Pédagogie

"la pédagogie ne consiste pas à demander mais à obtenir"

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Suite à la questione de Julien H:

J'ai une question pour Marc, Si j'ai bien compris, vous êtes Marc Begotti, entraineur national? Donc ma question est la suivante: je vais passer mon BE 2 En avril prochain en candidat libre, et je ne trouve personne qui puisse m'aider a le préparer.
Comment faire? Il va de soi que tout ce qui est dit sur ce blog, je ne pourrais le dire au jury!!!!!
De plus pour les entrainements énergétiques, je ne travaille pas en distance, mais en temporel au coups de sifflet, pour mieux cibler les filières énergétiques, (ex: 10min en alternant 30s VMA et 
30s 50% VMA). En effet je vais travailler avec le laboratoire de l'université de rennes, et dans ce contexte on vient de recevoir l'analyseur a gaz portatif étanche (K4B2), donc on va pouvoir expérimenter et améliorer l'entrainement en interval training calquer sur l'athlétisme mais adapté aux spécificités de l'eau.
Donc autant dire que si je parle au jury de ce que je fait a l'entrainement, ca risque d'ête difficile.
Pour info mes nageurs ont explosé leurs records en seulement 4 semaines d'entrainement, en utilisant les principes techniques,pédagogiques et didactiques de Raymond, et mes principes physiologiques (temporel et non distance), et ce n'est que le début!!!
Si vous pouviez m'aider pour cet examen? Si j'aurai pu venir voir vos entrainements, vos stages? Sachant que j'aimerais obtenir le même poste que le votre. Si on aurait pu échanger sur l'entrainement. 
Merci d'avance.

 

EXPLOSION

EXPLOSION (DES)INTEGRATION INCORPORATION

Julien ne manque jamais de poser les bonnes questions !
 Celle qu’il pose à Marc le 10 octobre concerne et interpelle les instances fédérales et les centres de formation. 
Acquérir les compétences professionnelles, voire l’expertise devrait aller de pair avec les connaissances dont la maîtrise pourrait se solder par l’obtention de diplômes.

Question actuelle pour Julien ! Problème non résolu pour François Tochon en 1989:

« une formation à la réflexion ne peut se concevoir que dans un va et vient HORS CONTRAINTE avec la pratique » plutôt qu’avec la personne dont le diplôme dépend. « Le discours sur l’enseignement réel (celui que l’on trouve dans le blog) dont on n’ose s’entretenir qu’avec les collègues s’OPPOSE au discours idéal, tenu par et pour l’institution …. avec le chargé d’évaluation » (diplôme). 
Le discours théorique est un discours idéal et décontextualisé. L’expert est un as du contexte dont la théorie reste implicite (le plus souvent); 
« si la théorie doit établir une relation avec la pratique, ce ne peut être que dans l’alternance de deux phases d’une MËME ACTIVITE et non comme deux domaines indépendants liés par un acte de foi.»

L’inadéquation des logiques de formation professionnelle presque générale tient à l’absence d’une réflexion contextualisée en situation et au pouvoir laissé à l’institution de DENATURER LES PRATIQUES. 
La réflexion sur la profession n’a rien d’un savoir universitaire que l’Institution imite !!!

Le « titre » de ce message est inspiré par la formule journalistique utilisée par Julien pour insister sur les progrès chronométriques de ses nageurs et sur laquelle je reviendrai dans ma prochaine intervention.

 Mais concrètement, Julien devrait pouvoir s’inspirer des écrits relativement récents et publiés par la FFN aux éditions Atlantica et qui, s’il les a intégrés, devraient satisfaire le jury.
 Autre vision : faire référence à son expérience à condition de l’argumenter à partir de références objectives mais éviter à tout prix des connaissances plaquées.

Qu’en pensent ceux qui ont eu l’expérience du B.E. 2 ???
 Jurys ou candidats !

raymond


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Suite à un échange verbal avec un MNS témoin de séances pratiques lors du dernier séminaire et témoin également d’une activité en grande profondeur pour faire découvrir à son enfant le corps flottant:


CROYANCE-CONNAISSANCE

Ce MNS énonçait un jugement libérant une parole trop longtemps contenue par solidarité corporative : « c’est pas comme dans le séminaire ,ils ont froid et ils ne font pas de natation ; avec nous, ils apprennent à nager » .
Si de mémoire, j’ai trahi la forme, je crois ne pas avoir transformé sa pensée !
Dans leur tâtonnement balbutiant, nos futurs BEESAN sont effectivement confrontés à des problèmes dont les solutions momentanément leur échappent. Les enfants sont effectivement beaucoup trop longtemps et trop souvent immobilisés à la goulotte.
La natation est avant tout une locomotion, locomotion en grande profondeur, locomotion sans matériel. Cette dernière est immédiatement possible dès lors que des ancrages successifs au monde solide se révèlent accessibles et utilisables. La structure du bassin leur offre une « goulotte » !
Après les tout premiers parcours, il devient indispensable d’abandonner l’échelle comme moyen d’entrer dans l’eau. Cela se traduit par passer d’entrer « un à la fois » à « entrer tous ensemble » soit un gain de temps considérable et acquisition d’une compétence de type éducation physique.
Le problème conjoint est celui du débutant survalorisant l’idée, d’un possible engloutissement possible. Cette idée (représentation) ne pouvant disparaître qu’avec et par la construction du corps flottant, il est impératif de réduire très vite et le plus possible les ancrages à deux mains simultanément, pour amorcer la locomotion, pendant cette dernière, mais aussi à partir de consignes banales impliquant le « toucher » d’une partie du corps avant chaque nouvel ancrage.
Ensuite, se libérer momentanément de tout contact pendant des instants très brefs (claquer des mains) avant toute nouvelle prise.
Ce sont là des choses très simples qui devront entrer dans le « vocabulaire gestuel » de nos futurs BEESAN.
Cette vision du MNS de service était juste et pertinente. Dommage qu’elle ne se soit pas exprimée librement pendant le séminaire.
La suite de son discours est plus contestable de notre point de vue lorsqu’il déclare, en toute bonne foi, que nager, c’est se déplacer en petite profondeur avec des flotteurs, tête hors de l’eau, puis sans flotteurs en grande profondeur, probablement en brasse, donc en se propulsant avec les jambes et s’équilibrant avec les bras.
A cette croyance, nous tentons de substituer des connaissances sur la manière dont les humains s’approprient le savoir faire le plus élaboré de leurs congénères.
Etudier et comprendre la culture natatoire, c’est ouvrir la voie à des progrès illimités qui passent par la construction d’un modèle rendant compte de la réalité, indispensable pour passer d’une pédagogie de reproduction de gestes à une pédagogie de l’action.

Saluons et remercions notre MNS contradicteur qui nous incitera à progresser.

raymond


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Suite à la question de Julien :

quelle tâches pour le repérage en dos?
Doit-on continuer a faire du repérage si l'articulation du poignet est mobile et non fixe? et doit-on alterner repérage a sec puis dans l'eau?


REPÉRAGE

SOUS le terme de repérage, on désigne une activité de structuration de l'espace indispensable à la réalisation d'actions orientées.
Lorsque le futur nageur se positionne sur le ventre à l'horizontale, la représentation initiale de son espace d'action reste, en quelque sorte subordonnée à celle de son espace propre.
En basculant à l'horizontale, ce qui était son haut est devenu son avant, ... ce qui était son arrière est devenu son haut.
Pour le vérifier on demande au sujet de pousser l'eau beaucoup plus fort vers l'arrière et l'on obtient trop souvent une poussée vers le haut révélatrice d'une représentation faussée de l'espace d'action.
notre anatomie : la présence des omoplates, nous interdit, sur le dos, de faire passer les mains dans le plan vertical sagittal.
D'ailleurs, les poussées orientées du nageur de dos se réalisent de part et d'autre du corps.
La tête étant fixée, les rotations des épaules permettent de rapprocher ces poussées de l'axe de déplacement.
Pour répondre directement à ta question, il me semble que sur le dos, oreilles immergées et bassin en surface on ne peut réellement construire que "la représentation de la surface".
Mais, si l'on a bien construit cette représentation de la surface sur le ventre (revoir les conseils et consignes de Mauro) négatif, lent etc... il y a une certaine transposition qui s'opère chez le sujet.
Il me semble également que dans le repérage, pour limiter à l'épaule les informations décisives, il était souhaitable de conserver les mains dans le prolongement de l'avant-bras (référence à Paillard :
" L'acte moteur comme facteur d'adaptation et de progrès évolutif " ).
raymond

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Suite à la question de Julien:

pour pouvoir bien onduler faut-il nécéssairement avoir une grande souplesse de la colone vertébrale (sous entendus que tout le monde ne l'aurait pas)?
Si non cela indique que je n'ai pas encore bien "trouver le truc" pour pouvoir sortir la tête a chaque ondulation (en nage complete j'ai un temps d'arrêt des bras, du fait que je n'ondule pas correctement, ce sont des grands mouvements amples)
Si non que puis je faire pour réussir?
Si non cela veut-il dire qu'il faut une sangle abdominale et lombaire très importante?
Si oui cela veut-il dire que je suis "foutus"?

 

OPTIMISME

Cher Julien : la patience est une vertu.
La sagesse en est une autre !
Il faut programmer la construction et accepter des étapes qui doivent se stabiliser pour servir de base au développement suivant.
À un stade élémentaire on peut estimer se trouver sur la bonne voie si la tête disparaît sous l'eau avant la rentrée des bras en avant.
L'entrée par la nuque étant déterminante, il semble souhaitable d'exagérer l'amplitude des ondulations.
Lors d'un stage deux filles de 12 ans ont ainsi nagé sans la moindre interruption plus de 3 kilomètres; à ce stade là : ce n'est pas la force qui prime.
Il convient également de s'éjecter, ce qui demande de la puissance.
Le travail sur la modulation du débit ventilatoire favorise le travail en force croissante à rechercher.
En résumé ne désespère pas.
Travaille la qualité !
La colonne vertébrale peut toujours gagner en souplesse.

raymond


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