Didactique

"c'est l'option pédagogique qui détermine la nature des contenus à enseigner"

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Sauter dans l’eau !

 

Suite à la question de A. :

 

Bonjour Monsieur CATTEAU,

Je suis un MNS. J'ai trouvé votre email sur votre site et je me permets de vous poser une question en pédagogie scolaire.

Je suis en apprentissage avec un groupe d'enfants qui sont capable d'effectuer la descente au fond du bassin en utilisant la perche et de se laisser remonter sans rien bouger ( RP ).

Afin de bien maîtriser cette remontée, avant de sauter du bord pour toucher le fond, je propose des sauts verticaux ( 2 jambes unies et bien positionné la tête ) avec la perche. Qu'en pensez vous?

Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer monsieur l'expression de mes respectueuses salutations.

Très Cordialement,

A.

 

Sauter dans l’eau !

 

Dans la logique de la construction du nageur l’étape du corps flottant ouvre l’accès à la construction du corps projectile (apprendre à passer à travers l’eau).

Lorsque le débutant a touché le fond à diverses profondeurs et constate que « l’eau le fait remonter », il se doit de construire les moyens de se mettre à plat en adoptant la forme voulue.

Il dispose naturellement de 10 secondes d’apnée pour accepter les changements d’orientation de son corps en ayant éventuellement la tête immergée.

L’idée de demander de conserver l’indéformabilité et l’alignement du corps à la verticale semble paradoxale dans la mesure où dans l’eau, le fait de flotter ou de remonter passivement en surface n’est pas nécessaire. Mais il est important d’explorer toutes les variations de forme pour en vivre et repérer les conséquences sur l’orientation donnée par l’action combinée de la pesanteur et de la poussée d’Archimède.

Lorsque l’on aborde les sauts on prend appui sur un corps flottant construit dont le critère de réussite est la capacité de ne rien faire dans l’eau le temps de plusieurs échanges ventilatoires soit au moins 30 secondes ou plus, car nombreux sont ceux qui se laissent griser par cette sensation nouvelle d’apesanteur. Accepter et comprendre les effets de l’eau sur le corps. Cela commence à la verticale avec la tête en totale extension ayant pour effet de redresser la colonne dorsale et de ce fait d’accroître le volume thoracique.

Cependant l’enseignant averti sait que l’alignement et l’indéformabilité lui seront utiles pour les étapes suivantes. C’est donc un investissement utile. Beaucoup de collègues oublient que ces sauts doivent également être réussis avec les bras dans le prolongement du tronc avec départ non seulement face à l’eau mais également de dos. On peut également à ce stade partir de face et arriver de dos et inversement. Cela contribue à donner une représentation de ce que nous appelons l’espace d’action (celui où il réalise son activité).

Normalement l’utilisation de la perche n’est plus d’aucune utilité à ce stade. Et on peut même s’en dispenser pour aller toucher le fond si on utilise le corps d’un camarade agrippé au bord.

raymond

 

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ACQUIS !!!

 

Suite à la question de BM:

Je me permets de vous écrire car je suis face à une difficulté. Je suis étudiante en première année de master afin de devenir professeur des écoles et lors de mes révisions sur les pratiques sportives, et en particulier sur les pratiques de la natation je me suis posée une question qui reste sans réponse.

Quels exercices permettraient d'améliorer la respiration d'un bon nageur?

En effet lors de mon stage pratique j'ai pu observer un élève qui semblait avoir acquis le "corps flottant" ainsi que "le corps projectile" et le "corps propulseur", cependant concernant sa respiration il m'expliquait que parfois il expirait trop vite, parfois il n’avait pas le temps de tout expirer, et parfois même il n’expirait pas du tout.

Il arrivait bien à respirer sur trois intervalles de crawl mais de manière très aléatoire. De plus il se sentait obligé de porter un pince-nez. Effectivement lorsque je lui avais demandé de nager sans cet outil, il m’indiquait qu’il était cette fois ci en apnée totale. Et lorsqu’il se mettait à respirer, il avait la sensation de picotements dans son nez qui lui était très fortement désagréable, ajouté à une impression d’eau qui rentrait dans son nez puisque ce dernier ne se bloquait pas suffisamment. J’aimerais savoir quels exercices j’aurais pu lui proposer pour lui permettre de progresser.



Remercions BM d’attirer notre attention sur des difficultés rencontrées par les enseignants confrontés à la pratique.

Le cas décrit par BM ne concerne heureusement pas la majorité des élèves. Et à ce degré, il est plutôt assez rare. Pour des raisons qui remontent à la période de son initiation, son « nageur » n’a pas vécu les situations qui permettent de constater OBJECTIVEMENT les conséquences de l’immersion complète de tout le corps dans des orientations variées.

Beaucoup de « représentations » spontanées du débutant doivent être mises en contradiction avec les faits pour se modifier en vécu avec prise de conscience et disparaître définitivement pour ouvrir la voie aux progrès. Les voies « ouvertes » de communication avec l’environnement sont imaginées comme susceptibles de se remplir.

Un « bon nageur » est précisément celui qui a intégré les données de la réalité dont les solutions ventilatoires font partie. Ce qui n’est pas le cas du nageur cité.

Dans un premier temps et pour que nos échanges soient fructueux il me semble utile de nous accorder sur le sens des expressions « Corps Flottant, Projectile, Propulseur » et sur leur CONTENU.

Ajoutons-y la redoutable formule « acquis » !!!

Manifestement ce jeune élève se trouve à un certain stade de sa construction, jamais achevée, qu’il convient d’identifier. Ainsi, remplacer le « Corps Flottant » acquis par : « cet élève est capable de rester allongé sur le ventre, tête sous les bras en surface et corps allongé, talons affleurant la surface dix secondes ou plus ? » Et sur le dos : « Il se montre capable de rester corps en surface, oreilles immergées, corps aligné, jambes allongées, bouche grande ouverte plus de TRENTE secondes ou de N échanges ventilatoires ».

De la même manière on devrait remplacer « Corps Projectile» acquis par : « tel élève, partant du plot entre dans l’eau par la nuque loin du bord, corps tendu et indéformable (pas de flexion des jambes sur les cuisses) pour regagner la surface, tête toujours sous les bras, à 10 ou 12 m. du mur de départ ».

Je préfère ne pas évoquer « le Corps Propulseur » « ACQUIS » tant il y aurait de compétences à évoquer !!!

Ceci dit sur le plan pédagogique : compte tenu du dialogue entretenu, situer ce nageur par rapport aux meilleurs nageurs connus de lui, par exemple A. Bernard, F. Manaudou, J. Stravius par rapport au port du fameux « pince nez » accessoire des nageuses synchronisées qui évoluent non pas à la surface mais bien dans le volume. Accepte-t-il de se considérer comme « handicapé » ?

Concrètement deux voies se présentent : celle de l’échange verbal, probablement la moins transformatrice, fondée sur un raisonnement rationnel, et celle de la pratique à privilégier voire à la compléter par la précédente.

Première exigence = retirer et abandonner à tout jamais le « pince-nez ». Exemple de tâches = face et moitié du visage immergés, vérifier que ce nageur ouvre très grande la bouche et la maintient ouverte. Vérification avec les doigts de l’observateur dans la bouche de l’observé. Puis exploitation de cette réussite dans des déplacements.

En deçà = revenir à la descente à la perche (ou ancrage à un camarade) pour aller toucher le fond , le besoin d’utiliser les mains pour réaliser des prises d’appui interdit de les utiliser pour se boucher le nez.

Voie du raisonnement = poser la question du « remplissage » du verre renversé que l’on descend dans l’eau ? Peut-il se remplir ? Par analogie la bouche ouverte peut-elle se remplir ? Et le nez dans le cas de la descente à la perche ?

Voie des solutions concrètes = lorsque l’on fait sortir l’air par le nez, l’eau peut-elle en même temps y entrer ???

Dans la nage valoriser l’expiration nasale complète sur un nombre très élevé de coups de bras. Réaliser l’expiration nasale continue en conservant la bouche grande ouverte.

Diagnostic, devant une difficulté passagère, cet élève a trouvé un prétexte pour se singulariser de ses camarades qui réussissaient et donc se dispenser de réussir comme les autres. Dans la mesure où son « excuse » a été acceptée par l’enseignant, il s’est renforcé dans sa posture et cela ne fera que l’handicaper pour progresser voire le condamner à demeurer plus baigneur que véritable nageur.

Les avis des collègues sont les bienvenus pour compléter ce premier échange avec BM.

raymond

 

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Départs en DOS

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Jean-Christophe et Philippe se sont associés pour nous offrir ces images de Dylan réalisant, selon deux modalités un départ de nage sur le dos.

Nos visiteurs on pu apprécier l’innovation et se questionnent sur son avenir.

Au-delà de la prouesse peut-on imaginer un gain de temps appréciable pour les épreuves de nage sur le dos dans les compétitions ?

Mécaniquement, le fait de partir de plus haut pour réaliser une trajectoire aérienne en entrant plus loin fait pratiquement disparaître les résistances jusqu’au point d’entrée et assure une plus grande vitesse horizontale à l’entrée à l’eau et au-delà.

Cependant il convient d’évaluer également si les phases qui précèdent l’impulsion déclenchée par le nageur ne requièrent pas une préparation coûteuse en temps ?

Le point délicat se situe avant et à partir du commandement préparatoire « à vos marques » !

Le règlement stipule bien que le nageur doit se tenir immobile avant le signal de départ effectif. Cela implique que son centre de gravité se situe en deçà de la verticale du plot et du mur.  Dans le départ classique, par contre, ce centre se trouve déjà au-delà de ces mêmes repères.

Les images nous montrent également que le déséquilibre qui s’accompagne d’un fléchissement de tous les segments les uns par rapport aux autres pour être accéléré,  demande un certain temps.

Mais il permet de donner au corps durant l’extension de ces segments un temps d’accélération ou d’impulsion plus long.

La direction de l’envol est ascendante jusqu’au point haut de la trajectoire et voit la concavité dorsale se creuser pour amorcer le trajet descendant vers la surface de l’eau.

Rapidement cette dernière précède la zone d’ondulations qui retarderont la perte importante de vitesse avant la reprise de nage.

raymond

 

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Départs en DOS, confrontation


Beaucoup de personnes se demandent si les deux modalités sont équivalentes ou plus fréquemment si un avantage décisif ferait opter pour l’une ou l’autre.

La réponse pourrait être différente selon les sujets mais également dépendre du degré d’appropriation de la nouvelle solution par les nageurs.

Une première confrontation vous est proposée d’un départ simultané (déclenché par le même commandement) de Dylan et d’une de ses camarades de club aux performances approchées.

Chacun aura constaté que le temps (durée) requis par le départ du plot semblait excessif !

Cette durée serait considérablement raccourcie si la verticale du centre de gravité de Dylan se rapprochait de l’extrémité du plot. Entre le signal et le déclenchement du déséquilibre vers l’avant un temps précieux pourrait être gagné.

Faute d’avoir pu réaliser un montage superposant la coïncidence des deux débuts d’impulsion nous livrons ces images à votre lecture.

raymond

 

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CONQUÊTE DE L'ESPACE

Nous devons à Philippe, formateur et entraîneur, de pouvoir admirer la prestation du jeune nageur Dylan.

Sa formation lui a permis d'acquérir une représentation fine et complète de son corps propre et de celui de son espace d'action pour réussir cet exploit. Dylan fait partie des explorateurs du possible s'inscrivant dans la logique de la natation.

raymond

 

Dylan c'est le prénom du jeune nageur, il fait partie du groupe kids 3 fois par semaine 1h30.

Une fois par semaine nous avons le gymnase 45 minutes car le bassin n'est disponible que 45 minutes ; nous avons mis en place différents ateliers avec trampoline et petit tremplin avec réception sur gros tapis ( saut, roulade avant et arrière, salto, pont... mobilisation de la nuque pour le sensitive ).

Dans l'eau, avec les enfants de ce groupe nous avons construit le plongeon en dos dans la même dynamique que le plongeon en crawl avec une progression et des passages obligés. La plupart des nageurs de ce groupe réalisent le plongeon en dos sans difficulté, ce qui leur permet d'effectuer des départs en dos lors de compétition avec une entrée par le front. Cela semble être une excellente préparation pour le départ en dos.

Philippe

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