0
0
0
s2smodern

« Réussir pour comprendre ».

Nous postulons que c’est seulement après avoir réussi à obtenir une transformation significative avec ses élèves qu’un enseignant de natation pourra comprendre les fondements didactiques sur lesquels repose cette réussite.

C’est pourquoi nous proposons à tous les enseignants "une fiche de construction du corps flottant" pour éviter les noyades.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------- 

 

Fiche de construction

 

Pour éviter les noyades

8 séquences pour passer

d’un corps « pesant » au « corps flottant »

 

 

 

Le cheminement proposé permettra aux élèves de construire* « le corps flottant » et à l’enseignant de s’approprier par l’action des contenus d’enseignement essentiels à l’efficacité éprouvée.

 

* La notion de « construction » vient se substituer à celle d’apprentissage car elle intègre une transformation du fonctionnement de terrien.

 

Plusieurs séquences peuvent être réalisées au cours d’une même séance de 45 minutes. Une seule séquence peut aussi faire l’objet de plusieurs séances de 45 minutes.

Le passage à la séquence suivante ne doit s’opérer, et ne peut s’opérer, que lorsque le but de la séquence précédente a été atteint à de nombreuses reprises par tous les élèves.

 

Séquence n° 1

 

But à atteindre : une nouvelle locomotion en grande profondeur

 

Les élèves entrent dans l’eau en grande profondeur pour remonter à l’autre extrémité du bassin. (Ils peuvent utiliser l’échelle pour descendre dans l’eau où pas)

 

Le déplacement s’effectue à l’aide des bras, le buste est rigidifié verticalement, les pieds et d’autres parties du corps sont en contact avec le mur vertical. Les élèves prennent appui sur la goulotte leurs épaules sont immergées. L’espace d’action (là où on se déplace) et l’espace de vision sont distincts.

Les élèves confrontés à la grande profondeur découvrent une nouvelle locomotion. Le corps est perçu différent.

 

 

Séquence n° 2 

 

But à atteindre : une locomotion avec le corps en suspension

 

Les élèves multiplient les déplacements d’un point à un autre en utilisant la goulotte 

1) déplacement libre,

2) avec les épaules sous l’eau,

3) déplacement avec une grande amplitude entre 2 appuis,

4) déplacement plus rapides

5) déplacement en fermant les yeux,

6) déplacement en se retournant dos au mur face au mur.

 

Les épaules s’enfoncent dans l’eau, le corps est perçu de moins en moins « pesant ». Les pieds ne sont plus toujours en contact avec le mur vertical. Ils participent à la préservation de l’orientation du corps. Les élèves lors des déplacements de plus en plus rapides préservent l’équilibre vertical par une action de jambes s’apparentant au schème de la course.

Les élèves passent de l’appui à la suspension.

 

 

Séquence n°3 

 

But à atteindre : une immersion de plus de 10 secondes .

 

 

Les élèves s’immergent totalement en apnée, accrochés à la goulotte.

Et le font sur des déplacements toujours plus longs

 

Ils Immergent la face, bouche ouverte visage orienté vers le fond, yeux ouverts.

 

Les élèves immergent la tête le plus longtemps possible (nombre croissant d’ancrages et/ou durée accrue).

 

Les élèves réalisent une apnée de plus de 10’’ corps immergé avec les mains comme seul contact avec le monde solide.

 

Les élèves se déplacent à la goulotte sur la plus grande distance possible en immergeant la tête.

 

Les élèves quittent le contact avec le bord pour le reprendre très rapidement.

Les élèves se déplacent sans contact avec le mur vertical de la piscine le long d’une perche, d’une ligne d’eau

 

La tête immergée le corps commence à être perçu comme flottant. La peur du remplissage disparait. Les jambes remontent en surface. L’espace d’action et l’espace de vision sont confondus. Les jambes assurent la fonction équilibratrice.

 

 

 

Séquence n° 4 

 

But à atteindre : toucher le fond, profondeur 2 mètres environ

 

Les élèves descendent le long d’une perche ou le long du corps d’un camarade accroché à la goulotte et touchent le fond avec les pieds puis ouvrent les mains avant de remonter sans impulsion au fond.

Ils touchent le fond avec les genoux, la main, avec d’autres parties du corps.

 

Descendre au fond est perçu comme une difficulté, la durée de la remontée est plus courte que la durée de la descente. Toucher le fond permet de délimiter l’espace d’action.

Les élèves perçoivent qu’ils remontent en surface facilement et rapidement. La peur de l’engloutissement disparaît.

 

 

 

Séquence n°5 

 

But à atteindre : rester au fond 5 secondes.

 

Les élèves multiplient les déplacements à la verticale, ils tentent de rester au fond quelques instants puis remontent sans s’aider du corps du camarade.

 

Rester au fond est impossible pour la majorité des élèves, cela n’en demeure pas moins un objectif de tâche.

Attention ! C’est une absurdité pédagogique de demander aux élève de vider leurs poumons pour rester au fond.

C’est l’impossibilité de réussir la tâche qui transformera « la peur de rester au fond ».

La différence de densité entraîne la remontée du corps. Le corps est perçu comme flottant.

Contradiction entre les faits et les représentations !

 

 

Séquence n°6 

 

But à atteindre : laisser passivement l’eau agir sur son corps.

 

Les élèves descendent au fond et remontent passivement, arrivés à la surface ils gardent la tête immergée jusqu’à ce que l’eau les stabilise puis ouvrent la bouche.

L’extension de la tête puis le déplacement des membres supérieurs vers l’avant ou vers l’arrière modifient l’orientation du corps vers l’obliquité ou l’horizontalité.

 

Les élèves s’allongent sur le ventre bras dans le prolongement du corps pendant 10’’ sans bouger avant de se redresser, (en amenant les genoux aux épaules) idem sur le dos beaucoup plus longtemps (le temps de plusieurs échanges respiratoires).

 

Les élèves changent de forme et laissent l’eau agir sur leur corps passivement. Les élèves sont capables de choisir une forme en fonction de l’orientation souhaitée.

Les élèves ont construit le corps flottant.

 

 

Séquence n°7

 

But à atteindre : Sauter dans l’eau et se rendre indéformable pour « passer à travers » l’eau pour toucher le fond avec les pieds en grande profondeur.  

 

Les élèves sautent dans l’eau du bord par les pieds en restant bien vertical et en conservant le regard à l’horizontal.

Bras le long du corps puis bras dans le prolongement du corps.

Dans l’espace avant, puis dans l’espace arrière.

Les élèves exécutent des demi-tours à droite, à gauche.

A chaque saut ils touchent le fond avec les pieds.

 

Séquence n°8 

 

But à atteindre : Accepter le déséquilibre et le changement de direction

 

Les élèves basculent du bord et entrent dans l’eau sans pousser pour que le premier contact avec l’eau se fasse par la nuque

Les élèves basculent du bord dos à la surface sans pousser pour que le premier contact avec l’eau se fasse par les fesses, corps en »V »

 

Les réussites successives des élèves leur ont permis de construire le « corps flottant », la noyade n’est plus possible.

 

Les élèves ont réussi à franchir des obstacles psychologiques et physiques pour passer d’un monde hétérogène indéformable et solide ou l’équilibre vertical est instable à un monde liquide, déformable homogène ou l’équilibre est stable.

 

Les élèves ont inhibé leurs peurs en franchissant des obstacles psychologiques : le risque de disparaître, l’engloutissement, le remplissage.

 

La construction du corps flottant est « le premier niveau de construction du nageur » qui en compte six, c’est le pré requis à la construction du « corps projectile » puis du « corps propulseur ».

 

 

 

Conditions pour permettre à des élèves débutants de construire « le corps flottant » :

De 5 à 10 séances de 45 à 60 minutes par groupe de 10 élèves suffisent (la notion de groupe est très importante pour se construire rapidement).

Disposer d’une piscine dont la profondeur ne permette pas aux élèves de mettre leurs pieds au fond (la perte des appuis plantaires est indispensable).

Ne pas équiper les élèves de prothèses : flotteurs, frites, planches etc. …

Ne pas « aménager » le milieu ou l’encombrer d’accessoires, il s’agit d’entrer dans un monde qui se caractérise par son homogénéité.

Mettre les élèves en action à partir du but à atteindre en suivant le cheminement proposé.

Ne pas masquer le sens de la tâche (par exemple : toucher le fond ce n’est pas ramasser un objet au fond).

 

b_526_186_16777215_00_images_oziogallery3_tableaux_8_sequences.png

Septembre 2018

Marc, Raymond

 

 

 

Commentaires   

+1 #1 Flashey 12-09-2018 07:21
Merci beaucoup pour cette synthèse
Citer
+1 #2 marc 12-09-2018 11:32
Il ne s'agit pas d'une synthèse mais d'un cheminement que nous proposons aux enseignants de suivre afin de l'expérimenter.
Merci de rendre compte de l'expérimentation
Citer
+1 #3 Flashey 12-09-2018 21:42
Citation en provenance du commentaire précédent de marc :

Il ne s'agit pas d'une synthèse mais d'un cheminement que nous proposons aux enseignants de suivre afin de l'expérimenter.

Effectivement, par synthèse, je voulais évoquer la forme de ce cheminement (présentation en 8 séquences)

Citation en provenance du commentaire précédent de marc :

Merci de rendre compte de l'expérimentation

Comme mentionné dans le préambule "Le cheminement proposé permettra aux élèves de construire* « le corps flottant » et à l’enseignant de s’approprier par l’action des contenus d’enseignement essentiels à l’efficacité éprouvée"
Pour ma part, l'expérimentation confirme l'efficacité de ce cheminement dans la construction du corps flottant.
Citer
+1 #4 THOREMBEY 13-09-2018 23:40
Bonjour
Je tique un peut sur l'affirmation qu'il ne faut pas aménager le bassin!
Dans digne dingue d'eau il y a bien un moment ou une perche est installer dans l'angle pour varier les appuis au bord!
A dinar il y avais une corde du coté des plots!
Lorsqu’on met une perche verticale pour l'exploration de la profondeur c'est bien un emménagement du bassin?

Donc pourquoi
-un pont de singe pour la séquense 2
-une échelle ou une cage pour la séquense 4 et 5
-ou d'autre
ne pourrait pas être utile?

De plus étant en train de quitter progressivement le milieux aquatique je m'intéresse de plus en plus aux travaux de Freinet (et dans une moindre mesure Montessori) , je me demande si un aménagement du bassin mettant en situation d'expérimenter chacune des séquences ne serait pas profitable.
Citer
0 #5 raymond 18-09-2018 09:26
Tout d’abord nous tenons à remercier les collègues qui nous font part de leur point de vue surtout s’ils ne partagent pas ce qui est proposé.
Nous tenons à rappeler que Digne Dingue d’Eau date de 1977 et que le modèle théorique qui unifie la pratique et ses fondements ne sera publié qu’en 1992. Que le passage à la perche est une solution pour éloigner les enfants de la goulotte. Que nos enfants n’ayant pas de ventouses aux mains seraient incapables d’aller toucher le fond à défaut d’ancrages possibles. Il est vrai que la meilleure solution a consisté à attribuer le rôle de perche à une moitié de classe.
À Dinard, la configuration du bassin à 2 niveaux et la présence d’une goulotte immergée, la hauteur du rebord par rapport à la longueur des bras des enfants nous a imposé de réaliser avec des cordes des possibilités d’ancrage.
Enfin, si notre collègue « tique un peu » ( euphémisme) c’est qu’il n’a pas adopté l’attitude expérimentale et juge avant d’avoir vérifié en pratique.
Dans ces conditions nos arguments, explications et informations ne l’atteindront pas. Lui dire que le milieu terrien est par nature hétérogène (peuplé d’êtres et d’objets) et aménagé par l’homme, tandis que le milieu aquatique est par nature homogène et que vouloir l’aménager c’est le dénaturer ne lui ôtera pas ses préjugés.
Pour les tenants de la pédagogie de l’action il est important d’en montrer la cohérence.
raymond
Citer

Ajouter un Commentaire

 




AntiSpam : Compléter la tâche
0
0
0
s2smodern