Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

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Suite à la question de Olivier :

 

Bonjour

Je profite de ce dimanche soir pour vous donner quelques précisions sur mon niveau de natation.

J'ai commencé la natation il y a seulement 2 ans, je suis à la base un terrien gymnaste petit et trapu, loin du morphotype du nageur.

Mes temps sur 100 mètres ne sont pas honorables, je dois tourner en 1min 45 et sur 1500 en 40 minutes (mon entrainement varie enter 3h30 à 4h30/semaine - je travaille et dois placer la course le vélo et la vie de famille). J'ai noté qu'au bout d'un moment ma nage devient plus facile, je pense que je fatigue et de fait deviens plus souple et moins crispé dans l'eau. Concernant mes jambes, celles-ci tombent naturellement au fond du bassin, je vous passe les détails en watter polo - ma résistance et ma trainée...

D'après ce que j'ai pu lire je pense que je suis du type moulin qui s'essouffle. J'ai visualisé de nombreuses vidéo et écouté de nombreux coach et même si j'arrive à visualiser cette fameuse glisse j'ai du mal à la reproduire. Je pense qu'il faut que je recommence à la base avec des exercices de glisse pour matérialiser mon corps dans l'eau et la façon dont je flotte. A nager avec des plaquettes et trop de tension j'ai une tendinite à l'épaule, aussi je compte mettre à profit cette période de repos pour me livrer à des exercices plus en adéquation avec ceux que vous décrivez.

 Pour prendre conscience de son corps flottant pensez vous qu'il soit plus à propriété de commencer sur le dos avec des exercices de rotation, l'idée serait de nager sur le dos, puis de basculer en laissant une épaule en dehors de l'eau pour petit à petit s'immerger tout en gardant cette idée de rotation. D'après mon analyse des vidéos la tête est bien souvent fixe mais les épaules déjaugent comme si le corps tournait autour de la tête.

Bien à vous

 

Triathlète : un challenge à relever – suite

 

A défaut d’images, de précieuses informations nous sont données par Olivier pour lui proposer quelques pistes en vue d’améliorer ses performances en nage.

Il peut consacrer à la natation de 3h30 à 4h30 par semaine. 3 séances seraient souhaitables.

Il multiplie les recherches tant orales qu’écrites et l’on peut caractériser les réponses qu’il a obtenues comme découlant de « la connaissance copie ». On propose à des débutants des exercices en usage dans la haute performance. Le plus bel exemple est l’utilisation de plaquettes qui au lieu de le construire le détruisent (Tendinite) !!!, tout en retardant ses progrès.

Donc, s’il veut bien nous faire confiance : 

Première consigne abandonner à tout jamais l’usage d’accessoires quels qu’ils soient !

Son niveau actuel lui permet de nager un 100m. à la vitesse de 0.95 m/sec et un 1500 m. à 0.62 m/sec. Peut-être consacre-t-il un peu de temps au water-polo ?

Après deux années de pratique natatoire sa trajectoire semble poser problème.

Pour nous, les voies de progrès à réaliser s’inscrivent actuellement dans la construction du corps projectile et dans la recherche de solutions ventilatoires.

Un test de flottabilité peut nous aider à préciser le type de tâches à préconiser : il consisterait à inspirer un maximum d’air et à prendre la posture corps vertical, bras et épaules immergées en portant la tête en hyper extension, oreilles immergées et bouche grande ouverte à la surface. Peut-il ainsi demeurer immobile ?

En s’inspirant du « record du monde » de Benoit sur le site, il pourrait commencer chaque entraînement par une dizaine d’entrées dans l’eau en partant du plot et en cherchant à entrer dans l’eau le plus loin possible pour parvenir à la surface au-delà des 12.5m., bras dans le prolongement du corps et tête sous les bras.

{youtube}L-VqadvqRiE{/youtube} 

Un point positif : il nous dit avoir la tête fixe que l’on voudrait voir totalement immergée (en dehors des moments où il doit inspirer) et second point positif un corps qui pivote par rapport à la tête. (Je crains qu’il ne considère pas cela comme quelque chose à combattre !), alors que c’est pertinent et donc à maintenir pour « passer au dessus des appuis à chaque coup de bras ». La dislocation du bloc « épaules-tête » est fondamentale.

Dans sa locomotion, il lui faut mettre l’accent sur l’amplitude, « faire de très grands mouvements » au détriment de la fréquence et donc « tourner lentement les bras » sur de longues distances. Nous ne savons pas combien il utilise de coups de bras pour parcourir une longueur de bassin. Leur diminution constante sera un indicateur de progrès.

Deux modalités pour y parvenir : sortir de plus en plus loin à chaque virage et réaliser de grands mouvements.

Ensuite et dès que possible (car il ne faut que se donner un objectif à la fois) il lui faudra mettre l’accent sur l’expiration complète. Et donc expirer continuellement sur un grand nombre impair de coups de bras. Nous ne savons pas encore s’il inspire actuellement toujours du même coté ? Ensuite il cherchera à réaliser le plus grand nombre de coups de bras qu’il peut maintenir sur des distances longues parcourues sans le moindre arrêt.

Il doit commencer par se construire en « nageur de distance ».

Ce programme devrait lui prendre plusieurs mois. Nous sommes impatients de connaître son évolution et disposés à l’aider, à chaque étape intermédiaire pour préciser, s’il le faut, d’autres points importants.

raymond

 

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Suite à la question de Olivier :

Bonjour

J'ai pu connaitre ce site sur un télé-siège assis à côté d'une entraineur de natation qui appliquait vos principes. Etant moi même triathlète je lui expliquais la difficulté à progresser et la sensation de se battre contre l'eau qui fait dépenser une énergie inutile. Nos entrainement se bornent à aligner des longueur mais je n'ai pas l'impression que cela aide à progresser.

D'où mon intervention pour vous demander comment cela se passe concrètement comment devient on court flottant ou corps projectile ? Existe-t-il des éducatifs autre que le rattrapé pour nous permettre de sentir l'eau ? Les triathlete ne sont pas tous des nageurs à l'origine et même si c'est la partie la plus courte sur un triathlon c'est celle qui demande une technicité accrue et où les sensations sont vraiment différentes.

Je sais que ce site est orienté entraineur plus que nageur mais je me dis que justement c'est le moyen d'avoir les bonnes réponses de l'avis d'un oeil critique qui a permis à la natation française de sortir de son marras. C'est vous avez des aides, des techniques je suis preneur.

Je vous remercie par avance de votre aide.

Bien à vous

Olivier

 

Triathlète : un challenge à relever

 

Nous remercions Olivier de nous faire part des difficultés spécifiques rencontrées par un athlète confronté à la réalisation d’une performance multiforme comprenant un parcours nagé.

Si nous parvenons au travers d’échanges à le rendre beaucoup plus performant, cela validera la pertinence de notre modèle théorique du fonctionnement du nageur.

Pour pouvoir l’aider efficacement à l’aide d’un « télé entraînement » il nous faut un minimum d’informations significatives telles que la durée et la fréquence hebdomadaires de ses entraînements ; ses performances actuelles sur 100 et 1500 m. Par ailleurs, les moyens d’enregistrement d’images pourraient nous le montrer parcourant la troisième longueur d’un 100m. ou d’une distance supérieure.

Lœil critique qu’il évoque est effectivement déterminant pour définir la hiérarchie et la chronologie des problèmes à résoudre à travers les tâches qui lui seraient suggérées.

Nous devons être en mesure de lui proposer un programme d’entraînement.

Nous ne savons pas si, dans sa nage, la fixité et l’immersion de la tête contribuent à aligner son corps en le préservant d’une trop grande déformabilité.

Nous ignorons tout de ses solutions ventilatoires.

Il nous dit « aligner des longueurs » en ayant la sensation de se battre contre l’eau et donc avec un faible rendement.

Ceci nous laisse penser qu’il continue à « être terrien dans l’eau » en n’ayant pas construit sa propulsion en force croissante pour accéder à l’efficacité.

Valorise-t-il l’amplitude au détriment de la fréquence ?

Il ne doit pas être le seul triathlète à consulter notre site et nous encourageons ceux qui partagent ses options à lui apporter leur aide.

Nous sommes en présence d’un challenge à relever.

raymond

 

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V. qui fut nageuse de compétition avant de devenir entraîneur, a suivi plusieurs stages de type Mirano, tant en France qu’en Italie. La pertinence de ses questions s’en ressent :

«  En dos, des obstacles de nature anatomique influencent la trajectoire subaquatique des surfaces propulsives : à partir des épaules, les articulations du coude et du poignet et leurs orientations par rapport au corps jouent un rôle important en direction du déplacement.

Du point de vue pédagogique, comment apporter les informations sensitivo-sensorielles pour bien orienter les segments ? Comment dissocier la mobilisation des épaules et les articulations des membres supérieurs dans leur liaison au tronc ? »

 

Dos : construction

 

Comme à propos de la nageuse de brasse, quelques images de Roxana (combien experte puisqu’elle fut championne du monde) vont nous aider à repérer ce qu’il est souhaitable d’obtenir au terme d’une construction :

Partir de la posture de base obtenue à travers la construction du corps flottant : tête stabilisée avec les oreilles immergées, le corps aligné, bassin proche de la surface fera gagner beaucoup de temps.

La structuration de l’espace du corps et de l’espace d’action se trouve renforcée à travers un travail simultané, symétrique, lent et négatif à propos duquel le passage dans un plan vertical se trouve exclu en raison des contraintes anatomiques évoquées par V.

Cependant la recherche de profondeur et d’amplitude des déplacements des membres supérieurs doit être recherchée et particulièrement respectée lorsque l’on construira le « rythme de base » pour faire disparaître les tendances d’arrêts des mains aux cuisses (au terme des poussées) et obtenir un temps d’arrêt mains dans le prolongement du tronc (temps projectile). Le retour rapide complète la conquête de ce rythme de base.

Le passage à la nage alternée va supposer la capacité de fixer la tête pour mieux mobiliser les épaules vers le haut, l’avant, le bas, l’arrière. Cette rotation des épaules facilite à la fois la recherche de profondeur des surfaces propulsives (les pales) et le retour rapide hors de l’eau.

Je ne pense pas, comme le suggère le texte de V. qu’il s’agisse d’une dissociation mais bien d’une « coordination élémentaire » obtenue par le déplacement de la pale ne cessant de construire et déplacer la fameuse « masse d’appui » en force et (donc) vitesse croissantes.

La posture de base verra la préservation de l’alignement du corps entraînant la rotation simultanée du bassin et des épaules. Ce jeu permettra aux jambes de compenser par leur action rééquilibratrice les déviations produites par les mobilisations de masses d’eau à distance de l’axe de déplacement.

S’agissant d’informations sensitivo-sensorielles, elles se trouvent sans cesse en jeu et à Borgo nous avons proposé un exercice valorisant l’amplitude et la puissance de la poussée à partir d’un appui d’une main sur le rebord de la piscine :

Nous reviendrons sur ce thème en souhaitant que nos visiteurs s’expriment comme ils l’ont fait à propos des images de brasse.

raymond


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Suite à la question de Tristan:

Questionnement sur le dos.

Bonsoir!

Je suis étudiant en Staps et je ne saisis pas les principaux aspects de la coordination et de la synchronisation de la nage dorsale (le dos)?  Ainsi dans ce domaine il faut traiter de la respiration en différents temps ou alors de la coordination jambes bras?   Fixation de l'axe tête tronc?

En vous remerciant

Cordialement

Tristan

Coordination Synchronisation – suite : le Contrat Didactique

 

Sous ces termes on envisage les règles et les dispositions régissant les relations enseignant – enseignés.

Tristan, étudiant en STAPS, aborde vraisemblablement un cycle consacré à la natation.

Je présume que le travail qui lui est demandé implique le recours à des informations qui lui ont été données à propos d’un cours de son professeur ou à une recherche bibliographique à moins qu’il été convié à une analyse de film.

Je ne connais pas le cadre de références de ses enseignants, les auteurs à étudier, les thèmes abordés (technique, pédagogie, didactique…etc.).

Mais les deux mots associés à distinguer me font penser à leur origine historique (1974) et sémantique dans « L’enseignement de la natation » le Catteau-Garoff !

La description des mouvements dans l’espace/temps impose de considérer isolément des événements qui se déroulent simultanément. On est donc contraint d’envisager le « travail des membres supérieurs » avant ou après celui des membres inférieurs.

Dans chacune de ces descriptions ce qui se passe du côté droit, dans les nages alternées, ne se réalise pas aux mêmes moments du côté gauche. Et pour rendre compte de ce qui constitue un cycle de nage on fournit des repères de « coordination » dans l’espace/temps.

Lorsque dans un souci de synthèse on envisage d’évoquer la façon dont se coordonnent les actions des membres supérieurs par rapport à celles des membres inférieurs un scrupule peut vous inciter à trouver un autre terme et c’est ainsi que par convention sémantique, le terme de synchronisation s’est trouvé proposé.

C’est ce qui explique qu’à propos des nages simultanées que le recours à la « coordination » n’ait pas lieu d’être évoqué.

Il importe donc que l’étudiant définisse le sens des termes qu’il emploie. C’est la première condition de la pensée rationnelle.

Un autre point à préciser concerne le contenu de l’exposé.

S’agit-il d’une description des mouvements du nageur ? D’une étude de son fonctionnement impliquant alors la mise en évidence de coordination des fonctions ?

Dans le premier cas, on évoque les éléments de référence de la pédagogie traditionnelle (les mouvements) et dans le second, on se construit des repères de la pédagogie de l’action.

raymond


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L’Étoile de Mer :

une fausse « bonne solution »

 

«Le bon sens est le chemin le plus sûr qui conduit à l’erreur», disaitl’astrophysicien Marcel BOLL. En l’occurrence, au sein même de nos petits etgrands bassins, cette affirmation est également vraie. Démonstration de la contreproductivité d’un de nos exercices pédagogiques « basiques » ...

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Parmi les exercices proposés aux débutants, il en est un dont l’origine demeure assez obscure, c’est l’« étoile de mer », situation dans laquelle le corps à la surface de l’eau, se trouve stabilisé par l’écartement des bras et des jambes, en position ventrale et également dorsale.

Il fait partie du « folklore pédagogique », des exercices que l’on propose sans en connaître les raisons, sans en évaluer les conséquences, simplement parce que « tout le monde le fait ».

Cet écartement des membres en augmentant le « bras de levier » diminue l’amplitude et la vitesse des rotations autour du grand axe du corps, rotations appelées « lacets » ou « vrilles ». Il est donc d’emblée préconisé pour conserver l’orientation du corps à plat en surface.

En effet la situation d’équilibre, résultant des effets conjugués de la pesanteur et de ceux de la poussée d’Archimède lorsque leurs centres se trouvent rapprochés, parait difficile à maîtriser volontairement voire impossible.

 

Démonstration scientifique

 

Le mécanisme de régulation de l’équilibre échappant à la volonté s’est construit sur terre dans la conquête de la station droite et de la marche. Il est contrôlé par le cervelet dont on sait qu’il ne donne pas d’images conscientes.

Son rôle essentiel consiste, dans la station droite, à remettre le plus tôt possible la verticale du centre de gravité au milieu du « polygone de sustentation » dès que s’amorce un déséquilibre. Il commande alors la tonification (la contraction musculaire n’ayant pas pour objet le déplacement dans l’espace de segments du corps) des muscles du côté où le corps commence à pencher.

Cette tonification de l’hémicorps a pour conséquence une augmentation relative de sa densité, ce qui sur terre se révèle sans effets parasites.

Ce que chacun de nous a construit sur terre, c’est cette capacité à réagir très rapidement à tout éloignement de la verticale par une contraction automatique et involontaire des muscles posturaux du côté où s’amorce le déséquilibre.

Il s’agit d’éviter que la verticale du centre de gravité sorte du polygone de sustentation, ce qui aurait pour conséquence, sans cette réaction, une chute irrécupérable.

Une rotation amorcée dans l’eau est perçue et vécue comme le point de départ d’une chute et déclenche immédiatement et involontairement la contraction des muscles posturaux du côté où le sujet commence à tourner.

Cette moitié du corps devenant plus dense vient se placer en dessous de l’autre moitié « non contractée », et de ce fait, accroît le déséquilibre au lieu de le compenser.

De même que sur terre chacun s’est adapté à « lire » l’amorce du déséquilibre et à ajuster progressivement la réaction posturale (tonique) correspondante en multipliant l’expérience des circonstances provoquant des chutes, de même dans l’eau, priver le débutant des expériences de rotations autour du grand axe du corps et des ajustements aboutissant à son annulation, c’est retarder la construction des solutions automatiques de la réalisation de sa posture de nageur.

Les rotations autour de l’axe ne sont pas à éviter elle doivent être vécues.

Puisse toute la corporation des enseignants en natation prendre conscience du problème et ranger au musée du folklore pédagogique cette fameuse « étoile de mer », qui devient ensuite un obstacle à la construction de solutions ventilatoires en nage libre.

raymond

 

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