou se rapprocher complètement. La démonstration n’étant peut-être pas satisfaisante, l’enseignante prend appui d’une main sur un plot puis se tenant debout sur une jambe, agite latéralement l’autre semi fléchie sans jamais l’étendre ou la fléchir complètement.

Sereinement les étudiants tentent d’appliquer le premier exercice, en position dorsale, bras dans le prolongement du tronc tenant la planche, ils exercent leurs jambes en brasse ; ils passeront ensuite sur le ventre pour pousser la planche.

Toute la suite que je ne vais pas détailler est constituée d’éléments hétéroclites empruntés à un « tout venant » de natation.

Nous n’allons pas blâmer notre collègue qui tente consciencieusement d’assumer sa tâche. Rappelons que la formation polyvalente de nos collègues varie selon les UFRAPS et pour certaines une vingtaine d’heures dans l’année avec des parts variables accordées à la théorie et à la pratique et que la formation continuée n’est pas instituée pour les enseignants en activité.

On ne peut que regretter que les dispositions prises dans les années 60 entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports et la Fédération Française de Natation instituant un stage de technique et pédagogie, avant les rentrées scolaires, à l’intention des enseignants d’éducation physique au CREPS de Montpellier disposant de sa piscine, n’ait pu connaître que cinq sessions. Chaque fois une quarantaine d’enseignants purent bénéficier de deux semaines de mise à jour de leur pratique et de leurs connaissances. L’encadrement était assuré par des conseillers techniques de la Fédération, eux-mêmes enseignants d’éducation physique La demande était telle qu’il fallait opérer une sélection importante.

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Le 15 Février, sur les antennes de France Inter, Roxana Maracineanu reprochait à la FFN de concentrer ses moyens sur l’élite en négligeant le développement de la pratique qualitative pour tous.

Ce qui caractérise et organise une séance de natation que nous appelons de nos vœux, c’est qu’elle identifie un progrès possible et souhaitable pour un nageur ou un groupe de nageurs et aborde concrètement cette visée.

L’objectif de séance étant fixé, des tâches sont proposées dont on vérifie immédiatement le pouvoir transformateur et s’il est repéré mis à l’épreuve de la durée.

Mais cela suppose une connaissance de la natation, de la didactique de la discipline et des lois de l’apprentissage qui n’est malheureusement pas proposée dans de nombreuses formations.

Si le premier niveau de connaissance d’un phénomène en est la description, au-delà la connaissance requise dans la pédagogie de l’action comporte la structure et le fonctionnement pour en comprendre ou reproduire la genèse.

raymond

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LES PROCEDURES DU PASSE PEUVENT-ELLES CONSTRUIRE LE NAGEUR DE DEMAIN ?

 

Nageur de haut niveau, formé en son pays selon les principes que nous tentons de vulgariser, il est venu en France pour y poursuivre des études.

Soucieux de conserver le meilleur niveau de pratique et si possible l’améliorer, il s’est inscrit dans le club de la ville universitaire et participe avec succès aux compétitions locales et nationales. Ses « chronos » sont honorables compte tenu des ruptures d’entraînement.

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Confronté aux pratiques locales, il est surpris de constater que l’usage des accessoires dont font partie, planches, pull-buoy et palmes est prédominant.

Pour lui, loin de pouvoir apporter une aide, leur utilisation est handicapante !

Elle le déstructure !

Très et trop nombreux sont les entraîneurs qui ne font que reproduire ce qu’ils ont vécu ou copient ce qui se fait autour d’eux sans s’interroger sur les fondements de leur pratique.

Un inventaire des préjugés dominants devrait ouvrir la voie à une réflexion féconde.

En premier lieu, une méconnaissance des mécanismes de la propulsion dans l’eau et singulièrement de la nage humaine, serait à considérer.

Observer les mouvements des meilleurs nageurs ne constitue que le préalable à la question de leur rôle, de leur fonction dans la dynamique et la logique de la nage.

Se pose ensuite seulement le problème central de la déconstruction des mécanismes terriens inadaptés au profit de la construction des formes nouvelles adaptées à l’eau.

L’homme n’a pas eu besoin de béquilles pour apprendre à marcher, pourquoi lui en faudrait-il pour apprendre à nager ? Il ne passe jamais par l’apprentissage des mouvements de la marche et pourtant il marche ! Pourquoi devrait-il en être autrement pour la nage ?

L’acquisition de la locomotion terrienne s’est réalisée à travers un certain nombre d’étapes incontournables. Une succession de transformations, l’une rendant possible la suivante.

S’agissant de la nage, il ne peut en être autrement et le formateur se doit de connaître à la fois le « niveau d’organisation » actuel (structure) et le « dépassement » devenu possible (genèse).

La haute performance procèdera ensuite de la recherche du geste efficace (rendement) associé au développement de la puissance jusqu’à prendre en compte leur contradiction. 

raymond

 

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REAGIR AU T.P.

 

Lors d’un stage de formation, Marc demandait à ses stagiaires de se représenter, d’imaginer ce que l’on verrait du nageur entraîné au terme de l’action de l’entraîneur. On peut supposer que le stagiaire mobiliserait toute ses connaissances pour « dresser le portrait » en ayant recours au souvenir des images des meilleurs nageurs.

Cette représentation concerne à la fois la posture et les mouvements caractérisant le haut niveau de fonctionnement. En d’autres termes une référence à un modèle théorique regroupant ce qu’il y a actuellement de meilleur dans l’organisation de plusieurs champions et éventuellement d’aspects logiques, non encore apparus mais susceptibles d’être réalisés.

L’image que se fait l’entraîneur de ce nageur idéal sera mobilisée par lui pour la comparer à la réalité qu’il observe pour relever les « anomalies » ou les carences et souligner ainsi un ensemble de transformations nécessaires et souhaitables chez le nageur qui lui est confié.

Selon son niveau de compétence ou de formation, l’observateur dressera une liste et tentera une suite de modifications ou fera des hypothèses sur les obstacles à franchir dans un certain ordre. Chronologiquement dirons-nous ! S’il envisage la structuration du fonctionnement ou dans l’ensemble des fonctions, il tentera de dégager, à l’étape actuelle de construction, la fonction momentanément subordonnante qui en toute probabilité se trouve impliquée dans le niveau de fonctionnement dont il vient de recueillir les images.

Parallèlement, l’expert organisera son observation du ou des nageurs, de préférence avec des outils qui deviennent indispensables, si les phénomènes observés le sont sous la surface et à une certaine vitesse comme cela est le cas pour des cycles de nage dont la durée peut être voisine de la seconde. L’immense avantage devenant celui de pouvoir multiplier en les dissociant ses observations.

Son attention sera portée dans un premier temps sur la posture et ses modifications avant de s’attarder sur les mouvements des propulseurs ou des équilibrateurs.

Il gagnera un temps précieux s’il fait référence aux points remarquables des paramètres d’un cycle qu’il comparera éventuellement au précédent ou suivant.

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La main gauche pénètre dans l’eau loin devant la tête, paume à l’oblique vers l’arrière.

Dans sa phase propulsive, le bras droit s’est porté vers l’arrière sans que la pale s’oriente de manière à pulser des masses d’eau vers l’arrière.   On remarque une rupture d’alignement de l’axe de la tête relativement bien placée tandis que la ligne bassin épaules indique un enfoncement du bassin.

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A partir de son entrée à l’eau, le bras droit qui n’a jamais atteint l’extension complète s’est enfoncé en provoquant un redressement du tronc. La tête en grande partie sortie de l’eau demeure dans le prolongement du tronc. La suite des images laisse penser à une prise d’inspiration. Cette image correspond au P AV référentiel exo centré.

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Lors du passage du bras gauche au point profond, on retrouve un alignement et une immersion satisfaisants corps - tête. Par contre le propulseur marque un retrait du coude préjudiciable à une prise efficace de masses d’eau.

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Cette image laisse apparaître un corps immergé et un alignement de la tête sur le tronc.

Elle correspond au point de fin de poussée, alors que le coude se situe pratiquement à la verticale de l’épaule. Le coude et la main sortent ensuite de l’eau sans que l’avant-bras se déplace vers l’arrière. L’action propulsive ne s’achève pas sur une extension complète du membre supérieur.

 

DIAGNOSTIC

Première hypothèse : cette nageuse « reproduit » des mouvements appris et stéréotypés.

Il serait intéressant de lui demander de faire voir hors de l’eau les mouvements qu’elle pense réaliser en nageant. Et immédiatement poser la question : à quoi cela sert-il ?

Selon les réponses : tenter un changement des mouvements. Consignes : la main droite pousse l’eau sous le genou gauche et la main gauche sous le genou droit

En l’absence de modifications significatives envisager les exercices systématiques de structuration de l’espace.

En ce qui concerne la respiration substituer au redressement de la tête une torsion dans l’axe aidée par le pivotement de l’ensemble du corps.

 

QUELQUES INFORMATIONS

- durée du cycle 1 sec 44

- passage dans l’eau 0 sec96

- durée phase propulsive 0 sec 36

  

raymond

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POUR CHANGER, PEUT-ON FAIRE L’ECONOMIE DES REPRESENTATIONS ?

 

Nous reprenons ici le titre d’un article de la revue Sport et Plein Air de 1988 rendant compte d’un travail effectué avec les participants du stage Maurice Baquet à BOULOURIS en 1987.

Tous les stagiaires du groupe natation étaient d’anciens nageurs (certains performants) ou des entraîneurs en fonction. Nous avions pour souci d’attirer l’attention des stagiaires sur les aspects spatio-temporels de l’organisation des nageurs.

La lecture de Piaget avait attiré notre attention sur les rapports entre la réussite en action et les représentations. La première n’implique pas, sans plus, l’exactitude de la seconde nous disait l’auteur.

C’est ainsi que préalablement à toute pratique en piscine, nous avons demandé aux stagiaires de représenter sur une ligne, les durées relatives des actions propulsives des jambes et des bras pendant un cycle de nage en brasse. Par convention, sur la ligne représentant la durée totale du cycle, au dessus un trait épais figurait la durée de l’action motrice des bras et en dessous le trait la durée de celle des jambes.

Ce travail a été repris bien des années plus tard ( en 2011 ) au stage d’Aix les Bains et a plongé dans la même perplexité les participants entraîneurs.

Nous suggérons donc à chaque lecteur d’interrompre ici sa lecture pour prendre le temps de se livrer au même exercice.

Pour commencer, tracer un segment de droite de 15 ou 20 cm. représentant la durée du cycle.

Au premier degré d’approximation une condition nécessaire pour que la phase soit considérée comme propulsive est que le segment considéré se déplace en sens inverse de celui du nageur.

Naturellement nous avons dans un second temps fait réaliser aux stagiaires un parcours filmé sous la surface pour en extraire les images d’un cycle et décrypté pour chacun les durées faisant l’objet de la représentation.

Voir plus loin les représentations spontanées des stagiaires.

Deux questions se posent :

1) est-il possible d’enseigner une activité dont on ignore la manière dont elle est constituée (structure) et son fonctionnement ?

2) En quoi la connaissance objective de l’activité (lorsqu’elle est établie) peut-elle guider le formateur ou l’entraîneur dans son activité de construction des nageurs.

Les faits semblent accréditer l’idée que bon nombre d’enseignants ne fonctionnent pas à partir d’une représentation objective de leur objet d’enseignement.

Par contre il semble avéré que le passage à une pédagogie de l’action ne soit possible que s’il y a adéquation ce qui est représenté et ce qui doit être enseigné.

Pour illustrer l’importance des représentations nous reproduisons la page 22 d’une publication sortie en 1920 ( LA NATATION SPORTIVE ET ÉDUCATIVE – LE WATER-POLO – ILLUSTRÉ PAR LA PHOTOGRAPHIE , Paul Boucher, Amand Girard, c1920, collection "Olympic" ).

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Quels commentaires appelle de votre part cette représentation de la brasse?

Et voici les représentations spontanées des stagiaires de 1987

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raymond

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TP - A partir des images sous marines de la nageuse entraînée par N

{youtube}GxHd_WSfRYI{/youtube}

Le film ne permet pas de faire des arrêts image par image. Il n’est donc pas possible « d’observer» les accélérations du propulseur.

Toutefois l’arrêt sur image reste possible mais l’image devient très floue.


- L’orientation du grand axe du corps :

Le grand axe du corps n’est pas aligné sur l’axe de déplacement ; la tête de la nageuse sort en grande partie de l’eau, son regard est dirigé vers l’avant.


- L’orientation de la pale pour construire la masse d’appui :

La pale main-avant bras n’est pas orientée vers l’arrière au point le plus avant.

La pale est orientée vers le fond pendant la traction, le coude franchit la verticale de l’épaule nettement avant le bout des doigts.

L’épaule reste en surface pendant le trajet de la pale.

Le coude commence à remonter vers la surface dès la verticale de l’épaule, la pâle s’oriente vers l’arrière avant de sortir de l’eau.


- L’amplitude du trajet de la pale vers l’arrière

Trajet pale orientée de faible amplitude.


- La grandeur de l’accélération réalisée

Le recul est important. L’accélération ne peut être visualisée par la succession d’images.

 

Si je devais entraîner cette nageuse :

1- Construction du corps projectile : alignement, indéformabilité, immersion

Puis

2 – Construction du corps propulseur :

Ebauche du corps propulseur 

puis intégration de la ventilation

Construction de pale

Repérer son corps dans son espace d’action

Force d’intensité croissante

3 - Mise à l’épreuve de la durée…. 

MB

 

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