Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

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Suite à la questione de Julien :

Que proposeriez vous pour travailler les appuis des bras?

Et suite à la rémarque de Raymon Catteau:

Sur le thème "appuis des bras", j'aurais préféré définir "se servir efficacement de ses propulseurs".



Se servir efficacement de ses propulseurs

Encore une fois je dois remercier la disponibilité de Raymond Catteau qui m'a proposé une traduction de mes réflexions et donc qui va me permettre de communiquer avec vous sans les difficultés causée de la différence du langage; et donc voila une version de mon dernier commentaire à propos des appuis des bras.

Je me hasarde à exposer mon opinion ou tout au moins une manière de procéder, la soumettant avec plaisir au crible de vos critiques.

Avant tout, plutôt que de me préoccuper des « appuis des bras », mon attention se concentre principalement sur l'efficacité de l'action locomotrice, cela au moins dans un premier moment. Seulement dans un second temps je chercherai à obtenir son meilleur rendement.

Le présupposé essentiel à partir duquel on peut procéder à la construction d'une action propulsive efficace, est que soit acquise, l'étape incontournable du corps flottant et du corps projectile. A ce point, il me semble que dans la recherche d'une action propulsive efficace, et donc si nous voulons des « appuis des bras », émerge une série de problèmes divers mais d'égale importance :

1 le maintien de la posture dans l'utilisation de l'action propulsive

2 la direction de la poussée

3 la capacité d'utiliser la plus grande surface du membre pour pousser l'eau

et ensuite,

4 l'intégration de la ventilation, afin que l'indépendance de la locomotion ne soit pas subordonnée aux capacités d'apnée

5 la recherche de l'utilisation de force croissante pour obtenir le meilleur rendement.



Simplement, à titre d'exemple, je signale quelques activités proposées durant le séminaire, quand le niveau d'évolution du groupe l'a permis, et aussi quelques activités que nous aurions voulu proposer en en ayant le temps et la possibilité.


Pour le maintien de la posture dans l'utilisation de l'action propulsive:

activité en apnée au terme du plongeon de départ ou des coulées, avec recherche d'amplitude et lenteur des actions de bras, en faisant particulièrement attention à la stabilité de la posture et avant tout de la tête.


Pour la direction des poussées:

toutes les activités de construction des points de référence, comme nous les avons personnellement expérimentées: lent, symétrique, simultané et négatif; avec une attention particulière à la « construction des plans », à la construction de l'«arrière» et à la distinction de la notion d'arrière par rapport à l'expérience terrienne et aquatique.


Pour la capacité d'utiliser la plus grande surface du membre (avant-bras + main) pour pousser l'eau:

en ce cas plus que dans d'autres, il se révèle évident que la compréhension succède à la réussite ; on peut demander de pousser l'eau avec la main, avec le bras, avec l'épaule également ; on pourra varier la demande à volonté pour faire expérimenter la plus grande surface propulsive possible en relation avec la (direction) arrière.

A mon avis, dans cette situation, la recherche de la profondeur constitue avant tout un élément didactique valide.

 

Pour l'intégration de la ventilation, pour que l'autonomie locomotrice ne soit pas subordonnée aux capacités d'apnée:

une fois obtenue une capacité suffisante d'apnée, faire expérimenter l'expiration avec la bouche, le nez, la gorge en les faisant varier en distance et combinaison.

Ensuite développer la capacité de faire pivoter (roulis) correctement le corps ; pendant le séminaire, j'ai personnellement expérimenté la proposition « main avant et main arrière légèrement croisées (au-delà de l'axe) pour l'inspiration.

A ce stade, augmenter la distance parcourue en portant l'attention sur le maintien de la posture, sur la réduction ou la disparition des temps d'arrêt : la ventilation est ainsi bien intégrée à la locomotion en demandant de prendre l'inspiration sur un nombre impair de coups de bras.


Pour la recherche de l'utilisation de la force croissante pour obtenir le meilleur rendement:

nous sommes désormais à un niveau évolué (au séminaire, nous ne sommes pas arrivés dans notre groupe à ce point), je proposerais un travail basé sur la variation de l'amplitude et de la fréquence, conservant toujours constants les paramètres vérifiables (comme le temps ou la distance parcourue) et évidemment le nombre de coups de bras.

L'attention au rythme de l'action propulsive, dont le retour rapide me semble un indicateur optimal, c'est fondamentale.

Je n'omettrai pas de proposer une activité de maintien de la vitesse après le plongeon de départ et, à un niveau plus élevé, un résultat à atteindre et à partir duquel s'organiser : en pratique, l'introduction de l'aspect compétitif, de se mesurer à des références chronométriques afin de développer la capacité à parcourir des distances à vitesse constante ou croissante.

mauro


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Suite à la question de Stéphanie:

récemment diplômée, je forge une expérience en ce moment sur un enfant de 4 ans sur le corps flottant en grande profondeur. Il s'avère que cet enfant qui n'a pas peur de l'eau a acquis au bout de 4 séances de 20 minutes tous les jours la flottaison dorsale en position dite "en flèche" mais n'arrive pas encore à effectuer la même chose d'un point de vue ventrale.
Si vous avez des propositions à faire pour m'aiguiller un peu dans la recherche de ce progrès... !

 

PROCESSUS et PRODUIT

Stéphanie nous donne une photographie d'un niveau de formation de son jeune élève au terme de ce qui correspondrait à la durée de deux séances pendant le stage de Dinard.
Dans notre proposition de formation du nageur, l'orientation ventrale se trouve privilégiée dans la genèse parce qu'elle implique la prise en compte de la ventilation (y compris dans la phase dite d'apnée). Elle précède et conditionne peut-être son équivalent en situation dorsale.
Sa stratégie de la grande profondeur visait la structuration de la représentation de l'espace d'action et parallèlement de celle du sujet : (schéma corporel) grâce à de multiples contacts de toutes les parties du corps avec les parois... et le fond.
Elle ne nous dit rien de l'étape de la remontée passive ni de celle qui l'induit : "rester au fond" !
Nous ne savons pas comment son élève se positionne en orientation dorsale et comment il en sort et pendant combien de temps peut durer cette "flottaison dorsale" (notre critère = plusieurs échanges ventilatoires).

Choisir une orientation dans l'eau (ne perdez pas de vue EQUILIBRE STABLE)
C'est avant tout choisir la forme qui fera que la pesanteur et la poussée d'Archimède par leur jeu combiné donneront au grand axe du corps une orientation en fonction de la FORME adoptée.

Savoir que dans l'eau "on ne tombe pas" jusqu'à atteindre l'horizontale se découvre lorsque en moyenne profondeur (eau entre genoux et hanches) on tombe comme un bâton sans la moindre déformation, bras dans le prolongement du tronc.
Un raffinement utile : la tête entre dans l'eau avant les bras !!!
Une solution AU RETOUR à la STATION DROITE par le seul rapprochement des genoux vers le contact des épaules facilite et encourage toutes les tentatives.

Au temps d'apnée suffisant, peut s'ajouter "l'ouverture béante de la bouche" pour relâcher le sujet.

Stéphanie devrait pouvoir retrouver dans ses notes de cours les propositions de "PASSAGES OBLIGÉS ainsi que leur CHRONOLOGIE (l'ordre dans lequel il semble logique de les construire).

raymond

 

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Suite à la question de MarcB:
pourquoi en brasse faudrait-il travailler en jambes seules alors que tu sembles prendre l'option de la nage complète pour les autres nages ?

BRASSE. Action d'ordre supérieur.

On entre ici dans un vieux débat sur l’apprentissage des modalités locomotrices dans la formation (construction) du nageur.
Il ne faut pas se cacher que la brasse présente toutes les caractéristiques d’une nage « terrienne » dans la mesure où l’on attend des membres inférieurs l’essentiel des accélérations du corps à chaque cycle.
Qui plus est, phases de retour et phases de poussée se réalisent dans l’eau.
Diminuer le freinage comporte une solution de retour relativement lent.
Le « relâchement » caractéristique des retours implique souvent une légère rotation externe de la cuisse avec des genoux plus écartés que les talons.
Pousser l’eau implique une orientation des faces internes du pied et de la jambe en rotation externe, laquelle n’est pas « naturelle » ou habituelle sur terre, elle voit les talons se placer presque à l’extérieur des hanches, pour réaliser une intense poussée rétrograde.
Rotation externe de la cuisse compensée par une rotation interne des segments distaux.
Pour ma part, j’aurais tendance à considérer la brasse comme une « action d’ordre supérieur » coordonnant deux actions plus élémentaires susceptibles de fonctionner à l’état séparé (Piaget) : se pousser avec les jambes et se tracter avec les bras.
Coordonner deux actions ne me posent pas problème, pas plus que coordonner bascule et impulsion dans les plongeons de départ.
On ne retombe pas dans la pédagogie du mouvement car se tracter ou se pousser constituent bien des actions qu’il faut « apprendre », qui poursuivent un but : se propulser et qui sont cohérentes (ne présentent pas de défauts ».
Pour les détails le lecteur se reportera à une réponse faite à J.G.
Mais le débat reste ouvert : comment font ceux qui conservent la « nage complète » ?

raymond


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Suite à la question de Yoann

Bonjour,
Je m'interroge sur les résistances à l'avancement. Je souhaiterais savoir quels sont les exercices qui vous sembles pertinents pour optimiser le maître couple et la trainée, dans chaque nage.
Merci, a bientôt

Yoann


PROGRESSION : passer à travers l'eau - accélérer

C'est une nouvelle piste intéressante proposée par Yohann.
Pour l'humain,
passer à travers l'eau en étant le moins freiné constitue une conquête déterminante de son adaptation au nouveau substrat.

Proposer une tâche nouvelle ne prend son sens (et ne devient efficace) que si elle transforme une organisation (manière d'être ou se comporter) caractérisée.
On part toujours (ou on le devrait) d'un savoir faire déjà là.
Et en même temps on ne peut proposer utilement qu'un progrès accessible (pas trop facile et pas trop difficile) pour préserver la motivation et l'intérêt.
La pertinence d'un exercice n'est pas liée à l'exercice lui-même mais à la situation à laquelle il correspond pour pouvoir déclencher le progrès attendu.
Le sens des progrès semble s'orienter vers un toujours plus à l'horizontale et un toujours plus allongé. Plus immergé mais en préservant les solutions ventilatoires.
Alignement et indéformabilité sont à prendre en considération.

Il nous semble que ce qui précède devrait se retrouver dans la posture ou l'organisation posturale des nageurs.
En quelque sorte caractériser l'embarcation (le corps dans son ensemble), mais il ne faut pas oublier que pour passer à travers l'eau il faut
disposer initialement ou périodiquement de vitesse.
Dans toutes les nages on trouve des moments ou le corps glisse à partir de la vitesse acquise et des moments où ayant perdu de la vitesse il doit en récupérer,
accélérer.
Nous avons suggéré de distinguer sans les opposer des phases ou le nageur est projectile et des phases dans lesquelles il se propulse.
Pour conclure en comprenant que ce n'était pas cette réponse attendue par Yoann je dirais volontiers que les exercices les plus appropriés à ses attentes concerne l'organisation de la "posture", l'organisation de ce qui ne bouge pas lorsque le nageur se déplace et que le positionnement de la tête pour orienter ou piloter le corps est quelque chose de primordial.

raymond

 

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Suite aux questions de J.G.:

Bonsoir, je n'ai pas abandonné mon questionnement, j'attendais que la posture ondulante de mes apprentis nageurs se stabilise.
Nous n'avons abordés ce thème que la semaine dernière car j'ai préféré améliorer encore le corps projectile et propulseur des nages alternées la semaine d'avant.
La difficultée majeure que j'ai rencontré fut d'obtenir des entrées et sorties réellement par la nuque et le front. Beaucoups d'enfants se contentaient d'une approximation amenant des entrées sorties avec une nuque peu mobile entraînant une "cassure nette" au niveau du bassin.
J'ai pu finalement observer lundi de cette semaine des progrès significatifs que je compte poursuivre en fin de semaine pour les stabiliser.
J'espère pouvoir bientôt greffer la propulsion des nages simultanées sur cette posture ondulante, nottament celle des jambes en brasses. ( Pour les bras nous avons commencés à nous propulser pour rentrer par la nuque le plus loin de l'endroit où le front est sorti).
Cela me ramène donc à ma question initiale:Comment peut on envisager la propulsion des jambes en brasse sans entrer dans un apprentissage analytique et descriptif.

Le fait que j'ai préféré continuer l'amélioration du corps projectile et propulseur dans les nages alternées avant de travailler sur la posture ondulante m'amène une autre question.
Puisque une étape n'est jamais atteinte à la perfection dans la construction d'un nageur, à partir de quels critères peut on aborder l'étape suivante? Autrement dit, jusqu'où va l'intransigeance? Vaut il mieux persévérer dans un objectif (au risque de s'enliser?) ou passer au suivant pour revenir ensuite sur l'objectif précédent?

 

BRASSE: propulsion

Les remarques de notre collègue JG du 28 nov témoignent de la pertinence de sa démarche.
Il est assez logique de rechercher le corps projectile des nages alternées avant d’aborder les ondulations.
Nous avons tous connu les mêmes difficultés « majeures » qu’il signale et le pas en avant consiste à identifier les obstacles rencontrés par ceux qui ne réussissent pas d’emblée.
Pour avoir le temps de replonger par la nuque, il faut s’être élevé plus haut et donc avoir utilisé les MS pour s’éjecter plus. Les débutants n’ont pas toujours la puissance suffisante et doivent donc exagérer l’amplitude de l’ondulation.
Les obstacles les plus fréquents peuvent être liés à une perception décalée du corps en action et parfois à la morphologie (le cou court). Travail avec le contact simultané du cou et des orteils au sol.
Pour aborder la propulsion il est bon de caractériser chacune des nages simultanées :
- papillon = nage tractée rôle prédominant des MS
- brasse = nage poussée rôle prédominant des MI.
Il me semble que l’on puisse mener de front ce qui se fait avec les MI et les MS en brasse.
Pour les MS la nage immergée rapide, bras seuls, en situation ventrale puis dorsale facilite leur utilisation ultérieure dans les nages simultanées.

Question initiale : passer des mouvements aux actions implique « pousser des masses d’eau »
Donc les produire et les diriger en sachant qu’anatomiquement l’homme n’est pas favorisé par la disposition de ses articulations de la hanche du genou et du pied.
Ce qu’il a trouvé de plus efficace, c’est d’utiliser les surfaces internes du pied et de la jambe en tant que « pale »..
Ces dernières doivent se porter en rotation externe pour compenser la nécessaire rotation interne de la cuisse.
Notons encore que le « retour relâché » implique des genoux plus écartés de l’axe que les talons (repère).
On peut commencer par rechercher une action analogue sur terre (bien que peu habituelle dans le caractère simultané) cf. : la passe de l’intérieur du pied en foot.
Pour utiliser les deux pieds ensemble la position assise facilite la poussée de 2 médicine ball. En face de soi avec intensité (les envoyer loin)
Dans l’eau, assis au bord du bassin reproduire la même action pour projeter devant soi beaucoup d’eau.
Avantage de cette situation : se donner des repères d’orientation du pied et de la jambe par contact de l’extérieur du pied avec le mur avant d’initier la poussée.
Autre forme possible de poussée par extension des jambes sur les cuisses en se mettant préalablement à plat ventre sur les plots de départ , talons à l’extérieur des hanches, intérieur des pieds confiés à la résistance raisonnée d’un camarade opposant ses mains.
Progressivement = pousser avec plus de force ou en force croissante (vitesse)

Parallèlement ou peut être antérieurement, vérifier le nécessaire degré de souplesse des articulations du MI en venant s’asseoir entre les talons (départ jambes écartées) et en conservant le dos droit (vertical)
Le travail avec un aide permet de se retenir dans la flexion des articulations en donnant les mains au camarade. (il peut accompagner la descente et la remontée)
Attention ne jamais forcer ou atteindre la douleur. Là encore le travail patient er modéré se révèle payant.
Dans ce type de travail à deux on peut ensuite développer la puissance de la poussée des jambes en se relevant activement.
Dans l’eau : sur le ventre, bras le long du corps, déplacement par la seule action des jambes
La poussée étant déclenchée après le double contact de l’extérieur des pieds avec les doigts.
Retour lent recherche du rythme alternant « projectile-propulseur ».
Même dispositif sur le dos
Etc…

Seconde question : jusqu’où va l’intransigeance ? Je répondrais volontiers « toujours !»
Mais en prenant son temps.
L’intransigeance soulève le problème de la didactique, de la construction. Chacun sait qu’un élément déficient de l’infra structure fragilise la structure.
Se greffe sur cette exigence le problème pédagogique, lequel s’accommode toujours, lui aussi, de la patiente recherche de solutions efficaces. Il faut du temps pour que les choses se transforment = alors pas tout en même temps mais ne rien oublier ! Ne rien négliger !
Nous sommes en présence d’une dialectique = unité de la contradiction.
les autres tâches utilisées par nos lecteurs sont les bienvenues

Bon courage et à bientôt pour une nouvelle évaluation !

raymond

 

Une jeune nageuse de club filmée en stage.

 

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