Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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LES PROCEDURES DU PASSE PEUVENT-ELLES CONSTRUIRE LE NAGEUR DE DEMAIN ?

 

Nageur de haut niveau, formé en son pays selon les principes que nous tentons de vulgariser, il est venu en France pour y poursuivre des études.

Soucieux de conserver le meilleur niveau de pratique et si possible l’améliorer, il s’est inscrit dans le club de la ville universitaire et participe avec succès aux compétitions locales et nationales. Ses « chronos » sont honorables compte tenu des ruptures d’entraînement.

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Confronté aux pratiques locales, il est surpris de constater que l’usage des accessoires dont font partie, planches, pull-buoy et palmes est prédominant.

Pour lui, loin de pouvoir apporter une aide, leur utilisation est handicapante !

Elle le déstructure !

Très et trop nombreux sont les entraîneurs qui ne font que reproduire ce qu’ils ont vécu ou copient ce qui se fait autour d’eux sans s’interroger sur les fondements de leur pratique.

Un inventaire des préjugés dominants devrait ouvrir la voie à une réflexion féconde.

En premier lieu, une méconnaissance des mécanismes de la propulsion dans l’eau et singulièrement de la nage humaine, serait à considérer.

Observer les mouvements des meilleurs nageurs ne constitue que le préalable à la question de leur rôle, de leur fonction dans la dynamique et la logique de la nage.

Se pose ensuite seulement le problème central de la déconstruction des mécanismes terriens inadaptés au profit de la construction des formes nouvelles adaptées à l’eau.

L’homme n’a pas eu besoin de béquilles pour apprendre à marcher, pourquoi lui en faudrait-il pour apprendre à nager ? Il ne passe jamais par l’apprentissage des mouvements de la marche et pourtant il marche ! Pourquoi devrait-il en être autrement pour la nage ?

L’acquisition de la locomotion terrienne s’est réalisée à travers un certain nombre d’étapes incontournables. Une succession de transformations, l’une rendant possible la suivante.

S’agissant de la nage, il ne peut en être autrement et le formateur se doit de connaître à la fois le « niveau d’organisation » actuel (structure) et le « dépassement » devenu possible (genèse).

La haute performance procèdera ensuite de la recherche du geste efficace (rendement) associé au développement de la puissance jusqu’à prendre en compte leur contradiction. 

raymond

 

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POUR CHANGER, PEUT-ON FAIRE L’ECONOMIE DES REPRESENTATIONS ?

 

Nous reprenons ici le titre d’un article de la revue Sport et Plein Air de 1988 rendant compte d’un travail effectué avec les participants du stage Maurice Baquet à BOULOURIS en 1987.

Tous les stagiaires du groupe natation étaient d’anciens nageurs (certains performants) ou des entraîneurs en fonction. Nous avions pour souci d’attirer l’attention des stagiaires sur les aspects spatio-temporels de l’organisation des nageurs.

La lecture de Piaget avait attiré notre attention sur les rapports entre la réussite en action et les représentations. La première n’implique pas, sans plus, l’exactitude de la seconde nous disait l’auteur.

C’est ainsi que préalablement à toute pratique en piscine, nous avons demandé aux stagiaires de représenter sur une ligne, les durées relatives des actions propulsives des jambes et des bras pendant un cycle de nage en brasse. Par convention, sur la ligne représentant la durée totale du cycle, au dessus un trait épais figurait la durée de l’action motrice des bras et en dessous le trait la durée de celle des jambes.

Ce travail a été repris bien des années plus tard ( en 2011 ) au stage d’Aix les Bains et a plongé dans la même perplexité les participants entraîneurs.

Nous suggérons donc à chaque lecteur d’interrompre ici sa lecture pour prendre le temps de se livrer au même exercice.

Pour commencer, tracer un segment de droite de 15 ou 20 cm. représentant la durée du cycle.

Au premier degré d’approximation une condition nécessaire pour que la phase soit considérée comme propulsive est que le segment considéré se déplace en sens inverse de celui du nageur.

Naturellement nous avons dans un second temps fait réaliser aux stagiaires un parcours filmé sous la surface pour en extraire les images d’un cycle et décrypté pour chacun les durées faisant l’objet de la représentation.

Voir plus loin les représentations spontanées des stagiaires.

Deux questions se posent :

1) est-il possible d’enseigner une activité dont on ignore la manière dont elle est constituée (structure) et son fonctionnement ?

2) En quoi la connaissance objective de l’activité (lorsqu’elle est établie) peut-elle guider le formateur ou l’entraîneur dans son activité de construction des nageurs.

Les faits semblent accréditer l’idée que bon nombre d’enseignants ne fonctionnent pas à partir d’une représentation objective de leur objet d’enseignement.

Par contre il semble avéré que le passage à une pédagogie de l’action ne soit possible que s’il y a adéquation ce qui est représenté et ce qui doit être enseigné.

Pour illustrer l’importance des représentations nous reproduisons la page 22 d’une publication sortie en 1920 ( LA NATATION SPORTIVE ET ÉDUCATIVE – LE WATER-POLO – ILLUSTRÉ PAR LA PHOTOGRAPHIE , Paul Boucher, Amand Girard, c1920, collection "Olympic" ).

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Quels commentaires appelle de votre part cette représentation de la brasse?

Et voici les représentations spontanées des stagiaires de 1987

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raymond

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TP - A partir des images sous marines de la nageuse entraînée par N

{youtube}GxHd_WSfRYI{/youtube}

Le film ne permet pas de faire des arrêts image par image. Il n’est donc pas possible « d’observer» les accélérations du propulseur.

Toutefois l’arrêt sur image reste possible mais l’image devient très floue.


- L’orientation du grand axe du corps :

Le grand axe du corps n’est pas aligné sur l’axe de déplacement ; la tête de la nageuse sort en grande partie de l’eau, son regard est dirigé vers l’avant.


- L’orientation de la pale pour construire la masse d’appui :

La pale main-avant bras n’est pas orientée vers l’arrière au point le plus avant.

La pale est orientée vers le fond pendant la traction, le coude franchit la verticale de l’épaule nettement avant le bout des doigts.

L’épaule reste en surface pendant le trajet de la pale.

Le coude commence à remonter vers la surface dès la verticale de l’épaule, la pâle s’oriente vers l’arrière avant de sortir de l’eau.


- L’amplitude du trajet de la pale vers l’arrière

Trajet pale orientée de faible amplitude.


- La grandeur de l’accélération réalisée

Le recul est important. L’accélération ne peut être visualisée par la succession d’images.

 

Si je devais entraîner cette nageuse :

1- Construction du corps projectile : alignement, indéformabilité, immersion

Puis

2 – Construction du corps propulseur :

Ebauche du corps propulseur 

puis intégration de la ventilation

Construction de pale

Repérer son corps dans son espace d’action

Force d’intensité croissante

3 - Mise à l’épreuve de la durée…. 

MB

 

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REAGIR AU T.P.

 

Lors d’un stage de formation, Marc demandait à ses stagiaires de se représenter, d’imaginer ce que l’on verrait du nageur entraîné au terme de l’action de l’entraîneur. On peut supposer que le stagiaire mobiliserait toute ses connaissances pour « dresser le portrait » en ayant recours au souvenir des images des meilleurs nageurs.

Cette représentation concerne à la fois la posture et les mouvements caractérisant le haut niveau de fonctionnement. En d’autres termes une référence à un modèle théorique regroupant ce qu’il y a actuellement de meilleur dans l’organisation de plusieurs champions et éventuellement d’aspects logiques, non encore apparus mais susceptibles d’être réalisés.

L’image que se fait l’entraîneur de ce nageur idéal sera mobilisée par lui pour la comparer à la réalité qu’il observe pour relever les « anomalies » ou les carences et souligner ainsi un ensemble de transformations nécessaires et souhaitables chez le nageur qui lui est confié.

Selon son niveau de compétence ou de formation, l’observateur dressera une liste et tentera une suite de modifications ou fera des hypothèses sur les obstacles à franchir dans un certain ordre. Chronologiquement dirons-nous ! S’il envisage la structuration du fonctionnement ou dans l’ensemble des fonctions, il tentera de dégager, à l’étape actuelle de construction, la fonction momentanément subordonnante qui en toute probabilité se trouve impliquée dans le niveau de fonctionnement dont il vient de recueillir les images.

Parallèlement, l’expert organisera son observation du ou des nageurs, de préférence avec des outils qui deviennent indispensables, si les phénomènes observés le sont sous la surface et à une certaine vitesse comme cela est le cas pour des cycles de nage dont la durée peut être voisine de la seconde. L’immense avantage devenant celui de pouvoir multiplier en les dissociant ses observations.

Son attention sera portée dans un premier temps sur la posture et ses modifications avant de s’attarder sur les mouvements des propulseurs ou des équilibrateurs.

Il gagnera un temps précieux s’il fait référence aux points remarquables des paramètres d’un cycle qu’il comparera éventuellement au précédent ou suivant.

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La main gauche pénètre dans l’eau loin devant la tête, paume à l’oblique vers l’arrière.

Dans sa phase propulsive, le bras droit s’est porté vers l’arrière sans que la pale s’oriente de manière à pulser des masses d’eau vers l’arrière.   On remarque une rupture d’alignement de l’axe de la tête relativement bien placée tandis que la ligne bassin épaules indique un enfoncement du bassin.

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A partir de son entrée à l’eau, le bras droit qui n’a jamais atteint l’extension complète s’est enfoncé en provoquant un redressement du tronc. La tête en grande partie sortie de l’eau demeure dans le prolongement du tronc. La suite des images laisse penser à une prise d’inspiration. Cette image correspond au P AV référentiel exo centré.

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Lors du passage du bras gauche au point profond, on retrouve un alignement et une immersion satisfaisants corps - tête. Par contre le propulseur marque un retrait du coude préjudiciable à une prise efficace de masses d’eau.

Lire la suite : REAGIR  AU  T.P.

Cette image laisse apparaître un corps immergé et un alignement de la tête sur le tronc.

Elle correspond au point de fin de poussée, alors que le coude se situe pratiquement à la verticale de l’épaule. Le coude et la main sortent ensuite de l’eau sans que l’avant-bras se déplace vers l’arrière. L’action propulsive ne s’achève pas sur une extension complète du membre supérieur.

 

DIAGNOSTIC

Première hypothèse : cette nageuse « reproduit » des mouvements appris et stéréotypés.

Il serait intéressant de lui demander de faire voir hors de l’eau les mouvements qu’elle pense réaliser en nageant. Et immédiatement poser la question : à quoi cela sert-il ?

Selon les réponses : tenter un changement des mouvements. Consignes : la main droite pousse l’eau sous le genou gauche et la main gauche sous le genou droit

En l’absence de modifications significatives envisager les exercices systématiques de structuration de l’espace.

En ce qui concerne la respiration substituer au redressement de la tête une torsion dans l’axe aidée par le pivotement de l’ensemble du corps.

 

QUELQUES INFORMATIONS

- durée du cycle 1 sec 44

- passage dans l’eau 0 sec96

- durée phase propulsive 0 sec 36

  

raymond

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ENCORE UN T.P.

 

Pour la majorité des participants aux précédents TP, ces opérations se sont révélées positives.

L’analyse d’image exerce l’œil de l’entraîneur et l’amène à mobiliser ses connaissances, voire à les enrichir.

L’anonymat a levé les premières hésitations, toutes craintes de jugements. Ces derniers sont proscrits et chacun peut sereinement donner sa propre vision qui sera respectée parce que respectable. Cela n’empêche pas les points de vue d’être divergents et ainsi d’être confrontés.

La nouvelle formule se veut encore plus riche de potentialités d’échanges, non seulement entre formateurs et entraîneurs mais également avec la nageuse intéressée par sa participation consciente à ses transformations.

Nicolas est actuellement son plus proche conseiller et intervenant. Il nous a procuré plusieurs prises de vues mais pour la commodité et la simplicité nous ne retiendrons que celle qui suit.

{youtube}GxHd_WSfRYI{/youtube}

Il s’agit d’un passage rapide devant la caméra. Nous ne savons pas s’il a bénéficié d’un départ plongé ou d’une poussée initiale au mur.

Nous pouvons compter sur d’autres prises de vues ultérieure permettant d’identifier et objectiver des transformations. Nous considérons comme standard le fait de ne prendre aucune impulsion initiale et de réaliser la prise de vues à environ 10 m. du départ dans l’eau.

Chacun d’entre vous est sollicité pour encourager des amis à se joindre à nous. Notre liste d’échanges s’enrichira directement.

Merci à tous.

Raymond

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