Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

0
0
0
s2smodern

Départs en DOS, confrontation


Beaucoup de personnes se demandent si les deux modalités sont équivalentes ou plus fréquemment si un avantage décisif ferait opter pour l’une ou l’autre.

La réponse pourrait être différente selon les sujets mais également dépendre du degré d’appropriation de la nouvelle solution par les nageurs.

Une première confrontation vous est proposée d’un départ simultané (déclenché par le même commandement) de Dylan et d’une de ses camarades de club aux performances approchées.

Chacun aura constaté que le temps (durée) requis par le départ du plot semblait excessif !

Cette durée serait considérablement raccourcie si la verticale du centre de gravité de Dylan se rapprochait de l’extrémité du plot. Entre le signal et le déclenchement du déséquilibre vers l’avant un temps précieux pourrait être gagné.

Faute d’avoir pu réaliser un montage superposant la coïncidence des deux débuts d’impulsion nous livrons ces images à votre lecture.

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

Départs en DOS

{youtube}qk_FNfqD4fI{/youtube}

Jean-Christophe et Philippe se sont associés pour nous offrir ces images de Dylan réalisant, selon deux modalités un départ de nage sur le dos.

Nos visiteurs on pu apprécier l’innovation et se questionnent sur son avenir.

Au-delà de la prouesse peut-on imaginer un gain de temps appréciable pour les épreuves de nage sur le dos dans les compétitions ?

Mécaniquement, le fait de partir de plus haut pour réaliser une trajectoire aérienne en entrant plus loin fait pratiquement disparaître les résistances jusqu’au point d’entrée et assure une plus grande vitesse horizontale à l’entrée à l’eau et au-delà.

Cependant il convient d’évaluer également si les phases qui précèdent l’impulsion déclenchée par le nageur ne requièrent pas une préparation coûteuse en temps ?

Le point délicat se situe avant et à partir du commandement préparatoire « à vos marques » !

Le règlement stipule bien que le nageur doit se tenir immobile avant le signal de départ effectif. Cela implique que son centre de gravité se situe en deçà de la verticale du plot et du mur.  Dans le départ classique, par contre, ce centre se trouve déjà au-delà de ces mêmes repères.

Les images nous montrent également que le déséquilibre qui s’accompagne d’un fléchissement de tous les segments les uns par rapport aux autres pour être accéléré,  demande un certain temps.

Mais il permet de donner au corps durant l’extension de ces segments un temps d’accélération ou d’impulsion plus long.

La direction de l’envol est ascendante jusqu’au point haut de la trajectoire et voit la concavité dorsale se creuser pour amorcer le trajet descendant vers la surface de l’eau.

Rapidement cette dernière précède la zone d’ondulations qui retarderont la perte importante de vitesse avant la reprise de nage.

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

OBSERVATION AFFLIGEANTE

 

L’enseignante qui travaille dans les couloirs 3 et 4 semble faire preuve d’une certaine « autorité » pendant qu’elle expose à son groupe d’élèves le « contenu » de la séance qui les attend. Elle se tient près d’un plot de départ, un carnet en mains tandis que les élèves, lui font face, rassemblés et semblant attentifs. Cet « exposé » dure plusieurs minutes.

Enfin quatre parmi eux sont envoyés sur la plage latérale à 7 ou 8 mètres de l’extrémité du bassin. Ils ont probablement la consigne de « regarder » ceux qui vont nager.

Quatre autres, à raison de deux par ligne d’eau attendent un signal pour commencer un parcours nagé. Des remarques sont adressées au reste du groupe en attente.

Enfin le signal est donné et les « nageurs » plongent plus ou moins efficacement, la tête émergeant nettement avant le changement de couleur des lignes de nage. Leur crawl saccadé est caractérisé par la tête émergée, et agitée en même temps que les épaules avec lesquelles elles constituent un « bloc ». Aucune amplitude des mouvements et cadence relativement élevée. Ils prolongent leur parcours utilisant cette nage rudimentaire. Arrivés à l’extrémité du bassin, ayant couvert les 25 m., ils sortent de l’eau et viennent remplacer les camarades postés sur la plage. L’enseignante prend des notes.

Nouvelle intervention verbale. Elle finit par désigner quatre autres élèves qui s’approchent du bassin et attendent le signal.

La perplexité me gagne lorsque je constate qu’en dix minutes moins d’un quart de la classe (quatre élèves) a nagé 25 m. tandis que les autres restaient sur le bord plus ou moins « intéressés » par ceux qui étaient en train de se déplacer dans l’eau.

Une heure de piscine pour parcourir 25 m. !!! Qui plus est : aucune transformation, aucune correction ou remarque de l’enseignante, pas de nouvelle tentative, aucun progrès possible ou envisagé. Etait-ce une séance de natation ???

Conviendrait-il de blâmer cette enseignante ? Ou de la féliciter ?

Un inspecteur pédagogique serait tenu de lui attribuer une très bonne note pour son zèle ou son respect de la contrainte « officielle ».

Pour ma part j’ai cru pouvoir interpréter le sens de « sa » séance en me souvenant de la récente parution au Bulletin Officiel « spécial » 5 du 19 07 2012.

Et je ne puis résister au plaisir de vous en livrer l’essence !!!

 

Principes d’élaboration de l’épreuve

À partir d’un départ commandé, réaliser la meilleure performance possible sur une distance de 50 mètres selon 2 modes de nage, ventrale et dorsale, en optimisant le plongeon, le virage et le rapport amplitude fréquence.

Par groupes de 2 à 4 élèves, organiser une prise de performance sur 50 mètres, selon 2 modes de nages codifiées selon les règles fédérales, 25 m en ventral puis 25 m dorsal.

Les élèves passent dans tous les rôles : nageur, starter, observateur - chronométreur.

Des temps de concertation sont prévus.

L’enseignant définit les espaces d’évolution (couloirs, espaces de déplacements des nageurs et des chronométreurs / observateurs, espaces de récupération et d’échanges).

Assumer au sein d’un groupe restreint les rôles de starter et de chronométreur.

Quant l’impossible est jugé souhaitable !

Au rythme où sont parties les choses je crains bien qu’il faille tout un trimestre voire des années pour les élèves se substituent au maître et pourquoi pas à l’entraîneur et aux officiels des clubs ou de la fédération de natation. Ceci au détriment de leur propre perfectionnement dans les nages.

L’éducation physique et sportive a-t-elle gagné ou beaucoup perdu en passant sous la coupe de l’Education Nationale ?

raymond

 

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

CONQUÊTE DE L'ESPACE

Nous devons à Philippe, formateur et entraîneur, de pouvoir admirer la prestation du jeune nageur Dylan.

Sa formation lui a permis d'acquérir une représentation fine et complète de son corps propre et de celui de son espace d'action pour réussir cet exploit. Dylan fait partie des explorateurs du possible s'inscrivant dans la logique de la natation.

raymond

 

Dylan c'est le prénom du jeune nageur, il fait partie du groupe kids 3 fois par semaine 1h30.

Une fois par semaine nous avons le gymnase 45 minutes car le bassin n'est disponible que 45 minutes ; nous avons mis en place différents ateliers avec trampoline et petit tremplin avec réception sur gros tapis ( saut, roulade avant et arrière, salto, pont... mobilisation de la nuque pour le sensitive ).

Dans l'eau, avec les enfants de ce groupe nous avons construit le plongeon en dos dans la même dynamique que le plongeon en crawl avec une progression et des passages obligés. La plupart des nageurs de ce groupe réalisent le plongeon en dos sans difficulté, ce qui leur permet d'effectuer des départs en dos lors de compétition avec une entrée par le front. Cela semble être une excellente préparation pour le départ en dos.

Philippe

0
0
0
s2smodern
0
0
0
s2smodern

OBSERVATEUR DE CARENCES

 

Ce matin la piscine est réservée aux scolaires dont la formation est confiée aux MNS.

Comme souvent, je m’attarde à les regarder fonctionner pour me faire une idée de la manière dont les enfants seront initiés à la natation, à la poursuite d’un illusoire « savoir nager » !

Les sens du mot carence me viennent à l’esprit pour interroger le spectacle des séances.

1) absence ou insuffisance importante de quelque chose,

2) absence de ressources,

3) insuffisance ou défaut d’éléments indispensables à l’équilibre d’un fonctionnement.

Sous l’apparente originalité de fonctionnement des divers intervenants se cache une uniformité des comportements, face à la mise en activité des élèves en fonction de leurs progrès possibles et souhaitables pour devenir nageurs.

On pourrait penser que pour les actuels professionnels de la natation au XXIème siècle, nager ne se résume plus à « se déplacer à la surface de l’eau par des mouvements appropriés » !

En réalité, il me semble difficile de connaître les représentations qui animent et génèrent leurs procédures d’enseignement, faute de pouvoir organiser une enquête pertinente exhaustive.

La personne observée ce matin dispose des lignes 2 et 3 pour initier une quinzaine d’élèves.

Son déplacement sur la plage couvre environ une dizaine de mètres. Dans sa posture on la voit alterner les bras croisés ou les mains aux hanches lorsqu’elle ne se déplace pas. Son regard ne se concentre pas sur ce qui se passe dans les lignes où s’exercent les enfants.

Je les vois partir du plot pour parcourir la longueur du bassin puis revenir par les plages et recommencer. Seuls, 3 nageurs pénètrent dans l’eau, la tête sous les bras en plongeant. Quelques uns font un plat la majorité des autres entrent en contact avec l’eau avec les pieds avant la tête. Dans le parcours nagé en « crawl » si l’on peut appeler comme cela une nage alternative, tête entièrement hors de l’eau en permanence.

Le départ du plot se fait dans la plus complète inconsistance ! Celui qui m’a « amusé » le plus ajustait ses lunettes, décalait les poses de pieds (un en avant l’autre en arrière), portait les mains à l’avant du plot et arrivait dans l’eau par les pieds en premier. Il faut croire que le départ ne faisait pas partie de l’exercice, n’était même pas vu par la MNS, ne constituait pas un objectif d’enseignement ou jugé intéressant à travailler.

Le temps de voir 3 passages réalisés par les meilleurs, l’intervenante stoppe les retours des premiers et attend bras croisés, le regroupement de tous. S’ensuit un monologue et tous les enfants reprennent sans le moindre changement les parcours qu’ils avaient déjà réalisés.

Il me revient alors en mémoire la « gymnastique » vécue à l’école primaire, activité dispensée par un moniteur municipal, formé selon ce qui se faisait de mieux à l’époque : une mobilisation des différents segments du corps, la tête, les membres supérieurs et inférieurs et le tronc. Les caractéristiques anatomiques des articulations induisaient les différents mouvements (élévation, abaissement, rotation, flexion, extension, etc.) à réaliser, à reproduire un certain nombre de fois. Pas la moindre idée de transformation fonctionnelle.

Ce qui me perturbe le plus, c’est de me demander si dans la tête des animateurs, ils n’y aurait pas la conviction qu’une quantité de n’importe quoi peut déboucher sur de la qualité ?

Ou s’ils ignorent les étapes, les passages obligés à moins qu’ils en refusent l’existence ?

Ou s’ils ne disposent pas, en toutes circonstances de critères de réussite.

Que savent-ils de l’enseignement de la natation, des nages ?

Ou beaucoup plus inquiétant : savent-ils comment l’enfant apprend ?

À défaut de savoir ce qu’il doit apprendre ?

raymond

 

0
0
0
s2smodern